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VITRIERS

en possédait à son château de Bicêtre près Paris,

et pour les préserver des <i;elées, il les faisait enlever pendant l'hiver. (]es verrières étaient si célèbres qu'en 1411, lorsque les Bourj,^ui<jnons mirent le feu au château, ils eurent soin, dit Juvenal desUrsins, de retirer « les beaux châssis de verre et de les emporter* ».

Les habitations particulières ne connurent ce luxe que bien tard. Au quinzième siècle encore, elles ne recevaient de jour que par de petits carreaux en parchemin, en papier huilé, en canevas ou en toile cirée. Voici, sur ce sujet, quelques fragments d'anciens comptes :

Année 13G0. Pour la façon de quatre fenêtres pour la cliainbre du Roj : Pour le bois des quatre châssis, 3 s. 2 d. — Item, pour une peau de cuir, ô d. — Item, pour six livres et demie de terbentine, 4 s. 4d. — Item, pour oile-. 3 d. — Item, pour sept aunes el demie de toile, 9 s. 4d.

Année 1413. Pour la venue de madame la duchesse de Berry : Pour faire certains châssis aux fenaistrages dudit chasiel, pour les ansires de toile.s cirées, par défault de verrerie.

Année 1404. Deux aunes de toile blanche cirée, dont a esté fait uufjj châssis mis en la chambre du retrait de la reine au chasteau de Melun.

Année 1454. Quatre châssis de bois, à tendre du papier pour les fenestres de ladite chambre. Une main et demie de papier, el pour huile à les oindre pour estre plus clers.

Année 1407. Pour vingt pièces de bois, à faire châssis de voirrières de papier, servant aux fenestres des chambres ».

L'année 1480 me fournit la note suivante : « Pour mectre à point une des chambres [du logis de Louis XI] où le feuavoit esté, et y avoir fait faire plusieurs vicires neuves et mectre es vieilles victres plusieurs lozenges de voirre ' ».

Notez qu'il s'agit ici d'une maison royale, (jar un riche bourgeois, auteur vers 1393 du Mâiuqicr de Paris, adi'csse encore à sa fille cette recommandation : « Aiezvos fenestres closes bien justement de toile cirée ou autre, ou de parchemin ou autre cliose * ».

Les verres à vitre ne commencent guère à être d'un usage ordinaire dans la classe riche qu'au milieu du seizième siècle. Corrozel décrivant une jolie chambre, déclare que

les vitres sont toiles

Qu'on n'en vidl jamais de plus hellra ■'.

Enfin, en 1559, on payi' à un vitrier « douze livres pour six panneaux de vili'c de verre mis ù riioslel de Graville où le Roy el les lenaiis s'armoienl '' ».

1 Édil. Michaud, p. 470.

î Huile.

3 Doui'l d'Arci], Comptes r/e l'niqfiilerir, p. a75, — Cnmpirs rie l'holrl, p. liliO. — De Laborde, Notice Jet éiiiiiux. y. Wil, 359, 543.

* T.ime I, p. 173.

5 II Insons ilomestiqiies (1539), p 15

6 Mémoires tiu r/uc de Ouise, édit. Michaud, p 449

Madame d'Aulnoy, qui visita l'Espagne vers la fin du dix-septième siècle, nous dit qu'à Madi'id le verre était encore fort rare el foi-l clier : << Lorsqu'on vient à parler d'une maison où il ne manque rien, l'on dit : En un mol, elle est vitrée * ».

Une de mes notes, dont la source est devenue illisible, dit que la chambre de Marie dcMédicis au Luxembourg était vitrée en petits panneaux de cristal unis par des liaisons d'argent.

