‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 62 sur 422 · CANNES - CAPITAINES DU VAUTRAIT · texte numérisé non relu

CANNES - CAPITAINES DU VAUTRAIT

faisaient g^loire de porler û la main une <rrosse canne ficelée d'une corde à boyau et recelant une lame d'épée. Plus tard, les Jacobins adoptèrent un bâton noueux, sorte de trique parfois onduleusp. *

^ oy. Parapluies fPabricants de).

Ganonniers. Nom (ju'onl porté les fondeurs de canons.

Cantiniers. Voj. vivandiers.

Caorsins et Gaoursins. Voy. Changeurs.

Caoutchouc (Marchands de). Les premières applications industrielles du caoulcbonc datent de la tin du dix-huitième siècle. Jusque-là, il ne fut i^uère utilisé que pour confectionner des sondes chirurfricales et surtout pour remplacer la mie de pain, avec laquelle on effaçait les traits faits au crayon sur le papier. Vers 1780, les papetiers vendaient, sous le nom de peau de nègre des petits morceaux de gomme découpés dans des poires en caoutchouc provenant du Brésil.

Les ouvriers qui travaillaient cette substance ont été dits caoulchouquiers.

Caoutchouqiuers. Voy. Caoutchouc.

Capitaines des charrois. Officiers de la maison royale, au nombre de quatre. « Ils conduisent tous les charrois des sept offices ' quand la Cour marche, ou les font conduire par leurs aides ^ ».

Capitaines des chasses. Domestiques employés dans les propriétés de campag;ne des grands .seigneurs. « Il faut, écrit Audiger, qu'un capitaine des chasses prenne garde que le gibier ne soit détruit ni effarouché par les paysans ni par les seigneurs et les gens des châteaux et terres circonvoisines. En cette même qualité, il doit aussi empêcher que les forêts et autres bois ne soient dégradés, et prendre garde de même aux étangs et rivières dépendans de ladite terre, afin que personne ne s'ingère d'y pêcher sans permi.ssion et avec des liarnois prohibés •' v.

Dans les maisons royales, au bois do Boulogne ou au château de la Meute (de la Muette^ par exemple, le capitaine des chasses cumulait ces fonctions avec celles Ae gruyer *.

Voy. Chasseurs.

Capitaines de château. Les châteaux royaux èl;iienl commandes par un capitaine, (|ui cumulait souvent ce titre avec celui de gouverneur ^ . Les grands seigneurs avaient aussi

' Voy. ci-dessous l'arl. Cuisine royale (Pi'rsonnel tic la).

2 Elat de la France pour 1713, t. I, p. 597; pour 1736, t. II, p. 269.

•' Aff maison rrglêe, liv. II, (*hap. -1.

* Êlttl rie la France pour I7H6, t. I, p. 447.

^ .\ux rliiltoau.x de- Mailriil il ilc Saint-GiTmain, par >'Xpmplo. Vo3'. VFlal de la France pour 1712, (. I, p 329 et 330.

parfois un capitaine de chàte;iu. .\iidiger résume ainsi .ses fonctions : « Il doit prendre bien garde que tous les gens qui sont dans la maison fas.^ent bien ce qu'ils sont obligés de faire chacun en parlicidier, leur bien donner ses ordres et les leur faire ponctuellement exécuter * ».

Capitaines généraux des fauconneries du cabinet du roi. (Jfficiers de la maison royale, et tout à fait indépendanis du grand fauconnier. « La fauconnerie du cabinet du Roy suit seide Sa Majesté dans ses voyages, même à l'armée, et le sieur Forget, qui la commande, prend tous les jours l'ordre du Roy en route ou à l'armée ».

Le capitaine général avait sous ses ordres : les autres capitaines de vol des oiseaux du cabinet, savoir :

Le capitaine du vol pour corneille.

Le capitaine du vol pour pie.

Le capitaine du vol pour les champs.

Le capitaine du vol pour émérillons '.

Capitaines-contrôleurs des feux d'artifice. Office créé par èdit de juillet 1702. Le titulaire « aura l'inspection sur la construction, dessein et fourniture des feux d'artifice qui se font par ordre de nos prévost des marchands et échevins ; aura soin de les faire tirer aux jours et heures qui luy seront par eux indiquez, et pourra en faire les entreprises en .son propre et privé nom ».

Capitaines des gardes des aires.

Voy. Gsirdes des aires.

Capitaines des guides. Officiers attachés à la personne du roi. « Le capitaine des guides, doit se tenir vers l'une des portières du carros.se du Roy marchant en campagne, afin que, si Sa Majesté demande les noms des lieux, villes, châteaux, etc. qui sont sur le chemin, il les luy puisse nommer ' ».

Capitaines des levrettes et Capitaines des lévriers. Voy. Levrettes de la chambre.

