‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 67 sur 422 · CHAPKLIKRS [)K FEUTRE — CHAPELIERS D'ORFROIS · texte numérisé non relu

CHAPKLIKRS [)K FEUTRE — CHAPELIERS D'ORFROIS

galant ' constatait, onze ans après, que « les lioinnies portent toujours leurs ciiapeaux si •grands que les vieillards (qui, peur de piiroislre ridicules en uvoienl de farauds pendant qu'on en pcjrtoit de petits) paroisseiit présentement ce qu'ils vouloient éviter d'eslre, parce qu'ils n'ont point voulu cliano^er de mode, et que les grands chapeaux de ce temps-là sont les petits d'aujourd'hui ». *

Chapeliers de fleurs. Au treizième siècle le mot chapel désignait toute espèce de coilfure, et on appelait chapeaux de /leurs des couronnes qui se tressaient en Heurs de la saison durant l'été, en divers feuillages durant l'hiver. Hommes et femmes aimaient également cette coiffure, que citent fréquemmeni les poètes de l'époque, (iuillaume de Lorris, par exemple dit dans le Ruiiiau (le la rose :

Chapel de fleura qui petit coustc, Ou lie ruses à Pentlieeouste, Ice - puet bien eliaseun avoir, Qu'il ne convient pas grand avoir 3.

Romans et fabliaux célèbrent à l'envi ces gracieu.ses coiffures, dont on se parait dans les cérémonies civiles et religieuses, qui devenaient à l'occasion redevance pavée à un seigneur, gage daniour et niênie dol déjeune tille.

Les chapels de Heurs furent l'origine de ces tliapelels de perles ou de pierres fines que portaient les gentilshommes pour ceindre leurs cheveux. De là sont venus les lorlils des harons, les couronnes des comtes, des marquis, des ducs, mais les roturiers ne devaient se couronner que de fleurs *.

Les chapeliers de fleurs étaient en réalité des jardiniers tleurisles. Ils possédaient dans la banlieue des jardins ou courlils, où ils cultivaient des arbustes, des fleurs et des légumes. Ils fournissaient aux riches, non seulement des coiffures, mais des fleurs et de frais feuillages, dont on jonchait alors le sol des appartements qu'au siècle précédent on se bornait le plus souvent à joncher de paille. Dans leurs statuts, homologués par Etienne Boileau^, ils déclarent donc que leur commerce « lu establi pour servir les gentiuz hommes ». et il est certain qu'ils jouissaient de tous les privilèges accordés à ces sortes de professions. Leur métier était lil)re ; ils avaient le droit de travailler à la lumière et même de taire, le dimanche, des chapeaux de roses « tant comme la séson des roses dure ». Ils pouvaient colporter leurs marchandises dans les rues. Us étaient exempts du guet bourgeois, et un seul juré surveillait le travail. Les statuts restent muets sur le chapitre des apprentis.

Les chapeliers de fleurs ne sont pas mentionnés dans nos Tailles. Toutefois celle de 1292 cite \i\\e floreresse de coiffes, qui ne pouvait guère appartenir à un autre métier.

1 Année 1672, p. 278.

» Cela.

S Vers 2168 et suiv

* \oy. Viollet-le-l)uo, Diclionnoire du mobilier, t. III, p. 122.

5 Litre des mëtien, titre XG.

Le titre de cette communauté passa aux bouquetières qui, dans leurs statuts de 1677, sont (jualifiées de houqtietières-chapelières en fleurs.

Chapeliers d'orfrois. Les chapeaux dits d'orfrcjis '. dits aussi chapeaux d'or et chapeaux de perles, sont les plus riches qui aient jamais été portés. Dans leurs statuts de 1208, les ouvrières chargées de les créer s'intitulent fesseresses de chappeaux d'or et fesseresses de chapiaux d/orfrcis -.

On )■ voit que le métier était libre. Pour avoir le droit de s'établir, il suffisait donc de prouver que l'on possédait l'aptitude professionnelle et le citpital nécessaires.

La durée de l'apprentissage était de huit ans pour l'enfant sans argent, de six ans seulement pour celui ou celle qui apportaient quarante sous ■'.

