LES CENT ET SEPT CRIS
çuE l'on crie journellement a Paris
Bc nouveau composés en rhimmc
frattçoise pour réjouir les esperits ,
par Anlhoine Truquct, painclre.
Et fut achere (Timprimer le ci iiqniesme Jour de may.
La laictiire mi malin.
Au matin pour connnencenient .le cric du laid pour les nourrices.
Pour luiurrir les petis enfans Disant: (la tost le pot. nourrice.
Lu teille des Ilii/s.
Quind des Roys approclie la feste Sachez à quoi je m'endiesoigne :
Je m'en vois criant des couronnes Poiii- lai'llrr aux Roj's dessus leur teste.
Le pâtissier.
Et moy, pour un tas de frian.s.
Pour Gautier, (iuillaume ou Michaut, Tous les matinsje vois crians :
E.schaudez, gasteaux, past«z chaus !
Le crochet eiix.
Je crie cottrez. bourrée et busclie !
Aucunes fois fagotz. falourdes !
Quand vov que point on ne me huche.
Je dj achetez femme lourde.
Vonblieux.
Et moj qui suis un oulilieux, Les portans en toute saison Pas ne dois estre oubliez.
Car j'en suis, c'est bien la raison.
Le chastreux.
Moj chastreux je ne crie guère.
Je ne vois que jouer proprement.
Car de crv il ne m'en cliaiit irui^re
Je ne veux que mon instrument.
IjCs alhmctien.
Pour quelque peine quej'v mette, D'enrichir je n"a\' pas appris.
J'av beau crier mes allumettes, Car ilz sont à trop petit pris.
La malle tache.
A la malle tache ', La sueur du bonnet gras 1 A profiter voluntiers tasche.
Et si je n'en suis pas plus gras.
Sablon d'Estampes.
Sablon d'Estampes * à la mesure !
Je vous en feraj lion marché.
Ça tost, femmes, approchez.
Venez en quérir tant qu'il dure.
Beaux A. B. C. en parchemin !
Le premier livre des docteurs, Tandis que je suis eu chemin, A qui en vendrai je un ou deux '?
Pierre mire.
J'ay de bonne pierre noire •", Pour pantoufle et souliei-s noircir.
Si j'avois vendu j'vi'ois boire, Je ne serois plus guère icy.
Espiciers d) enfer.
Nous n'avons que faire de cry Entre nous, espiciers d'enfer *, Nostre veue descouvre le faict.
Nous le démonstrons par escrit.
• Voy. ci-ilo.'îsus, p. 249.
- Vuy. ci-dessus, p. 02-1.
^ \'oy. ci-dossus, p. 173.
* .\iiisi nommés parer qin' loiir-i rpico< brûlaiont la bimrho.
APPENDICE (XVI« SIÈCLE
Sablon à couvrir les tins.
,Ii' suis un pauvre homme iTAMou.
Il V a li>ujj;'li'mps que je vins A l'aris pour crier salilon Oui scrl il liouter sur les vins.
Ckarboii du basteau.
Cliarlion. ciiarlion de jeune liovs !
Il n'esl qu'il trois solz le niinol '. Il esl en (irève - sur un ha>leiiu.
Qui eu vomira le vienne voir.
Charbon des champs.
Cliarlion de jeune liojs !
J'en amenay encore hyer.
Sur tout ne crains que le jijruyer ' Le rencontrer par où je vois.
De la crnije.
Charbon lilanc. eliiirlion liliinc ' !
Il sert il beaucoup cle personne. La marclumdise est belle et bonne.
Biiille mil cliarjjfe pour six bhiiKZ.
Terre à laver.
Terre à laver pour dé<;;i'esser ^ 1 Je la prens dedans les carrières.
Qui n'en voudra se lire arrière.
Qui en voudra j'en ay assez.
Semelle.
Semelle i'i bouler dans les liottes !
Hz sont bonnes pour la froidure, l'renez en doncques tant qu'il dure.
J'en ay icy de plusieurs sortes.
Pourceaux.
N'y a il rien pour les pourceaux S. .X^ntoine * ?
Cliiimiirières. reijardez y.
Que Dieu vous doint vostre désir '',
Et vous garde de toute essoigne ' !
Fines esguilles.
J'ai un cry qui m'est bien duysanl ', Il est pour moy très bien utile.
Amoureux el si plaisant Qu'il me fait vendre mes esguilles.
' En 1066, le prix du minot était monté à Irenic-deux sous.
* .\u port de la Grève.
' Officier de.s eaux et forêts, ijui jugiail les délits forpslirrs.
* Voy. ci-dps.sus, p. 84.
5 CVétait siuis doute de In trrre ti foulons. Le Mènatjier tle P-iris ^t. II, p. 05) la nomme ttrte de mbes el indii(UO la manière de s'en senir.
fi Voy. ci-dessus, p. 583.
" Satisfasse votn- désir.
8 Nécessité, besoin.