‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 52 sur 422 · C .\itiele · texte numérisé non relu

C .\itiele

Hol l'il US — BOULANlîKKS

Boueurs. \".v. Ordures ménagères (Enlèvement des).

Boueurs (les ports. « Sfinui Ir^ liumur^

(les pulls liMius lie liiire ucllovt'r el enlever, par l'iiacuii jour, les Imiies, ordures et iinuuui- (lices (|iii se hdiiveroiil sur les pi>rls, snus qu'il leur siiil loisible de les jeter dans le licl de la rivière » '.

Boueux. svnoMVini' populaire de houeurs.

Boug'eniers. Ou nomuiail ainsi les ouvriers cpii lidiricpiaienl les j^ros traits d'arliali'les dits /idiit/iinx ou /loitjoiis.

On trouve aussi biinjunniers -.

Bougiers. \ oy. Boulgiers.

Bougies Fabricants dk'. \oy. Ciriers.

Bougonneurs. \'oy. Boujonneurs.

BoUgranierS. Fahricanls de Ijcpii^ian. Au début, le bou^ran lut uiu' étiplle de coton tri,'s léjjère, originaire di' Bulj^arie, et qui se classe avec les tissus les plus précieux. Mais, dès le quatorzième siècle, le mot bougran sert à désiirner un tissu de ciianvre. beaucoup moins eslimé (|ue le précédent, car ou counuence à en faire des vêtements de dessous et des doublures ■'. Kiitiu, au dix-huitième siècle, le bony^ran n'est plus (pi"une toile onissière. qui, placée entre i'étotl'e (■! la doublure des habits, sert à les soutenir, à leur conserver leur l'orme. Il s'eu labriipiail beaucoup à l'aris, qui en recevait aussi de llaen, de Rouen, irAleu(;ou, etc. *. Depuis ; longfteinps les bougraniers ne fornuiienl plus à eux seuls une corporation, ils avaient en 1572 été réunis aux liug-ères.

On a appelé /wia/rui» les bannes que les marciiands tendaient devant leurs boutitpies pour les (garantir du soleil et aussi, disail-on. pour les assombrir aux dépens île leurs clienls ^.

Boujonneurs. Nom donné aux jurés dans quelipies mannl'actures de drap. Ils mesuraient, ploudiaient, puis maripiaienl les pièces au moyen (Tim instrument appelé Imujmi ou houifun.

On trouve aussi hmijanueurs et Ijoujonuiers.

Boujonniers. \'o\. Bougeniers et Boujonneurs,

Boulangerie lv;oi.ii wk . l'IUe l'ut fondée, vers 1780, dans la rue <le la ( Jraude-Truanderie, par le lieutenant de police Lenoir, et destinée k l'erisei^^neiiienl teciini([ue des ouvTÎers boulangers. Les cours y étaient gratuits et faits, deux fois par semaine, sous la direction de l'armentier et de Cadet de Vaux. Ils n'étaient pas seulement théoriques : on fabriquait Iti le pain

' Oixlonn. de décembre 1072, chap. 1\', art. a. ' Piicano;e. (Ilossarium. au mut bohonns. •• l''r. Mich»-l. Tissus de soie ait moyen-àye, t. II, p. 29 ri suiv.

* Savary. Dictioiinnire ilu commerce, t. I, p. 432. •* \"oy. Noël ilu Fait, Contes, p. 330.

blanc destiiu' a l'ei-ob' mdilaire ri Ir jjaiii bis destiné aux priscuis ' .

Boulangers, lu roi antérieur u saint Louis, Philippe-Auguste peut-être, avait concédé les revenus et la juridiction professionnelle des boulangers il son g-nind paiielier, ([ui conserva ce privih''ge jus(|u'en 1711. k cette date, le titre de grand panelier ap]Kirlenail au duc de Cossé- Hrissac - ; il vendit la rencjuc'ialion ii ses droits plus de cent mille livres, qui l'urml payées par la corporation.

.Jean de Garlande nous apprend qu'au milieu du treizième siècle, les pislores vendaient des pains faits de froment, de seigle, d'orge, d'avoine, de méteil et même de son ^. Ils prennent le nom de talemdiers dans les statuts tri's complets et trt's curieux qu'ils soumirent, vers r2()8 à l'homologation du prévôt de l'aris Klienne Boileau *. Chaque atelier se composait alors d'un gindre [joindre], de vanneurs ivaneres), de bluteurs [bideleres) et de pélrisseurs [j)estriseiirs). On ne cuisait pas les jours de fête, qui représentaieiil presque un quart de l'année, les Parisiens mangeaient donc rarement du pain frais. Le commerce n'était pas interrompu le dimanche, mais les boutiques restaient enlr'ouverles seulement.

L'ordonnance du 30 janvier lU.ôl nomme les maîtres talemeliers, talemeniez , ihalemetners, bûlenijiers et ioukui/iers ; mais il ne serait pas impossible qu'une nuance existât entre les deux formes. La seconde viendrait de ce que les pains de cette époque avaient en général l'apparence d'une bcmle ^. Boulanijers ne se rencontre guère avant le seizième siècle.

.\u début, l'unité type du pain était la denrée ou pain d'un denier, d'où l'on lit le iJouMeuu de deux deniers, et la demie d'un demi-denier ou obole. Le prix de ces pains ne variait pas ; mais, sur l'avis des jurés liilemeliers, on réduisait ou l'on augmentait leur dimension, suivant que le blé était plus ou moins cher. A dater île 1439 seulement, le pain fut vendu au poids, ce furent alors les prix qui varièrent. Les pauvres allaient, le dimanche, au marclié Saint-Christophe près de Notre-Dame, où l'on mettait en vente les pains défectueux, trop cuits, trop levés, trop compacts, ou trop petits qui, pendant la semaine, avaient été saisis par les jurés chez les boulangers de la banlieue. Quant à ceux qui étaient confisqués pour les mêmes raisons chez les talemeliers de Paris, on les distribuait gratuitement aux pauvTes.

Pendant fort longtemps, on appela pain de cuisson celui qui était cuit chez les bourgeois, par opposition au pain de boulanger. D'autres

1 Wiy. Détail de ijuelijues Hal/lissemens ilr In cille de Paris, demandé par la reine de Hongrie à M. Lenoir. l*ai"is, iii-8°, p. &0. — Tlàiêry, (îiiidedes amateurs, l. I. p. 4~5. — S. Merri.T, TaliUàu de Paris, I. \\\\, p. iril.

^ \*oy. ci-dessous l'art. Concessions de niétiei'S.

3 « Pistores Pai'isius vendunl panes de franiento, de siligino, de ordeo, de avena, de acere, item fréquenter de furfure ». Oictionarius, édit. Sclieler, p. 26.

* Livre des métiers, titre I.

2 \^y. Ducanjfe, {ilossarium, au mot bolendegarii.

Page 1