‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 65 sur 422 · YL · texte numérisé non relu

YL

Merciers.

.Savetonniers.

Gantiers.

Bourreliers.

Ceinturiers.

Boursiers.

Voy. Maître des fripiers.

Chambrières. •< La chambrière estoit destinée pour servir sa maistresse en la chambre. Maintenant les damoiselles prendroienl à honte d'appeler celles qui les suivent chambrières, ains les appellent servantes* ».

Voy. Servantes.

Chambriers. Dans les couvents, le chambrier percevait tous les revenus de la maison, et tous les officiers recevaient de lui l'argent nécessaire pour les besoins de leurs charges.

Cham^briers. Voy. Valets de chambre.

Chambrilleurs. Voy. Lambrisseurs.

Chambrillons. Petites servantes. « S'il a trouvé uii ihiiinbriUon en son chemin, il ne viendra d'aujourd'hui ■' ».

Chameliers. Nom qui désignait les fabricants d'étiill'i's dans lesquelles entraient des puil.s dcchanieiiii. Il s'appliquait surtout aux chapeliers et aux fiM-randiniers.

Les chamoiseurs ont aussi porté ce nom.

Chamoiseurs. Ouvriers ([ui préparaient les peaux d(î chamois et qui imitaient celle.s-ci avec des peaux de bouc, de chèvre, de mouton.

Les chaniiiiseurs, dits aussi chameliers apptirlenaient à la corporation des luégissiers.

Champareurs. .Vgenis chargés de percevoir le droit de l'iianiparl.

Champart (Droit 1)e\ Le cultivateur ne |)iiuvait ridever sa récolte qu'après le prélèvement d'aiiord de la part de Dieu, c'est-à-dire de la

' Jteeueil des roys de France, p. 295.

* Et. I*asquier, lieeherekes sur Ut Franee, livre VIII, chap. 3, I I, p. 763 — \'oy. aussi \c .Ve'Hayier de Paris, t. II, p. 56 et 71.

3 Tallemant des Réaux, Historieltii, I. I, p. 136.

CHÂMPART — CHANDKLIERS

(lime, i'[ ciiMiili' ili' la jiiirl iliic iiii sciM^niMir (|iii était (ii(e cliiiinpart (cnmpi pars)*.

Cette redeviiiice est appelée aussi riiiquaiti, parce qu'elle était snuveut du cinquième, aqrier, terraqf, etc. Klle sulisisia jusqu'il la Hi'Vdlulioii.

Vdj. Impôts.

Champigrnonniers et Champig-nonnistes. Le Mniugier île Paris ii:{9;j) nous enseigne que « les cliiimpii^uons d'une nuit * siml les meilleurs, et sont petits et vermeils dedans, clos dessus. Les convient laver en eau chaude et pourhouillir. Oui en veut mettre en pasté. si y mette de l'uile, du fromapfe et de la pouldre ■• ».

Ralielais les nomme funijes, du latin fvnqi, qui a le même sens *. Le ruisitiier fratirnis de Lavarenne, pulilié en Iti.M. nous apprend ' qu'il cette époque, on les mangeait « l'ricassez, frits, « la poivrade, en culs et a la crème ». Ils pa.ssaient alors pour de puissants aphrodisiaques ^.

L'arl de produire artiliciellement les champijinons est très récent.

Champions. Dans les affaires dont la décision était soumise à l'épreuve du duel judiciaire, les parties pouvaient, en bien des cas, payer un champion, qui combattait en leur lieu et place. Les infirmes, les malades, les hommes au-dessous de vingt et un ans ou âgés de plus de soixante, les femmes, les enfants, les moines, les ecclésiastiques, les princes avaient le droit de se faire ainsi représenter. Le champion, avant d'entrer dans la lice, jurait que la cause qu'il allait embrasser était juste ; aussi, quand il était vaincu, avail-il parfois la main droite coupée, en punition de son parjure. Au reste, la procédure des duels judiciaires varia sans cesse.

Lors d'un dilVérend entre le monastère de Marmoutiers et celui de Talmont, la décision fut remise au jugement de Dieu, et chacune des deux parties désigna un champion. Une charte nous a conservé les détails de ce combat ; on les trouvera dans la Bi/jliothrque de Pécole des chartes ' .

Les champions « inter personas infâmes habebanlur », ils ne combattaient jamais qu'il pied et navaient pour armes qu'un bâton et un bouclier.

La Taille de i2'J2 mentionne sept champions.

Les personnages de la même farine, spadassins, tueurs à gages, bravi, étaient dits halteurs à Icii/er ".

Voy. .A. voués et Quéreurs de pardons.

< f.'arlulaire lie Sainf-Père de dartres, t. I, p. CI.III.

- Cut'itlis la nuit précédente.

3 Tnmc II, p. 185.

* Pantagruel, liv. IV, chap. 60.

5 Pa};i- 110.

•* (î. l.iebautl, Trésor des remettes secrets, p. 06 et suiv.

" Pri'niicri' annéi' (1839), p. 552.

