BOURSIERS — BOUSSOLES
Les brayers ' parnis de l)on cuir, toilo on futaine.
Les sacs de velours à mettre les livres et bré\naires.
Les ceintures à porter l'or.
Les sacs de nuit en serge et autres étoffes.
Les gibecières de chasse.
Les porte-lettres.
Les étuis à livres.
Les étuis 'a pistolets et autres.
Les boursiers, qui paraissent avoir eu beaucoup de goût pour la réglementation, firent encore réviser leurs statuts en 1750. C'est la reproduction presque lillérale des précédents; celte fois pourtant le lilre de la communauté est un peu modifié el encore allongé. ],es maîtres sonl dits boursiers, collfliers, calof tiers, culnlliers, calernnniers, seuls fuiseurs de brayers, bonnets, calottes de cuir, bustes, gvélres, bas de chamois, nibecières, masrarines, escarcelles.
A la fin du dix-liuitième siècle, le nombre des maîtres boursiers était de 90 environ. L'édil de 1770 les réunit aux gantiers et aux teinturiers.
Mais, depuis les statut-s de décembre 1659. la spécialité des boursiers s'était à la fois modifiée et accrue.
\j Encyclopédie riiéthodique en donne l'énumération suivante - :
Bourses à jetons.
Bonnets et loquets d'enfants.
Bourrelets pour enfants.
Paniers, bouffantes, etc. Ce sont les crinolines du dix-huitième siècle ^ .
Falots. Lanternes portatives, h armature de fer recouverte d'étoffe.
Bourses à cheveux.
Bonnets de courrier en maroquin, basane, velours ou drap.
Bonnets de héiduques ' , hauts parfois de quatorze pouces.
Bonnets carrés et ceux de docteur.
Echarpes de coureurs.
Soufflets à poudrer, en baleine recouverte de toile blanche ou de peau de gants.
Sacs destinés à renfermer les livres d'église.
Etuis de livres, de flacons, de couteaux, en peau simple, en velours ou autres étoffes.
Grimaces ''. en forme de pelotles pour les toilettes ou pour renfermer les pains à eachotcr.
Signets (le livres en forme d'olive aplatie ou de petit carré long.
J'ai gardé pour la fin les parasols el parapluies, qui formaient une de leurs plus imporlanles spécialités. Elle leur fut disputée par les tabletiers el devint ainsi l'origine d'un curieux procès.
Les manches étaient l'œuvre des tourneurs, qui les foiirni.ssaient aux bo\irsiers, autorisés
1 Voy. l*arl. Brayers (l'^iiscurs tloj.
ï Manufactures, t. I, p. 8T.
3 Viiy. l'art. Paniers (Marchandes de).
♦ Voy. cet article.
S On nommait ainsi des boîtes rondes, dont le couvercle, doublé d'une gUce, supportait une pelote à épingles.
seulement à monter et à vendre ces utiles objets. Mais les labletiers avant, en vertu de leurs statuts, la faculté de travailler la baleine, se crurent en droit de fabriquer des parapluies. L'un d'eux, le sieur Talon, osa même se qualifier de tabletier de manches, carcasses, garnitures de taffetas de parasols à soleil et de parasnls-parapluyes. Les tourneurs virent là un empiétement sur leur monopole el firent opérer une saisie chez Talon. l)e là un procès, qui fut perdu par les tourneurs. Une sentence de police, confirmée par le Parlement le 31 janvier 1759. les condamna à cent livTes de dommages-intérêts envers la communauté des labletiers et à 200 livres envers le sieur Talon.
Ainsi encouragés, les labletiers se mirent à confectionner el à vendre des parapluies. Un procès leur fut intenté trois mois après par les boursiers, el ils eurent encore gain de cause.
Un arrêt du 16 juillet 1759 mit d'accord les deux communautés en leur permettant « de vendre et débiter par concurrence les parasoLs el les paraplujes ».
Les boursiers, dits aussi bourserots, avaient pour patron saint Brieuc ', dont ils célébraient la fête le 13 novembre, à l'église .Saint-Barlhélemv.
