STATUTS DES BARBIERS
[Décembre 1371]
Charles, etc.
Savoir faisons à tous presens et advenir, que oye la supplication des barbiers de noslre bonne ville de Paris, contenant que, comme de si lonfi;'tenips ((u'il n'est mémoire du contraire, ils aient esté en bonne possession et saisine, el soient encores, d'estre g'ardez el gouvernez en Testai du mestier, pour cause du bien d'icellui, par le maistre barbier et varlet de chambre de noz prédécesseurs roys el de nous, afin que sur y cellui mestier aucune fraude ou mauvaistié ne feussent comises, pour cause de certains maléfices qui sur ce se povoienl ou porroienl faire ou préjudice et blasme dudit mestier ; el pour ce, ail lousjours esté g-arde dudil mestier, pour le bien el pouriit commun, nostre dit barbier et varlet de cliandire, et ail eu la couj^noissance de toutes les causes appartenantes audit mestier. et encores a par certains privillegesja pieça" à eulx oclroiés, qui ont esté perdus ; sur lesquelx ou aucuns articles d'iceulx, lesdiz barbiers ont eu par les réformateurs ordcnez à Paris l'an mil CCCLII sentence contre aucuns qui les y vouloienl empeschier, la(iuelle nous avons veue, nous leur ve\iilIions renouveler et octroier de nouvel par noz lettres leurs diz jjrivilej^es, lescjuelx s'ensuivent.
1 Vny. ci-dessus, \>. 205.
* Peuple. ' 3 (iori.spiralion, l'iilrute illicite.
* (i. ViX'^nirz, Ktu'li's sur l inilmtne et ht ctassi' tmlitstrielle « l'aris au XIII' el nu XH" siècle, p. 290
6 Naguèros.
I. Que nostredil premier barbier et varlet de chambre est el doit estre garde dudit mestier comme autrelfois ; et qu'il puet instituer lieutenant, auiiuel l'en doit olieir comme à lui, en tout ce qui audit mestier appartient ou appartiendra.
II. Que aucun barbier de quelconques condicion ne doit faii'c ol'llce de barbier en ladicte ville et banlieue de Paris, se il n'est essaiez par ledit niestre et les iiir jurez, en la manière et selon ce qu'il a esté accoustumé ou temps pas.sé et est encores de présent.
III. Que aucun barbier, de quelconques condicion et auctorité qu'il soit, ne face ofiice du dit mestier, ou cas (ju'il sera réputé el notoirement (lill'amé de tenir et avoir esté diffamé de bourdellerie et maquerellerie, au(]uel cas il en soit toujours privé, sans le ravoir ; et oultre, que tous ses ostilz soient acquis et confisqués, conmie cjiaieres *, bacins, rasoirs et autres choses apparlenans audit mestier, dont nous devons avoir la moitié, et l'autre au maistre dudit mestier.
IV. Qu'il ne doivent estre si hardiz de faire office de barbier, sur ladicte paine. à mesel ou à mesele * en quelconque manière que ce soit.
V. Qu'il ne doivent faire aux jours défenduz aucune chose de leur dil'métier, fors de saingner el de pugnier, en paine de v solz ; c'est assavoir II sols à Nous, II sols audit mestre, et XII deniers à la garde du mestier, c'est assavoir au lieutenant.
VI. Que aucun barbier ne doit faire office ou euvre de barberie aux v festes Nostre-Dame •', S. Cosme, S. Damien, la Tiphanie *, aux un festes solempnelz ^, et ne doit pendre bacins * aux ferles de Noël, de Pasques et de la Penthecosle, sur ladicte painne d'amende de v sols, a estre distribuez comme dit est.
VII. Se aucun barbier vouloit faire le contraire, el ne vouloit obéir audit mestre. son lieutenant et jurez, que le prevost de Paris, lui enfourmé de ce, leur doit baillier de ses sergens en aide de droit, pour soustenir leur exploit.
VIII. Que se aucuns desdiz barbiers vouloit .sur ce procéder, que nostre procureur sur ce informé, pour le bien publique el pour le nostre, soit adjoint avecques eulz, pour sousl«nir le droit et privilège des diz supplians, el que de ce qui louche l'oHice dudit mestier, la congnoissance en soit rendue audit maistre ou son lieutenant et aux jurez.
IX. Que aucun barbier ne doit oster ou soustraire à un autre barbier son apprentis ou varlet ', sur ladicte amende de v sols, ainsy estre distribuez comme dit est.
1 Sièges.
- I.ipivux ou lépreuses.
3 La Nativilé, l'.innuncialion, la Visitation, la Purifient ion, r.Vssoinption.
* l.'Kpiphanic.
■^ lVi.]ii.'^, la l'i'iili'ciili', la Toussaint el Ni»>l.
'' l.t's bassins )|ui leur siTvaient d'enseigne.
' Ouvrier.
ÂIM'KNDICK (XV SIÈCLK)
X. Que s'aucun barbier est adjorné ù cause (Imlit niestier panlevanl ledil maistre ou son lieuleiiaiil, qu'il soil U'iius de v cuiuparoir, sur l'anu'iide di' vi tloiiioi's, au pioullit diidit uuiislrc ou de son lieutenant '.