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BRASSEURS — BRETELLES

1 iraceeui-, celle Je 1300 iiieiitioniie seuleineni 40 cervoisiers.

l'ar lellres [jalciiti^ ilii "20 septembre l;i()9. Charles \' acCDrila le inoricipole de celle lahricaliiiri ù vinu^t el un cervoisiers. Il réserva loiitefois à ([ualre liùpilaux tle Paris le droit de lirasser de la cervoise pour la coiisoiiimalion des malades et des ^eiis de la maison ' .

Les slatuls de 1489 et de 1514 lixenl à Irois ans la durée de l'apprenlissaofe, nui l'ut portée ù cinq ans par ceux de janvier WM.

Au dix-septième siècle, les Hollandais, les .-Vnjjlais et les Allemands ne buvaient ^ueie ([ue de la bière ii leurs l'epas, coutume rejetee par les Frani;ais. Nemeil/., eu 1718, prelendail que la bière laite à l'aris était malsaine ; le houblon, écrit-il, y est souvent remplacé par des iierbes amères ou par du fiel de bœuf-.

Le uond)re des brasseurs était d'environ 78 à la lin du dix-liuitième siècle. Ils avaient la Vierjje pour patronne, mais une de leurs confréries était placée sous Finvottition de saint Léonard.

Au quatorzième et au quinzième siècles, ou les trouve souvent nommés servoisiers et camhie^rs. Le mot cambe désignait alors une brasserie ^. Savarv, en 1723, les appelle aussi cerrisiers '.

Brayeliers. N ov. Braaliers.

Brayers (Faiselrs de . Titre qui appartenait à la corporation des boursiers. Le mot braver a eu successivement un grand nombre d'acceptions différentes. On a nommé ainsi : les faiseurs de braies \braaliers du treizième siècle) ; les braies elles-mêmes ; le cordon à coulisse qui serrait les braies sur les hanches ; enfin, un bandage d'acier destiné à contenir les hernies.

C'est en ce dernier sens (|u'il faut entendre ici le mot l/rayer. Un arrêt de septembre 1636 et l'art. 36 des statuts accordés aux boursiers en 1659 leur reconnaissent le droit de fabriquer ces sortes de bandages, dont l'armature d'acier était en général recouverte eu peau de chamois.

Les maîtres boursiers qui adoptaient cette spécialité devaient avoir subi un examen à Saint-Côme. Désignés sous le nom de herniaires, ils représentaient nos bandagistes actuels.

Les boui-siers avaient le privilège des objets en métal qui étaient garnis ou accompagnés de peau. Outre les bandages herniaires, ils confectionnaient les ceintures de chasteté devenues fort ù la mode au quinzième siècle où on les appelait qarde-c.s '. Tallemant des Réaux les nomme plus poliment brayers de fer ^. Brantôme raconte '', qu'un quincaiUetir en apporta une douzaine à la foire Saint-Germain. En ce qui

I Dans les Ordonn. royales^ t. \", p. 222.

S Séjour de Paris, t. II, |>. 474.

•* Voy. Godt'froy, Dictiun.iaire th l'une, langue française, t. I, p. 772.

* Dictionnaire du commerce, t. I, p. 606.

■» Farce nouvelle d'ung mary jaloux, dans VAncien tkèàtre (rant^ois, t. I, p. 137.

« Historielles, t. VII, p 428.

' Œuvres, l. IX, p. 13a.

concerne cet article, les boursiers avaient efl'eclivement pour concurrents les vanniers, dont les maîtres etaiiMit autorisés à vendre un certain nombre d'objets l'alii'i(|ués par d'autres corporations el ajoutaient à leur titre officiel celui de quincailliers.

Voy. Herniaires et Vanniers.

BrelandierS. Nom souvent donné aux paumiers (|ui tenaient des académies de jeux. Voy. Paumiers.

BrelaildinierS. *< Petits marc'hands qui étalent leurs marchandises dans les rues ' ».

Brésil iQui b.^itent le;. Celle mention m'est fournie par la Tuille ik ISOU.

Yoy. Couleurs (Marchands de).

Breteleurs. N oy. Crocheteurs.

Bretelles ^F.vbricants del Le haut de chausses, qui est devenu notre culotte, fut d'abord soutenu par des boutons, ensuite par des aiu'uilletles, puis on revint aux boulons. Les bretelles n'apparaissent que très tard ; toutefois, M. Quicheral les rajeunit d'un demi-siècle quand il fixe leur avènement à l'année 1792 -.

Le mot est fort ancien. Il désignait des sano-les d'usages divers, celles, entre autres, qui assujettissent sur les épaules une hotte ou un crochet. .lean Nicot, en 1606, les définit ainsi : « Bretelles. En pluriel (parce qu'une seule cordelle n'auroil ce nom, et sont par couple attachées à la hotte ou aux crochets) sont deux cordelles attachées chacune à une corne de la hotte ou crochets, remonlans par sus les espaules duhotteuroucrocheteur, et regagnans, chascune de son costé, le bas d'iceux hotte ou crochets, pour les tenir fermes et arrestez sur les espaules de ceux qui les portent ^ ».

Je n'ai trouvé, avant 1731, aucun exemple du mot bretelles employé dans le sens actuel. .Mais, à celte date, le iJicliimnaire des arts el des sciences publié par Thomas Corneille ajoute aux significations déjà connues la définition suivante : « Galons de fil, pour attacher le haut-de-chausses aux enfans et aux vieillards qui ont les hanches basses ou aux hommes trop gras * ». Quarante ans plus tard, le Dictionnaire de Trévoux offre cette variante : « Tissu de fil ou de soie, qui sert à soutenir les culottes des enfans ou des hommes un peu gros ■> ». En l'examinant de près, cette phrase nous révèle bien des choses. D'abord, on faisait des bretelles en soie ; ensuite le haut-dechausse avait pris le nom de culotte ; enfin, ce n'étaient plus seulement les hommes « trop gras » qui se servaient de bretelles, c'étaient aussi les hommes « un peu gros ». De tout ceci, un historien impartial et perspicace doit conclure que l'usage de ces sangles gênantes commençait à se généraliser.

I Dicliunaaire de Trécoux (1771;, I. Il, ]' iJM.

- Histoire du costume, p. 629.

3 Thrrsor de In lanque françoise, p. 90, col. 2.

* ToiUf I, ].. 138^

5 Édit. d« 17-1, t. III, p. 58.

bri-;ttkurs — br(x:heurs de livres

Bretteurs. \ uy. Amies (Maîtres d').

Bricoliers. Voy. Brouetteurs.

Brigandiniers. Faiseurs de brij^amlines.