8 Sur rr sujfl. vity. Oucaiip*. (ilossariitm. aux mots àati/ores i-t ram^nnites. — H. BonnrI, L'arbre tirs Satai/les, édil. de U93, cliap. CXV et suiv. — L. Tanon, Ces justices lie Paris, p. 16. — .\. Tardif, La praeéiiure aux Ireisième et juatoniéme siècles, p. 94 et suiv.

Champisseurs. \'oy. Chapuiseurs.

Chandeleur. Fèle qui se célèbre le 2 février, en mémoire de la présentation île .lesus-Cihrist au temple et de la puriticatioii de la Vierge. .Son nom vient de ce que l'on faisait ce jour-là dans les églises des processions avec des chandelles et des cierges allumés.

A celte ocaision, les SlJ'-C.orps n\;wn\ l'iialiitude d'offrir des cierges à leurs jurés et à quelques magistrats. Les jurés recevaient en général chacun ini ou deux cierges de cire hlaïK^lie pesîinl une livre. Nous v<iyons le 1" février 1684 la corporation des merciers otl'rir :

Au procureur général « un cierge blanc du poids de deux livres, avecq une poignée de iirocard or et argent fin, garny d'un molet d'argent fin au lia\it et au bas de la dite poignée » ;

Aux deux secrétaires du procureur (jénéral « un cierge à chascun, du poids d'une li\Tc, .sans poignée ».

A M. delà Reynie, lieutenant général de police « un cierge de deux livres pesant, sendilaiile au cierge présenté il monseigneur le procureur général ».

A Madame de la Reytiie, un cierge semblable.

A chacun des deux secrétaires de M. de la Reguie « un cierge d'une livre pesant, sans poignée ' ».

La corporation des brodeurs sélait placée sous le patronage de saint Clair et de la puriticiition de la Vierge.

Chandeliers . Ils prétendaient faire remonter jusqu'au onzième siècle l'origine de leur corporation, et le grand recueil des Ordonnances des rois de France ' contient une charte de 1061 oti Philippe I"leur prodigue des éloges. Mais un coup d'œil jeté sur cette pièce suffit pour en prouver la fausseté.

Ce qu'il y a de sûr, c'est que, vers 1268, les chandeliers soumirent des statuts à l'homologation du prévôt Etienne Boileau ••. L'apprentissage durait six ans. Chaque maître pouvait avoir deux colporteurs chargés d'aller crier par les rues des chandelles à mèche de coton qui, disaient-ils, donnaient une lumière plus vive que celle des étoiles :

(Iliaiifloilt' de ciiton, cliandoili'.

(^ui plus art cli'r que niili' cstuili' 1 *

La Taille de 1292 mentionne 71 chandeliers, celle de LJOIt en cite .59 seulement. Ce nombre était réduit à environ 36 en 1393 et il 31 en 1464, années où leurs statuts furent renouvelés-'. Ils sont dits alors chandeliers de suif, pour les distinguer des chandeliers de cire ou ciriers qui faisaient les bougies.

' Saint-Joaniiy, Registre ées itètibérations et oritoiiuanees ites miirchaiiés merciers itr Paris, p. 161. 2 'fouir' XVI, p. 2.')8.

** Litre lies métiers, titre L\I\ i Crieries de Guillaume de la \'ille Neuve. 5 Orrionn. royales, t. XVI, p.. 282.

CHANDELIERS — CHANEVACIERS

Au dix-septième siècle, ils soiil iriiiiis aux Imiliers cl prciiiieiit le tilre de chnndeliershnUiers-mmi'iinlierx ; mais, en réalité, c'est toujours aux viiiai^Tiers qu'appartint surtout le conunerce de la moutarde. Ces statuts les transforment encore en reji^rattiers et les autorisent il débiter, en petite quantité ou à petite mesure, une foule d'objets de ménage : verres, bouteilles, fagots, allumettes, charbon, vinaigre, foin, paille, clous, sabots, lattes, pelles, fourches, battoirs, amidon, empois, farine, savons, riz, poivre, lieurre, fromages, pruneaux, fil, lacets, épingles, estampes communes, papier, mais seulement à la main, etc., etc.

k la lin du dix-huitième siècle, la corporation avait ren<uicé à presque tous ces accessoires de son commerce ; le nombre des maîtres était de 270 environ ^, et ils avaient pour patrons saint Nicolas et saint Jean l'évangélistc.

La communauté était dcpositiiire de l'étalon des mesures de cuivre pour les luiiles, et prétendait, en celte qualité, avoir droit d'inspection sur tous les métiers qui en faisaient le commerce -.

Pendant très longtemps, les bonnes ménagères mirent de côté tous les restes de graisse pour se faire des chandelles. Un maître chandelier venait souvent les confectionner à domicile ^. Au dixhuitième siècle, les bonnes chandelles des quatre à la livre devaient durer de dix à onze heures, celles de huilù la livre duraient seulement de cinq heures et demie à six heures.

