VOITURES
d'osier doublé de toile cirée ou de toile peinte à l'huile. (I)ix-lniitiome siècle).
CABHiOLiiTS. Vers lfif)7, on avail vu dans Paris quelques lourds cabriolets, atlelés de deux chevaux sur l'un desquels se tenait le cocher. Mais le véritable cabriolet, type des voitures hautes et léj^ères, date de la fin du dix-huitième siècle. Dans les dix dernières années du règne de Louis XVI, quelquesjeunes seigneurs et quelques «rens d'artïiires étaienl seuls encore à s'en servir.
C.vi.iîCiiES. Ou écrivit d'abord (/alècAes. Dans Les fâcheux joués en 1G61, Érasle dit a La Montagne :
Marquis, allon.s au Cours faire voir ma galîsche '.
Ecoutons maintenant Sauvai : « Les grands se sont avisés d'avoir des carosses riches et légers, qu'ils appellent calèches, dont ils se servent au Cours * et surtout à Fontainebleau et à Siiinl-Germain quand la Cour y passe l'été. D'ordinaire, on y fait mettre six clievaux, et alors les dames de qualilé, le fouet à la main, les coudui.sent à toute bride' ». On sait que Louis XIV excellait à guider une calèche attelée de quatre chevaux.
Camions. Voy. Fomiereaux.
Carab.\s. Aux Champs-Elysées, « on aperçoit tout le temps les cnrabas et les pots de chambre qui conduisent à Versailles beaucoup de solliciteurs. Les carabas, lourdes voitures qui conlieuneni vingt personnes, ont huit chevaux (jui mettent six heures et demie pour aller à Versailles ; il est curieux de voir ce monde ainsi entassé. Quant aux pots de chambre, outre leurs six habitants, il y a encore deux singes, deux lapins et deux araignées. Les lapins sont devant, à côté du coclier, les singes sur l'impériale, etles araignées derrière, comme ils peuvent. Cela me parut fort drôle * >■.
Le carabas *< mène les gens à Versailles, il renferme , dans une espèce de longue cage d'osier vingt personnes qui sont une lieure à se chamailler avant de pouvoir prendre une attitude, tant ils .sont pressés ; et quand la machine part, voilà que toutes les tètes s'entrechoquent ^... ».
Le pot de chambre devint coucou, sans modifier, d'ailleurs, sa physionomie. Il porte encore son premier nom dAWî^Xe Nouvel itinc'raire de la France publié en 1828.
C.\RICKS ou C.\RKiGKS. Voitures hautes et légères, d'imporlaliou anglaise idéliut du dixneuvième siècle).
« On serait tenté de croire que l'imprudence et la témérité ont aussi leurs dieux, quand on songe que les accidens qui arrivent avec ces chars délicieux sont encore as.sez rares ». C'était, en somme, une variété du phaéton.
Carres ou curres. Cliarints de luxe ".
' Acte I, scène 1. * Au C.our.s-la-Ri'iiii'.
3 AHtijiiilrs ilr l'iiris. t. I, p. 192. » Baronne d'Oberkircli, Mrmnim (1782), l. II, p. 37. S S. Mercier, TMrau ,1c Paris (1782), t. \l\\, p. 111 '"' ^'oy. I.ebrT, Pièces relatives li l'hishirr lie fi'cfiHee. I. X, p. 4'.iii.
Quand l'empereur Charles IV dut faire son entrée à Paris (1377', le roi Charles V envoya au devant île lui « un de ses curres moult noblement aorné et attelé de quatre beaux nndès blancs et de deux courciers, et une moult no])le et riche des litières de la royne ; de quoy l'empereur fut moult joyeux, pour ce queluy grévoit le clievauchier * ».
Carrioles. Voitures à deux roues, et ordinairement couvertes de cuir. Des carrioles de grandes dimensions faisaient, autour de Paris, le service des voyageurs et des bagages. Le poëte Jean-François Guichard décrivait ainsi, en 1760, la carriole de Ciiantilly : « une charrette surmontée de quelques foibles cerceaux, pour soutenir un gros drap de toile jaune et une couverture, huit tabourets de paille assez mal assurés, et une échelle pour y arriver ».