La i)nf^an(Jii)e, souvent citée par les chroniqueurs du quinzième siècle, était une cuirasse de fantassin, excellente, légère et peu coûteuse. Elle se composai! d'un pourpoint de toile ou de cuir, que l'on recouvrait soit de lames soit d'éciiilles d'acier ; celles-ci étaient à leur tour recouvertes de peau ou (l'élufTe {[ui les cachait, et ne laissait apercevoir que les lèles des rivets régulièrement espacés destinés à réunir cette triple enveloppe. Lacée ou ag'rafee sur le devant ou sur les côtés, la Ijrif^aniline jj-araulissail le torse, les hanches, souvent même les bras, et pe.sait de cinq à six kilos. Son nom vient de ce ([u'elle fut d"abord portée par les brigands, et ce mot n'était point alors pris en mauvaise part; il désignait im soldat combattant à pied *. Les excès commis par certains fantassins mercenaires arrivèrent à en modifier le sens, à lui donner la sijrnifiaition qu'il a aujourd'hui *.

Le musée d'artillerie possède plusieurs spécimens de la brigandine, qui était bien démodée à la fin du seizième siècle. La Chanson des corporiaux ', composée vers 1562, en revêt un bourgeois ridiculisé en ces termes :

Le sire Girard bie'n armé, 8'étoit tout If corps enferuié Dans uni" vii'illi' Lrigandini' ; Kt de peur de ses ennemis Une salade il avoit mis i*ar dessus sa leste badine.

J'ai trouvé les brigandiniers mentionnés pour la première fois dans une ordonnance rendue par Charles VII le 20 mars 1451 *. L'organisation de leur communauté ressemblait beaucoup à celle des armuriers, avec lesquels ils ne tardèrent pas à se confondre. Toutefois, les brigandiniers figurent encore dans l'ordonnance dite des Bannières ^ (juin 1467).

Briqueteurs. Dans les briqueteries, on donnait ce nom aux ouvriers qui construisaient le fourneau, dirigeaient le feu, enfournaient et cuisaient la brique. Un atelier ou, comme on disait, une main de drigueteurs se composait de treize hommes ; ils pouvaient établir, eu quinze ou seize jours, un fourneau de 500.000 briques ".

Briquetiers. Faiseurs ou vendeurs de briques. Les briques les plus estimées étaient fabriquées en Bourgogne ; venaient ensuit* celles de Paris, de Melun et de Corbeil. Celles qui arrivaient par eau devaient être déchargées au port des (^élesiins, mais à part cette prescription, le commerce en était absolument libre '.

< Voy. Ducange, Glossaire, v" Brigancii.

* Voy. le Dictionnaire de I.ittré, t. I, p. 419.

3 l.e Kou.\ lie Linoy, Chants historiques, t. II, p. ÏTS

* Ordonn. royales, t. X\'I, p. 070.

5 UrJonn. royales. I. XVI, p. 080.

* Eneyelopédie méthodique, arts el métiers, t. l,p. 315. ' Delamarre, Traite de la police, t. IV, p. 51.

Le Dictionnaire de Nicol (1621') écrit briquiers.

Voy. Battexirs — Briqueteurs. — Brouetteurs. — Cuiseurs. — Enfourneurs. — Enhayeurs. — Mouleurs, etc.

Briquiers. \ ny. Briquetiers.

Briseurs de chanvre. \dy . Broyeurs.

Brisevirs de sel. Officiers publics, chargés de briser les masses de sel avant le mesurage. D'aliord au nombre de quatre, ils étaient nommés par la municipalité, lui prêtaient serment, puis étaient mis en possession de leur office par un sergent '.

L'ordonnance de décembre 1672 statue que « les jurez-briseurs de sel découvriront le sel dans les batteaux, le briseront et le mettront en tas, et le rebrousseront, tant dans les batteaux que greniers, pour faire le chemin aux jurezmesiu'eurs et porteurs, et fourniront les pelles pour mettre le sel dans la trémie * ».

Brizomanciens. Voy . Oniromanciens .

Brocanteurs. Au treizième siècle , ils constituent deux classes de la communauté des fripiers. Les uns parcourent les rues, offrant d'acheter et de vendre de \ieux habits, les autres étalent de sordides marchandises près du cimetière des Innocents '.

Au dix-septième siècle, le mot a changé de sens, et désigne plus parlicidièrement les commerçants nommés aujourd'hui marchands de curiosités *.

Au dix-huitième siècle, les brocanteurs ont pour Concurrents les crieurs de vieux fers, ils sont redevenus ambulants et obéissent à des règlements de police, que vient compléter la déclaration du 29 mars 1778. Les maîtres doivent solliciter du lieutenant général de police une médaille de cuivre, qu'ils sont tenus « de porter sur eus et en évidence ». Ils ne peuvent faire aucun commerce en boutique, ni ailleurs que « dans les rues, halles et marchés ». Ils ont, au reste, le droit de vendre « toutes sortes de marchandises de friperie, meubles et ustensiles de hasard, qu'ils porteront sur leurs bras, sans qu'ils puissent les déposer ni étaler en place lixe '. »

Brocheurs. Dans les fabriques d'étoffes, ou\Tiers chargés du brochayre.

Brocheurs de livres, l'endanl plusieurs siècles, les libraires, réunis en une seule corporation avec les relieurs et les imprimeurs, pouvaient être tout à la fois libraires-imprimeurs, libraires-relieurs et doreurs, et récipro([uement. Ledit du 7 septembre 1686, qui sépara définitivement les relieurs des libraires, conserva

' fhdonnance de février i4 Î5, cliap. W. i t'.liap. XXVI.

•I Voy. l'ail. Fripiers.

' \ oy fart, tiuriosilés ^Marchands de). '^ Déclaration du Hoy partant règlement pour les fripitrsiroeanteurs.

BHOCHKURS l)K l.IVRKS — BROSSHŒS

pourlanlà ces derniers le droit de brocher eiixmèinos leurs li\Tes. L'article l'"' est ainsi conçu : « La faculté de relier, dorer et orner les livres appartiendra aux seuls maîtres relieurset doreurs ; défenses sont faites à tous libraires et imprimeurs et à tous antres de l'elier eux-mêmes, ni faire relier ou dorer anenns livres par d'autres que par les maîtres relieurs et doreurs, à peine de eonliscation et d'amende, l'onrronl néanmoins lesdils libraires et imprimeurs, ainsi qu'il leur a été de tout temps permis el loisible, plier, coudre, brocher, rogner el cou\Tir en papier ou parclieuuii simple el sans carton, toutes sortes d'ouvrai^es el de livres, sans qu'ils soient obliifés d'employer pour cela aucun maître relieur ».

Le même édil fixe bi durée île l'apprenlissajje des relii-ni-s il trois ans, suivis il'une année de compay^nonnaj^e ; mais il statue eu même temps (|ue. pour restreindre la ccuicnrreiice, il ne sera reyu qu'un seul niailre |)ar année.

Le mol brocheur est tout moderne, l'Académie française l'admit pour la première fois dans son édition de 1814.

Les livres brochés étaient dits en hlanc c[uand on voulait les disling'uer des livres reliés.

Brocheuses. Nom donné aux ouvrières tricoteuses. Brocher ou tricoter un bas étaient mois synonymes.