Capitaines des matelots, ^'oy. Bateaux des maisons royales.

Capitaines de l'équipage des mulets.

Voy. Muletiers.

Capitaines des toiles de chasse. Voy.

Capitaines du vautrait.

Capitaines de la varenne du Louvre.

Voy. Varenniers.

Capitaines du vautrait. Ils étaient dits aussi capitaines généraux des toiles de chasse, lentes et pavillons du roi, et <fe Fe'quipage du

' La maison réglée, liv II, rliap. 4

* Élal de la hrance pour 1712, l. I, p. 213; pour 17.16, I. I, p. 324.

^ Élal de la France pour 1687. I. I, p. 510; pour 1712, t. I, p. 593 ; pour 1736, t. Il, p. 265.

CAPITAINES Dr VAITHAIT — CAFITAlNlvS Dl VOL FOUR MILAN

sanqlier. Le capitaine il» vaiitrail iiuniiiiait Unis les ol'liciers (le ce service, el ses IViiictioiis. peu C(>iiiplii|»ées, siinl ainsi définies dans une puhlicalion officielle : ^< (Juand le roi est à la chasse du sanijlier dans l'enceinte des toiles, c'est le capilaiTie général de cet équipage qui présente à Sa Majesté l'épée ou les dards pour tuer le siinfirlier. Le ciipiluine de cet équipage va ou envove, dans toutes les forêts et buissons de France qu'il juge à propos, prendre avec ses toiles de chasse des cerfs. Iiiches. faisans et autres animaux, pour peupler on repeupler les parcs de (]uelque maison royale, lorsqu'il en est besoin ' ».

Voy. Vautrait (Officiers du).

Capitaines du vol pour les champs.

Officiers de la maison royale, atl;ichés au service des oixfaii-jr i/f lu Cii.vmbkk <lii roi, et tout à fait indépendants du grand fauconnier. Ils avaient sous leurs ordi'es :

Un maître fauconnier.

Un piqueur.

Lîn acheteur d'oiseaux;

Plusieurs valets des épagneuls. Ces chiens étaient au nombre de dix-huit.

Un autre service du vol pour les champs était attaché au cabinet du roi -.

Capitaines du vol pour les champs.

Officiers de la maison royale, attachés au service des oi.ieuiix du cabinet, et tout à fait indépendants du grand fauconnier. Le capitaine du vol était sous les ordres du capitaitie qénéral des ftiucunneries du cabinet du roi, et avait sous les siens :

Un lieutenant.

Un maître fauconnier.

Deux piqueurs.

Un valet d'épagneuls. Ceux-ci étaient au nombre de dix-huit, et coûtaient quatre sous par jour.

Un garde-perches ^.

Capitaines du vol pour corneille.

Officiers de la maison royale, attachés au senice des oiseaux du c.\binet du roi, et tout à fait indépendants du grand fauconnier. Ils étaient sous les ordres du capitaine général des fauconneries du cabinet, et avaient sous les leurs :

Un lieutenant.

Un maître fauconnier.

Six piqueurs.

Un porte-duc.

Un garde-perches.

Deux autres services de vol pour corneille dépendaient du grand fauconnier *.

I Élal de la France pour 1736. t. II, p. 284.

ï Élal de la France pour 1687. t. I, p. 168 ; pour 1713. t. I, p. \HS;pou^ 1736. t. I, p. 296.

i Élal de la France pour 1712, t. I, p. 2iô ; pour 1736. t. I, p. 328.

* Élat de la France pour 1712, t. I, p. 'l\\,pour 1736, t. 1, p. 326.

Capitaines du vol pour corneille.

Officiers de la maison royale placés sous les ordres du grand fauconnier. Il y avait deux vols pour corneille.

Le premier comprenait : Un Ciipitaine.

Un lieutenant.

Un maître fauconnier.

N'ingt piqueurs.

Le second :

Un capitaine.

Un lieutenant.

Sept piqueurs.

Un porte-duc '.

Capitaines du vol pour émérillons.

Officiers de la maison royale, attachés au service des oiseaux du c.vbinet. et tout à fait indépendants du grand fauconnier. Ils étaient sons les ordres du capitaine général des fauconneries du cabinet du roi, et avaient sous les leurs :

Un lieutenant.

Un maître fauconnier.

Deux piqueurs.

Un garde-perches *.

Capitaines du vol pour héron. Officiers de la maison royale, appartenant au service du grand fauconnier. Ils avaient sous leurs ordres :

Un lieutenant.

Deux maîtres fauconniers.

Huit piqueurs ■*.

Capitaines du vol pour le lièvre.

Officiers de la maison royale, appartenant au service du grand fauconnier. Ils avaient sous leurs ordres :

L'n lieutenant. Quatre piqueurs.

Un valet de lévriers.

