BOURREAUX
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.]p rappelle ipii' peiidniit plusieurs siècles. l'oiiverlure (lescurpsluiiiiiiiiis lui re^iirilée coiimii' une prol'aiiiitiim. 1mi lévrier 1701), nue Imlle poulilicale condamne encore toutes lesilisseclions analoniiipies entreprises siins l'aveu du Saiiil- Sié<;e '. KUes élaienl mieux proscrites par un préjujré qui fut forl diflicile ù déraciner. Aussi les analomisles les plus passionnés se bornaient-ils à dis.sé(pier des rais, des taupes, des veaux et des porcs. A la fin du dix-sepliéme siè(de, la Faculté de médecine de l'aris accordait à ses étudiants deux cadavres par an. Donc, deux fois au moins par année, le doven adressait requête au lieutenant criminel, qui s'empressait de lui ocirover le corps du premier coquin exécuté povir ses méfaits.
Les chirurg^iens, moins faciles à satisfaire que les médecins, avaient un autre moven de se procurer des sujets délude. Ils s'entendaient avec le j^reftier criminel, avec le bourreau, et moyennant tiiiance le cadavre leur était abandonné. Le bourreau exiijeail ordinairement que l'on mît sa responsabilité à labri, qu'on lui fit violence, .\lors les chirurj^iens se réunissaient soit à la Grève, soit aux halles, ils recrutaient des pagres, des laquais, des bateliers, des crocheleurs, et l'exécution à peine terminée, tous se précipitaient sur le cadavre encore chaud, l'enlevaient de force et le transportaient dans la boutique de quelque barbier. De nombreux confrères avertis v altendaieul, ils déposaient le corps sur une table, puis s'empressaient de barricader la porte. Le célèbre Vésale s'en allait pendant la nuit rôder autour des fourches patibulaires de Montfaucon, et avec quelques condisciples y disputait aux oiseaux de proie les restes de suppliciés. Parfois aussi bravant les peines terribles qui attendaient les sacrilèges, il s'introduisit dans les cimetières pour y dérober des cadavres -.
On risquait moins à les arracher au bourreau, car l'arrêt du 11 avril L551 menaçait seulement les Coupables d'une amende. On y lit que « aucuns particuliers s'efforçoient de prendre, et de fait prenoient et enlevoient souventesfois, plusieurs corps par les mains des exécuteurs de la haute justice et leurs valets, pour quelque arguent qu'ils leur donnoient ».
Pour un cadavre cédé à la Faculté, le bourreau recevait seulement trois li\Tes. Les chirur<;;'iens se montraient plus o;énéreux. En 1659, ils achetèrent un .supplicié cinquante-cinq livres, plus six livres de bouffies, l'enlèvement ayant eu lieu pendant la nuit. L'arrêt du 28 mars condamne solidairement « Galliot. greilier criminel du Chàtelet. Saint-Germain et Dubois, exempts, et l'exécuteur de la justice, à restituer les six livTes de boug^ie et les cinquante-cinq livres mal pris et exigez pour avoir délivrance d'un cadavre supplicié ■> ».
La Taille de 139S mentionne, dans la rue
' Extravagantes communes. De sepuUuris.
* Portai, Histoire de l'anatomie, t. I, p. 395. ' .\rrest portant défenses...
( iuérin-Roncel ' << Tevenot le bourriau * *. Mst-ce 11 lui ([u'a appartenu le badilaire dont se servait, au Irei/.ièuu' siècle le bourreau de Paris pour les déc^ipitations et qui est aujounlbui conservé au musée de Clunv •' 'i
Mais l'hisloire a recueilli le nom de bien d'autres bourri^anx. .Maître (iuielïroy, mort en •décembre 1411, eut pour successeur le féroce Capeluche, qui a joué un si grand rùle dans le massacre des Armagnacs. Le Joiirmil d^nn hnurtjeois de Priiis raconte que, condamné à son tour en août 1418. il indiqua lui-même a son successeur sans expérience de quelle manière il devait s'y prendre : « Kt ordonna la manière au nouveau bourreau comment il devoil copper teste, tout ainsi comme s'il vonlsist faire office à ung autre: dont tout le monde estoit esbahi. Après ce, cria mercj à Dieu et lut décollé par son varlel ' ».
En 1460, le bourreau de Paris se nommait Henry Cousin, et il exerça jusqu'en 1479 au moins. En 1475. lors de l'exécution du connétable de Saint-Pol, il avait pour aide son fîls Petit-.Iehan. Celui-ci fut assassiné en 1477 par q\iatre misérables, que Henrv Cousin pendit quelques jo\irs après. Un autre de ses fils remplit les fonctions de bourreau à .\rras ^.
En 1523, Rolillon. bourreau de Paris, fut emprisonné au Chàtelet, parce qu'il avait coupé maladroitement la tête à un gentilhomme d'Auvergne. L'année suivante, quand Saint- Vallier fut gracié par le roi, il était entre les mains de deux bourreaux, Rotillon et Macé "'
Jean (iuillaume, le fameux exécuteur des hautes œuvres de Richelieu, avait eu pour prédécesseur un sieur Jean Rozeau.
En 1657, le bourreau de Paris se nommait Saint-Aubin '.
C'est le bourreau Carlier qui décapita la célèbre Mme Tiquet. « Elle a horriblement souiïert, écrivait la princesse Palatine, car le bourreau l'a frappée cinq ou six fois avant de lui abattre la tête * ».
Le bourreau de la prévôté de Paris avait pour costume officiel des chausses et un maillot couleur sang de bœuf ; les armes de la Ville étaient brodées sur la poitrine. Il était logé dans le bâtiment du pilori, autour duquel il avait fait élever plusieurs éclioppes (ju'il louait à de petits marchands. Il était tenu de former des apprentis ou aides, car la variété des procédés employés contre les patients faisait de l'office de bourreau un métier compliqué. Il fallait savoir faire sauter une têle d'un coup d'épée, manier le fer chaud, percer la langue, arracher les oreilles
' H\ir GuL'rin-Boissiau.
2 Voy. pages 60 iH 488.
3 II a 0,79 fie longueur et porte le n' 5475. * Édit. Tuetcy, p. 18 et 110.
^ Sur tout ceci, voy. le Journal de Jean île Hnye, t. I, p. 5 ; t. Il, p. 58, 83, et 365.
6 Journal d'un bourgeois de Paris sous François /" , p. 167 et 190.
'• Gui Patin, Lettre du 24 décembre 1658, t. II p. 445.
S lettre du 23 juin 1699, t. I, p. 37.