veaux -K
L'histoire a conservé le nom de Richard Graindorge, fameux éleveur du pays d'Auge. Avant même que la rovauté aux abois en fut venue à vendre des lettres de nobles.se & au porteur», comme on disait, elle en imposait à tout homme en état de les bien paver. De la Ro(|ue écrit dans son Traité de la noblesse: « Gomme il y en a (pii iriventi'ut toutes sortes de ruses pour se prévaloir du litre de noble, il y en a d'iuilres (|ui on! le goût si dilVerent quils onl relusé cet iionneur, préféraid leur trafic à celle (|ualilé. Kl nous en voyons ijui onl été fail.s nobles de force par des édit.s, ayant élé choisis conune riches et aisés pour accepter ce privilège moyennant une finance. De ce nombre h élé Hicliard (iraindurge, fameux marchand de bœufs du pays d'Auge en Normandie, qui fui obligé
' \"i>y. !.. Pelislr, Ktur/e sur la midi/ion de la classe aqricoie en Xnrmandie au moyen âge, p. 239.
S Tome II, p. 84 el suiv
•* Fagniez. Etudes sur l' industrie au mogen àffe. p. 182. — Vny. aussi S. Morcloi-, Tableau de Paris, I. IX, p. 304.
BMSTIAUX — BIBLIOTHÉC AIRES
tlaccepttT ce jjriviK'gc cl Ue pavi'i- mille écus de liimiicp l'an lô77..I'i'n ai vu les condaiiiles entre M's mains île Charles tiraindorge, son pelil-iils, sieur du Hoclier >■ '.
\ ov. Bestiaux (Commerce des).
Beurre et œufs Si-kcialiti-; ue). V(j). Coquetiers.
Beurriers. Tiliv (|ui iiijparleuail n la corporalioii (le< friiiliers.
Dés le Irei/.ième siècle, un triail dans les rues de Paris, du -^ liurre Très ^. -. Au seizième siècle, le plus estimé était celui de Vanves, qui se deliitait en petites molles sm- les(|uelles un inouïe avait imprime les armes di' France. Des lettres patentes du 16 mars 1608 avaient autorisé le sieur Biaise (îin à se dire beurrier roj-al de Vanves ; il est le seul, y est-il déclaré « qui ail trouvé la perfection de faire du beurre de Vanvres, dans la lionté et l'excellenci» (pi'il peut esire » ^.
Au siècle suivant, on donnai! la préférence au beurre vendu par les reliijjieuses de llMifanl- •lésus. établies rue Notre-Dame des Champs.
La comédie d'.l/(.''iH. écrite en 1637. est dédiée <( à mesdames les benrrières de Paris ' ». Il y avait une ditl'érence entre elles el les beurriers ; les prenuères ne vendaient quau détail el les seconds qu'en gros ^. Les épiciers faisaient le commerce du beurre salé.
Les fruitiers avaient pour patron saint Léonard, et une coidVerie de beurriers était |)lacée sous le patronage de saint Christophe.
Vov. Coquetiers.
Beuvetiers. NHv. Buffatiers.
Bibeloteors. \ Hv.
de).
Jouets (Fabricants
Bibelotiers. Nom que l'ordonnance tks Bii/inihrs juin 1407 donne aux bimfieloliers. \ ov. Jouets (Fabricants de).
Bibliothécaires. Au moven âge, une bibliothèque est dite iirmaria, urmuriuui, bibliotherii. Ukraine, etc., el un bibliothécaire iirmarius. hibliothecurius. custos bibliothecœ, garde de la bibliothèque, elc. Mais il ne faut pas oublier qu'au début le mot bibliotheca désigne presque toujours la Bible, tandis que le mot bibliolhecarius ilesigne l'ecclésiastique chargé, dans un niona.slère, d'expédier les lettres et diplômes, de transcrire et de conserver les actes des conciles, etc.
De bonne heure, tous les couvents un peu importants possédèrent une bibliothèque et un bibliothécaire. La phrase célèbre : « claustrum sine armario quasi castrum sine armanientario " » date du douzième siècle. A Kempis, cité par la Règle des frères de Sainte-Croix de la Bretonnerie, disait deux siècles plus tard : «Une
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* tes crieries de Paris, par Guitl. île la \ ille Neuve. 3 .\. Jat, Dictionnairr crili(jue. p. 214.
* Ancien théâtre fraiiçois. t. Vlll, p. 398.
^ Kncyclopédie mélhudi^uf, arts et luéliei-s, t. I, p. 215.
* Et. .Martène, Thésaurus aneedolorum, t. I, p. 511.
bibliothèque est le vrai trésor d'un monastère. Sans elle, il est comme une cuisine sans chaudrons, une table sans mets, une rivière sans poissons, un jardin sans (leurs, une bourse sans argent, une vigiit; sans raisins, une tour sans gardes, une maisiui sans meubles '.