Brodeurs. La Taille de i292 cite quatorze iroileeurs, l/roileresses el broudeeiirs. Trois ans après, maîtres et ouvriers étaient au nombre de 93. (;ha([ue maître ou maîtresse ne pouvait avoir à la fois qu'un seul « aprenli » ou une seule « aprenlice ». L'apprentissage durait huit ans.

Aux treizième et quatorzième siècles, les maîtres se disent brodeurs-armeuriers, Inmdeursarmoyeurs, etc., parce que, travaillant presque exclusivement pour la noblesse, ils avaient sans cesse l'occasion de reproduire des armoiries.

La corporatit)n atteignit son apogée an seizième siècle, et la difticullé de fournir à la broderie des nuances el des dessins nouveaux devint l'origine de notre Jardin des plantes, qui fut créé par l'horticulteur Jean Robin, associé à Pierre \'allel, brodeur de Henri IV.

.\u dix-huitième siècle, la corporation coniptail •uviron 2.')U maîtres. Elle avait pour patron saint Clair, el pour titre officiel brodnirs-de'roupeurségratigneiirs-chtisuhliers. Les statuts de 1704 se préoccupèrent surtout de restreindre la concurrence. Ils défendaient de faire aucun apprenti tant que le nombre des maîtres n'aurait pas été réduit à 200 ; ce moment arrivé, les maîtres ayant au moins dix ans de maîtrise étaient autorisés à engager un apprenti pour six ans. puis devaient rester encore au moins dix ans avant d'en prendre un autre.

On trouve aussi brouderesses (statuts de 1316) et broudaresses.

Voy. Armoyeurs et les autres noms cités.

Broqueteurs. Marchands de boissons au détail, vendant par brocs. On trouve aussi broqueler, broqiuterie.

Broquiers. Faiseurs de brocs, pichets, cuve» a vin, etc. Ce nom s'appliquait, suivant les cas, aux potiers d'élain, aux tonneliers, aux orfèvres, etc.

Brossiers. Kn janvier 1486, les dix-sept maiires cunipo.sant alors ce mélier firent honu)loguer des staluls (|ui en rappellent de plus anciens aujounriiui perdus. Ceux de 148() les nomment faiseurs de reri/es à nettoyer robes. c'est-à-dire ù ballre les habits '. J'y vois que ces verges étaient composées ou de bruyère ou de « soyes de pourceau », el munîtes d'un manche en bois recouvert de cuir-. Chaque maître ne pouvait avoir à la fois pins de deux apprentis el l'apprentissage durait trois ans.

Kn 16r>9, le métier est représenté par 27 maîtres et 9 veuves continuant le commerce de leur mari. Louis XIV leur accorde de nouveaux statuts très délaiilés qui celle fois Ihs qualifient de Teriietiers-riiquetiers-brdssiers. Afin de limiler la concurrence, ils ne doivent plus enu:aa:er un apprenti que tous les dix ans, et la durée de l'apprentissage est fixée à cinq ans. Les fils de maître sont dispensés, non seulement du chefdceuwe, mais de Vexpe'rience. Un doyen et deux jurés adminislrent la corporation.

Le mélier s'est développé. On a le droit d'y labriquer, en concurrence avec les paumiers, les raquettes pour jouer à la paume. Les verges sont devenues vergettes. Les brosses sont en nombre infini ; parmi celles que mentionne un manuel du dix-huitième siècle, je citerai :

Les brosses de carrosse.

Les brosses à cheraiix. En poil de sanglier. Les brosses à chirurgiens. « Ainsi nommées de ce que, vers la fin du treizième siècle, les médecins de Paris ordonnèrent aux personnes attaquées de rhumatismes de se faire brosser avec des brosses faites exprès, pour ouvrir les pores au iiKJven de cette friction et faire transpirer l'humeur qui est la cause du mal ». Ce serait donc l'origine de notre gant de crin, mais je doute fort qu'il remonte si haut.

Les brosses à dents.

Les brosses à trois faces. Destinées aux tapisseries, aux meubles, etc.

Les brosses d'imprimerie.

Les brosses à lustrer. En soies de sanglier, et employées surtout par les gainiers et les chapeliers.

Les brosses à morue. Pour laver el dessaler la morue.

Les brosses ù peintre. Les pinceaux appartenaient au commerce des épiciers ; les vergetiers vendaient seulement ceux qu'utilisaient les peintres en bâtiment ; elles étaient formées de soies de porc ou de sanglier.

Les brosses à plancher. Munies d'une courroie qui recevait le pied du frotteur.

Les brosses de relieur.

Les drosses à tisserand.

• De LaborJe, Glossaire, p. 53U.

- .articles 7 à 1 1 .

BROSSIKRS — BUISSONNIERS

Les brosses de toilette.

Les brosses à décrotter.

Etc., etc., etc.

Par allusion à sa spécialité, la corporation s'était placée sous le patronage de sainte Barbe.

Broudeurs. Voy. Brodeurs.

Brouetteurs. La brouette, roulette, chaise roulante, chaise volante ou vinaigrette n'est f^uère que l'ancienne cliaise ù porteur montée sur deux roues et munie de deux brancards entre lesquels se place le brouetteur, dit aussi bricolier, tireur, tralneur ou conducteur de brouette.

Ces voitures, mises en service au commencement de l'année lfi71, lurent aussitôt « lej<iuel des jeunes f^'ens, des cochers et des gens de livrée ; il y eut même des violences faites et des excès commis Contre ceux qui étoienl employés à les rouler ». Les sieurs Dupin, Chanderolleet Paris, qui en avaient le privilège, obtinrent (28 avril) une ordonnance de police, défendant « à toutes personnes, de quelque qualité ou condition que ce soit, d'empêcher î'élablissemenl dudit nouveau roulage, parvojesde fait, insultes, injures, huées, paroles ou autrement, à peine de cinq cents livres d'amende ; à tous cochers, laquais et gens de livrée, à peine de prison et punition exemplaire ' ».

On nommait chaises à parasol des brouettes qui n'étaient employées que pour promener les dames dans les jardins. Seignelay les avait mises à la mode lorsqu'il reçut le roi à Sceaux, dans le courant du mois de juillet 1685. « Ce l'ut là, écrit l'abbé Lebeuf- qu'on vit les premières chaises tirées par des hommes pour se promener dans les jardins. On les connaissoit à Versailles, mais elles étoient [)lus simples. Les chaises de Sceaux étoient à quatre personnes et quatre parasols. Les hommes qui les conduisoient ne marchoienl pas devant, mais de chaque côté ».

On nommaii sottfflfl une sorte de chaise roulante fort légère, dont le dessus, en cuir ou en toile cirée, se pliait ou se dépliait comme un soufflet. Louis XIV s'en servit souvent.

Voy. Voitures.

Brouetteurs. Dans les tourbières, ouvriers qui recevaient la tourbe enlevée par leabéc/ieiirs, cl la Iransjiortaienl sur l'aire, où ils en construisaient des pyramides carrées nommées pifelles-'.

