XII PREFACE
Cette main mise de la royauté sur le travail industriel, qu'on constate dès la fin du moyen-àge, se manifesta d'une manière beaucoup plus générale à partir du seizième siècle. La création des lettres de maîtrise contre lesquelles les corps de métiers ne cessaient de protester se multiplièrent à tel point qu'un nombre considérable resta sur le marché sans trouver de preneur et qu'Henri IV, pour remédier à l'encombrement des " vieilles lettres de maîtrise du tout surannées et prescrites », se décida en 1608 à abolir celles qui étaient antérieures à son avènement ' .
La Confrérie est contemporaine de la Corptjration. Il est des cas où l'on ne saurait dire laquelle a précédé l'autre. Toutefois les Confréries professionnelles étaient relativement rares dans la France .septentrionale, surtout dans Paris, au XI IT' siècle, puisque sur cent un métiers le Registre d'Etienne Boileau n"en mentionne que dix-sept. Lorsque les Corporations, désorganisées par la guerre de Cent ans, se reformèrent, la plupart insérèrent dans leurs nouveaux statuts des articles relatifs à Tentretien d'un " Cierge ". Presque toutes les Corporations se trouvèrent alors doublées d'une Confrérie; le sentiment religieux, uni au goût des réunions et des fêtes, excitait les gens de métier à en fonder, Il y en avait un très grand nombre à Paris au XV P' siècle ; elles ont pris une part active dans les mouvements populaires de la Ligue. La royauté qui, de concert souvent avec l'Église, avait suspecté les Confréries au moyen-àge, les accueillit avec plus de bienveillance à la fin du XV' siècle. Cependant au XVT siècle, elle se défia de leur turbulence ; môme avant le déchaînement des guerres religieuses, elle les interdit a Paris. Mais elle fut impuissante à en arrêter la multiplication comme à en réformer les abus pendant le règne des derniers Valois. En réalité, malgré plusieurs des édits des siècles suivants, en dernier lieu celui de 1776 et un attiédissement du zèle religieux, beiucoup de Confréries de métier ont subsisté jusqu'à la Révolution.
> V" M^iitrisL-- (VonU> do).