A la fin du seizième siècle, l'on connaissait en Allemagne les serres cliaudes ou les jardins d'hiver, bien primitifs, il est vrai, et dans la consiruclion desquels n'intenenait guère la corporation des vitriers. Joseph Duchesne, médecin ordinaire de Henri IV, écrit dans son Pourtratct de la santé-: «En Allemagne, ils ont leurs poisles, qui peuvent contempérer ' l'air froid, de sorte qu'ils font de l'hyver un printemps el un esté, non .seulement en leurs poisles et maisons, mais en plains champs, comme les jardins que j'ay veus a Heidelberg et à Cassel, qu'on closl et entoure de bois en hyver ; y ayant aux quatre coins des poisles qui eschauffent leur contenu assez ample d'une chaleur médiocre, si qu'on y voit produire des orangers, limoniers, figuiers, grenadiers et toute telle sorte d'arbres, aussi gros el porlans aussi bons fruicts et l'hyver et l'esté qu'en Provence ». Duchesne omet de dire que celle immense serre possédait quelques châssis vitrés, par où le soleil et la lumière pouvaient pénétrer.

En France, les premières serres chaudes portent le nom d'orangeries et datent de la seconde moitié du seizième siècle. Les serres, destinées moins encore a conserver des plantes qu'à servir d'ornement dans une maison, restèrent très rares jusqu'à la Révolution. Un Guide de 1787 cile comme une grande ciiriosilé le << .salon en forme de serre chaude, tout en vitrage », qui ornait l'hôtel d'Estaing, rue Sainte-Anne *.

L'emploi du mastic pour poser les vitres n'est guère anléiiem" à la lin ilu dix-huitième siècle. On se bornait jusque là à les maintenir en place au moyen de quelques clous, que l'on recouvrait d'une bande de papier. L'abbé Jaubert écrit en 1773 : « Le vitrier, après avoir placé le carreau de vitre, le fixe avec quatre pointes de fer qu'il cloue par derrière, el il colle ensuite tout autour des bandes de papier. Ou peut aussi, sans employer ni pointes ni papier, fixer le carreau avec du lut composé de craie et d'huile de lin cuite. Ou forme avec ce lut. que les vitriers nomment masiic, un petit bourrelet que l'on met autour du carreau... Cette méthode a un grand inconvénient : loreqiu' le mastic est bien sec, il adhère tellement qu'il est impossible d'enlever les carreaux sans en briser une grande quantité-''.

Les premiers statuts des vitriers les qualifient de toirriers et datent de juin 1467. Les maîtres

> La Cour et la ville île Marlrid, édit. de 1874, p. 327.

'- Édit. de 1604, p. 182.

■' Tempérer.

^ Tliiéry, Guitle îles amateurs^ l. I, 1. p- 74-

5 ûietioniinire dei arts et ne'tiers, I. IV, p. 421-

vrnîii';Hs — vnrrrnivs

aloi-s n'étaienl ■j;ii("n> jtlus de scpl ' . On v rocoinmande que « tout voiin-, tant hlaiu', i-(inim« peint, soit bien et ileueinonl scrly, joinct et mis en plomb ». Les statuts du 22 février KiOG n'innovent guère , mais les maîtres, sont dits vitriers, peintres sur verre. Leur nondire était (le trois cents environ à la fin du dix-buitii'mc siècle, et la corporation était placée sous le patronajj^e de saint Mare.

Les vitriers peintres sur verre sont appelés parfois victriers, ajjpréteitrs, etc. Ils parlay^ent aussi avec les verriei's les noms de voirriers, vniriers, verrieurs, voiriewrs, etc.

Vivandiers. Il y avait, dans chaque réy;inient, un ou plusieurs vivandiers, qui accompaj^naieut les troupes, à titre de marchands de vin et de traiteurs. « C'est sous leur tente à l'armée, ou dans leur caserne lorsqu'on est en garnison. que plusieurs militaires vont prendre leurs repas ou se fournir de vin pour leur table, à un prix lionnète. Les fenuiies de ces traiteurs andiulanls, qu'on nomme vivandières, S'rvent aussi dans les régiments u repasser, blanchir, raccommoder et avoir soin du linge des officiers. Ceux qu'on nomme à l'armée vivandiers ou dunneurs de vivres, s'appellent cantiiiiers dans les fort,s et châteaux où il y a des garnisons. Le vin qu'ils y débitent ne paie point de droit d'entrée - ».

Les vivandiers sont encore appelés uvictuailleurs, victuaillewrs, vitaitleiirs, etc.

Voie. Ancienne mesure de capacité, qui, en principe, équivalait à la quantité de marchandise que pouvait transporter une charrette en un seul voyage.

