‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 48 sur 422 · I .\ucli);.r, I.n maison rfjUe (1692), tiv. 1, cliap. V · texte numérisé non relu

I .\ucli);.r, I.n maison rfjUe (1692), tiv. 1, cliap. V

'- IV.- liw.

•• Consueluilines Clunintensh monasUrii, lib. ll,i'a|i. 15.

* Tome II, p. 105.

5 N»' 6Ii>6 cl 6197.

^ Di'lamsrrc, Traité de la police, t. I, p. 557.

Ceci s'ailre>sail snrloul aux blancliisseuses de lin. Lesantress'installaient plus bas. surles berges du (;ros-(;aillou ou de la (irenoiiillère '. C'est là aussi que travaillaient les entrepreneurs qui pas.saient des marchés pour le blanihissage des grandes familles. Mn Uiiti». Vincent Leure, blanchisseur à la (irenouillère. >'engageail à blanchir pendani un an la Maison du duc de Nemours. MovennanI cent lrente-cin(| livres par mois, il devait être lave cluupie jour neuf nappes et quarante-huit. serviettes, imtre le linge de corps provenant de ciiupiante-ijuatre personnes composant la suite du ])rince.

l'in 164:J, le ntème blanchisseur promettait « ('harles-Amédée, duc de Savoie, et à sa femme de blanchir bmte leur maison, nuiveiinant cent (puitre-vingls livres |)ar mois -.

.\u début du dix-huitièine siècle, on comptait sur la Seine» quatre-vingts petits bateaux servants aux blanchisseuses, posez le long du cours de la rivière. » .\insi s'exprime la tahle du plan de Laaiille ■' ; maùs six seulement de ces bateaux figurent sur le plan. Ils sont amarrés, deux par deux, à l'entrée de la rue des Rats ', à l'abreuvoir Màcon = et à l'entrée de la rue du Pavé ", Kn 1739. ou voulut astreindre les blanchisseurs elles blanchisseuses de gros, ceux de la (irenouillère et du Gros-Caillou, alors au nomlire de cinq cents environ, à laver également leur linge, non plus sur la berge, mais dans «les bateaux spéciaux. Quehpies esquifs de ce genre furent disposés au bord du fleuve, et une sentence de la Ville taxa le prix de chaque séance à quatre sous par tète, auxquels il fallait ajouter un sou pour la location d'un luupiet indispensable. Les blanchisseuses refusèrent d'obéir, et leur avocat, maître (jeorgeon, rédigea en leur faveur un curieux mémoire qui, le .'îl août 1740, fit obtenir gain de cause aux demanderesses.

Comme aujourd'hui, il existait une foule de blanchisseurs aux environs de Paris ; le public les accu.sail de remplacer la soude par de la chaux, et de brûler ainsi le linge, de le rendre « dur et désagréable au toucher '. » On sait que, dès le seizième siècle, îles raffinés faisaient blanchir leur linge à l'étranger, en Hollande surtout ", luxueuse coutume observée encore vers la fin du dix-huitième siècle : « les eaux qui filtrent à travers les dunes, disait-on, étant parfaitement douces et claires '. >■ Il y eut mieux encore : « les né<Tocians de Bordeaux envovaieni leur lino-e à Saint-Domingue, comme ils faisaient faire leiiî-s chemises à Curaçao et raccommoder leurs porcelaines à la Chine.* -f C'est le comte de

1 Le quiii lie la Gi-i'iiouillère, devenu quai ilOisay, commonrail ilejù à la nu' du Bac. Le Gro.s-Cailloa était siliié à la haiileur de iioirr iioiil îles Invalides.

- ItuUelin de la société de [histoire de Paris, année 1802. p. 41.

3 Publié en 1714.

* .\uj. rue de IHôtcl-Colbert.

3 Près du |ii>nl Sainl-Mirbel.

6 lli'Vfnue nie 'les ( ii-ind.s-Dc<ra's.

' .Jallbeii, Dlrtioininire. t. I, p. 271.