Quatre pages *.

Capitaines du vol pour nadlan. Officiers de la maison royale, placés sous les ordres du grand fauconnier. Il y avait deux vols pour milan, et chacun d'eux comprenait :

Un capitaine.

LTn lieutenant.

Un maître fauconnier.

Cinq piqueurs.

Un porte-duc.

« Chaque année, pour le premier milan noir que le chef du second vol prend en présence du Roi, le cheval de Sa Majesté, la robe de chambre et les mules lui appartiennent * ; le tout est néanmoins racheté pour une somme de cent écus ^. »

• Étal de la France pour 1736. l. II, p. 295.

ï Élal de la Francepoiir 17 I2,l.\,f. 211 ; pour 17 36 , t. I, p. 329.

3 Élal de la France pour 1736. t. II, p. 294.

* Élal de la France pour 1736, t. II, p. 297. 5 Elal de la France pour 1736, t. II, p. 293.

CAPITAINES UU VOL POUR PIK — CARDIERS

Capitaines du vol pour pie. Officiers (le la niiiiïioii myale. attachés au service des oiseaux de la chambre du roi, et tout à l'ail iiidépeiidauls du faraud fauconnier. Ils avaient sous leurs ordres :

Un maître fauconnier.

I)e\ix piqueurs.

Un fauconnier-oiseleur ou tendeur, chart^é du renouvellement des oiseau.x.

11 y avait éj^alemenl un service de vol pour pie attaché au calunet du roi'.

Capitaines du vol pour pie. officiers de la maison royale, attachés au service des oiseaux du cabinet du roi et indépendants du grand fauconnier. Ils étaient sous les ordres du capitaine générul des fauconneries du cabinet du roi, et avaient sous les leurs :

Un lieutenant.

Un maître fauconnier.

Deux piqueurs.

Un L,'arde-perche. Ce dernier prenait soin des « oiseaux qu'on ne porte point aux champs ». Il toucha par an d'abord 273, puis 292 livres, et 36 livres en sus pour ses souliers*.

Capitaines du vol pour rivière.

Officiers de la maison royale, appartenant au ser\'ice du grand fauconnier. Ils avaient sous leurs ordres. 1 lieutenant et 3 piqueurs^.

Caqueurs. Ceux qui apprêtent les harengs, les salent et les rangent dans de petits barils appelés caques.

La caque, ancienne mesure de capacité, servait également pour les liquides, car l'ordonnance de février 1415 mentionne les caques de verjus *.

On trouve aussi écaqueurs, étêleurs, etc.

Carabins de Saint-Côme. Nom donné aux chirurgiens.

Cardeurs de laine et de coton.

Alexandre Neckani, mort en 1217, a consacré aux cardeurs, quelques lignes de son De noniinilius ustensilium ^. Jean de Garlande, qui écrivait vers la même époque, les nomme pectrices, et nous les montre démêlant la laine floconneuse avec des cardes ou des peignes à. dents de fer : « carpunt lanam villosam, ([uani pectinibus cum dentihus ferreis depilant alternalim"' ».

Ces vénérables témoignages de leur zèle au travail sont ce qu'il y a de plus clair dans l'histoire primitive des cardeurs, qui semblent avoir pris à tiîche de l'embrouiller. Il est probable qu'ils restèrent pendant fort longtemps unis aux foulons, et l'on ne saurait dire à quelle date ils

1 Élal de la France pour 1687, t. I, p. 170 ; pour 1713. t. 1, p. 189 ; pour 1736. t. I, p. 29T.

2 lital de la France pour 1712, t. 1, p. 215 ; pour 1736. t. 1, p. 327.

3 Ktat Je la France pour 1736, 1. II, p. 297. * Cliapiliv VII.

5 Édit. Scheler, p. 99.

•> Edit. Scheler, p. 34.

commencèrent à former une communauté indépendante '.

En 1391, ils étaient au nombre de sept'. Eln 1467, ils constituèrent à euxseuls la 55' bannière, sous nom de piyneux et cardeux de laine ■*.

Les vingt-deux maîtres cardeurs exerçant à Paris en 1688 obtinrent, au mois de septembre de cette année, de nouveaux statuts, les seuls que j'aie pu retrouver. Ils y sont qualifiés de maîtres et marchands cardeurs, peigneurs, arçoneurs de laine et coton, drapiers-drapans, coupeurs de poils, fileurs de laine, colon et lumignon et cardiers. On trouvera tous ces mots à leur place alphabétique.

Chaque maître cardeur ne pouvait tenir à la fois qu'un seid apprenti, ni l'engager sans le consentement des jurés. La durée de l'apprentissage était de trois ans, suivis d'une année de compagnonnage.

Les fils de maître étaient dispensés du chefd'œuvre, ainsi (jue les compagnons qui épousaient une fille de maître.

