BRAALIERS DE FIL — BRASSEURS
iiiiiîlro ; l'apprentie servait deux ans seulement, aux mêmes conditions.
Les braies se fixaient sur les hanches au moj'en d'un cordon à coulisse appelé hraiel, hraier ou brayer *. Aussi les Irouveres ont-ils une formule consacrée lorsqu'ils veulent dépeindre un comhnllant pourfendu par son adversaire : ils écrivent qu'il est « tranché jusqu'au brajer ». Dans La channnn de Roland^ Olivier l)raiidil Haltcclere, sa lionne épée, et coupe en deux le Sarrazin Glimorin, ainsi que son cheval Barbamusche :
Toi 11' porfi'nt fli'ci lanl i|u'au tiraii^r, Par mi le cors Ircnche Ir bon rli'strier *.
Les braies, vêlement essentiellcnieiit masculin, passaient pour l'atlrilmlde la virililé. L'on disait des femmes maîtresses au logis que, dans le ménage , c'étaient elles qui « portaient le brayer », expre.ssion venue presque intacte jusqu'à nous. L'origine de ce dicton parait remonter au fabliau De sire Hain et de dame Anieuse ■', dont l'auteur est un trouvère français du treizième siècle nommé Hue. Il nous montre les deux époux se disputant la possession du brayer qui, après une résistance aussi longue qu'honorable, fiiiil par demeurer aux mains de sire Hain.
Au seizième siècle, le mot brayer a changé de sens, il désigne un bandage herniaire * ; mais l'imagination des poètes a créé Bigorne, un animal fantastique qui mange tous les hommes qui font- II' cnmmanilement de leurs femmes ^ :
iJiporne suis rn HifÇomoys,
Qui ne manp' figues m- noyii,
Car Cl-' n'est my»? mon usage.
Bons hommes qui font le comniant
De leurs fenmies enliérement
Sont si l)ons pour nioy (jue c'est rage.
Je les mange de grant courage.
Le « bon homme » demande grâce, expose à Bigorne ses doléances, lui dépeint le caractère intraitable de sa femme :
Si je dis nuf, elle dit naf, Si je di.s but", elle dit baf.
Toute malice en elle abonde.
Elle est en tout mal si parfonde.
Que nuyt et jour ne fait qvie braire.
Mais Bigorne ne connaît pas la pitié.
Il serait injuste dappliquer ce portrait à toutes les femmes du seizième siècle. Une autre plaquette, contemporaine de Bigorne et presrpie aussi rare, le Miroiter des femmes vertueuses, nous tranquillise sur le sort réservé aux maris de ce temps-là. J"y découvre cette réponse charmanie faite par une femme « à son seigneur », dil le texte : « Avant que j'entrasse en la maison, je desveslis mes robes et aussi mes voulentés, et vestis les tiennes. Quoy que tu veulx, doncq
* Voy. le Glossaire de Ducange, aux mots braciz et braiel.
* lionelsvald. publié par Hourdillon, p. 73. — Cf. I,. (Jiiutier, La chanson (le Roland, vers 1500.
■' Dans linrbazan, Fabliaux et coules, édil. de 1650, t. m, p. 39
* Voy. l'arlicle Boursioi-s.
5 C'est le titre complet d'une plaquette rarissime qui date des premières années du seizième siècle.
je vtieil ». Cette adorable soumission était-elle sincère, ou n'y faut-il voir qu'une ruse destinée à affermir un pouvoir que de franches résistances eussent pu compromettre "? Le dix-septième siècle eût sans doute penché vers cette seconde hypothèse, car voici ce qu'écrivait, vers 1699, l'historien italien J.-P. Marana pendant son séjour en France : « A Paris, les femmes commandent plus que les hommes... Elles ont le privilège (Ip Commander à leurs maris et de n'obéir à personne ' ».
Quand Marana s'exprimait ainsi, il y avait longtemps que les braies, détrônées par le haul- (le-chausses, étaient réduites au rôle de caleçon. Jean Nicot les définissait ainsi en 1606 : << Chausses courtes de lin ou d'autre toile, que l'on porte sous les chausses par netteté * ».
On trouve hraeliers, hraieliers, braijeliers, etc.
Voy. Tailleurs.
Braceeur. .Nom que la 'Taille de 1292 donne à un brasseur.
Braeliers et Braieliers.
liers.
.Oy. Braa-
Brambaricaires. Voy. Barbaricaires.
Brandeviniers. Débitants d'eau-de-vie.
Le mot brandevin n'était guère en usage que parmi le peuple et les soldats. « A Paris, où les petits marchands en débitent à petites mesures, depuis quatre deniers jusqu'à un sou, et dans les armées oii les vivandiers en font le négoce en détail, ils disent plus ordinairement bran-de-vin qu'eau-de-vie ■" ».
Voy. Eau-de-vie.
Brandons (Fête des). Dans les statuts des métiers, ce mot désigne toujours le dimanche de la quadragésime, parce que le peuple avait coutume de fêter ce dimanche en allumant des feux sur les places publiques. « Nus baudroyers ne puet ne ne doit ou\Ter entre les Brandons et la S. Hemi * puis que ^ conplie * est sonée à Nosire Dame ' ».
Brasseurs. .Sous le nom de cervoisiers, ils onl des statuts dans le Litre des vie'tiers *. On y lit que la cervoise était faite avec de l'eau, de lorge. du méteil et de la dragée, c'esl-à-dire de memu grains, tels que vcsces, lentilles cl avoine; en somme, c'était à peu près notre bière actuelle, moins le houblon. Comme saint Louis n'aimait pas la cervoise, il en buvait pendant le carême, pour faire pénitence '.
La Taille de 1202 cite 37 cervoisiers et
t Lellres d'un Silicien, édil. V. Dufour, p. 11 et '20.
- Thrésor de la langue françoyse. p. tH).
•' Savaiy, Dictionnaire du commerce, t. 1, p 466.
* lit' 1«| octobre.
3 Depuis que.
S Compiles, que les cloches sonnaient le soir à neuf heures.
" Licre des métiers, lilix» LXXXIII, art. 9.
8 Titre Vlll.
'■' Vie de saint Louis, par le confesseur de la reine Marguerite. Dans le Recueil dtt kislorim, X. XX, p. 107.