Dans les briqueteries, ouvriers qui apportaient au mouleiirld terre préparée par le batteur. Chaque brouettée devait représenter 80 à 100 briques*. On les appelait aussi rouleurs.

Broyeurs. Ce mot, employé seul, désignait presque toujours les broyeurs de couleurs.

Broyeurs de chanvre. Ouvriers qui,

* DrhiinaiTr. Ti-tii/f' itf iit jw/icf. t. I\ , p. -151.

2 J/istoirt du ftiucésf <tf /'iirîx. paroi.ssr dr h Gt'au.\ ou, coiiiiiH' l'écrivrnl li's nKtiicrnt'S, di' Sci'aux », t. IX, 11. :i7«.

3 Kncyelopt^dif mrthuitique, arts t't nirtiors, t. \'III, p. 188.

* Enct/clopédie méthodique, uils et métiers, t. I, p. 301.

avec la broie, brisaient le chanvre pour séparer la filasse de la chènevotte.

On dit aussi briseurs de chanvre.

Quand ce travail était fait à la main, brin par brin, l'ouvrier prenait le nom de teilleur ou tilleur, mots dérivés de lilia qui désigne en latin l'écorce du chanvre.

Brûleurs. >iom donné parfois aux distillateurs.

Brunisseurs. Ce mot « ne se dit guères que chez les orfî-vres de l'artisan ou compagnon qui brunit la vaisselle et les autres ouvTages d'orfèvrerie ' ». La Taille de 1392 n'en cite aucun, celle de 1300 en mentionne un seul, et celle de 1313 en nomme huit, dont quatre brunisseresses .

Buandiers. « Ceux qui font le blanchiment des toiles, ou qui veillent sur les buandières, c'est-à-dire sur les femmes qui font couler les lessives dans les blanchisseries * ».

Bûcherons. « Ouvi-iers occupés, dans les forêts, à abattre des arbres pour les débiter, selon leur qualité, en bois de charpente ou en Lois de chauffage. Les instruniens dont ils se .servent sont la cognée ou hache, la scie, les coins et le maillet ^ ».

L'ordonnance de janvier 1351 les nomme boucherons. On les trouve encore dits fagotiers, boquiUons, boscherons, buscherons, sarteurs, etc.

Bûches (Marchands de). Marchands de bois à brûler.

Voy. Sois (Cozamerce du).

Bûches (Porteurs de). Voy. Forteurs.

Bucineurs. Voy. Trompes (Faiseurs de).

Bueresses. Voy. Blanchisseurs.

Buffetiers. Titre qui appartenait à la corporation des vinaigriers.

En vieux français, le mot buffet signifiait vinaigre, et une buffeterie était une vinaigrerie.

La Taille de 1292 mentionne 51 bufetiers.

On les trouve encore nommés beuvetiers, buretiers, buvotiers, etc., parce qu'ils donnaient à boire, dans leur boutique, l'eau-de-vie qu'ils étaient autorisés à distiller.

Les statuts de 1493 sont octroyés déjà aux buffetiers-vinaigriers.

Buinières. Ce nom désignait parfois, dans les maisons bourtreoises, les servantes charjjées des le.s.sives.

Trompes (Faiseurs

Buisineors. \'oy.

de).

Buissonniers (Ecrivains). On nommait ainsi des individus qui, sans appartenir à la

1 Siivary, Diclionniiire du commerce, t. I, p. -103. - Savary, Dietiunniiire du commerce, t. I, p. 494. ■' Jauberl, Diclionuaire. t. I, p. 352.

BUISSONNIKRS — BUREAUX Dl'! l'I-ACEMKNT

corporation des écrivains, allaient iloniier en ville des le(;ons d'écriture et de calcul. Au mois de jaiivirr Ui'.U, la coniniunauto demanda (|ue l'on prit conli'i' eux des mesures sévères '.

Buissonniers. Officiers jurés, attachés au service de la navif^ation. Seront les buissonniers tenus de l'aire savoir au prévôt des marchands « si les vannes, j^ors -, perluis et arches sont de largeur convenable, si les ponLs, moulins et pieux sont en bon eslat. etc. » ■".

Buleteres. Les bluteurs sont ainsi nommés dans les statuts accordés aux boulantrers vers la fin du treizième siècle *.

Buratiers. FabriciUits de burats, buratesou buralines, étolVes de laine (]ui se coid'eclionnaienl surtout dans le Languedoc et le Gévaudan.

Bureau académique d'écriture. Voj.

Écrivains.

Bureau du commerce. Voj . Conseil du commerce.

Bureaux des corporations. Presque tous les corps de métier avaient à Paris un bureau où les maîtres pouvaient se réunir, et où siégeait en permanence le clerc chargé de tenir les écritures de la communauté. A partir du seizième siècle, ce clerc eut mission de placer les ouvriers sans ouNTage ". Un peu plus lard, tous les compagnons durent se faire enregistrer au bureau de leur corporation. Le clerc inscrivait leur nom, prénoms et sobriquets, leur adresse, leur âge, leur liiu de naiss;ince, le nom de leur dernier maître, et il leur remettait un certificat constatant que celte formalité avait été remplie. Aucun maître ne devait embaucher un ouvrier qui ne fût porteur d'un certifîcal de ce genre *, et les jurés conservaient en outre une liste des ouvriers employés chez chaque maître '.

Les boulangers voulaient que l'on tint au bureau sept registres *. Les charcutiers se contentaient de trois'. Les fourbisseurs se montrent sur ce point très précis : « Il y aura, disent-ils, au bureau de la communauté des registres bien el dûment paraphés par premier et dernier feuillets par le lieutenant général de police, pour y enregistrer les réceptions des maîtres et des apprentifs, les ouvertures de boutiques, lettres de jurande, poinçons, transports de brevets, contrats passés au profit des créanciers, remboursement des dits contrats, redditions de comptes, délibérations, etc., etc. "* ».

' Voy., à la Bibliolhèqui' nalionair, le manu.scrit français coté 21,747.

î 'Gords.

' Ordonn. de décembre 1672, cliap. I, art. 8.

* Litre des méliers, titre I, art. 44.

5 Pâtissiei-s, statuts de 1566, art. 31. Tailliuns, statuts de 1583, art. 26, de 1660, art. 22.

* Limonadiers, sentence du 17 décembre 1737 . Charcutiers, statuts de 1754, art. 9.

■> Menuisiers, statut.', d.- 1743, art. 90. ' Statuts de 1746, ait 14.

* Statuts de 1745, art. 21.

'" Statuts de 1707, art. 4.