Carrosses. Au seizième siècle, on les appelle coches *. Au dix-septième, ils cessent d'être ouverts ; les rideaux de cuir ou d'étoffe qui les fermaient sont remplacés par des parties pleines, souvent ornées de sculptures. Ils étaient ordinairement traînés par quatre chevaux et pouvaient contenir huit personnes.
Carrosses de campagne. Ils étaient destinés aux voyages, comme les carrosses de voiture, mais ils appartenaient à des particuliers, etnonii un service public. « Ils sont faits en tout comme les carrosses de ville, à la réser\-e qu'ils sont plus forts et moins richement garnis. . . On met, dans un sac de cuir disposé le long de la flèche, un cry ■'', une pioche et autres outils dont on peut avoir besoin dahs diverses occasions * ».
Carrosses coupés. Je lis dans une pièce publiée vers 1650 : « Un certain homme a trouvé superflu de voir des hommes aller tous les jours seuls dans leur carrosse Iraisnc par deux chevaux ; lellemenl qu'il prétend remettre en crédit les carrosses tirez par un cheval, comme la mode en avoil esté trouvée il y a plus de trente ans : et la première invention des carrosses couppez ne vient que de là, ayant esté faits ainsi pour estre plus légers ^ ».
Ces coupés portèrent d'abord le nom de calèches.
Carrosses de Crenan. Par lettres patenles ilu 19 janvier 1662, le marquis de Crenan et .ves deux associés obtinrent le privilège d'établir dans Paris ■.< tel nombre de ciirrosses qu'ils jugeront à propos, et aux lieux qu'ils trouveront les plus commodes, qui partiront à heures réglées, pour aller continuellement de quartier à autre, où chacun de ceux q\ii .se trouveront auxdiles heures ne payera que .sa place pour un prix modique * ».
I Clirisline de l'isan. ^'ie île Cliarles V, édil. Micliaud, p. 101.
i ^'oy■ eoeiie.
■' Un cric.
i Savarv, Dielionnaiie il« commerce (1723), t I, p. 57K.
f* Ufctteil lies pièces en pense tes pius ngi-fahles lie ce temps, edit. de 1050, p. 250.
« Delamnrre, t. IV, p. 138.
vorrruKS
Ce furent, en somme, nos premiers owwiVvk.v '.
(Carrosses de dii.ioence. \'oy. Diliijfuty.
Carrosses drapés. Voy. l'article Selliers.
(]arhosses de route. .Vulre nom (les carrosses de voiture.
Carrosses de voiture. « Carrosses établis pour li'ansporter les pereonnes et les marchandises d'une ville à une autre, moyennant un certain prix fixé. Ils sont presque toujours attelés de quatre chevaux et contiennent ordinairement huit places. l'our le transport des marchandises, il y a, à l'avant et ù l'arrière, deux j^rands paniers d'osier; on les appelle magasins, et c'est, en ellet, où l'on emmagasine les ballots, colTres et valises, qu'on a soin de bien empailler et qu'on couvre encore par dessus d'une toile cirée ou d'une couverture de cuir* ».
Les carro.sses de voiture perfectionnés devinrent carrosses de diligence, puis diligences.
Chaises a bras. Autre nom donné aux chaises à porteurs.
Chaises de Crenan. Le privilège en fut accordé, au mois de janvier \>^C^A au marquis de Crenan, grand échanson , associé avec deux autres seigneui-s. Ce sont, dit Sauvai « des chaises roulantes traînées par un cheval, où deux pei'sonnes peuvent tenir fort à l'aise, et si légères qu'on s'en sert à courir la poste ^ » .
Chaises a la Dufresnv. Chaise roulante « suspendue sur un ressort de fer ». L'inventeur Dufresnj en eut le privilège en 1686 *. Les voitures étaient alors suspendues, non sur des ressorts, mais au moyen de courroies en cuir.
Chaises a l'italienne. Voy. Soufflets.
Ch.uses a parasol. Voy. l'article Brouetteurs.
Chaises a porteurs. Voy. l'article Porteurs de chaises.