On appelait rhandelles des rois de grosses chandelles ornées et bariolées, que les maîtres ofTraient chaque année à leurs clients le jour de l'Epiphanie, el qui servaient à éclairer le repas de la fête des rois. Une ordonnance de police rendue en 1740 et renouvelée trois ans après interdit cet usage.

Les mouchettes, dites aussi émouchelles ou ciseaux, « svsiaux à moucher la chandelle », ne se rencontrent guère dans les inventaires avant le seizième siècle, et elles y demeurèrent assez rares *. A la fin du quatorzième siècle, l'on éteignait les chandelles « à la bouche ou à la main " ». Sous Henri IV et même à la cour on les mouchait encore avec les doigts ''.

L'usage de se faire précéder le soir dans les rues par des valets porteurs de flambeaux avait donné l'idée d'établir, à l'entrée des hôtels, de lourds éteignoirs de pierre dont quelques-uns existent encore. Les lumières portées ainsi se nommaient tlamiieaux de poing '.

Les éteignoirs portatifs sont d'usage fort ancien. On trouve, parmi les miniatures de Y Hortiis deliciarum, exécuté vers 1180, le dessin

* Snvary, Dic/ioiiiiiiire, I. II, ji. 424.

* Voy. l'arlicli' Huiliers.

3 Viiy. lo Livre îles métiers, lilro LXIV, art. 17, et OlivitM' tlf Serres, Théâtre d'agriculture, étlit. de IGOO, p. «70.

* \'c)y. (lay, (lli)ssnire archéologique, t. I, p. 62r>. et tie Latmrtle, (llossaire français liu moyen âge, etlit. de 1872, |.. IIIO.

■' Méaagier rie Paris, t. II, p. 71.

'> lleniarrl, yoKrwn/ '/« Louis .17//, 20 oetubre IttUii, t. 1, l>. 229.

' Voy. l'art ieli> Kileiins de lumignons.

de deux petits cônes ornés, au-dessus desquels se lit le mot exlinetoria. Les inventaires dressés au moyen âge les appellent souvent anUninnires, entminnirs, antnnneurs, anthonews, etc., sans doute il cause de leur ressenddance avec l'ustensile de ce nom. Le dix-huitième siècle connais.sait les éteignoirs fixés à la chandelle ou à la bougie el qui fonctionnent automatiquement '.

.J'ai trouvé les chandeliers iwiniws randilleurs, chandellims, rhandilleurs, rhnndillmis, etc.

\'oy. Moucheurs do chandelles et 'Veilleuses (Fabricants de).

Chandeliers de cire. Voy. Ciriers.

Chandelons, Chandilleurs et Chandillons. Voy. Chandeliers.

Chanevaciers. dits aussi chanevassiers et rnhniiftsseurs -. Marchands de toiles et plus spécialement de toiles de chanvre. Toutefois, dans les anciens comptes, le mot chanevacerie désigne souvent l'ensemble du linge, comprenant le lin, le chanvre, le coton, le linge de table, le linge de corps et même le linge d'Église.

Les chanevaciers soumirent, vers 1268, leurs statuts à l'homologation du prévôt Etienne Boileau •''.

De leur examen, il résulte que les chanevaciers ne fabriquaient rien. Ils se bornaient à vendre les pièces de toile qui leur étaient fournies surtout par la Flandre el la Norruandie, et aussi les objets de lingerie, serviettes, nappes, sacs *. etc., qui étaient confectionnés par les lingères. .\ussidans ces statuts n'est-il pas question d'apprenti.s,sage.

La vente des toiles s'opérait presque exclusivement le samedi el aux halles, où les. chanevaciers avaient la jouissance de plusieurs étaux, pour la location desquels chacun d'eux payait une maille par semaine =. C'était la seule redevance imposée au commerce de détail. La vente était regardée comme faite en gros dès qu'elle excédait cinq aunes, et le marchand devait alors au roi un droit d'une obole par chaque pièce de toile vendue, quelle que fût sa longueur.

.Sous prétexte de grossir les revenus du roi, mais en réalité pour écarter la concurrence, le commerce en gros était interdit aux forains « qui ameinent toilles à cheval à Paris pour vendre ».

Le colportage dans les rues était défendu ii tous li^s marchands possédant un étal.

Les chanevaciers prétendent que « dès le tens le roy Phelipe ', ^> ils avaient le droit d'exiger une aune jjar trente aunes de toile (juils acholaient. Us faisaient le même avantage ii l'acheteur.

Le métier l'tail libre et Mirveillé par deuxjurés a la nomination du prévôt. « les quiex li prevoz

1 Vny. Pinm, IJCutrcs, LMJit. de 177C, I. VU, )i. 91.

- \ oy. Diieau^^e, au mot Caimbnserius.

•'* Litre lies métiers, titre I.IX.

i « 'IViiiailles, nnpi'S, .-ias u. Art. 8.

■' .\ilieles ;) el 4 — La niailti' n-pi^'.senlail une tleuiiidxile iMi un rjuart de denier. Mais (|ue valail alors le di'uier '! On ne saurait te dire exaetenient.

" Dès le tvmps du roi Hhilippe-Augusli'.

CHANKVACIERS — CHANT

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