giéable
Navett.
Quand fus mariée rien n'avois,
Mais I Dieu niercy) j'en ay pour l'heure,
Que j'ay gaigné ii mes navetz ' :
(Jiii veut vivri' f.iut qu'il laheiire.
Le mercier.
Esguillettes, les longs lasselz, El les beaux pignes de bouys - !
Hegiirdez les, ilz sont faiclis "*.
Aclielez, vous voyez que c'est.
Couvertoirs à lessive.
Beaux couvertoirs ù les.sive * !
De les bien faire fay devoir, l'ource, qui en voudni avoir \'ienne après moy, qui me suive.
Le natier.
E.snaltes, esnattes ', torche à chaudière ^ ! J'ay encore un beau bouclier '.
Aujourd'hui je n'en vendis guière.
Je n'en vendrai pas tant que hyer.
Tonnellier.
Tinette, tinette, tinette " I A beaucoup de gens sont propice, Et si font beaucoup de service.
Regardez dedans, ilz sont nettes.
Ramoneux.
Ramoner voz cheminées, Jeunes dames, haut et bas !
Faictes moy gaigner ma journée, A bien houlser je m'y esbas ''.
Gupillons.
Assez en a qui pilleront Pour eslre riche tout soudain.
J'ayine mieux vendre gupillons '", Et laisser là l'honneur mondain.
* Il Les Parisiens aiment beaucoup les navets ; ils en niettent dans la plupart de leurs ragoûts, et cette denrée esl pour eux ce que sont pour les Limousins les (grosses raves. Ils estiment .surtout ceux de Maisons, de Saint- Germain, de \'auf;irard et d'AubervilIiers «.
- Les statuts accordés aux pei<^iers-tabletiers en juillet 1507 leur interdissent de fabriquer aucun peigne ff sinon que d'yvoire, de bouts [buis} ou de corne ».
3 Faits avec soin, excellents.
* Sans doute couvercles pour les cuviers ;i lessive. 3 Nattes de paille.
6 Bouchon de paille avec leiiuel on nettoyait les chaudières.
" Paillasson de forme ronde.
* La tinette était un petit tonneau plus largi' du haut qile du bas. Elle était munie île deux sortes d'oreilles ptVcées d'un trou dans lequel on pouvait passer un bâton qi» maintenait le couvercle. La linelte ser\'ait surtout a colserver les beurres salés et les beurres fonilus.
* (I Ton père houssoit les cheminées », dit l'un des peiVonnages de la Fiiree rlu saretier (v. 1510). Ancien Ihe'ijre finnçiiis. t. II, p. 130. — Voy. aussi le Sermon joy^tx tFun rtiutoneur, dans A. de Montaiglon, Anciennes poe'sies françnises. t. I. p. 235.
'<! Sorte de lavette dont on se servait pour la vaisselle.
APPENDICE (XVI* SIÈCLE
Houssotiers.
Depuis le matin jusques aux soirs.
Contre un bon jour c'en est la guise Je vois criiuis les lioussouers * Qui servent à housser l'église.
Chaudronnier.
Cliaudronnifr, chaudronnier !
Je metz la pièce auprès du trou *.
N'est-ci' pas faict d'un gpntil tour?
Un mal faict ne se peut njer.
Genièvre.
Bourrée de genièvre ' je vens, C'est du bois qui n'est pas commun.
On n'en vend pas à un chacun, Pourquoy je n'en crie pas souvent.
La mort aux ralz.
La mort aux ratz et aux souriz !
C'est une invention nouvelle, Qui est assez bonne et belle Pour prendre les ratz et souriz *
Balais.
Quant hasard est sur les balais Dieu sçait comme boy ^ à plein pot.
Il ne m'en chaut : soyent beaux ou laiz Si les vendray je à mon mot.
Du fien.
N'y a il point de fien " ?
S'il vous plaist il'y regarder.