La corporation était administrée par trois jurés, qui devaient chaque année faire au moins quatre visites chez chaque maître.

Les cardeurs pouvaient teindre ou faire teindre toutes sortes de laines en noir. Mais il leur était interdit de travailler le poil de lapin, même d'en avoir chez eux, parce que ce droit était réservé aux chapeliers.

Le chef-d'œuvre devait porter sur l'un des ouvrages suivants : 1" Faire deux ou trois cardées de laine ou de coton ; 2" Arçonner un quarteron de laine ou de coton ; 3" Peigner de la laine sur le fourneau ; 4" Filer, avec le rouet, du lumignon.

Les foulons se qualifiaient aussi de cardeurs, et les cardeurs prenaient le nom de cardiers, parce qu'ils étaient autori.sés à fabriquer euxmêmes leurs cardes. Cependant, ils les achetaient le plus souvent toutes faites aux Ciirdiers.

Le bureau de la corporation était situé rue de la Vannerie et les maîtres étaient placés .sous le patronage de saint Biaise et de saint Roch.

Cardeurs de matelas. Voj. Matelas-

Cardeux de laine. Voy. Cardeurs.

Cardiers. Fabricants de cardes et autres outils à Tusiige des cardeurs. Leur communauté était ancienne, car on les trouve mentionnés dans l'ordonnance des Bannii'res * sous ce nom : Faiseurs de cardes et de pignes '• pour la laine.

Par édit du 30 décembre 1727. le roi imposa aux cardiers un règlement fixant les dimensions que devaient avoir li's cardes suivant la qualité des laines auxquelles elles étaient destinées.

Les cardeurs se qualifiaient aussi de cardiers., parce qu'ils étiiient autorisés ù fabriquer euxmêmes leurs cardes.

' Voy. ci-dessous l'art. Corporations.

* G. Kafjniez, Éludes sur l'induslrie, p. 344. 3 Ordonn. royales, t. X\'I, p. 671.

* .XiiiH^e 1407. Ordonn. royales, I. XVI, p. 671.

'■• Sic.

CAHKMK — CARROSSIERS

Carême. Voy. Charnage.

Carême -prenant. Dans K^ staiiii> ik>

nu'IiiTs, ces mots (ir'sif»-m>nl toujours le iiianli •fras. « Nus corroiers ru' doit ouvrer de iiuiz ', se ce n'est entre la S. Reini (1" octobre) et (|uaresnie prenent - ».

Carillonneurs. Oetis haliiles dans l'art (le carillniini'i', mais les sonneurs de cloches prenaient aussi ce nom.

\'ov. Sonneurs.

Carleurs. \'o\. Carreleurs.

Carnaciers , Carnassiers , Carni ciers. \ov. Bourreaux.

Carreaux de gprais. \ ov. Quarreaux de grez.

Carrelets (Faiseurs de). Titre ([ue prenaient les maîtres de la corporation des ai{i;uilliers.

Carreleurs, (^e titre a appartenu aux paveurs, aux potiers de terre et a>ix marbriers. Chacune de ces corporations posait les carreaux dont elle avait la spécialité : pierre de liais, terre cuite, marbre, etc.

On les trouve encore nommés carleurs, carreliers, quarrehers, etc.

Vnv. Marcheurs.

Carreleurs de souliers. Voy. Savetiers.

Carreliers. N'oy. Carreleurs.

Carriers. Gens qui exploitaient des carrières. Le sol de Paris et de ses environs abonde en pierres de toutes sortes. Au treizième et au ([uatorzième siècles, on exploitait les carrières de Lourcine, au faubourff Saint-Marcel ; celles des Mureaux, au l'auboury^ Sainl-Jacques ; celles de Vilrj ; de Bicètre ; de Charenton, d'où l'on tirait surtout de la pierre à chaux; de Notre- Dame des Champs, cpii l'ournissait des pierres de liais ; de(rentilly el île Saint-(iermain des l'rés •'. On ouvrit plus lard des carrières à Ârcueil, à Bajj^rieux , à Monlrouye , à Saint -Cloud, à Meudoii, etc. C'est des carrières de Meudon que .sont sorties les pierres qui forment la cimaise du «rrand fronton de la colonnade du Louvre ; elles ont chacune cinqiiante-quatre pieds de lon<!^.

La Taille de l'3'J2 c\[ii i\\\-\m\\. quarriers . celle de 1300 n'en mentionne plus que neuf. Ils lijjurent, en juin 1467, dans l'ordonnance dite des Bannières *, ou ils sont associés aux maçons et aux tailleurs de pierre.

Les carriers avaient pour patron saint Jean- Baptiste '. Je les ai encore trouvés nommés perreurs, perriers, perrieurs, pierreurs, carrieux.

' !)>• nuit, c'est-à-dire à la lumière artificielle.