Voy. Aumônières (Faiseuses d'). — Brayers. — Bustes. — Caleçonniers.
— Calottiers. — CoUetiers. — Culotiers. — Demi-ceintiers. — Escarcelles (Faiseurs d'). — Gibeciers. — Guêtriers. — Herniaires. — Mascarines.
— Farapluies. — Fochetiers. — Tassetiers.
Bousilleurs. Ouvriers maçons qui avaient la spécialité du bousillage. Celui-ci consistait à élever des conslructions légères avec de la boue el de la paille hachée.
Ce mot avait encore un autre sens, que Savary * explique ainsi : « Mauvais ou\Tiers, qui sçavent mal leur métier et qui travaillent avec peu d'adres.se el de propreté ».
Boussoles (Fabricants de). « Le quadrant des mariniers, appelé par les Ilaliens boussole, est une invention admirable qui cr)urt sur mer pour se recognoislre lors que l'on a perdu tout jugement de son adresse ». Celle définition pittoresque est du savant Etienne Pasquier ■". J'y ajouterai que le mol bou.ssole vient bien, en effet, de l'italien, el que l'utile instrument qu'il désigne s'est successivement appelé quadrant, cadran, marinière, mariitelte, compas de route, compas de mer, aiguille de mer, elc. Quant aux oiUTiers qui les fabriquaient, je les ai trouvés nommés quadraniers, qundrantiiers el cadraniers. Ils se rattachaient à la classe des fabricants d'insiruments de mathématiques, qui eux-mêmes appartinrent successivement à la corporation des couteliers el à celle des fondeurs.
1 Voy. Ordonn. royales, t. Vlli, p. 316, et HulUti» de la Société de f histoire de Paris, année 1864, p. 118- * ûielionHaire du eommeree, t. I, p. 454. 3 (Eutres compUtes, t. I, p. 419.
BOUSSOLKS — BOUTIQUES
('ependiinl, an ilix-septième siècle, Ii's quiidniiiiers fomiaiiMil une confrérie jiiirlictilière, pla«H"c sous le palronafie de saiiil Mildeverl, et qui se réunissait le 27 mai ù l'ofj^'lise Sainte-Croix de la Cité*.
On nommait des Bulfcrfie/d les boussoles en arj^enl fabriquées par un mécanicien de ce nom. qui mourut en 17'24. Il eut le titre d'in|jfénieur du roi pour les instruments de mathématiques, et il demeurait sur le quai <le l'Horlotre.
Boute-à-port. Vov Débacleurs.
Bouteiller de France (Grand) , dit aussi Grand ?;chasson. Chargé de surveiller les boissons destinées à la table rojale, il jouissait de certains droits sur les marchands de vins et les c<il)aretiers. Ces droits, que le prévAt de Paris contestait, furenl limités par lettres patentes du 6 octobre llUi. Mlles accordèrent seidemeni au g'rand bouteiller la moitié de la lie des vins vendus au détail ; mais pour recouvrer cette redevance, il pouvait citer les cabareliers à son tribunal, les condamner à l'amende et même les faire emprisonner au Chàtelet.
Une ordonnance de 1414 est la dernière où j'aie trouvé mentionné le privilège du grand bouteiller sur les cabareliers -.
Il en possédait ileux autres assez curieux, et que je mentionne ici pour mémoire. Il touchait cent sous de chaque prélat qui venait, après sa nomination, prêter au roi serment de fidélité^. Prérogative plus étrange encore, les marchands étaient tenus de lui céder à bas prix le poisson acheté pour sa consommation personnelle. « Il avoil, écrit du Tillet *, taux et prix particulier de poisson en la ville de Paris pour la provision de sa maison * ».
Dans le personnel attaché à la maison de Philippe le Hardi " en 1285 figuraient deux bouteillers.
Vov. Concessions de métiers.
Bouteillers. La Tai/k de 1292 cite, dans la rue des Rosiers, un sieur « Macy, qui fet les bouteilles " ». La Taille de 1313 cite, à la porte Baudoyer, « .lehan de Saint-Gobain, qui fait boutailles ". » Etaient-ce des verriers? Le moyen âge connut les bouteilles en cuir, en acier, en jaspe et même en verre, mais ces dernières constituaient une exception.
Jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, les vases à boire ne figuraient pas sur la lable : ils restaient sur le buffet avec les vases, fontaines ou barils qui contenaient les boissons. Quand on voidait boire, il fallait faire signe à un valet, qui prenait un verre au butiet, le remplissait, le présentait sur une assiette, attendait qu'il fût vidé, et le
t L^ Massun, Calendrier des confréries, p. ti". - Voy. Di'IamaiTe, Traité de la police, t. I, ji. 150. 3 Ouyot, Traité des offices, t. I, p. 48". ' Voy. Recueil des roi/s de France, p. 291. ^ .\insi ju^é par Ir I*arlem''iit, arrêt de la Toussaint * Recueil des roys de France, p. 295.
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rapportait alors où il l'avail [iris. Parfois aussi, ce service était lait, à gauche du convive par deux valets, dont l'un tenait le verre, l'autre une carafe. Le marquis de Rouillac, mort en 1()()2, est le premier qui ait eu l'idée de renvoyer ses gens et de manger tranquillement sans laquais '. On n'osa l'imiter, et l'usage de lais.ser sur la table les verres et les bouteilles ne date guère que de 17(50*.
Le litre de bouteillers appartenait a la corporation des verriers.
Voy. Bouchonniers et Verriers.
Bouteillers. Les statuts de mai 14.")7 donnent ce titre aux gainiers, parce qu'ils avaient le privilège de faliri(|uer des bouteilles en cuir bouilli. L'article 4 s'exprime ainsi : « Aucun ne pourra faire bouteilles que de cuir de bœuf ou de vache, pour ce que autre cuir n"y est pas propice ». L'article 12 des statuts de 1560 ajoute qu'elles devront être « cousues de deux cousiures à doubles chefs ».
Boute - en - courroie, et plus souvent BouTE-EN-coRRoiE, coupeurs de bourses, voleurs, escamoteurs. Littré a admis ce mot, depuis longtemps hors d'usage, et le fait synonyme d'escamoteur.
Bouteuses. Ouvrières qui rangeaient les épingles, par quarterons, sur des bandes de papier.
Bouticjues. Au treizième siècle, elles se composaient en général d'une grande arcade divisée par un ou plusieurs montants de pierre. La porte d'entrée se trouvait, non au milieu, mais à l'un des côtés de l'arcade, le reste était consacré à l'étalage. Les volets de la boutique s'ouvraient horizontalement par le milieu ; celui d'en bas s'abaissait vers le mur d'appui, et dépassant l'alignement, recevait les marchandises exposées ; celui d'en haut se relevait, était maintenu en l'air par des crochets, et abritait l'étalage: souvent aussi, g-lissant dans une rainure, on se contentait de le remonter, et alors un auvent en bois ou en tôle protégeait la façade du magasin. Presque toutes les affaires se traitaient ainsi en pleine rue : rarement, dans la boutique, au plafond bas, assombrie par le cintre de l'arcade et par des objets exposés en vente. De là, le nom de fenêtres donné aux magasins. Le mot boutique ne figure pas une seule fois dans le Litre des me'tiers. qui se sert toujours des expressions fenêtre ou ouvroir : ïoiivroir. c'était l'atelier, la fenêtre, c'était l'étalage, et nous verrons ailleurs que tous deux devaient être réunis dans une même pièce. Il était de règle que chaque maître ne pouvait avoir qu'une seule boutique, et celle-ci resta pendant bien longtemps conforme à la description qui précède.
Plus tard, les volets cessèrent de faire corps
I Tallemanl îles Réaux, Historiettes. I. VI, |]. 44'J ^ Voy. Barbier, Journal, 27 septembre 1760, t. ^1I, p. 302.
BOUTIQUES — BOUTONNIERS
itvi'c la (leviinliiri' cl dun'iil être enlevés chnqiie malin ; les auvenis, au contraire, devinrent fixes et prirent parlois de vastes proportions.
