PREFACE XIII
La rovauté n'eut pas davantage la force d'arrêter dans le corps de métier même d'autres abus qui étaient en germe depuis longtemps et qui. à la faveur des troubles religieux, florissaient alors dans tout le système corporatif: despotisme de quelques familles se partageant les charges honorifiques et lucratives, exagération des droits d'entrée dans la Corporation, exigences et partialité pour l'acceptation des chefs-d'œuvre, etc.
Vers la fin du moyen-àge les plus importantes corporations de Paris avaient pris le pas sur les autres dans les cérémonies publiques. Peu à peu elles formèrent une sorte d'aristocratie dont la composition a changé avec la fortune des métiers et dans les rangs de laquelle il y avait plus d'a.spirants que d'élus. C'est au commencement du XVF' siècle qu'on voit les six corps de marchands investis d'une sorte de consécration officielle. En 1629 la Ville leur donna des armoiries dans le.squelles figurait la nef des armes de Paris ; les orfèvres refusèrent, ne voulant pas renoncer à leur antique blason '. Les marchands de vin, depuis la fin du XVr siècle, s'efforçaient de s'insinuer dans cette aristocratie, qui les repoussait avec dédain ; ce n'est qu'en 1776 que, grâce à la réunion des drapiers et merciers en un même corps, ils y trouvèrent régulièrement place.
La royauté aurait bien voulu remédier aux abus et, pour cela, mettre plus directement les corporations industrielles sous sa discipline. C'était une tendance déjà ancienne qui, sous les .seconds Valois, se lia au progrès général de la législation et de l'administration royale. Deux édits particulièrement importants caractérisent cette politique: celui de décembre i58i, qui, publié en pleine Ligue, n'a presque pas eu d'effet, et celui d'avril 1597 qui, rendu quand Henri IV était maître de son royaume, en a eu un peu plus. Ces édits reposaient sur ce principe qu'il appartenait au roi d'autoriser l'exercice des métiers et d'en régler les conditions ; ils avaient pour objet d'organiser en Corps tous les artisans du royaume, de rendre
' V" Armoiries des Corporations d'après l'Àrmoiial général de 1696^