- I.irre lies métiers, titre LXX.WII, art. 13.

3 \'oy. (r. Fajrnicz, Etudes sur l'industrie, p. 203.

* Ordonn. royales, t. W'I. p. G71.

^ Lr Massou, Calendrier des confréries, p. 121 et 137.

quarriers, roc/ie/ntrs, rochetiers, rinjuiers, nirhiers, etc. .

Vov. G-arçons-compagnons. — Manceuvres carriers. Moellons (Mar-

chands de). Plâtriers. - Souche-

veurs, etc.

Carrieux. Voy. Carriers.

Carrossiers. La voiture de luxe au moyen à^e fut V' char, aulrement dit la charrette enjolivée, peinte el couverte. Le char liranlanl ou suspendu apparaît au seizième siècle, et le cuche t)U carrosse sous François I*^

Jusque-là, les courtisans les plus raffinés ne pouvaient éviter la iioue qu'en se servant d'un cheval ou d'un mulet ; ils se rendaient ainsi h la cour ayant souvent leur femme en croupe. On voit dans les J/ojMtwnu' recueillis par Montfaucon « deux courtisans qui vont au Louvre * », tous deux montés sur le même cheval ; puis un « courtisan et sa demoiselle », celle-ci est en croupe derrière son père et masquée *. Dans la cour ou à la poi'le des principaux hôtels, on trouvait un monloirde pierre devant lequel les valets amenaient l'animal ; en 1560, le Parlement en fit encore établir un dans la cour du palais de justice '. En 1524, quand Saint- Vallier fut conduit à la Grève, il était assis sur une mule, avec un huissier en croupe ; Anne du Bourj:;, en 1550, alla au supplice dans une charrette *.

Jusqu'à la tin du rèj^ne de François P^ une haquenée était la monture ordinaire des princesses el des {Jurandes dames.

L'usajj^e des carros.ses fui importé d'Italie, et Catherine de Médicis fut la première, croil-on, (]ui s'en servit. En 1550 il n'y en avait encore que trois à Paris, celui de Catherine, celui de Diane de Montmorency , fille naturelle de Henry II, et celui de Jean de Laval, seigneur de Boi.sdauphin, qui ne pouvait monter à cheval à cause de son extrême embonpoint 5. Ces carrosses étaient d'iminenses et grossières machines, couvertes d'un toit très lourd soutenu par quatre ou huit colonnes, et entourées de rideaux qtie l'on ouvrait à volonté ; la caisse, était supendue au moyen de cordes et de courroies ; on abaissait, pour y entrer, une épaisse portière de cnir, et on y montait au inoyen d'une échelle de fer. Christophe de Thou, tourmenté de la goutte, se fit faire un carrosse après qu'il eut été nommé premier président, mais il ne s'en servait que pour se rendre à sa campagne ; c'est toujours monté sur une mule qu'il allait soit au Palais, soit au Louvre. Sa femme ne sortait «jamais parla ville qu'en croupe derrière un domestique». Dix ans auparavant, le président (iilles Lemaître stipulait, dans un bail avec les fermiers d'une terre qu'il possédait près de Paris , « qu'aux quatre bonnes festes de l'année et au

1 Tome V, p. 314.

* Tome V, p. 314.

3 Sauvai, Hecherches sur Paris, t. I, p. 188.

* Voy. les f^ravures de Tortorel ut Perrissin (seizième siècle).

5 J.-.\. de Thou, Afe'moires, édil. Petitot, p. 399.

CARROSSIEKS

temps (les vendanj^es, ils lui améneroient une charefle couverte et j!;'ariiio de paille rniiche pour y asseoir sa femme et sa fille, ainsi qu'un ànon ou une ànesse pour la monture de leur chambrière ' » ; le président allait devant, sur sa mule, el accompagné, de son clerc ù pied.

L'ett'ominé Henri III se servait beaucoup de son carrosse ^.

En 1594, on comptait à Paris au moins huit carrosses, qui continuaient, d'ailleurs, ù faire l'admiration générale ■'. Kn 1599, le maréchal de Bassompierre ramena d'Italie le premier carrosse garni de glaces. Si Henri IV eût adopté cette mode nouvelle, peut-être aurait-il échappé au couteau de Ravaillac. Une gravure du temps, qui représente la scène du meurtre, donne une fidèle image des carrosses de cette époque *.