C'est au bureau que chaque corporation conservait ses archives, ses « papiers, enseignemens, pièces, procédures, actes, etc. », disent les plombiers '. L'armoire ou le cofïre-fort qui les contenaient fermaient à deux clefs chez les brodeurs - el les plumassiers •*, ù trois clefs chez les barbiers •' el les plombiers *, à quatre clefs citez les fourbisseurs ^. Ces clefs étaient ordinairement partagées entre les jurés et les anciens jurés. En 1685, la veuve de l'un des jurés en charge brûla le coffre qui renfermait les archives de sa communauté.

On trouve dans le Dictionnaire de Paris d'IIurtaul et Magny ^ le nom des rues où étaient situés les bureaux des principales corporations.

Bureaux de placement. Au douzième siècle déjà, il existait à Paris des bureaux de placement pour les servantes et les nourrices. C'étaient des sortes d'hôtelleries où les pau\Tes tilles en quête de condition trouvaient le vi\Teet le couvert. On les accueillait gratuitement à l'hôpital ou « hostellerie » Sainte-Catherine ', tenue par des religieuses que le peuple désignait sous le nom de Calherinettes. Les établissements non gratuits étaient dirigés par des femmes dites commanJaresses ou conimanderesses, recommandaresses ou recommanderesses *, On lit partout que ce métier était privilégié, et qu'il fut créé, vers 1330, par Philippe VI, en faveur de quatre belles tilles qu'avait eues la nourrice de son fils Jean. Mais je n'ai rencontré nulle part la confirmation de ce fait, et il est bien certain que les recommandaresses existaient sous ce nom avant le règne de Philippe VI, car la Taille de 1292 en mentionne deux, dont l'une, appelée Ysabel, habitait la rue aux Coramanderesses '.

Jusqu'au dix-septième siècle, les recommandaresses coittinuent à placer les servantes et les nourrices. Mais en l(i"28 est créé le Bureau des doriiestiques, installé au Palais, dans la cour de Lamoignon, et auquel s'adjoint, en 1678, le Bureau d^adresses e'iabli pour les maîtres qui cherchent des serviteurs et pour les serviteurs qui cherchent des maîtres.

Les recommandaresses relevaient du lieutenant criminel, mais une déclaration du 29 janvier 171.5 plaça sous l'autorité du lieutenant général de police leurs quatre bureaux, alors situés rue du Crucifix '", rue de l'Ischelle, rue des Mauvais- Garçons-Saint-Germain ' ' el place Maubert.

< Statuts de 1648, art. II.

2 Statuts de 1704, art. 19.

3 Statuts de 1659, art. 41.

t Slatuls de 1648, art. II.

» Statuts de 1707, art. 8.

' A l'anple de la rue des Lombards et de la rue Saint-Deni.-i.

* Jusqu'à la (in du di.\-huitième siî^cle, tous les actes officiels les nomment recvinmandaresses.

9 \oy. la Taille de 1292, p. 115. — La rue aux Comraanderesses devint rue de la \'annerie et rue de la Coutellerie. Elle a été supprimée en 1854.

'* Supprimée en 1852, son emplacement est aujourd'hui compris dans la place ?aint-Jacques-la-Boucherie.

t' Devenue rue Grégoire-de- Tours.

BURKAl X UK l'I.ACKMENT

BUYSSINEURS

Elles coiiservuiciit \f droil exclusif (Je recevoir et lo"'er les nourrices.. ïoiUe nourrice convaincue d'avoir en même temps deux nourrissons était conditmiiée au fouet, et son mari devait payer une amende de cin(juante livres. Si les parents cessaient d'envojer le prix convenu avec la nourrice, celle-ci n'eu était pas moins tenue de g'arder l'enfanl. Le curé de la paroisse, prévenu par elle, avertissait le lieutenant général de police, qui. après enquête, pouvait seul autoriser le renvoi du nourrisson à la famille.

]>]n 172'.). ces bureaux furent supprimés, les tenancières indemnisées et (juatre autres bureaux élalilis : un rue de la Vannerie, ileux rue Saint- Jacques-la-Honcherie (!t un rue Plaru;lie-Miljray. Ils ne playaienl que des nourrices.

Le bureau des domestiques, tenu jusqu'en 1750 par une femme nommée Royer, fui alors reconstitué. Les domestiques entrant en place versaient 10 sous à l'établissement, et les maîtres pourvus lui payaient 30 sous; si, au bout de dix à douze jours, ils n'étaient pas satisfaits, le bureau leur envoyait un autre sujet sans nouveaux frais.

La déclaration du 24 juillet 1769 réunit en un seul les quatre bureaux de placement pour les nourrices, et mit à sa tète deux recomniandaresses el deux directeurs.

En somme, les réformes successivement introduites dans ce service l'avaient fort amélioré à la fin du dix-huitième siècle. On évaluait alors à 21.000 le nondire des enfants qui naissaient clui([ue année à Paris. Sept cents environ d'entre eux étaient nourris par leur mère, et sept cents autres par une nourrice habitant la maison paternelle ' ; deux ou trois mille, appartenant le plus souvent à des bourgeois aisés, allaient en nourrice dans la banlieue ou les environs ; tout le reste était confié à des femmes recrutées en province par les meneurs ^.

Deux bureaux se partageaieniradministration.

Le premier, dit bureau de la direction, servait d'intermédiaire entre les nourrices et les parents; envoyait à ceux-ci des nouvelles de l'enfant; avançait à celles-là l'argent qui leiu- était dû, et en opérai! ensuite le recouvrement chez les pères et mères. S'ils refusaient de s'acquitter, la [>olice les poursuivait, et elle devait bien souvent recourir à la contrainte par corps. Elle faisait clia([ue année cinq on six cents pi'isuniiiers de ce genre. Mais des associations charitables s'étaient fondées pour venir à leur secours. En outre, lors des grandes fêles religieuses el dans toutes les occasions solennelles, telles que mai-iage de princes, naissance de Dauphin, etc., la nmnicipalilé délivrait un certain nombre de ces prisonniers pour mois de notirrice.

Le second bureau, celui desrecommandaresses, était situé rue Neuve Saint-Augustin. Les nourrices s'y tenaient durant la journée, dans une grande pièce appelée salle île la localioit, où

1 En su|i|)Osant qu'on li\s gardai pendant trois ans, it y aui'ait donc eu à Paris rnviron di'ux niilli' nourrices.

^ Détail de çiie/i/ites élnliUssemeiits tir Itt tille de Paris, Paris, deutondê par Sa Mnjeaté Impériale la reine de Hongrie à M. Lenoir, lieutenant ijénérul de police. 1T8U, iii-8", p. (33.

les parents venaient faire leur choix. Avant d'y être admises, elles subissaient la visite du médecin, qui dégustait leur lait, et signait un certiticat conslatarit qu'il avait été trouvé bon ou insuflisant. Le lail devait avoii' sept mois au moins et vingt-(|ualre mois au plus.

Le bureau percevait trente el un sous pour le placement de chaque nourrice. Les gages étaient de huit livres par mois, non compris le sou pour livi'e montant à quatre livTes seize sous par année. Ces femmes, une fois revenues au village, étaient surveillées à la fois par leur curé el par les meneurs, alors placés directement sous la surveillance de la police, qui exigeait d'eux des rapports fréquents et circonstanciés.