Ne me faicles plus cy tarder.
J'en ay autrefois eu céans.
Fttzis.
Bons fuzis ' qui veut aciieter'?
El bons tresbuchetz *, je l'es vens.
Je viens en ce quartier souvent.
Je les baille à seureté les bons fuzis.
' Balais dp lioux ou il'aulip branchage. C'est l'origine de noire plumeau.
- Allusion sans doute il la farce suivante qui a été publiée par M. ^'illllet-le-I)ue [Anrien théâtre fninçuii, t. II. ]t. ItOl : Farce HQurelle et fart y)yeuse des femmes qui font eseiirer leurs ehaultleroits, et ileffemleni que on ne mette la pièce auprès flu trou, .i trois personnages, c'est assaeoir la première femme, la secontle et le maignen.
3 Os bourrées de f^enièvre servaient à assainir, à |iuritîer les appartements. Héroard raeonti- qu'un jour Louis XIII enfant fit « pai'fumer de genièvre par où I.i' liorgne, portefaix, avoit passé portant le bois dans sa chandire, parce qu'il disoil qu'il puoit ». Journal, I. 1, p. 292.
* Voy. ci-de.ssus, p. H.")!.
5 Je bois.
f' De fumier.
' Sans douti' le petit morceau d'acier avec leipie. on frappe le caillou pour en tirer du feu.
* S'.i(,'it-il de pièjxes à prendre des oiseaux, ou de balances pour les uionuaies ? l'eul-iîlre ai des uns n. des autres. I
Du tel.
Du sel, du sel ! j'en ay assez.
C'est bonne sauce, bon appelis.
Il n'y a ne grans ne petis Qui de ce sel ce sceust passer.
Nicqueiz.
Qui a des larges et des nicquetz, 1<]I aus.si de vieille monnoye * ?
A les crier n'ay pas acquetz.
Pas n'en amas.se grand monnoye.
Manequini.
Deux manequins * pour un liart !
Hz ser\'ent bien à la maison.
Je les vens en toute saison.
Je vous les pluvis à fiât '.
Peau de connin.
Soit pour un oiiy ou pour nennin.
Quand veux parler aux chambrières, Je vay criant : peau de connin * !
\ moy venir ii'arrestent guières.
De Peau.
Qui veut de l'eau? A chacun duicl '.
C'est un des quatre élémens.
Nul ne s'en passe pour le jourd'hui.
Croyez moy, car point je n'en mens.
A curer le puys.
A curer le puys ! C'est peu de practique, La gaigne est petite.
Plus gaigner ne puis.
Librairie.
Prognostication nouvelle,
Beaux almanachz nouveaux.
Hz sont aussi bonne que belle.
Que ceux de niaistre .Tean Thibaut ".
L'esrnotd^ur.
Argent m'y faut gaigner petit,
.\u mestier n'a pas grand rescousse ',
Mon acquesl est si petit
Que je ne puis emplir ma bourse.
Le cry des corps.
Or dictes voz patenostres Quand vous oyez que je sonne Pour honorable personne Qui a esté frère nostre *.
* Les larges et les niquets étaient Ho vieilles monnaies dépréciées.
* Paniers.
^ Je vous les vends de confiance, à garantie.
* l'eau de lapin. — On recherchait surtout alors les lapins de Vincennes.
^ Plaît, convient.
6 Pronosticntion HOUtflle fie frèrf TkibnuU, Lyon, sans date, in-8", (Joth. — Jean Thibault, rival de Noslradamus, a publié beaucoup d'autr«'s pn.»n»tstieations.
' \'ariante : Le mestter n'a pas graïui ressource,
* ^oy. ci-dessus, p. 234.
APPKNDICK (XVI« SIKCLE)
Confrairie.
C'est à Marlv le duistel, La coiifrairii' saiiicl \ ifi^ousl.
D'v aller tliastuii preiiiic ^ousl, Les pardons sont au ^ruut auleL
Nouvelle.