On ne pouvait engager d'apprenti avant d'avoir exercé pendant une année au moius.

Le travail à la lumière était interdit. Aussitôt le jour tombé, on ne devait plus même enfiler des perles *.

La corporation était surtout composée de femmes, mais l'on n'en excluait pas les hommes. Les trois jurés nommés par le prévôt de Paris en 130y .sont Robert le (érmaillier, SW^ de Valenciennes et Jehanne l'aisnée.

Le mot chapeau d'or ■'' désignait souvent le cercle de métal, la véritable couronne même dont les femmes nobles ornaient alors leur tète '. Quant au chapeau d'or/rois, l'or et la soie s"v mêlaient . comme le rappellent ces vers du Roman de la rose ^ :

S'ot ung chapel d'orfrois tout iiuef Je qu'en oie véu vint ot nuef, A nul jor mes véu n'avoie Chapel si bien ouvré de soie 8.

En 1358. le roi Jean donna à Blanche de Bourbon, reine de Castille. une couronne d'or et un « chapel d'or, garni de douze ballays ', de vingt esmeraudes, de seize dyamans et de (juarante grosses perles '* ». Jeanne de France, tille du même roi, possédait, outre des couronnes, plusieurs chapeaux d'or ; l'un d'eux était orné de « quatre troches ' ' de perles de chascune douze perles, vingt-huit pièces de rubiz, huit grosses esmeraudes, cinq autres moiennes. huit autres petites et huit dvamans '- ». Dans l'inventaire dressé il372i après la mort de

^ \"oy. l'art. Orfr.iisiers.

- Lirre des métiers, litiv XC\'.

•' l'eut-^tn- 240 francs de notre monnaie.

* H Kere tevres entilées de |>elles s.

"' L'n chapel de fer était un casque.

'■ Voy. Vionet-le-Duc, Dicliomiaire du iHokilier,^. III, p. 1S7 et suiv.

" Édit. elzév., t. I. p. ,")6, vers 583 à 580.

** Son chapel iI'orfr»)is était tout neuf. Moi qui *'n ai vu plus (le vinjjt-neuf, je n'avais jamais vu, etc.

'' Unbiï balais.

1" Dépenses faites à Voetasion du mariafe de BlttHcke de Hourbun, p. 300.

" Touffes ou boutons.

'- Comptes d'Étienue de la Fontaine, argentier du roi Jean, p. 168.

CHAI'KLIKUS 1J'()KFU(J1S - CllAl'Kl.lliRS K.N VIEUX

Joaiiiit' illÙTOiix, troisiiMiio femme de (lliarles le IJel, li^uriMit neiil' ou dix cliapeaiix dOr où brillaient des perles, des saphirs, desémeraiides, des rubis, etc. ' . Un comprend que des coilVures de ce j^enre n'étaient pas ii la portée de tout le monde, la corporation qui les coid'ectionnait reslji donc toujours peu nombreuse. La l\tille Je 129S cite seulement 2 chapelières el l chapelier de perles.

Les femmes eiiretil le lioniieur de porter des chapeaux d'or depuis le milieu du treizième siècle jusqu'au début du quinzième. Au reste, durant cette période, on linit par ilonner le nom de chapeaux d'or à toutes les coift'ures que l'on enrichissait de perles et de pierres précieuses. Celte addition sui'tisait pour transformer un e.scoftion, un chapeau de l'eulre ou un chapeau de bièvre en un chapeau d'or.

Chapeliers de paon. Dès le neuvième siècle, on ornait de plumes les ci>itïures. On ne parait d'ailleurs avoir {.juère employé, jusqu'au treizième siècle, que les plumes de paon ou de llamant. Suivant M. Quicherat -, les chapeaux de paon, parure des prélats et des farauds seigneurs, devaient leur nom à ce qu' « ils étaient extérieurement recouverts de plumes de paon couchés sur le rebras de la forme ». Mais M. Gay a reproduit une miniature représentant un personnage coiffé d'un chapeau de forme assez élevée et entièrement composé de plumes de paon ■*.