La voie s'appliquait surtout :

Au bois à brûler: Membrure représentant environ 2 stères.

Au charbon de terre : 90 boisseaux.

Au plâtre : 24 boisseaux.

kn\ pierres de taille : 1.") pieds cubes.

Voieurs. Voy. Voyers.

Voiliers. Ceux qui coupent, cousent, garni-ssent. réparent les voiles des bateaux. Voy. Ports (Sur les).

Voirieurs. Voirriers. Voy. Verriers et Vitriers.

Voirriers et Voirriniers. Voy. Bijoutiers en faux.

Voitlires. Voy. Brouetteurs. — Carrossiers. — Charretiers. — Cochers.

— Cochetiers. — Croque-morts. — Fiacres. — Haquetiers. — Laquais. — Messagers. — Palefreniers. — Porteurs de chaise. — Postes (Service des). — Postillons. — Rouliers. —

1 Orr/oiin. royales, t. XVI, p. 627.

- .Abbé Jaubert, Dictionnaire îles arts et métiers (1773), t. IV, p. 430.

Transports (Entrepreneurs de). — Voitures (Constructeurs de). — Voitures d'eau. — Voituriers, etc.

Voitures (Co.nstructeurs de). Pour l'histoire de lelte multiple corporation, je renvoie ù l'ai'ticle carrossiers. Je me bornerai ù donner ici une nomenclature des principaux modes de transport (pii ont été en usage ilepuis le cpiatorziéme siècle. Je ne povivais consacrer à chaque véhicule une longue description, mais on les trouvera presque tous figurés dans les trois ouvrages suivants: F. -A. (iarsaull. Traité des roiturcs, 17,'>(i, in-4°. — (). U/anne, La lornmiUion à travers l'histoire, 1900, grand in-8". — Notice sur l'exposition cenleuale des moyens de transport à l'exposition de 1000, 1901, grand in-S".

Voy. l'article Transports (Entrepreneurs de).

B.VNNE.\ux. Voy. Tombereaux.

Berlines. Ces voitures, originaires de Berlin, étaient moins vastes et moins lourdes que les carrosses , proprement dits. Garsaull écrivait en 17ô() : « Maintenant qvie les voitures nommées berlines ont été connues ici, et qu'on les a trouvées beaucoup plus sûres que les carrosses, on ne voit plus guère de ces derniers que chez le Roi et pour les cérémonies, comme entrées d'ambassadeurs, etc. ' »

La grande berline de voyage qui .servit pour la fuite de Varennes, avait été commandée au carrossier Jean-Louis, rue de la Planche, el avait coiité 5.944 livres.

Berlines coi'pées. Celles dont on avait supprimé les deux places de devant.

Berlingots. Comme leur nom l'indique, ils dérivaient de la berline ; c'était en réalité des berlines coupées, à deux places seulement. Le Dictionnaire de Trévoux (1771) nous apprend que l'on disait « plus ordinairement brclingots - », et Le parfait cocher ^ écrit berlingnot.

BoQL'ETS. Voitures découvertes hautes et légères, à deux roues et à un cheval. Elles avaient pris le nom de leur inventeur, le carrossier Boquet qui, en 1777, demeurait rue des Petits-Champs *. On les nomma plus tard bockeijs, boguets, bokeis, bokays, bockel, etc., et l'on écrit aujourd'hui hofjheis.

BR.\NC.iRi)S. Grandes civières recouvertes de cerceaux en berceau, et qui sont portées ou traînées par des hommes, des mules ou des chevaux. En 1650, un sieur Villerme acheta le privilège « d'établir à Paris de grandes et petites carrioles, des litières et des brancards pour la commodité publique •'' ».

Brouettes. Voy. l'art. Brouetteurs.

C.VBAS. Grandes voitures contenant seize personnes. Elles étaient construites en vannage

' Garsaull, Traite' des voitures, p. 67.

1* Tome I, p. 865.

••I Éilit. fie 17U, p. 46.

■i .\lmnnarh Dauphin pour 1777 , art. Selliers,

■ï Delamarro, Traité de la police. I. I\', p. 437.

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