Les devantures vitrées datent de la fin du dixseptième siècle. Jusque-là, le marchand exposé H toutes les intempéries des saisons, n'avait pour se f^arantir du froid qu'un réchaud de braise. Quant à réclaira<j;'e, il se composa jus(iue-lii soit de lanternes, soit de chandelles placées dans des verres cylindriques.
Les boutiques les plus luxueu.ses, celles des apothicaires, par exemple, qui, au seizième siècle, n'avaient encore pour ornement que les lourdes amphores, les mortiers de fer et les boîtes grossièrement décorées où reposaient les médicaments, prirent au début du dix-septième siècle, une moins misérable apparence. Elles devinrent plus clairesel plus vastes, on les garnit de boiseries finement travaillées, el d'élégants tiroirs furent rangés niélhodiqnement autour île la pièce. Sauvai nous a conservé une <lescriptii>n enthousiaste de l'apcilhicairie des Feuillants <]ui avait été installée dans ce couvent en 1()37 par le frère Christophe de .Saint-Franç(jis. Longue de quatorze pieds et large de neuf, on lui reprochait seulement son plafond un peu bas et la grosse poutre qui le traversait ; mais la pièce était entourée d'armoires vitrées dont l'entablement, chargé de beaux vases, repo.sait de distance en distance sur des cariatides sculptées dans le bois*.
Le médecin anglais Lister, qui visita Paris en 1(')08. constate que plusieurs ^< boutiques d'apoliiicaires sont fort ornées et ont même un air de grandeur ». Il avait surtout remarqué celle de Mathieu-François CîeoHroy, qui fut échevin de la ville en 1685 et père du célèbre Etienne (ieotfroy, mort professeur au collège de France et dojen de la Faculté de médecine. >< Elle est, dit-il, dans la rue de Bourgtibourg ; l'entrée de la basse-cour est par une porte cochère, avec des niches oii sont de grands vases de enivre. Quand vous êtes entré, vous trouvez des salles ornées d'énormes vases et de mortiers de bronze, qui sont là autant pour la [)arade que pour l'usage. Les drogues et les préparations sont dans des armoires rangées autour de ces pièces ^ ».
Au dix-huitième siècle, les chirurgiens ne possédaient plus de boutique proprement dite, mais tous avaient conservé au rez-de-chaussée sur la rue une .salle fermée par des grilles où un élève se tenait en permanence. Sur la devanture s'étalaient les afliclies indiquant les cours des professeurs et donnant l'adresNC de tous les chirurgiens •'. Ces boutiques étaient, en outre, ornées de trois bassins jaunes, tandis que les barbiers ne pouvaient suspendre aux leurs que des bassins blancs.
La police intervenait souvent. J'ai retrouvé une sentence du 25 févTier 1729 qui, .sans alléguer aucune raison, interdit aux cabaretiers de
t Jhr/iftr/tfx sur /'iiri:i, l. 1, [i. 485. 2 Voijttqe t'i Paris, p. 212.
^ \'ov. Qui'snay, l'examen impiirtial des cotttf stations , etc., p."210.
faire figurer sur leurs enseignes un chou. Le même règlement veut (]ue tontes leurs boutiques soient munies de barreaux en fer, tradition qui s'est conservée fort longtemps ' .
YjXï somme, jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, les magasins, même le plus en renom étaient d'une grande simplicité. A part de rares exceptions, l'on n'3' voyait aucune décoration, ni peinture, ni glaces, ni étalage. Puis, tout changea, et les boutiques commencèrent à afficher un luxe qui, selon toute apparence, nous paraîtrait aujourd'hui bien mesquin. Je lis dans un ouvrage publié en 1826 : « Voyez el a<lmirez la propreté el la recherche qui régnent jusque dans la boutique des cordonniers. Rien n'y manque : glaces, chaises à lyre, comptoir d'acajou, tablettes façon même bois, lapis de pied, vitrages au travers desquels sont rangés, dans le plus bel ordre, des milliers de paires de souliers de toutes les mesures, de toutes les modes, de toutes les couleurs. A ces ornemens il faut ajouter cinq ou six jeunes bordeuses proprement vêtues, qui travaillent sousi'inspeclion de la maîtresse, dont le costume rivalise avec celui des femmes d'une profession plus relevée * ».