Quoi qu'en dise de Thou ^, ils étaient rares encore vers 1640, lorsque parurent leaLuixde la galanterie, code du bon ton à l'usage des petitsmaîtres. A ce moment encore, la bourgeoisie et même la noblesse pauvre allaient à pied ; on marchait avec précaution dans les rues boueuses, et si. l'on rendait une visite de cérémonie, on changeait de chaussure dans l'antichambre avant d'entrer. On lit dans le curieux volume que je viens de citer : « Lorsque la mode a voulu que les seigneurs et hommes de condition allassent à cheval par Paris, il estoit honeste d'j estre en bas de soye sur une hou.sse de velours et entouré de pages et de laquais. Mais maintenant, veu que les crottes s'augmentent tous les jours dans cette grande ville, avec un embarraz inévitable, nous ne trouvons plus à propos que nos galands de la haute volée soient en cet équipage et aillent autrement qu'en carrosse. Nous sçavons qu'autrefois, pour parler d'un qui paroissoit dans le monde soit financier ou autre, l'on disoit de luy : il ne va plus qu'en housse ! mais maintenant cela n'est plus guère propre qu'aux médecins ou à ceux que ne sont pas des plus relevez. De quelque condition que soit un galand, nous lu y enjoignons d'avoir un carrosse s'il en a le moyen, d'autant que lors que l'on parle aujourd'hui de quelqu'un qui fréquente les bonnes compagnies, l'on demande incontinent : a-t-il carrosse ? et si l'on respond que oùy, l'on en fait beaucoup plus d'estime. Si les galands du plus bas estage veulent visiter les dames de condition, ils remarqueront qu'il n'y a rien de si laid que d'entrer chez elles avec des bottes ou des souliers crotlez, spécialement s'ils en sont logez fort loin ; car quelle apparence y a-t-il qu'en cet estât ils aillent marcher sur un liipis de pied et s'asseoir sur un faut-œil de velours? C'est aussi une chose infâme de s'estre coulé de son pied d'un bout de la ville à l'autre, quand même on auroit changé de souliers ù la porte, pourceque cela vous accuse de quelque pauvreté, qui n'est pas moins un vice aujourd'huy en France que

) J.-A. lie Thou, Mémoires, édil. Pelitot, p. 399.

î Voy. Lestnilo, Journal, nuvi'inbre 1575.

3 Voy. I.L'stoik', Journal, 13 nvril 1594.

* Dans A. K., Journal du sièi/e de Paris en 1590. p. 47.

6 Page 399.

chez les Chinois, où l'on croid que les pauvres soient maudits des Dieux, à cause qu'ils ne prospèrent point ^ ».

Voici dans quel ordre se classaient les places dans les carrosses :

1° Le fond à droite.

2" Le fond à gauche.

3" Le devant à gauche, parce que l'on y était en face du fond à droite.

4° Le devant à droite.

5" La portière ù gauche.

6" La portière à droite *.

Dans ces deux dernières places, l'on tournait le dos aux autres personnes et l'on était assez mal assis.

L'ordre était à peu près le même dans les carrosses à huit places. Dangeau écrivait le 6 septembre 1685 : « Le roi, étant a Châteaudun, fait monter madame de Maintenon dans son carrosse. Ils y étoient huit : Le roi, madame la Dauphine et madame de Bourbon dans le derrière ; Monsieur, madame et madame la princesse de Conty dans le devant ; Monseigneur et madame de Maintenon aux portières ^ ».

Dans les carrosses non fermés, les rideaux de cuir destinés à préser\'er au besoin du soleil ou de la pluie se nommaient mantelets.

Les grands officiers de la couronne, ceux des maisons du roi, de la reine et des fils de France jouirent seuls d'abord du privilège très envié de draper * , c'est-à-dire de faire recouvrir leurs carrosses et leurs chaises à porteurs de drap noir-".

Lorsqu'étant en carro.sse, l'on croisait le Saint- Sacrement, il fallait descendre de voiture et s'agenouiller sur la voie, fut-elle boueuse. Si l'on rencontrait le roi, la reine, les princes, un légat, un enterrement ou une procession, la civilité vous ordonnait de faire arrêter votre carrosse et de vous découvrir ^.

Depuis longtemps, les selliers se disaient selliers-carrossiers, et les charrons charronscarrossiers, mais l'histoire des carrossiers proprement dits ne commence qu'au dix-septième siècle. Les statuts accordés en IQ18 aux selliers-loi-mierscarrossiers leur reconnaissent le droit de construire, garnir, orner, etc. une foule de voilures, parmi lesquelles je relève les noms suivants : coches, chars, charriols, carrosses, litières, chaises roulantes, calèches, chars triomphants, charriols de pompes funèbres, etc.

La mode des carrosses s'élant répandue au point qu'on en comptait à Paris plus de quinze mille vers 1720 ', bien d'autres corporations furent admises à faire concurrence aux selliers. Les charrons préparaient le train ; les maréchaux et les serruriers forgeaient les essieux, les ressorts.

< Page 56.

î Voy. .4. lie Courtin, Traité de la eitililé, M\\. Je 1672, p. 156.

•') Journal, l. 1, p. 218.

* Saint-Simon, Mémoires, t. XII, p 219.