Des le treizième siècle, l'église Notre-Dame avait reçu de nomlireux legs de livres constituant une biblinlheque. Ces livres, suivant la volonté de la |)lupart des donateurs, devaient ùtre tenus a la disposition <les pauvres éludianls
en théologie: « acomodandos pauperibus
scolaribus in theologia studenlibus, per nuinus cancellarii Parisiensisqui pro tempore fuerit - >•. En général, ces livres sont légués au chancelier de l'église, mais celui-ci semble avoir éléchai'ge plutôt de la surveillance générale de la bibliothèque que (le la conservation matérielle des manuscrits. Otte dernière prérogative apparlenail au chevecier. qui élail ainsi le véritable bibliolliécaire •'.
En 1"290, la bibliothèque de la Sorbonne renfermait 1017 volumes *, et en 1321 les deux bibliothécaires de la maison étaieni soumis à im règlement assez sévère. Elus par les Surbonnistes, ils recevaient les clefs de la bibliothèque, mais ne devaient les confier à personne. Ils étaient responsables des livres perdus oudétruils pendant le temps de leur exercice ; autrement, ajoute-t-on, leur titre de conservateur ne serait (ju'un vain mot, « aliter, frustra dicuntur custodes ». Ils doivent tenir registre des ouvrages prêtés hors de la bibliothèque. Et l'on ne doit pas .se contenter de reproduire le titre du manuscrit, il faut transcrire aussi les premiers mots du second feuillet, atin que l'on ne puisse chantrer un volume contre un autre de moindre valeur « ne liât fraus in commulando librum majoris precii in librum ejusdem speciei, minoris tamen precii ^ ».
On sait que la Sorbonne finit par obtenir la magnifique bibliothèque de Richelieu. Il l'avait léguée à son petit-neveu Armand de Vignerot, qui se montra indigne d'un tel don. Par son testament, le cardinal ordonnait que ses livres fu.ssent confiés à un bibliothécaire dont il assurait le traitement, et qui devait surveiller attentivement la collection, « la tenir en bon estât et y donner entrer à certaines heures du jour aux hommes de lettres et d'érudition ». Dans le cas où le cardinal n'aurait pas nommé de bibliothécaire avant son décès, il veut que la .Sorbonne présente trois candidats à Armand de Vignerot, qui sera tenu de choisir l'un d'entre eux. Déjà gravement malade, hors d'état même
t Lueerna xplendens saper candelaèrmn... Opéra et studio tiodefridi a Lit, cruciferorum, p. 153.
* Magnum pastorale Ecclesiœ parisiensis.
3 « Cestoit 11- chancfliiT de l'Églisf de Paris qui avuil le soin de la librairie ; non pas qu'il la gardasl luy mesme, car elle estait entre les mains du chevecier, comme l'on voit par un inventaire de Simon de Chéri ». (>1. Joly, Des écoles épiscopales. p. 2.12.
* Bibliothèque de l'.\rsenal, manuscrit n» 855, p. 2'23. 5 Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds latin,
BIBLIOTHÉCAIBKS
de sig'iier son testament, Richelieu entre ensuite dans les détails les plus minutieux relalivemeul ù la conservation des' volumes, au halajag'e de la salle ; il fixe le cliifFre de la somme à employer pour les {jages d'un f^ardien et même pour l'achat dos balais. II ordonne enfin que mille livres soient consacrées Ions les ans à tenir la hibliothèque au courant des publications nouvelles el veut que les acquisitions soient failes sur l'avis de trois docteurs de la Sorbonne. A Saint-fîormain-iles-Prés, la règle de la consrréiralion de Saint-Maur avait ainsi résumé les tlevoirs du bibliothécaire :
I. On préposera à la bibliothèque un religieux versé dans les sciences et la bibliographie. I! rassemblera tous les livres relatifs au monastère el y inscrira le nom du couvent ; il les répartira par classes. Lorsqu'il en prêtera, de l'avis du supérieur, il les inscrira sur un registre où signera l'emprunteur. 11 ne confiera des volumes aux étrangers que très rarement, jamais sans l'ordre du supérieur et le dépôt d'une caution.
II. Les livres dangereux et défendus seront gardés par le supéi-ieur dans une armoire fermée à clef, et personne ne sera admis à les lire .sans son autorisation. On achètera tous les ans, selon les ressources du couvent, les ouvrages relatifs à l'état et aux études monastiques.
in. Le bililiolhécaire rédigera deux catalogues de t(jus les livres, ou révisera les anciens, sur lesquels il inscrira les volumes nouvellement achetés. L'un de ces catalogues sera rédigé par ordre de matières et l'autre par ordre alpliabétique l .