8 Voy. de Lëry, Histoire d'un coyote fait en la terre du Brésil, édil. de 1600, p. 200, é<l. fie 1611, p- 203

9 Jaubert, t. I, p. 272.

BLANCHI.SSl'',rRS — BLET' DE PRUSSE

\iiiililiiiH- ipii l'iiniiiiif. 11 jijoiite : « l'ii jj:riiiiil iiomlire de [«'i-soiiries arrivées par la llolle aviiiciil rempli Paris (riuniiiiios el de femmes qui purlaieiit le beau linge Ijlanclii à Saiiil-Dominfîue ; ce liiij^e attirait les rejjjards, ainsi qu'il avait l'rappé mes yeux en arrivant au cap Français. La reine ' en entendit parler, et on lui dit qu'une jeune <hime, madame la comtesse de *** était entièrement habillée de ce beau linfi^e. Elle désira la voir en particulier, et fut frappée de la beauté du ling'e. On comparait sa blancheur à la couleur un f)eu jaune de celui de Paris - ».

Nos blanchisseuses, liuniiliées par la comparaison, s'efTorccrent d'nblenir. elles aussi, un blanc irréprochable, el elles n'v parvinrent qu'au grand détriment du linge qui leur était coidie. « Il n'y a pas de ville, écrivait Sébastien Mercier vers 1780, où l'on use plus de linge qu'à Paris. Telle chemise d'un pauvre ouvrier, (l'un précepteur et d'un commis passe tous les quinze jours sous la brosse et le battoir, et les huit ou dix chemises du pauvre hère sont bientôt lin\ees. trouées, déchirées, el di.sparaissenl pour les manufactures de papier. Aussi, celui (|ui n'en a qu'une ou deux, ne les livre pas au battoir des blanchisseuses ; il se fait blanchisseur lui-iuème pour conserver sa chemi.se. Et si vous en douiez, passez le dimanche dans l'été sur le Pont-Neuf, à ([uatre heures du matin, vous verrez sur le l)iird de la rivière, plusieurs particuliers, qui vêtus à crud d'une redingotle '. lavent leur unique chemise ou leur seul mouchoir. Ils étendent ensuite cette chemise au bout d'uiu^ méchante canne, et allendentpour l'endosser que le soleil l'ait séchée. Il n'y a pas de lieu sur la lerre, je le répète, où l'on use plus le linge à force de le frotter. On entend à un quart de lieue le battoir retenlissani des blanchisseuses ; elles font aller ensuite la brosse à tour de bras ; elles râpentle linge au lieu de le savonner; et quand il a été cinq ou six fois à cette lessive, il n'est plus bon qu'à faire de la charpie ' ».

Les blanchisseurs de linge, les blanchisseurs de laine, les blanchisseurs de toiles ••, les blanchisseurs de bas de soie " ne furent jamais conslilués en corporation régulière, et l'édit de 177f) ne les mentionne pas. Ils avaient cependant fondé quelques confréries, dont les unes étaient placées sous le palronagc de saint Maurice, d'aulres sous celui de sainle Marguerite.

Les blanchisseuses sont désignées pariois sous le nom de iiteres.sex, hurrexses, curandih-es, elc. Le mot /««/«î'^'/'C s'appliquait plusparliculièremeut a la servanle bourgecjise chargée des lessives.

Voy. EmpeseiifS el Lavoirs publics.

' Marie-Aiitoinolte.

2 Mémoires, étiit. Barrifre, p. IIS.

■1 La redingote était alors m» ample vêtement île dessus.

* Tnhlean île Paris, t. V, p. 117.

f' Di'S toiles inii sortaient, encore jauni's, des niain> du tisserand.

6 Ils leur rendaient leur pi'einior lustre et mOnie les moiraient.

Blanchisseurs. Nom que prenaienl certains ouvriers ferblantiers.

Blanquiers et Blantiers. Dans l'horloo-erie, ouvrie-rs qui se bornaient à faire des mouvements en blanc, c'est-à-dire où l'œuvre est seulement ébauchée.

Blasonniers. « Cis lilre parole (les blasonniers. c'est à savoir de cens qui quirenl seles, archons et blasons ». Tel est le titre des statuts que les blascmniers soumirent, vers 1268, ù l'homologation <lu prévôt Etienne Boileau '. Dits aussi cttireurs, cuiriers, cuirieres, ruireres, quiriers de selles., les blasonniers se chargeaient de recouvrir de cuir les .selles, les arçons et les écus armoriés qui les décoraient. Ils se bornaient d'ailleurs à garnir la charpente qu'avait construite les chapuiseurs; les selliers la rembourraient ensuite, el lui donnaient son aspect définitif.