La Taille de 1292 cite cinq et celle de 1300 trois pannniers, mais élaient-ce des chapeliers de paon ou des marchands de paons ?

Vers 1268, les chapeliers de paon firent homologuer leurs statuts par le prévôt Ktienne Boileau *. On y voit qu'ils possédaient Ions les privilèges concédés aux corporations les plus favorisées; Ciir, disent-ils. ce « mestier n'aparlient fors que as esglises, aus chevaliers et ans haus homes ». Les chapeliers de paon n'avaient rien à payer pour s'établir ; ils pouvaient engager un nombre illimité d'apprentis et d'ouvriers ; ils avaient le droit de travailler à la lumière, el ils étaient dispensés du .sei-vice du guet.

Les chapeaux de paon furent sans docte l'objet d'un engouement passager ; il n'en est plus question après le quatorzième siècle, et les chapeliers de paon deviennent alors jjlumassiers. Je lis, en effet, ces mots parmi les métiers cités dans une liste qui fut dressée en 1586 : « Plumassiers de panaches, dits anciennement chapeliers de paon ».

Chapeliers de perles, ^'oy. Chapsliers d'orfrois.

Chapeliers de soie. Ce métier était presque exclusivement exercé par des femmes, aussi ses statuts, homologués en 1268, sont-ils

' Dans I^ber, Dissertations, t. XIX, p. 123.

* Histoire du costume, p. 19.">.

^ Ohssaire areliéotuyiijue, t. I, ii. 327.

* Litre des métiers, litre XCIII.

intitulés: C'est rordenance du mestier des tesserundes de ijururrer/iiers de soie '.

.\u moyen âge, le mol couvre-chef désigne en général nu voile et même un voile d'une étoffe particulière; on les faisait surtout en fil très fm et en soie:

J'ai <!(' biax ciiovrochiés à ilami"s,

lit-on dans le Dit (F un mercier. Ce mol est cependant emjjloyé parfois pour indiquer une coiffure ((uelconque, même des bonnets de nuit, comme le prouve ce passage d'un Compte de 1458 : « Pour la façon de douze queuvrechiefz à mecire de nuyt, faiz de dix aunes demie de fine toile de Hollande... - ».

Les chapeliers de soie n'avaient point à acheter le métier, qui était libre. Ils ne pouvaient avoir que « une aprentice eslrange » et une appartenant à la famille, « de sa char ». La durée de l'apprentissage était de sept ans pour l'enfant qui apportait une somme de vingUsous ', el de huit ans pour celle que l'on acceptait .sans argent. Le travail de nuit était interdit. Le métier était sur\'eillé par trois l'enuues, « trois preudesfames jurées et sermentées ou Chastelel ». On lit en marge du manuscrit du Livre des métiers que les trois Jurées nommées en 1296 furent : Johanna la Pie, Hondée de Fosses, el Jïlesia de Meldis. C'est très probablement celle dernière que je trouve mentionnée en ces termes : « Aalis. qui fet les cuevre-chiez de soie » dans la Taille de 1292. Cette Taille cite cinq chapelières de soie et la Taille de 1300 en mentionne trois.

Voy. Soie.

Chapeliers en vieux. Les statuts octroyés aux cliapeliers en mars 1658 défendent le colportage par les rues ; mais les maîtres tombés dans la misère étaient autorisés à faire le conunerce (les chapeaux restaurés. Ils devaient déclarer leur intention, renoncer à vendre des chapeaux neufs et n'avoir pas de boutique. Ils étalaient leur marchandise aux endroits spécifiés par la police. 11 liilhiit, en outre, qu'ils justifiassent de six années (le maîtrise. De plus, « pour arrester le cours de tous abus, el remédier au malheur des maladies contagieuses, lesdits pauvres maistres qui auront l'ail l'option du vieil, après avoir achepté de vieux chapeaux, avant que de les vendre auront soin de les nettoyer, dégraisser bien et deuëmenl el lesiver en boiiyllon de teinture, pour en corriger tout le mauvais air ».