" Sur ce sujet, voy. ei-des.sous l'art. Selliers.

'■ J.-B. lie I» Salle, Hégles de la tienséanee, tMil. lie 1782.

"^ Savary, Dictionnaire du commerce ^ t. I, p. 689.

CAKHOSSIMHS — CAU TOMA-NCIK-NS

les ferrures ; les liourreliers eoiil'ecliiiiiiiaieut les pièces en cuir (soupentes, hricoles, elc.l; les meiinisifrs Ijàlissnieiil la caisse ; les nuroiliers fournissaient les }:;laies ; les «f//(VrA- ji;'arnissaienl l'inlerieiii'. et les peintres se charj^eaieiil tie Texlérieur.

Voj. Voitures.

Cartelateurs. \oy. Cartomanciens.

Carteron. Vov. Quarteron.

Cartes de visite (DisTRiDirnoN des). Voy. r>orte-claquette .

CartierS. Leurs premiers slaluls, datés d'wlolire \'^\^A. les qualitienlde cartiers-fiiiseurs Je caries, tamis, ffuilkts et cartons. L'apprentissaj^e était de quatre années, suivies île trois années de eonipaf;jn()nnag-e. Le c/ief-(fœurre : « une demve fj^rosse de caries fines ». est déjà exifré des aspirants à la maîtrise. Chaque maître ne devait avoir à la lois qu'un apprenti, on lui en accordait cependant un second (piand il occupait au moins cinq compaj^nons. Le nombre des maîtres éUiit alors de huit seulement.

Ces statuts furent souvent confirmés et révisés par la suite. En I6I3. le roi ordonne aux fabricants de « mettre leurs noms et .surnoms, enseignes et devises au valet de trèfle de chaque jeu ». Il leur interdit de « faire, contrefaire, inventer ni falsifier les moules, portraits, fij^ures et autres caractères des cartes dont les cartiers de Paris ont joui et usé, jouissent et usent encore de présent ». Défense est faite aussi de modifier la dimension des cartes.

L'édil de seplendire 1661 eut pour objet de régulari.ser la confection des cartes à jouer, et surtout de faciliter la perception de Timpôl qui les frappait. La France fut divisée en onze bureaux qui monopolisèrent la fabrication : Paris, Rouen, Toulouse. Lyon. Thiers ' , Limoges, Troyes, Orléans, Angei-s, Romans et Marseille. Dans chacune de ces villes, un endroit était désigné, où les cartiers installaient leurs outils, moules, presses, etc., ils travaillaient sous la surveillance d'un commis délégué par l'Etat, et devaient employer un papier spécial, d'il papier pot '. Je rappelle qu'aujourd'hui encore, l'impression des cartes, des figures au moins, ne peut se faire quà l'imprimerie nationale et pour le compte de la régie ; l'enluminure reste l'œuwe des cartiers. Lors de la fondation de l'école militaire à Paris (17.51), le roi aliéna, en sa faveur, l'impcM sur les cartes à jouer, alors fixé à un denier par carte.

En 1692, le carlier du roi se nommait Beaumont et demeurait place des Victoires ^. Mais cette industrie ne fut jamais très florissante dans la capitale. A la fin du di.x-septième siècle, le centre de la fabrication des cartes à jouer était la ville de Rouen, qui en fournissait toute

' En .\uvergne. Il y avait là un.' très ancienne fabrique, que Montaif^e visita en 1S88.

- Kl luii'UX au pal. Dans le tiligrane tigurail un ]>ol. •* Lt litre commode pour 1692, t. II, [i 21).

riMirope et ni('mer.\mérique '. Il y eut pourtant, im peu plus lard, ii Pai-is des maisons produisant jusi|u'à deux cents jeux par jour.

Fidèles il leurs >laluts de KiLi, li-s cartiers conservi'rent. sans y rien changer, leurs types pi'imitif>. Mais il y avait des proli'stations. Hurtaul et Magny écrivaient en 1770 : « Il est surprenant que nos François, qui se piquent si fort lie bon goût et qui veulent le mieux jusque dans les plus petites choses, se contentent des fiirures maussades dont les cartes sont peintes. Il est évident qu'il n en coùteroil rien de plus pour

V représenter des sujets plus agréables

(;e|)en(laiil, depuis qnelipies années, le sieur Mitoire a fait passer de nouveaux patrons, d'une composition plus nette et d'un dessin plus correct. En conservant la même distribution d'attributs, d'accessoires et de couleurs, il passe pour être parvenu il ôler aux caries cette grossièreté qui les rendoit rebutantes ; mais elles n'en sont pas plus communes dans les maisons, le goût antique paroissant l'emporter sur le moderne - ».