Au treizième siècle, le métier de blasonnier était lil)re. Chaque maître pou\ait avoir un nombre illimilé d'apprenlis el régler à sjt volonté toutes les conditions de l'apprenlissiige. Le travail à la lumière était interdit. Il n'est pas question de jurés dans ces staluls, .sans doute parce que les blasonniers étaient .soumis à ceux des selliers, avec qui ils ne tardi^enl pas à se confondre.

Les Tnilln de i2i)2 et de l.WO cite chacune deux blraenniers et hlmniners.

Yoj. Armoyeurs el Harnacheinent.

Blastiers ei Blatiers. Voy. Blé (Marcliands de).

Blaviers (SergentsV Vny. Messiers.

Blazenniers el Blazoniers. ^'oy. Blasonniers.

Blé (Marthands de). Leurs premiers statuts, insérés dans le Lirre des métiers *, les nomment « blaetiers, c'est à savoir venderes de blé et de toutes autres manières de grains ».

Ce commerce fut plus tard attribué aux grainiers, et le mol blaliers désigna les forains qui apporlaieni du blé à Paris. Savary lesdéliuil ainsi : ^< Marchands qui voni acheter des blés dans les greniers de la c;iinpagne. pour les transporter et les revendre ilans les marchez des villes el ■Tros bourgs ■' ». Les blaliers avaii'iil pour patron saint Nicolas.

On les Irouve encore nommés hlaalters , hliidiers, blastiers. blaetiers, etc.

V(iv. Grainiers el Mesureurs.

Bleu de Prusse dit aussi bleu de Berlin Kaiikic;ant.s oei. Sa préparation est diieà Diesbach. ntarchand de couleurs Berlinois, (pii la découvrit en 1710. La composition eu

1 Livre îles mêliers, titre lAXX

2 Titre m.

3 Tome 1, p. 3G1. — \ oy. l'oiilonnance de 1-115, chap. I, ol celle de \&Ti, chap. VI, — Delamarre, Trnité lie la poliee. t II, p. 738.

RI.Kr Dl''. l'HUSSK — BOlSSKI.ll'lHS

lui il iiliipiil j^iinii'c M'cri'li', Ml.li^ \\'imiiI\viii-(I Im trouva cl la rcnilil [)uliliiiui' eu 1724.

Lii prciuii'rf uiJiMuriicliLri' il«' hlru di' l'ru>si' que posséda hi Kninee lui, élahlie au 'JVnipliî par un sifur Ault'resse. 11 en exislail trois a la lin du dix-huitit'uie sii'cle ; celle du sieur d'Heur ou Dliour, au fauliour}j: S;iiiil-Marcel. passai! pour l'ouriiir de Iros beaux produits '.

Blondiers. Ou uoinmail ainsi les ouvriers qui l'ahriquaient la liloude ou dentelle de soie. Ou en faisait pi'U a l'aris. ruais eette industrie était Ires prospère dans les environs, à Saint-Denis, à Moniniorencv, à Villiers-le-Hel el surtout à Louvres.

Au dix-huitiénie siècle, les )>londes les plus recherchées étaient le berg-op-zoom, la rheitille. le persil, la couleucre, etc.

Le couimerce îles blondes appartenail aux linjîèn^s el a\ix merciers.

Blondiniers. Titre que prenaient les passementiers.

Bluteurs. Ils sont nommés buleteres dans les statuts accordés aux honlang^ers vers la tin du treizième siècle -.

Bobelineurs. Vov. Savetiers.

Bobineuses- Dans les manufactures de lainages, ouvrières qui « dévident, sur des bobines iHi rochels. le fil destiné il former des chaînes ».

Boesseliers. \ o.v. Boisseiiers.

Boileau Livre d'Etienne), ^'ov. Livre des métiers.

Bois Commerce i>i' \ Vov. .A.ides à mouleurs. — Atireeurs de busches. — Bois (Ma,rchands de). — Bûcherons.

— ChargevirB. — Commissaires. — Cotrets (Marchands de). — Déchargeurs. — Kagoteurs. — Merreniers. — Mottes (Marchands de). — Mouleurs.