Un siècle plus tard, ce commerce avait pris une grande extension, et la communauté se montrait moins sévère vis-à-vis des memlires qui avaient adopté cette spécialité. Beaucoup d'entre eux étalaient sous la voûte du Petil-Chalelel. L'aristocratie du métier était représentée, en 1777, par le sieur Chardon, rue de Grenelle Sainl-Honoré, qui tenait là un magasin de

* /jipre fies métiers, tilro XLIV.

* Doui't-il'Arcq, Comptes de I argenterie, p. •1 ÏVul-rtre ciMit vingt francs.

i:hai'K1j1';hs k.n vikux

CHAFERONNIERS

« cliapeaux iriiazanl, lionlos et unis », el par le sieur Daniieuieu, rue de la Bùclierie, chez qui l'on Irouvail « clés chapeaux vrais castors, de la ifarde-rohe du Roi et do différens seigneurs ' >-.

Chapelle du roi ^Personnel de la). 11 comprenait, outre le grand auniùnier de France :

1 premier aumônier.

1 maiire de l'oratoire.

1 confesseur du roi.

8 auniôniei's.

'.i prédicateurs oïdinaires.

1 chapelain ordinaire.

8 chajielains.

1 clerc ordinaire. 8 clercs.

1 sacristain.

2 sommiers -.

Vov. Musique de la chapelle.

Chapellerie. Au moyen âge, toute coiffure était un f/iajjel, quVlle consistât en une couronne royale ou en un simple bonnet de colon. Entre ces deux extrêmes, la distance est grande ; on ne s'élonnera donc pas tnjp d'apprendre qu'à la lin du treizième siècle la coufeclion des dilTérenles coilTures alors en usage occupait au moins onze corporations distinctes, représentées en 1292 par loi et en 1300 par 120 chefs d'industrie tout au moins ■'.

(^ étaient :

1" Les CHAPELIERS DE COTON. Ils fabriquaient exclusivement des bonnets et d'autres objets tricotés en coton el en laine.

2° Les AUMassiERS. Faiseurs d'amiiusses, nom que l'on donnait à un capuchon pointu qui couvrait la tète et les épaules.

3" Les COIFFIERS. Faiseurs de coiffes, bonnets tantôt plats, tantôt semblables à des béguins d'enfant, et dont la mode dura près de deux siècles.

Ces trois corporations se réunirent, el les maîtres prirent dans la suite le nom de bonnetiers.

4° Les CHAPELIERS DE FLEURS. Ils tressaient, en (leurs de la saison durant l'été, en feuillages variés durant l'hiver, des couronnes dont se paraient les hommes el les femmes.

(délaient en réalité dea Jardiniers ei des bouquetières.

5" Les CHAPELIERS DE PAON. Faiseur.s de chapeaux de paon, élégantes coiffures dont les plumes de paon formaient le principal ornement.

Ils ont fini par composer, sous le litre de plnmassiers, une corporation importante.

C" Les ATOURNERESSES. Elles dressaient les atours, mot généri(]ue par le([uel on désigne les hautes coilfures de femmes, cscoflions, hennins, etc.

1 .ilmaniick Vaiif/iin, oïl. Cliapolii'i-s pt .supplément, p. fl.

S Jital de la Frantt pour 1687, t. I, p. 20 ; pour 1712, l. I, p. 23 ; pour 1736. I. I, p. 77.

3 Yoy. les Tailles de ces deux années.

7° Les FOURREURS DE CHAPEAUX. Ils ne restèrent que peu de temps en dehors de la corporation des fourreurs.

8" Les cH.\PELiERS DE SOIE. Ce métier était presque exclusivement exercé par des femmes que le Livre des meïiers nomme lesserandes de queuvrechiers de soie.

L'expression queuvrechiers ou coupre-chef s' esi appliquée à un grand nombre de coiffures. Au treizième siècle, elle désignait une voilette faite de fil très fin ou de soie. Ceux qui les fabriquaient était donc des tisserands de soie.

il" Les CHAPELIERS d'ORFROIS.

10" Les CHAPERONNIERS.

I 1" Les CH.^PELIERS DE FEUTRE.