On distinguait alors quatre qualités de cartes, classées suivant leur finesse, en fle\i,rs, premières, secondes, trianls. Toutes se vendaient i\\\ jeu, au sixain ou à la grosse composée de vingt-quatre sixains. Les jeux se divisaient ainsi :

Jeux entiers 52 caries.

Jeux d'hombre 40 »

Jeux de piquet 32 »

Jeux de tri 34 »

Jeux de brelan 28 »

Jeux de reversis 48 »

Jeux de comète 96 »

En 1777, le graveur de la régie des cartes à jouer se nommait Foex et demeurait rue Saint- Antoine ■'.

Les cartiers étaient dits cartiers-tarodersfeuilletiers-cartonniers-dominntiers. Par allusion à leur profession, ils s'étaient placés sous le patronage des Rois, qu'ils fêtaient le jour de l'Epiphanie.

Cartographes. Voy. Enlumineurs et Géographes (ingénieurs).

Cartomanciens. Ceux qui prédisent l'avenir au moyen des cartes.

Le plus illustre de tous les cartomanciens a avoué qu'il n'avait aucune foi dans sa sorcellerie, et qu'il ne croyait pas lui-même à ses prédictions. C'est un sieur Alietto, garçon coiffeur, qui pulilia en 1770 \m livre resté célèbre et cent fois réimprimé : Etteila, ou manière de se récre'er avec un jeu de cartes. Notez qu'il entendait seulement offi-ir à ses lecteure une innocente distraction; mais quand il vit qu'on prenait au sérieux ses fantaisies, il voulut profiler de l'aubaine, et de hauts personnages allèrent, dit-on, consulter ce devin malgré lui, qui

1 Tio\sq;a\\\vher\., Le délail de la France (UÎ97), chap. XVII, p. 91.

s llicllonnaire île Paris, t. II, p. 90. '■> Àlmanach Dauphin, 2' partie, p. 28.

CARTOMANCIENS

CKINTCHE Dl'l l,A REINK

(luiiiiail s(>s audiences dniis un j^rcnier de la rue p'romcnleau. 11' fallait Ijieii lenir à <Mre trompé, car voici ce qu'Alielle avait dit dans sa préface: « Mon dessein, en écrivant ce livre, n'a été que d'empêcher bien des personnes d'être la dupe d'eux-mêmes el de ces fripons que nous appelons devins. Amusez-vous donc de ma science, ami lecteur ; mais quand vous la posséderez comme moi, ayez le bon esprit de ne pas vous croire plus sorcier que moi-même (|ui. en vérité, suis bien loin de me tlatter d'en être un ».

Ses successeurs irimilereni pas cette franchise. On peu! ciHer parmi eu\ Martin, sous le Directoire ; M"!" Lenormand, M"" Villeneuve, (iomart, etc. sous le premier Empire.

Ces bateleurs ont été encore nommés Cartelateurs, tireurs de cartes, etc.

Yov. Bateleurs.

Gartonniers. Fabricants de carton. Leurs premiers slaUits datent du mois (Tavril 1.099, et ils furent révisés en 1660. L'apprentissa'^'e était de quatre ans. suivis de quatre ans de compagnonnage, et chaque mailre ne pouvait avoir à la fois qu'un seul apprenti.

Les maîtres s'intitulaient papetiers, colleurs de feuilles, travaillans en cure, faiseurs d'e'luis ù chapeaux, ùoites de cartes, colleurs de papier sur c/idssis. Ils avaient pour patron saint Jean TEvangéliste, el étaient au nombre de cinquante environ vers la tin d\i dix-huitième siècle.

Les cartiers s'intitulaient aussi cartonniers.

Voy. Sculpteurs en carton.

Cartriers. Voy. Oeoliers.

Gassetiers. Voy. Layetiers.

Castagnettes (Faiseurs de). Au dix-septième siècle, un sieur Alexandre Roboam, luthier demeurant rue des Arcis, était renommé comme faiseur de castagnettes *.

Gatherinettes. Voy. Bureaux de placement.

Catholicité (Certikic.\t de). A dater du dix-seplieme siècle, les statuts des communautés exigent en général que l'apprenti fasse profession de la religion catholique, « crainte, suivant les plumassiers. de quelque bruit en leur famille, et qu'il n'en survienne quelque accident préjudiciable à la croyance de leurs enfans - >^. On en demaniliiil autant à l'ouvrier qui aspirait ù devenir mailre. Il devait, avant tout, disent les chapeliers « faire apparoir de sa fidélité, preudhommie et religion catholique pardevant le procureur de sa Majesté au Chàtelet ^ ». Les lingères se montrent très sévères sur cet article. « Si, disent leurs statuts de 1644, on découvre après la réception d'une maîtresse qu'elle appartient à la religion prétendue réformée, elle sera chassée

ï l.f tirre commoite pour Ui'J2, t. I, p. 275.

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