L'Assemblée législative supprima la Contrainte par corps pour les dettes de moi> de nourrices '. L'Empire a.ssimila leur recouvrement à celui des contributions, el en chargea les préfets *. Le bureau des nourrices était alors placé sous la double autorité du préfet de la Seine et du préfet de police, organisation que confirma le décret du 30 juin 180() ■'.

\o\. Meneurs.

Burins (Faiseurs de). Titre que prenaient

les aiguilliers.

Burresses. Voy. Blanchisseurs.

Buscherons. \ Oy. Bûcherons.

Buschiers. \ oy. Bois (Marchands de).

Buses. Voy. Bustes.

Bustes iFaiseurs he;. Titre qui appartenait à la corporation des boursiers. Biistpte. Iiusrv\. bustes avaient à peu près l.' sens de notre mol corset.

\'oy. Corsetiers.

Buterie. On nommait ainsi l'art défaire des bous, vaisseaux il mettre du vin *.

Bu'vetiers. Voy. Buffetiers.

BU'Veurs d'eau. Le plus célèbre bateleur de ce geme se montrait à la foire Sainl-(iermain en Ki-iO. Il était originaire de Malte el âgé de 38 ans. Une plaquette contemporaine nous apprend qu'il absorbait plusieurs seaux d'eau, et faisait ensuite « sortir de sa bouche force grands jets d'eau, égalans en hauteur et roideur ceux des plus vives fontaines : une partie eu eau commune, l'autre paroissant convertie en loule sorte de vin, d'huiles, de lail, d'eau-de-vie, d'eau d'ange, d'eau roze, d'eau de fleur d'orange, de jasmin et autres... » ■".

Bu'votiers. Voy. Buffetiers.

Buyssineurs. Voy. Trompes (Faiseurs de).

' Décret du 25 août 1792. Dans J.-B. Duvergier, Collection des lois, I. l\'.p. 353.

S I.oi du 21 ninis 1S1)«, Dans Merlin, Répertoire de jnrispriidenee. t. \lll.p. t}56.

:> Dans Duverjjiei-, t. .\V, p. 391.

* \'oy. Ducanj,'e, (llossarium, aux mois huleria e\ butia .

5 /.a merceille du iehreur d'eau de la foire Sainl- Uermain, pi'tit in-S" do 12 pages.

CABANASSEURS — CABAKKTIKHS

ii:

Cabanasseurs. \t>\. Chanevaciers.

GaJjareteurs Cabaretiers.

•t Gabareteux. Voy.

Cabaretiers. Ils vemlaient tlu vin « ussifllf, laiulis ((ue les taveniiers le vemlaient ù pol. Vendre ilu vin a assiette, c'éliiit le vendre au détail, couvrir In table d'une nappe avec des assiettes et y servir certains mets ' .

Ces cabaretiers tinirenl par représenter nos restaurateurs actuels. L'ambassadeur vénitien Lippomano écrivait en 1557 : « 11 y a à Paris des cabaretiers (jui vous donnent à nianij^er cliez eux à tous les prix, pour un teston. pour un écu, pour quatre, pour dix, pour vin;;! même par personne, si vous le désirez. Les princes et le roi lui-même y vont (juelquefois - ». Tallemant des Réaux raconte en etfet que Henri IV alla dîner Aux trois mores avec Roquelaure '.

De nombreuses ordonnances défendaient aux cabaretiers de servir à leurs clients de la viande durant le carême et les vendredis et samedis ; de donner à boire le dimanche pendant la durée des offices. Celle ilu 26 juillet 1777 leur enjoii^nit de ne tolérer chez eux aucun jeu el lie fermer leurs portes à onze heures en été et â dix heures en hiver.

Les cabarets jouaient à Pai'is un grand rôle dans la vie privée, et plusieurs d'entre eux, cités par les poètes, les auteurs dramatiques et les chroniqueurs ont lais.sé un souvenir dans riiislûire. Rabelais a mentionné lu Pomme de Pin, situé rue de la Juiverie, à l'extrémité du pont Notre-Dame : \illon *, Régnier 5. CoUetet '', Gui Patin ' ont chanté ses louanges. Pantagruel a célébré encore les cabarets de la Madeleine, près de l'église de ce nom, dans la Cité ; du CasteK de la Mule et du Château-Festu *. Une brochure publiée en 1574 s'exprime ainsi : Chacun aujourd'hui veut aller dîner chez le More, chez Sanso», chez Innocent et chez Havurd, ministres de voluptez et de despense ' ». Racine, Molière, Lafontaine et bien d'autres se réunissaient à la Croix de Lfyrraine. place du

' Voy. l'art. Taverniers.

* Reîalions des amiassadeurs vénitiens, t. II, p. 601. 3 Historiettes, t. I, p. 14.

* Dans SOS deiu tostamentâ.

s Satire X.

* Tracas de Paris, p. 244.

'' Tome III, p. 269.

* Pantagruel, liv. II, chap. 6 el 17.

' Discours sur les causes de l'extrême cherté, etc., p 36.

Cimetière Saint-Jean '. Ils avaient fréquenté d'abord le Mouton Blanr. dans la rue du Vieux- (;olombier. CoUetet rendit fameux la Croix de Fer. dans la rue Saint-Denis ; Mézeray FEpée Royale, dans la rue Saint-.\ntoine ; Benserade, le Bel Air. près du Luxembourg ; Voiture et Tallemant des Réaux, la Fosse aux Lions, rue (lu Pas-de-la-Mule ; Ronsard, le Sal/ot, faubourg Saint-Marcel ; Marivaux. l'Fpee de Bois, rue Quincampoix ; (Chapelle, la Croix blanche, rue de Bercv : Rousseau et Diderot dinaient souvent ensemble au Panier Fleuri, rue Tirechappe.

Parmi les cabarets dignes de mémoire, il faut citer encore : le Petit Panier, rue Trousse- Vache (auj. rue de la Revnie} ; les Bons Enfans, dans la rue de ce nom ; la Petite Bastille, au port Saint-Paul ; lu Galère, rue .S<iint-.Tacques la Boucherie ; h Folie, rue de la Poterie ; la Cornemuse, rue des Prouvaires ; l'Alliance, rue des Fossés-Saint-Germain -, près de la Comédie- Française ; c'est à sa porte qu'en 1701 mourut Champmeslé ; l'Echarpe, renommée par ses cabinets particuliers ; le Plat d'Etain, rue Saint- Antoine, affectionné par Villon ' ; la Coiffier, le premier établissement, dit Tallemant des Réaux *, où l'on s'avisa de traiter à tant par tète ; la Boisselirre. près du Louvre, un des plus chers de Paris ^ ; le Petit Père noir, rue de la Bùcherie ; la GrantP Pinte, rue des Porcherons * ; la Bonne Eau el le Milieu du Monde, à la Grenouillère ' ; l'Echiquier, la Licorne, la Table de Roland, ilans la Cité ; la Morellière, rue du Temple, où l'on pouvait rencontrer Ciiaulieu. la Fare. Bruevs et Palaprat ; enfin, le Tambour royal, tenu par Ramponeau, el le noble établissement de Renard, dans le jardin des Tuileries.