Voy. Échoppiers et Étalages.
Boutonniers. Du treizième au seizième siècle, le costume des hommes et des femmes comporta une grande variété de boutons. Sous saint Louis, les manches de la robe, alors commune aux deux sexes, étaient collantes jusqu'au coude et fermées par une rangée de boutons. Le saint roi porta, en Orient, une robe que le Soudan lui avait donnée, et où l'on admirait « grant foison de noiaus tous d'or ' ». Au commencement du siècle suivant, la chape des femmes est garnie d'une cinquantaine de boutons *, et le pourpoint des hommes n'en exhibe pas moins de soixantedix-huit, dont vingt pour chaque manche '' .
Les boutons en mêlai précieux étaient faits par les orfèvres: les moins riclies étaienl l'œuvre de deux corporations, les boutonniers et les patenôtriers *. Toutes deux ont leurs statuts dans le Livre des métiers.
Les boutonniers ' fabriquaient exclusivement des boutons « d'archal, de laiton el de coivre neuf el viez * », et des « dex ' à dames pour coudre ».
Le métier était libre. .\près avoir accompli les l'ormalités ordinaires, chacun pouvait ouvrir boutique sans rien payer.
Chaque maître ne devait avoir à la fois qu'un seul apprenti, non compris « son enfant né de loial mariage ». La durée de l'apprentissage
' Sentence de police en forme de règlement, l'Ic. 1729, in-4°.
- Vie puilii/ue et prirée des/rançois, t. U, p. 2I3ol217.
•1 Joinville, i-clit. (!.■ 1868, p. 143
I Voy. .I.-M. Hirlianl , Mahaut , comtesse d'Artois,
5 Voy. .). (^iiirlieral, Histoire d» costume, p. 231.
'• Il V avait alors qiiati*c forporalions de pat<'iiôlriers.
■J Tiiiv I.XXIl.
* Cuivre neuf et vieux.
9 Dés.
BOUTONNIERS — BRAALIERS DE FIL
pUiil lU" liuil iitis pour IViifiinl (]iii apporliiil quiirand" sons, de dix aiisau iiKiiiis pnur Ifiilatil sans ar^fiil.
Toiii ouvrier avant d'èlre admis dans un atelier s'cnfj^a^eait par serment u se Cdiifornier aux staluls du métier, et à déiKuioer auxjiirés de la eonimnnauté les infractions qu'il pourrait découvrir, fussent-elles commises par son propre maître.
Le travail à la lumière éUiit interdit, >.< quar la clarlez de la nuil n'est mie souftisans h ouvrer de leur meslier ».
Ueiix jurés, nommés par le prévAt de Paris, surveillaient la faliricjition, qui était minutieusement réfîlemenlée. Il fallait que les boutons ne fussent ni ébréchés, ni fendus, et (|u'on eut soin de les souder « bien et loialement >^. Quand ils étaient iné^faux « bescoz », ils devaient être saisis et détruits.
Les patenôtriers confectionnaient les l)oulons en os, en corne et en ivoire. Leurs statuts difTéraient fort peu de ceux des boutonniers.
Toutefois, il n'v est fait aucune distinction entre les apprentis, qui devaient tous servir pendant neuf ans au moins.
Les ouvriers quittaient l'atelier, en été « à l'eure de vespres sonans en la parroche ' où ils demeurent », et en hiver « au premier oop - de complie sonanl à Nostre-Dame », ce qui prouve que le métier était surtout exercé aux environs de celte éo^lise.
La TaiUede 1202 mentionne seize boutonniers, celle de ISOO eu cite treize seulement.
Ils furent de bonne heure réunis aux passementiers, qui prirent le litre de passement lersùoii/onniers.
Vov. Travail (Réglementation du).
Boutonniers Orfèvres. Vov. Orfèvres.