II ne serait pas difficile de rendre celte liste plus longue encore. Les lingères, par exemple, vendaient des bonnets de linge de toutes sortes. Les NATTiERS tressaient des chapeaux de paille. Les cRÉPiNiERS. devenus ensuite passementiers, confectionnaient une coitfure appelée coiffe à dame ou crépine, sorte de calotte de soie recouverte d'une résille. Mais ce n'était là, pour ces corporations, que l'accessoire d'autres spécialités.

En sonnne, nos chapeliers el nos modistes descendent en ligne directe des chapeliers d'orfrois, des chaperonniers et àei chapeliers de feutre du moyen âge.

Tous les métiers cités ici ont un article dans ce dictionnaire.

Chaperonniers. Faiseurs de chaperons.

Le chaperon, coiffure commune aux deux sexes, date de la tin du douzième siècle, el de nombreuses modifications successivement apportées à sa forme primitive le maintinrent à la mode durant près de cjuatre cents ans. Ce ne fut guère, au début. qu un capuchon qui pouvait, suivant l'occasion, être placé sur la tète ou rejeté sur le dos. Il se perlectionna bientôt, et nous le trouvons alors composé de trois parties, dont chacune avait un nom : la visagère, ouverture qui encadrait le visage ; le guleron, large coiffe qui recevait la tète, et la cornette, bande de tissu qui partait du centre du guleron et pendait en arrière. Vers le début du quatorzième siècle, les hommes eurent l'idée de mettre la tète dans la visagère, et transformèrent ainsi le chaperon en une sorte de casquette ; le guleron forma alors un fouillis d'étoffe sur la tête, el la cornette retomba oii elle put, tantôt sur une oreille, tantôt sur l'autre, à moins qu'on ne l'enroulât autour du cou, où elle prenait le nom de garde-ctd.

La visagère, qui était fort difficile à découvrir au milieu d'un attirail si compliqué, se vit ensuite remplacée par un bourrelet fixe el solide. A dater du quinzième siècle, le chaperon ne fut guère porté autrement ; mais on exagéra de plus en plus la longueur de la cornette, qui finit par descendre jusqu'à la ceinture et même par s'y enrouler.

Les femmes ne la portèrent jamais ainsi. Sous Charles YII et sous Louis XI, leur chaperon ressembla un pe\i à nos sorties de bal ; c'était une coilfe légèrement relevée sur le front qui tombait

CHAPKKOiNiMEHS — CllAl'L ISELH.S

le Itin^ des oreilles et recimvTail la nuque. Sous Charles \ 111. le ilmperou (les l'euuues devieill plus court par derrien- et descend plus bas sur les côtés. Sans chanfjfer de forme, il perd un ptai de son ampleur sous François 1*^'. Sous Louis XU el Louis XIII, ce n'est plus qu'une bande d'élolfe posée ù plat sur la tète et pendant en arrière plus ou moins bas.

(Ju'il fût destiné à un homme ou à une femme, le chaperon était fait de drap, de soie ou de velours. (Juiind il n'était ni doublé, ni fourré, il se nommait chaperon sangle ou seni//e ^ , par opposition au r/iajjeruu duultle, qui était renforcé .soit par une autre étoffe, soit par une fourrure.

11 y en eut de presque aussi richi^s (pie les chapeaux d'or*. Le I"' janvier 1371, le duc de Boun^o'^ne « donna en eslrennes » à la duchesse un chaperon surlequelbrillaient six cents {grosses perles el cinquante onces de petites perles''. Jeanne de Bourbon, femme de Charles \ , pouvait contempler dans ses armoires onze chaperons de .salin ou de velours, ornés de perles et de broderies*. Les femmes n'avaient pas le privilège de ces riches coiffures.

La chaperon n'a rien perdu de sa vogue au siècle suivant, mais il varie d'après la condition des personnes. Les dames nobles le portent en satin ou en velours ; les bourgeoises n'ont pas droit à de si riches étoffes, leur chaperon ne peut être que de drap et de couleur noire ou rouge. Tout ceci nous est révélé par le chroniqueur Olivier de la Marche, dans un de ses opuscules poétiques :

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