Aux environs de Paris, le ciibaret le pais célèbre était celui de la du Rver, à Saint-Cloud , Tallemant a raconté l'histoire de ses amours avec Saint-Preuil. dont elle reçut la tète dans son tablier quand il fut décapité à Amiens *.

Les cabaretiers appartenaient à la corporation des marchands de vins.

Vov- Bouchon. — Bouteiller de Franca (Grand). — Restaiirateurs, etc.

' .\uj. rue Bourtibourg'.

- .\uj. nie de l'.\ncienne-Comédie.

3 Hepues francités, p. 253.

* Tome II, p. 130, et tome VII, p. 312

5 \oy. les Caquets de laecouchée, j). 28.

6 Auj. rue Saint- Lazare.

' .\uj. le quai d'Orsay.

8 Tome VII, p. 143.

ir,

CABARTKURS — CABIM'ITS DK FKiURl-:» DE CIRE

Gabarteurs. Vnv Cabaretiers.

Cabas (Battre le). Voy. Mule (Ferrer la).

Cabinets d'anatomie. Le munliin:? on cire avait élf lorl à h mode au dix-septième siècle. Un sicui' Benoit s'était alors distinfrné par des portraits d'une ressemblance IVappanle, dont un curieux spécimen est celui do Louis XI \ , retrouve il Versailles et placé aujourd'hui dans la cliandire ix coucher du roi.

On ne son<)^ea (|ue plus tard à utiliser cet arl spécial pour l'étude de l'analomie. La première idée parait due à un chirurp^ien nommé (luillaume Desnoues. Pour la partie matérielle (lu travail, il s'associa avec un habile modeleur sicilien nommé Gaetano Zumbo, qui tenta de le .supplanter, et qui pré.senta en 1701 à l'Académie des sciences une tète préparée pour les démonstrations anatomiques. Il reçut des félicitations. « Si l'on avoit. dit le procès-verbal, de pareilles représentations de toutes les parties du corps humain, on seroit exempt de l'embarras de chercher des cadavres, que l'on n'a pas quand on veut, et l'étude de l'anatoniie deviendroit moins déii-oûtante et plus familière ' ». Zumbo mourut sur ces entrefaites, et Desnoues ayalil complété sou œuvre ouvrit dans la rue de Tournon, un musée formé de nombreuses pièces en cire. On y admirait surtout un homme entier, une fille d'environ douze ans, une femme grosse de neuf mois, « avec l'enfant couché encore dans la matrice. Tout y est si juste et naturel qu'il ne man(pie rien juscpies aux plus petites veines ; la cire étant quelquefois rouge, quelquefois blanche, bleue, mêlée, suivant les diverses couleurs des parties charneuses ou des veines du corps humain - ». Vigueul-Marville, qui avait vu tout cela, eu fait aussi un grand éloge ^. Le prix d'entrée, assez cher pour l'époque, était de cin(iuanle sous.

Desnoues mourut vers 1720. Il avait pour héritier un cousin qui tira parti du cabinet en le nuinirant de ville en ville. 11 le lit voir en Hollande, à Hambourg, en Danemark, puis en Angleterre, où peut-être il le laissa.

Vers la fin du siècle, une demoiselle Biberon, fille d'un apothicaire de Paris, réussit, après un travail assidu de quarante-sept années, à composer entièrement en cire un corps de femme dont toutes les parties pouvaient être déplacées et examinées à part. Mademoiselle Biberon, écrit la comtesse de (ienlis, « modeloil ses tristes imitations sur des cadavres qu'elle avoit dans un cabinet vitré au milieu de son jardin ; je n'ai jamais voulu entrer dans ce cabinet, qui faisoit ses délices et qu'elle appeloit son petit boudoir ' ». Elle finit par créer, dans la rue de la Vieille- Estrapade, un petit musée qui était ouvert tous

1 ffis/uire lie l'.leiidémie îles sciences, aniit'i' |.iiIiIh'i' .Ml 170.1, ]<■ :>'!.

2 \,. ilz, Srjtiiir (le Piiiis. t. I, p. 373.

■I M^lanqes (I liisloire et lie titlèrature, t. III, p. 4 Mémoires, t. 1, p. 309.

les mercredis. Mademoiselle Biherou. dit S. Mercier, imite des squelettes si parfaitement qu'on croit en voir de véritables. Les muscles, les nerfs soni rendus avec; une vérité frappante ' >•. Malgré l'inlérôl que présentait ce musée, l'auteur, n'étant pas soutenu par le corps médical, finit par traiter avec l'ambassadeur de Russie, qui lui acheta le tout pour l'impératrice Catherine II.

On songea aussi, vers le même temps, à faciliter l'instruclion des sages-femmes au moyen de pièces anatomiques factices. Une dame Lenfant fabriquait « des fantômes et des mannequins très propres pour l'exercice manuel des accouchemens. Les proportions naturelles, soit dans le bassin, soit dans le fœtus sont exactement observées » , disait une réclame publiée en 1773 ^

Vers 1780, le chirurgien Jean-Joseph Sue imagina de représenter sur de grands carions les différentes parties du corps humain. Il posséda bientôt une collection de 195 pièces, qui fut portée au nombre de 364 par son fils ', chiruro-ien comme lui. Ce petit musée, ouvert au public, était établi rue des Fossés-Saint - Germain l'Auxerrois *, à l'angle de la rue de l'Arbre-Sec. Je ne le trouve plus mentionné après 1787.

Trois autres cabinets anatomiques existèrent encore à Paris. Un professeur d'accouchement, nommé Bertrand avait créé au Palais-Royal le Mtm'tim de dcmmistnition de ■physli'hgie et de ■patkdoyie dont L. Prudhomme a donné la description •'*. Un autre était installé rue de la Harpe " et le troisième rue Hautefeuille. Un voyageur allemand, qui visita Paris en 1799, nous fait ainsi connaître la spécialité de ce dernier : « Afin de n'être pas trop tourmenté par le diable de la volupté et de la séduction dans Paris, je conseille à fous les jeunes étrangers inexpérimentés, de se faire passer leur envie dans le cabinet anatomique et d'histoire naturelle du (ligne professeur Bertrand (rue Hautefeuille n" 31, section du Théâtre français). C'est là qu'ils pourront voir les fruits du libertinage, les images, les scènes d'horreur de la destruction morale!... On y voit aussi quantité de pièces très rares et aulhentiiiues. Tous les objets sont en cire et si bien imités qu'on croit voir la nature. Ce cabinet est ouvert tons les jours, depuis neuf heures du matin jusqu'à la nuit. Le prix d'entrée est de 1 liv. 10 s. " ^^.