A la Faculté de médecine, le doyen jiouvellemenl élu recevait solennellement les livres appartenant à l'école et s'en reconnaissait responsable. Dans le premier inventaire de ce genre qui nous ait été conservé, Pierre Desvallées, élu doyen eu 1395, déclare avoir reçu les anciens slaluls de l'école, un registre contenant ses privilèges, le sceau de l'Université, plusieurs clefs, dont dix à usage inconnu, et tous les livres, au muubre de quinze, qui composaient alors biiiliullièque -.
.\u seizième siècle, la bibliothèque de l'abbaj'e de .Saint-Victor était une des plus considérables de Paris, et son premier bibliothécaire, Claude de Grandrue (C/««^j«* de Grandicico), en avait dressé vers 1513 un catalogue très complet. Le chanire de l'abbaye parait avoir ensuite rempli ces fondions, qui n'étiiienl pas oubliées dans la HKfii.K générale de Saint-Victor. Le bibliothécaire y est-il dit, possédera la liste de tous les livres du couvent. 11 doit, au moins deux ou trois fois par an , les feuilleter , en faire l'inventaire, et examiner soigneusement s'il ne s'y trouve ni vers qui les ronge, ni rien qui leur nuise. Il est chargé de la surveillance et de la
* Cotnlitutioiifs coiigregationis Sancfi .Vûurt\ ca\i. \Ii, p. 225
* Cofnt/trti/afi(t tiiedic'iiiœ Faciiita/h\ t. 1, p. 2.
direction du scriploriurn ' ; il choisit les copistes, leur fournit le parchemin el les autres objets nécessaires ù l'écriture. Les copistes ne peuvent rien transcrire .sans son con.senlemeul ; il les établit dans un lieu spécial, au sein de l'abbaye, mais tranquille et écarté, afin qu'ils se livrent au travail loin du bruit et des distractions ; il veille a la pureté des textes, à la ponctuation, à la reliure, etc.
Noire Bibliothèque nationale, commencée au palais de la Cité avec les douze volumes appartenant au roi Jean, eut pour premier bibliothécaire Gilles Malet qui, en 1373, dressa l'inventaire des 973 volumes que Charles V avait rassemblés au château du Louvre. Ce précieux document a pour titre : « Cy après en ce pappier sont escrips les livres de très souverain et très excellent prince Charles, le quint de ce nom, par la grâce de Dieu Roy de France, estans en son chasiel du Louvre, en troi: chambres Pune sur l'autre -. L'un de grâce «ccclxxiii. Enregistrez de son roniniandeuient par uunj Gilet Malet, son rarlel de chambre.
(iilles Malet mourut en janvier 1410, et eut pour successeur Antoine des Kssiirs, qui est qualifié « d'écuyer, varie! trenchant du Roy, garde des deniers de l'espargne et de lalibraierie du Hoy nosire seigneur ». Deux ans après, des l';s>ars est remplacé par (iaruier de Siiint-Yon, qui se dit « commissus ad custodiam libraria; Régis in Lupara, et aliorum eliam librorum quotumque loco fueriut ». Comme son prédécesseur, (rarnier fut destitué pour avoir pris parti contre la maison d'Orléans, et sii place lut donnée à Jean Maulin, « clerc du Roy, nosire sire, en sa chambre des comptes à Paris, et trarde de sa librairie estant au Louvre ». Franchissons les siècles et arrivons à 1 année 1795. A la suite d'un rapport de Villiers, r.\ssemblée nationale, considérant « qu'il existe une place de bibliothécaire créée par un tyran que la llalterie a surnonuné li' restaurateur des lettres... ; que le mérite, incapable de >."avilir en rampant, fut privé de celle position qui fut réservée à quelques familles privilégiées dont la bibliolhèqne sendjlail èlre l'héritage ^ ; qu'ainsi, dans les élals monarchiques, tout est trafic ou prérogatives, mais que le régime républicain ne souffre point de charges aristocratiques », déclara supprimée la place de bibliotiiécaire, et ordonna que la Bibliothèque nationale serait désormais administrée par un conservatoire composé de huit iuend)res, el qui
' N'oy. ci-dessous l'art. Copistes.
5 Dans la tour siluéi- à l'anglr iiurJ-oue.sl.
^ Mllicrs fait ici albision i la famille Bignon. qui réj:;na sur la bibliothèqui' pendant plus d'un siècle et demi. Les Bignon s'y succédcnni dans cet ordre : Jérunïe I Mgnun. inuî/rf <if ta librairie. . . \iV\'i-\i\7\\ .