Ch.uses de poste. Voy. Malles-charrettes, et Malles-postes.
Ch.uses rouu\ntes et Chaises volantes.
Voy. l'article Brouetteurs.
Charrettes. <-< Elles sont toujours trop chargées et au delà de ce qu'il est possible à des chevaux de traîner. Si le pavé est glissant et qu'il faille monter un pont ou une rue un peu élevée, c'est un train d'enfer ; rien n'égale la brutalité, la stupidité et la barbarie du charretier. Toujours fouettant et jurant, le pavé étincelle sous les nerfs tendus et impuissans des malheureux chevaux. . . ^ ».
Chars. Premier nom des carrosses. Voy.
carres.
' Voy. l'article Laquais.
* Savary, Dictionnaire Ju commerce [1123), i. I, p. 579. — Voy., A l'article Transports (Entrepreneurs de), une description des carrosses d'Orléans.
3 Antiquités, etc., tome I, p. 193.
* \'oy. la Correspondance administrative sous Louis XIV, t. III, p. LUI.
B Séb. Mercier, Taileau de Paris, t. V, p. 329. Voy. l'article Ctiarretiers.
Chahs ou ciiarriots branlants, c'est-à-dire suspendus, d'abonl avec dos cordes puis avec des courroies de cuir. Ils paraissent dater du quatorzième siècle.
Chars damerets. Les mêmes que les ciiars branlants.
Coches. Premier nom des carrosses. C'étaient d'immenses voitures ouvertes de tous côtés et que recouvrait un toit porté par six ou huit montants en bois. C'est la voilure dont se servit Henri III, c'est celle qu'occupait Henri IV quand il fut assassiné.
On disait un coche ou une coche.
Cof.HES d'eau. Ils ne différaient guère des coches de terre. A la lin du dix-huitième siècle, le coche de Saint-Cloud, qui faisait un voyage chaque jour, était amarré à la descente du Pont- Royal. Celui de Corbeil, était amarré à la Toiirnelle. Celui de Fontainebleau marchait seulement quand la cour résidait dans cette ville. Il partait chaque jour de la Tournelle le matin à sept heures et arrivait à Valvins à sept heures du soir.
Coches de terre. ^< Voitures en forme de carrosse, portées sur quatre roues et tirées par des chevaux * ». Ajoutons qu'il était le plus souvent construit en osier.
On trouve, dans Le tracas de Paris, par CoUetet, 'milieu du dix-septième siècle), la '< Description d'un coche qui part de Paris », en soixante-dix-huit vers pleins de couleur et de ■ mouvement. Je préfère pourtant emprunter quelques lignes au comte de Vaublanc, qui raconte, vers 1774, comment il quitta l'école militaire pour se rendre à Metz où était son régiment : « On me dit qu'il me falloit retenir une place à une voiture qui s'appelait le Coche. Lorsque j'appris qu'en marchant du matin au soir, elle ne faisait que dix lieues par jou", je demandai à mon oncle de me laisser faire la route à pied... Je fus très étonné de rencontrer dans une voiture si populaire un comte, colonel à la suite d'un régiment de hussards ; j'avois aussi pour compagnon un ecclésiastique * ».
Il n'en était pas toujours ainsi, car je trouve, dans une pièce représentée en 1779. ce dialogue :
« Ren.\ud. Tout homme qui arrive ici par le coche y jette un triste coton 3.
M. Bertolin. Ma foi, le coche est une voiture très bonne, très siire et fort économique.
Ren.wd. Économique !... Vertu hollandaise, monsieur, et qu'un bourgeois ne connaît plus à Paris *. »
Complaisantes. J'extrais ce qui suit d'une pièce jouée à Paris en 1779 :
« Mad. Leleu. Laissez donc là toutes ces belles choses, et parlez moi du nouveau carrosse. Oh ! que je hais toutes ces berlines basses et écrasées. Ole femme est obligée d'y renoncer à sa coiffure
1 Savary, t. I, p. 802.
* .Mémoires, édit. Barrière, p. 61.
3 Donne de sa fortune une triste opinion.
' Rutlidge, Le train Je Paris, acte I, se. 3.