ARSENAL
AHTII.I.Il'US
Arsenal (Bailliaue de l'). Vov. Salpétrisrs.
Artificiels, Artiflciens, olc. Mois s)iioiivnii's trarlisiiiis.
Artificiers. Faiseurs de feux d'nrtifice.
Hieii (|iii' raiiliqiiiléail coiiiui. siiidii la poinlre, an imiiiis un luolaiif^i^ ili- miuIVi'. ili' iharlioii el (If >alpêli'i' qui .V ri'sscnil)lait fort : liifii que les Honuiiris (lu quali-ii'iiii' siècle aient int-unleslahleuieul vu des feux irartilice, Tusaj^e de ces spectacles lie s'inlroduisil en France que vers le milieu du seizième siècle. A dater du siècle suivant, ils deviennent le principal attrait des fêtes populaires.
Les artificiers ne furent jamais constitués en corporation. Les maîtres étaient commissionnés, le> uns par la cour, les autres pur la municipalité. Il> avaient, avec les merciers, le droit de vendre la pondre ù tirer, le plomb de chasse, etc. Toute niarciiandise de cette nature trouvée ailleurs que ciiez eux devait être saisie. Ils requéraient, dans ce cas. le bailli de l'.Arsenal, dont la compétence s'étendait sur tout ce qui concernait la fabrication de la poudre dans le royaume.
Kn 170.">, un incendie se déclara rue Saint- Antoine dans les ateliers d"un artificier ; celui-ci péril au milieu des (lammes, sa maison fut consumée, et le feu, se communiquant aux édifices voisins, faillit détruire l'éj^lise des jésuites. La police s'émut, el le ib mai 1706, un arrêt du Parlement défendit aux artificiers de s'établir à Tinlérieur de Paris '. Un accident tout semblable ne se reproduisit pas moins, dans la rue de Seine Saint-Germain en septembre 1724 *.
Au mois d'août 1739, lors du mai'iage d'Elisabeth, tille de Louis XV, avec l'infant d'Espajjne, le feu ayant été confié à un étranjjer, les artificiers de Paris osèrent détruire plusiem's des pièces préparées par lui. Ils furent mis en prison ■•.
On trouve dans V Enci/chpéilie méthodique * la liste des principaux feux d'artifice tirés à Paris depuis le commencement du dix-septième siècle. Kn 1741, on afferma pour dix ans à quatre maîtres de la capitale le feu qui était tiré chaque aniu'e sur la Seine le jour de la Saint-Louis ^.
Parmi les artificiers du roi dont le nom a été conservé, je citerai :
.lumeau, qui vivait vers 1(520.
Thomas Caresme, mort en 1(588.
Denis Caresme, mort en 1700.
Charles-Nicolas (iuérin. qui succéda à Denis Caresme.
A la fin du rèy;ne de Louis XVI, les frères Ruggieri, artificiers du roi. possédaient un vaste jardin dans la rue Blanche. Ils y avaient établi
' Oclaruarre, Trailr dt la /loUee. t. IV, p. 144.
- BarbiiT, Journal, t. I, |). 370.
:< Barbi.r, Journal, t. 111, p. 190.
* .\rls et métiers, t. 1, p. 169 et suiv.
5 Barbier, t. III, p. 307.
un spectacle pyrrique, très fréquenté durant la belle saison '.
Voy. Capitaine. — Contrôleurs. — Fondeurs.
Artificiers. Un des titres que prenait la corporation des arquebusiers. Leurs Ntatuls les autorisaient, en effet, ùconlectionuer le> urti/ices ù feu que les archers et les arbalétriers lançaient an milieu de la cavalerie ennemie. C'étaient en «général des dards, des flèches, des carreaux terminés par une fusée qui éclatait en frappant le but. effrayait les chevaux, s'attachait aux iiarnais, et jeUiit le désordre dans les rangs. Les grenades, les pots à feu employés par l'arlillerie se nommaient également arti/icen.
Artilleurs. Nom qu'ont porté les fondeurs de canons.
Artilliers. Successeurs des arêtiers, les arlillier.^ fabriquaient, de concert avec les arquebusiers, tontes les armes à longue portée, dont l'ensemble était désigné sous le nom iT artillerie. « Tous les instrumens de ject, écrit Claude Fauchet, s'appelloient engins et arlillei'ie, dont est demeuré le nom d'artilliers aux faiseurs d'arcs, flesches et arbalestes, et d'artillerie à tout instrument qui frappe de loing * ».
Les statuts accordés aux artilliers le 4 mai 1,576 établissent encore plus clairement sur quels objets portaient leirr monopole: « Et pourront, dit l'article 26, les maistres dudil meslier faire toutes sortes d'arcs, flesches. arbalestes. garrots ■*, bandaiges d'arbalestes, harquebuzes, pistoUes et pistoUets, piques et lances, ati'uter et monter lesdites armes, faire piques, basions à deux bouts *, les ferrer et vendre, et tous autres
basions ' ou\Tez en rond ou aux rabots seuls
et privativement à tous autres niestiers ».
Les arcs devaient être faits <.< de bon bois d'if ou autre bois suffisant et bien assaisonné. » On autorisait la vente des arcs composés de plusieurs pièces, pourvu que celles-ci fussent « bien assemblées et collées de bonne colle bien et suffisamment ».
On était tenu de donner aux flèches une longueur de « deux pieds et ilemy el deux doigts ».
On devait employer pour les « feusts ^, du bois de poirier, cormier, nojer. fresne, sapin, serisier, mesirier ' et autre bois bon el convenable. » Il faut noter que la fabrication des fûts appartenait aux menuisiers '.
La durée de l'apprentissage était de quîitre ans.
On ne pouvait être reçu maître avant d'avoir parfait le cite f-d" œuvre.
' Thiéry, Guide des toyagears à Paris, t. I, p. 144. - tJI. Faucliet, De l'origine des cheialiers. p. hft. 3 C'était le trait de l'arbalète.
i Hampe de bois ayant un peu plus de six pieds de long, et ferrée en pointe à ses deux e.\lrémilés.
5 Toute arme oftensive était dite alors un biilon.
6 F(its.
' Merisier.
S Voy. larl. 78 de leurs statuts.