I.e fait est vilain et honteux
On constate sur ce point, quelqiu^s années plus tard, un progrès sensible. Jean Sulpice, dans une Cii-i/ile publiée eu 1545, conseille hardiment l'emploi du mouchoir: «Si tu viens à te moucher, lu ne dois prendre tel excrément avec les doigts, mais le dois recevoir dedans un mouchoir '•• ».
' J. (lu Tilli't, Jieturil lies roijs de France, ôdit. de 158(1, p. 250.
2 Due de I.uynes, Me'muires, I. II, p. 17.
■ï M"**' Cainpan, Mémoires, t. I, p. 287.
* \'oy. l'art. Pochetiers.
S (II. lie \ert, Ex^ilicaltiin des cérémonies, etc., t. II, p. 315, et t. III, p. 32.
« Murte ,11 1328.
" I)nuet-d'.VicV|, .\uiiveiiux cuiiiitles, p. 00.
1* /// contenance île la table, Hibliolli. nationale, niss. français, n« 1 181.
9 Vf tiwriôus in mensa sercandis.
C'était bien l'avis des princesses, car Charlotte fie Savoie, veuve de Louis XL laissa en mourant « Iroys mouchouers brodez d'or et de soje ' », ce qui ne prouve pas qu'elle n'en eut d'autres plus simples. Lors de son mariage avec Charles VIII (octobre 1492), .Anne de Bretagne qui, comme nous l'avons vu. possédait des draps par centaines, se lit faire douze chemises et quatre douzaines de mouchoirs -.
Le chroniqueur Lestoile écrit dans son Joum^z^ à la date du \'i. uovendjre ir)94 : « On me fit voir un mouchoir qu'un brodeur de Paris venoit d'achever pour madame de LiancourI •*, et en avoil arresté le prix avec lui à dix-neuf cens écus, qu'elle lui devoil payer comptant. » Kst-ce Henri I\' qui en fit les frais V (iabrielle avait beaucoup d'amis et acceptait de toutes mains. Ce qu'il y a de sûr c'est que, neuf mois auparavant, le roi ne comptait dans .sa garde-robe que douze chemises [)lus ou moins déchirées et cinq mouchoirs *.
Louis XIV en avait davantage. Chaque malin, un maître de la garde-robe lui présentait, sur une soucoupe de vermeil. « trois mouchoirs de point •'' ». c'est-à-dire garnis de dentelle.
Dans un livre resté célèbre, le Père J.-B. de la Salle, pieux ecclésiastique qui fonda l'institut des Frères des écoles chrétiennes, donne aux enfant.s, petits el grands, ces sages conseils : « Il est de la bienséance de tenir le nez fort net, car il est l'honneur el la beauté du visage, et la partie de iious-mème la plus apparente.
Il est vilain de se moucher avec la main nue eu la passant dessous le nez, ou de se nnjucher sur sa manche ou sur .ses habits ^ ».
I']n dépil (le ces salutaires instructions, la grave question du mouchoir, qui semble à peu près ré.solue aujourd'hui, soulevait encore des controverses peu de temps avant la Révolution. De la Mésangère écrivait en 1797 : « On faisait un art de se moucher il y a quelques années. L'un imitait le son de la trompette, l'autre le jurement du clial. Le point de perfection consistait à ne faire ni lrii|) de bruit ni trop peu ' ». *
Outre les muls mentionnés ci-dessus e' dans les notes, voy. Layettes. — Toiles (Commerce des), ele.
Blanc d'Espagne (Fabri(.:anis de). Dès
le seizième siècle, on employait pour nettoyer l'or el l'argent la craie ou charbon blanc, qui n'élait autre (|ue du blanc dit de Troyes, d'Orléans et même d'Mspagne connue aujourd'hui. On le récollait i( Villeloup. près de Troyes, à Cavereau, près d'Orléans, el au bas Meudon. oii ce commerce existe encore.
1 llibllollièijiie de l'École des chartes, t. XXVI (ISOôl, p. 354.
* 1,1' Roux di> I.inoy, Vie d'Anne de Bretagne, 1. 1 V, p. 87.
■t (iabrielle ilE.sIrées.
i Journal, 0 février 1594.
S État lie la France pour ÎÎI2, t. I, p. 208 et 271.
*» /-r.v rèyles de la bienséance, etc.
" /.« cofageur à Paris, t. 11, \>. 95.
Hl.ANC DKSl-.UiNK ~ HI, ANCIIISSKURS
Au (lix-spptipine sii-clc, d'aiiln-s procédés sont préléri-s. On n-coiiimiiiido ili> lavi-r los couverts avfc (io l'eau de sou, i>l di' l''s écurer avec lie la coudre lie foin. Pour eidever les lâches très tenaces (ju'v laissent parfois les œufs, il faut, di>eut les traités spéciaux, mouiller l'objet sali, l'entourer de ceudres lirùlaiilrs. laisser reposer, puis écurer ' .
Vov. Sablonniers.
Blancanls ou Blanchards ManukacriRKS UEi. Ou uoiuniail hlaucanls ou blanchards des toiles de lin, assez, lines, dont le Hl plal avait été II demi Idanchi avant son emploi.
Presque tcuiles étaient fabriquées dans la Normandie, puis expédiées en .\mérique.
Blanchisseurs. Ils furent d'abord appelés lar'ini/ifrs. nom ipi'ils conservèrent pendant plnsieui-s siècles. La Taille île ll>f)-^ cite -tj lavandiers ou lavandières, et je remarque dans le nombre « .lehanne, lavendière de l'alibaie - ^^ de .Sainti^-Cieneviève ; elle habitait la <■. rue du Moustier. «qui est devenue la rue des Prélres- Saiiil-Klienne du Mont. Cependant à cette épocpie et dans la plupart des communautés, les relifîieux lavaient eux-mêmes leurs vêtements et leurlincre. On faisiiit chantier l'eau à la cuisine: les objets blanchis étaient ensuite étendus soit dans le cloître, >oit dans un séchoir spécial ''. Il en fut de même, durant très lonjjtemps au sein de la bourfîeoisie ; le liufje était lavé à la maison, et avec les soins nécessjiires pour en prolon|;er la durée. Des marchands audjulants parcoviraient les rues, criant des cendres pour la lessive, et les lavandières devaient avoir à leur disposition, depuis bien îles siècles sans doute, le fer destiné à raidir et à plisser l'étoffe. Au seizième siècle, on con(;ut l'idée de le faire creux, ce ipii permettait d'introduire à l'intérieur, soit des braises incandescentes, soit un saumon de métal porléau rouge. M. de Nieuwerkerke possédait un 1er de ce genre, que VioUel-le-Duc a reproduit dans son Dictionnaire du mobilier '. J'en ai trouvé au musée de Clunv deux spécimens, dont l'un est du seizième, l'autre du dix-septième siècle ^.
Vers la fin de ce siècle, les lavandières, devenues nombreuses, s'en allaient chaque matin, nous dit-(Ui, <■ battre la rivière. ^. Le lieutenant • ie police dut même leur interdire certainsendroils tellement contaminés que l'emploi du ling'e imprégné de ces eaux malsaines pouvait présenter lies dangers pour la santé publique. L ordonnance du 10 juin I6fi6, renouvelée le 8 juin 1667. le 1.') avril 1669 et le 28 a..ùt 1777. défend, « à peine du fouet ». aux lavandières de laver en été dans le petit bras de la Seine, entre la place Maiibert et le Pont-Ne<if. ■.< à cause de l'infection et impureté des eaux qui v croupissent, capables de causer de graves maladies * ».