— Porteurs. — Vendeurs. — Voie.

Bois I Marchands de\ La Taille de 1S92 mentionne 21 buschiers ou buc/iiers: dans celle de 1313. j'en trouve 22, établis sur le bord delà rivière, aux euviroiisde la rue des Bourdonnais '. En effet, le bois qiii arrivait par bateau, de la haute Seine, de l'Yonne et de la Marne devait être débarqué el vendu aux ports de la Grève, de la Bûcherie ou du Pelit-Pont : celui qui venait de la basse Seine cm de TOise se vendait au port ou à la place de l'Ecole '. Là seulement, le bois pouvait être livré en gros ^ : mais on le criait au détail dans les rues :

L'autri's crio la busclii' boni' , A ij obolfs 11' vims t*- donni' !

' Vov. VKHeyelopédie m'iAotliçur , arts il niéliers , t. I, p. "220.

- Â/rrf (/es métiers, titri' I, art. 44.

3 Voy. pagrs lU l'I II.

' Elle porte encore ce nom.

5 Ordonnance de février 1415, chap. XII

di-~iiil (liilllannic de la \'ille Neuve ' au treizième siècle. Et il en élail de même au seizième :

Soit en ilcslimr ou en cnibusclic, ()n va criant .scniblablenient, .\ jeun ou yviv : Husclie ! busche !

Pour soy chaulTer certainement '.

Si ces mauvais vers datent de la fin du siècle, les bûches ainsi antioncées pouvaient provenir du /liir/'iife, dont rinvention fut duc a tin sieur Houvet. Il eut l'idée de jeter les bûches dans les petits torrents ipil desccnilent des inonlagiies du Morvan ; leconraiit Icsi'inportailjiisquà V\ onne, d'où, reliées en radeaux, elles descendiiiciil jusqu'à Paris. Les premières limitatives ne fuieni pas heureuses. Il fallut de nombreuses ordonnances pour assurer le libre passage, pour empêcher les propriétaires riverains de s'approprier le bois.

On appelait bois-ranarflii . ceux qu'une cause quelconque entniinait an fond de l'eau. L ordonnance de 1672 ■' accorde à l'expéditeur quaraide jours pour les repêcher ; passé ce temps, l'opération était faite par les riverains, mais le marchand devait les indemniser.

Parmi les bois tlollés, on appelait bois de gracier celui qui avait conservé toute son écorce. Le yW«r// avait abandonné la sienne aux tanneurs.

■lusqu'à la Révolution, tous les hauts fonctionnaires faisaient, durant l'hiver, allumer à la porte lie leur luMcl d'énormes brasiers que Idn entretenait depuis six heures du soir jusqu'à une heure du matin '. « Les pauvres, les mains tendues, font cercle; ils se chauffent, puis emportent de la braise el quelques bûches allumées = ».

Les mots bois de fou elbois d'andelle désignent le hêtre, jadis appelé piuteau ; le bois flotte originaire de r.\ndelle. petite rivière de Normandie, passait pour le meilleur qui vint à Paris. L'ordonnance de décembre 1672 écrit bois iMndelles ".

En 178.3. la consommation de Paris était, année moveune. de six cent mille voies ', et la voie de bois représentait environ 2 stères.

On trouve dans Sauvai ' de curieux détails sur les hivers rigoureux que Paris eut à subir depuis le quinzième siècle.

Bois de construction. Voj. Merreniers.

Bois d'éventails F.vbricants de . Titre qui apparlennit aux tabletiers.

Boisseiiers. Les Tailles de i292 et de i300 citent chacune un seul bois.selier. celle de 1313 en mentionne trois.

t Les erieries fie Pans, etc.

- Les cris lies iiiiire/iiiiiiiises, etc. .\ la suite dus premières éilitions de (îoi-rozet.

3 Titre XVII, arl. 9 et 10.

* Comtesse de (îenlis, Dictionnaire des éliquelles, t. I,

3 S. Mercier, Tableau de Paris, t. XII, p. 3^5.

« Titre XVII, art. 2B.

" .Uéinuires secrets, dits de Bachaumout, 2(5 février 1783, t. II, p. 27.

S* .iafiquile's de Paris, t. 1, p. 201 et suiv.

Page 1