Voy. Figures de cire.

Cabinets de figures de cire.

Figures de cire.

Voy.

I Tableau de Paris, t. Mil, p. 123.

* Af/iches, annonces et avis divers, n» du 24 février

:t Cr iliTiii.r fut le pèiv (lu romancier Eugène bue.

» .\uj rue l'crniult

» Miroir de l'ancien et du noureau Pans (1807), t. II,

« !'. clf LaincsaiiKÔiT, /.e voyageur à Paris (1797),

" HeinziiiBiiii, Mes matinées à Parit (1800), p. 3«7.

CABINETS DK LKCTURl'l

Cabinets de lecture. Je rcuconir.', (lil^^

Le tracas de Paris, pixniic Imrli'scuic piililin par Friinçois Collelel vers 1()06, le cliapilre suivant :

Les liseurs de nouvelles

AUX PETITES boutiques DES AUGUSTINS.

Tous ces licteurs de nouveautoz

Dans ces bouliijms arrestez,

L'un ;\ son nez mot sa lunette,

Alin de lire la Gazelle,

Hserile en prose, escrileen vers ',

Des nnuvelles (le l'univei-s.

C'est un plaisir, puur ces lectures,

De voir les diverses postures.

l'arniy ces jri>ns, en voilà deux

Fichez tout droits, coruuie des pieux ;

D'autres rangi'z sous eslalages.

Tout ainsi comme des images ; Ceui-là ile.ssus un banc pressez ; Ceux-cy dans la porte entassez.

Car chaque boutique est si pleine Qu'on n'y sçauroil tenir qu'à peine.

Celuy qui lit plus promptement Preste à l'autre un commencement, l n auln- curieux demande Une pazelte de Hollande, Et celuy-cy celle d'Anvei-s 2.

J'ai cité ce passage entier, parce qu'il constitue, je crois, la plus ancienne mention d'un cabinet de lecture, tout au moins d'un lieu qui y ressemblait fort. Ces petites hmtiques dans lesquelles on allait lire les lixTes nouveaux et les {ijazeltes étaient sans doute des échoppes adossées aux murailles du couvent desCirands-Aufrustins, sur le quai ((ui porte encore ce nom.

Leur nombre augmenta peu à peu, car je vois qu'en 1757, on lisait les gazettes. « moyennant un ou deux sous, à la porte des Tuileries, à celle du jardin du Palais-Royal, à celle du Luxembourg, dans les bureaux d'écrivains des charniers des bainl-s-Innocens ', au Palais-Marchand '. hôtel Soubise, place royale, etc. '' ». Le petit établissement du quai des Augustins s'était agrandi. Il appartenait alors à un libraire nommé Triidon et l'on y trouvait, outre les nouveautés littéraires, la collection de la Gazette de France depuis son origine (1631) : la Gazette de Hollande depuis 1714. la Gazette dtUtrecht depuis 1730, la Gazette d'Avignon depuis 1727, la Gazelle de Cologne depuis 1730. la Gazette de Berne depuis 1750. etc.. etc.

Loltin n'en écrit pas inoins que le libraire Jacques-François Quillaii créa, en 1761, rue Qirisline, le premier cabinet de lecture qui ait existé k Paris «. Il eut pour imilaleur, l'année suivante, le libraire Grange, fondateur d'une salle littéraire, di.sent les Mémoires secrets. Ils annoncent , au mois de décembre 1762, que « pour trois sous par séance on aura la liberté de lire, pendant plusieurs heures de suite, toutes les nouveautés ~ />. Quillau et son magasin littéraire

• La Gazette de Renaudot était écrite en prose, celle de Loret était en vers.

* Édit. de 1859, p. 279.

' Voy. ci-des.sous, l'art. Écrivains publics.

♦ Le palais de justice.

' Jcze, £ta/<le Paris, édit. de 1757, [i. 183. « Calaloguf lies liiraires de Paris, p. 145. ' Tome I, p 159.

prospènireiil. V.n l??.'), il aiiMcmeait (]iie, ninveniianl trois livres par mois ou viiigl-qiialre livres par an, on pouvait « venir lire au magasin les ouvrages périodiques, comme journaux et gazettes, consuller les grands dictionnaires, ainsi que les mémoires de l'académie des sciences el ceux de l'académie des inscriptions el liellesleftres ' ». V.w 1778. il lui fui suscité une concurrence, le cahinel polilique et géographique, installé ([liai de l'Horloge, ii la descente du Pont au Change *-. Kn 177*) apparaît encore \pr»l,inH académique de lecture. A cette dale, Paris ne comptait sans doute que Irois autres maisons de ce genre. Je ne sais ce qu'était devenu Triidon ; mais Quillau n'avait pas quitté la rue Christine ; Grange avait transporté sur le Pont XoIre-Dame, sa « bibliothèque pidilique, où l'on donne lecture de toutes sorles de livres ». Kntiii. le libraire Leloup. tenait, rue de la Comédie ■', un •.( cabinet littéraire, où l'on s'aboime par an. par mois ou par volume * ».

Ces établissements comptaient déjà de nombreux clients, puisque, à l'apparition de certains ouwages, il fallut « couper le volume en trois parts, afin de fournir à l'empressement des lecteurs ^ ». Sébastien Mercier, à qui j'emprunte ce renseignement, a le tort de ne citer aucun des ouvrages qui furent si recherchés. C'étaient des romans sans doute, car la police veillait : elle défendait le prêt des traités de philosopliie. par exemple, niellait à l'index d'Holbach. Volney, Diderot. Voltaire, etc. En tète d'un catalogiie de cabinet de lecture, catalogue imprimé et qui est daté de 1784. je lis l'avis suivant : « On ne pourra demander aucun ouvrage contre la religion. l'Etat et les mœurs. Les journaux politiques ne pourront être lus et gardés longtemps et les journaux littéraires consen-és plus de vingtqualre heures. Le prix d'abonnement sera 'de 24 livres par an et de 3 livres par mois, mais seulement pour les li\Tes et journaux dont on distribuera le catalogue. On ne donnera un catalogue qu'à ccu.ises « qui seront abonnés pour un an, les autres le paieront 12 sous ».

Le plus achalandé de ces studieux asiles était celui de la rue des Petits-Champs, à l'enseigne du Grand-Corneille. On citait encore celui de la rue duCoqSaint-Honoré ', où l'on trouvait tous les romans nouveaux *. Enfin, L. Priidhomme écrivait au début de l'Empire : ^< Indépendamment des bibliothèques publiques, il y a à Paris plus de cent cinquante cabinets littéraires. Cela prouve que le goùl de la lecture s'est répandu dans toutes les classes de citoyens. On donne un Ciitalogue où l'on choisit ce qui peut convenir, moyennant trois ou six francs par mois, et

' .Vereure de France, n» de mars 1775, p. 219. - .If/iches, annonces el acis divers, n" du 18 novembre 1778, p. 184.

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