BOISSELIERS — BONNETIERS
Au mois (l'avril 1443, les hoisseliers firptil lioiii()li){;iicr leurs slatuls par le prévôl de Paris. Avant d'ouvrir buiiliqiije. avant « qu'ils puissent tenir ouvrouer », ils devaient payer une somme de vingt-quatre sons, dont seize revenaient au roi cl Iniil aux jurés de la comnmnanté. Un maître ne pouvait avoir à la fois deux apprentis. La durée de l'apprenlissafi^e était de six ans pour l'enfant qui apportait quarante .sous, de huit ans pour l'enfant sans argent. Le chej-(T irutre exigé pour obtenir la mailri.se consistait en « deux diverses pièces d'euvre dudit mestier ». Deux jurés administraient la corporation, qui comprenait déjà les hoisseliers. les lanlerniers et les souffletiers '. Ces statuts furent confirmés, sans modifications iniporlanles. le 24 juin 1407 -.
Vers la fin du dix-huitième siècle, l'apprentissage durait six ans, et la communauté reunissait environ 70 maîtres, qui étaient dits officiellement boisseliers-lanterniers-srinflletiers-criniers- faiseurs lie sas et tamis ^. Leur privilège comprenait, en outre, la fabrication d'une foule d'objets de ménage, celle des caisses de tambour, et surtout celle de toutes les mesures en bois destinées aux grains. C'étaient :
Le muid, ([ui représentait environ 18 hectolitres, et comprenait 12 setiers.
Le setter, équivalant à environ 156 litres, se subdivisait en :
2 mines ou he'mines d'env. 78 litres.
4 minois d'env. .39 litres.
12 boisseaux d'env. 13 litres.
Adi (jvarts o\\ picotins A' en\-. 3 litres.
190 litrons d'env. 82 centilitres.
Le setier destiné à l'avoine contenait 24 boisseaux , celui qui était destiné au .sel en représentait 16, et celui du charbon de bois 32.
Le minot variait dans les mêmes proportions.
An quinzième siècle, les étalons du boisseau et de ses subdivisions étaient conser\-és à l'hôtel de ville ».
Les hoisseliers eurent d'abord pour patron saint Eloi, mais au commencement du dix-septième siècle, leur confrérie était placée sous le patronage de saint Clair '.
L'ordonnance d'avril 1443 et celle de juin 1467 écrivent hoijsseliers. On les trouve encore nommés boesseliers, banniers et benniers ; ces deux dernières expressions proviennent sans doute de ce que la communauté fabriquait les bennes ou banneaiu, boisseaux de bois dont on se servait pour le transport des liquides.
Boîte. C'est le nom que les statuts {lonnenl à la caisse de la confrérie ".
Boîtes de cartes (Faiseurs de). Titre que prenaient les cartonniers.
1 Ortionnanees royales, t. XVI, p. 636.
2 Ordonnances royates, i. XVI, p. 639.
■' A'ny. tous c«'S mois.
* Ontonnanco de févriiT 1415, cliap. XXVI! il l.\II S Le Masson, Calenilrier des confréries, p. 93.
* Voy. te /.ivre des uif'liers, lilie XI, art. 8, il liln' LX, art. 12.
Boîtiers. Nom que le Litre des métiers donne aux serrurier.'* de cuivre.
Bolengiers. Nom que l'ordonnance ilu 30 janvier 1351 donne aux boulant'ers '.
Bondrilles. Voy. Drilles.
Bonne aventure (Diselrs de) Devins.
Voy. (
Bonnes à tout faire. \ oy. servantes.
Bonnes d'enfants. Nom moderne d'une domestique qn".\udiger ajipelle (ronternante (Fenfuns et l'abbe .Jaubert Femme iFenfans.
« Le devoir d'une gouvernante d'enfans est d'avoir bien soin de ceux dont on lui donne la direclioii. V,\\f doit les tenir toujiuirs bien proprement, avoir beaucoup de douceur et de iTiniplaisance pour eux. .sans pourtant leur rien
souffrir de bizarre ni de méchant Elle doit
pareillement leur donner à boire lorsqu'ils en demandent et qu'elle juge que cela ne leur peut faire aucun mal ; leur donner à manger et les coucher et lever à leurs heures réglées et ordinaires. 11 est encore de son devoir de tenir leurs diambres bien propres, de bien faire leurs lits. Ijien nettoyer leurs bas el leurs .souliers. Enfin d'avoir bien soin de toutes leurs bardes. linges et habits, afin qu'il ne s'en perde rien. Elle doit aussi leur apprendre à prier Dieu et à faire le signe du chrétien dès leur âge le plus tendre ; empêcher qu'ils ne se battent et ne Contractent aucune inimitié les uns avec les au Ires; les mener à la messe les fêtes et les dimanches sitôt qu'ils y peuvent aller, et ne leur donner en tout ([ue de bons et .salutaires exemples* ».
L'abbé Jaubert écrit de son côté : « .Aprè.s que les enfans ont été tirés du sevrage, les mères qui préfi-rent leurs plaisirs aux soins importans du ménage, et surtout à celui de l'éduciilion de leurs enfans. s'en débarrassent le plus qu'elles peuvent, en les confiant à des domestiques qui n'ont d'autre occupation que d'habiller et coudier les enfans, les faire manger, les tenir propres, les promener, etc. C'est à ces personnes ipion donne le nom de femmes d'enfans ' ».
Bonnetiers. Pour retrouver l'origine de nos bonnetiers actuels, il faut remonter aux coiffiers. aux aumussiers. aux chanssetiers el aux chapeliers de coton du mo^'en-àge. Dans leurs statuts de 1315 ceux-ci se disent chapeliers de (jiiiis de laine et de bonnets, et les statuts de 1366 et de 1380 leur conservent ce titre. Je les trouve ciles pour la première fois sous le nom de bonnetiers dans l'ordonnance dite des Bannières ', qui fui rendue par Lo\iis XI au mois de juin
Sons ce nouveau nom. leur c(nnmerce prit une grande extension ; à ce point que. peu d'années après, ils furent en état d'aspirer à
I Tili-e I, art. I.
î /,« maison règlèt fl692\ liv. II. cliap 3. •* .\bbé Jaubert, Dictionnaire, t. II, p. 101. ♦ Ordonn. royales, t XVI, p. 671.