Boutonniers leurs.
d'émaiL V
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Bouviers. « Ce sont ceux qui sont chargés d'avoir .soin des bœufs, de châtrer les taureaux encore jeunes, pour dompter leur fureur, et de dresser les bœufs à subir le joug. ... Le bouvier prend aussi soin des vaches. Il les panse, il veille an moment où une vache est prête à vêler, afin de lui donner les secours nécessaires. Dès que le veau est né, il lui jette sur le corps une poignée de sel et des miettes de pain, afin que la vache le lèche et le nettoie, puis il fait avaler au jeune veau un jaune d'œuf qui ne .soit point cuit.. . . Le bouvier peut aussi châtrer les verrats lorsqu'ils ont six mois ' ».
Au treizième siècle, on estimait surloul les bœufs rouges. On voulait encore qu'ils eussent les membres gros et carrés, de grandes oreilles, le front large, les veux, les lèvres et les cornes noires, les narines }>ien ouvertes et les pieds petits.
Les métiers qui employaient le plus de cuir de bœuf étaient les gainiers et les bourreliers.
' La paroisse, du latin parockia.
* Coup.
3 Jauoert, Dielionnaire, t. I, p. 316
Les bouviers ont été nommés Piquehœufs, l'icquebaufs. Piqufurs (If boeufs, etc.. etc. \ay. Vachers.
Boyaudiers. Artisans (|ui préparaient et tilaieut les cordes faites de luiyaux, à l'usage des fabricants d'instruments de musicpie, îles raipietiers, etc. Ils n'employaient guère que les boyaux de moutons ou d'agneaux.
Au dix-septième siècle, les sept maîtres établis il l'aris désirèrent être constitués en communauté, et Louis .\I\' leur accorda des statuts en mai lti76. Le nondire des maîlres ne devait jamais dépasser huit. L'apprentissage durait trois ans. Les veuves avaient le droit de continuer le commerce de leur mari. La corporation, administrée par un doyen et unjuré. était placée sous le patronage de sainte Barbe. A cette époque, les maîlres sont souvent nommés fikwrs et retordeurs de boyaux.
A la fin du dix-huitième siècle, les boyaudiers au nond)re de dix, étaient tous établis aux environs de Monlfaticon. Les fils de maître seuls pouvaient aspirer à la maîtrise.
Le Dictionnaire de Furetière (1727) écrit boyautiers, et Delamiure (1737) boyotiers.
Boyautiers et Boyotiers. Voy. Boyaudiers.
Boysseliers. Nom que les ordonnances d'avril 1443 et de juin 1467 donnent aux boisseliers.
Braaliers de fil. Faiseurs de braies. Les braies constituaient une sorte de culotte. Pendant la domination romaine, la partie des Gaules comprise entre le Rhône, la Garonne et les Pyrénées était nommée Gallia braccata. parce que tous les habitants de cette contrée portaient des braies. Celles-ci descendaient par-dessus les chausses ' jusqu'au cou-de-pied et avaient beaucoup de ressemblance avec nos pantalons actuels. Mais au treizième siècle, les chausses étant portées fort longues, montant presqu'à mi-cuisse, les braies s'accourcissent, deviennent une façon de haut de chausses, mot qui d'ailleurs n'existe pas encore.
Les braies étaient ordinairement en toile, aussi les ou\Tiers qui les confectionnaient étaient-ils dits braaliers de fil. On trouve pourtant mentionnées des braies en soie, en drap et même en peau. Ces dernières étaient la spécialité d'une autre corporation, celle des boursiers -.
Vers 1268, les huit maîtres braaliers établis à Paris soumirent les statuts de leur communauté à l'homologation du prévôt Etienne Boileau •*. On y lit que chaque maître pouvait avoir un nombre illimité d' « apprentizet d'apprentisses ; » ces dernières étaient plus spécialement chargées de la couture. L'apprenti s'engageait pour six ans, et payait chaque année dix sous à son
• Les bas.
* Voy. le Litre des mélieis, liliv LX.WII. 3 Litre des méliers, titre XXXIX.