Aucune bonne certaine nouvelle !
C'est il'une tille fiente et lielle.
Qui n'a que raaj,'e île quinze ans.
Qui s'est égarée en dançant.
Du cin.
C'est ilu {jentil vin vermeil.
Aussi ilu jjenlil vin lilanc.
A l'enseigne du liarillet La pinte n'est qu'à deux lilanct:.
Les prisoHnieis.
Aux prisonniers du Palais On dict : les niotz ne sont pas laiz ; Aux prisonniers de Chastelet Qui sont en un lieu ort et laid.
Fouarre.
Fouarre nouveau, fouarre ' !
C'est un crv qui est tant commun. Je viens à Paris grand erre - Pour en vendre à un chacun.
Les ma/tdians.
Nous sommes quatre mandians
Qui sont toujours près pour prescher,
Kemonstrant le vice et péché.
Qui n'ont noz vies qu'en mandians.
Des sacketz.
Des sacz. des sacz ' ! c'est pour sacer. De vendre j'ay bon appetis.
J'en ay de grands et de petis, Qui en voudra j'en ay assez.
L'herbe verte.
A ma belle herbe, à ma belle herbe !
Pour ce que c'est toute gayeté
Je ne la crie qu'en esté.
A qui vendray je ma grosse gerbe ?
Le verre.
Gentil verre jolys !
.\ un liard les verres de pierre * .
Il me faut retourner grand erre Kn quérir dedans mon logis.
< Paille.
s En liâte.
3 Nous verrons plus loin crier des sacs pour les plaideurs, il s'agit donc ici de sacs ordinaires.
* Les vases à boire en verre et en pierre étaient d'usage fort ancien : mais est-ce bien de cela qu'il est question ici ?
On trouve dans des réimpressions :
(ïïfniiU rerrfs, terres jolis.
À tteux littrils Us terres de hière.
Anis.
.\nis fleury, mon l)el anis î Il est lion dedans la maison Quand il est cueilly de saison '.
Ile lionne heure s'en faut garnir.
Le savetier.
Houzeaux vieux et souliers vieux !
Il est temps de penser de boire Devant que plus avant je voise.
De bon vin, l'ust * fort ou vieux.
Vieitx drapeaux.
Le vieux fer, vieux drapeaux !
C'est marchandise que j'assemble.
Si j'avois faicl mon trousseau Nous en yrions boire ensemble.
Pour le cheval.
Du foin, du foin, du foin ^ I C'est pour chevaux et pour mulle.
Je vous le dy sans faute nulle, D'en manger ont toujours besoing.
Selles de boy».
A mes belles selles de boys * !
Hz duysent aux nouveaux mesnages, Car il lui faut tant de bagages.
D'aucuns n'en ont pas pour les seoir.
Pauvre garson.
Qui baille argent du ganivet ' ?
Gaigner me faut par le menu Pour me revestir : qu'en hyver Je ne demeure pauvre et nud.
Mailletz.
A sçavoir fais à un chacun Que j'ay de bons mailletz de boys.
Je vous le crie à haute voix, En disant : je n'en ai plus qu'un.
Esvenloire.
A ma belle esventoire ' !
En karesme sont bien duysans.
Ce que je dis est tant notoire.
C'est pour esventer les harens.
' Celte .saison, c'était le mois d'ao&t. L'anis faisait paiie du commerce de l'épicerie ; les anis les plus estimés étaient ceux d'Alicante, de Malte, de Tours et de Ckinon.
I Fût-il.
' Le bottelage des foins destinés à Paris devait être fait à trois liens du même foin. Au commencement du dix-buitième siècle, on estimait la consontmalion de Paris à six millions de bottes.
* Sorte de tabouret.
5 Canif. On écrivait plus .soavent canivet.
6 Voy. ci-dessus, p. 316.
APPENDICE (XVI« SIÈCLE