CHARITE — CHARPENTIERS
Charité (HApixai, de la). Six garçons chirurgiens y étaient attachés, et tous les cinq ans, l'un d'entre eux obtenait gratuitement la maîtrise *.
Charlatans. Vo.y. Bateleurs. — Opérateurs, etc.
Charnage. Helalivement à la <lurée du travail, le moyen âge avait divisé l'année en deux saisons : le carême ou saison des jours longs, et le charnage ou saison des jours co\irts. La saison de charnage commençait au I'"' octobre, et finissait soit au mardi gras, soit au premier dimanche de. ciirême ^.
Charpentiers. Vers l'2(>8, le prévôt ]<jlienne Boileau résolut de recueillir les statuts (|ui régissaient les différentes industries exercées à Paris, et la réunion de ces statuts constitua le très précieux ouvrage connu sous le nom de Livre des métiers. Quand il l'ut question des charp(^iitiers, le prévôt vit comparaître devant lui un important personnage, nommé Foulques du Temple, qui se disait maître des charpentiers. Il déclara au prévôt qu'en vertu d'un privilège qu'un des prédécesseurs de saint Louis avait accordé à « ses devanciers », il touchait les revenus du métier de charpenterie, et avait sur tous les corps d'état qui le composaient le droit de basse justice. Le titre des statuts fut donc rédigé en ces termes : « Ce sunt les ordenenccs des mestiers qui apartiennent à charpenterie, ainsi comme mestre Fouques du Temple et ses devanciers l'ont usé et maintenu au temps passé ^ ».
Ce n'était pas seulement sur les charpentiers proprement dits que maître Foulques avait autorité, sa juridiction s'étendait sur la plupart des ouvriers qui travaillaient le bois, sur « toutes manières d'autres ouvriers qui euvrent du trenchanl en merrien », et il cite parmi eux :
Les huchiers. Les lambrisseurs.
Les huissiers. Les faiseurs de nefs.
Les tonneliers. Les cochetiers.
Les charrons. Les tourneurs *.
Les couvreurs.
Chacun de ces métiers avait ses statuts particuliers. Les artisans qui y contrevenaient étaient cités au tribunal de maître Foulques, et s'ils faisaient défaut, payaient une amende de quatre deniers. Maître Foulques prélevait encore sur eux tous une somnif; de dix-huit deniers par jour, et avait droit, quand arrivait la Toussaint, à une rohe, c'est-à-dire à un habillement complet valant au moins cent sous.
Analysons maintenant les statuts spéciaux aux charpentiers.
* Voy. Alletz, Tableau de l'humanilf, etc., p. 111.
* « liés la Snint-Ki'mi ju.squos à quarosmi' prônant ». {Litre dea méliers, titrr XXXV, art. 3). — « Dr la Saint-Hi'ini à la Chnndi'loiir ». (Statuts ile.s londours ili' drap, V.Wi, ail. 12). — « Knln? les hrandnns ri la l^ainl- Hniii ». (Lirre des méliers, liliv I.XXXtIl, arl 10
3 Livre des méliers, tilrpXLVIl
* Voy. tous ces mots.
Kn dehors de son fils, de son neveu et du fils de sa femme, chaque charpentier ne pouvait avoir à la fois qu'un seid apprenti ; cependant, afin d'être siir de n'en point manquer, il avait le droit d'en prendre un second au cours de la dernière année de chaque apprentissage, et celuici durait quatre ans. Pi'udant la première année, l'apprenti était tenu de pajer une indemnité de nourriture, évaluée à six deniers par jour.
Les charpentiers cessaient tout travail \isamedi « puis que none seroit sonnée à Nostre- Dame », c'est-à-dire vers trois heures, sauf pourtant s'ils avaient commencé à élever une charpente qu'on ne pouvait laisser sans appui.
Il leur était défendu de travailler à la lumière factice, à moins que ce ne fut « pour le roi, ciii pour la roine, ou pour les enfan$ de France, ou pour l'évesque de Paris ».
f)uatre jurés surveillaient le métier etrelevaienl les contraventions.
La Taille de 1203 mentionne 96 charpentiers, celle de 1300 en cite 108.
Les prérogatives des successeurs de mailrr Foulques furent supprimées sous Philippe Ir Bel, par arrêt du Parlement rend\i en 1314 ' : les métiers jusqu'alors soumis à leur juridiction tirent retour au roi et les droits de justice passèrent au tribunal du Chàlelet.
C'est sans doute vers cette époque que les charpentiers se divisèrent en deux classes :
1° Les charpentiers de la grande copiée ou charpentiers grossiers, qui travaillaient les gros bois de charpente. Les charrons y furent cependant compris pendant longtemps ;
2" Les charpentiers de la petite cognée, qui faisaient des ouvrages « plus menus », et qui prirent plus tard le nom de menuisiers.
Les charpentiers de la première classe, les seuls dont j'aie à m'occuper ici, étaient au nombre de 40 en 1454 -. Leurs statuts, fréquemment confirmés ou revisés, furent renouvelés par Louis XIV en août 1649.
J'y vois que la durée de l'apprentissage était de six ans, celle du compagnonnage de six mois seulement.
Nul n'était dispensé du chef-d'auvre, pas même les fils de maître.
Aucun maître ne pouvait, à peine de 1500 livres d'amende, entreprendre »me construction pour la « rendre la clef à la main ».
Il était interdit aux apprentis et aux compagnons « sous peine de punition corporelle », d'emporter chez eux des copeaux.
Vers le milieu du dix-huitième siècle, Paris comptait environ 80 maîtres charpentiers. Ils .sont dits souvent charpentiers de maisons pour les distinguer des charpentiers de bateaux. On les nomme aussi parfois chapuis ou chappuis cl maîtres de la hache.
Ils eurent successivement pour patron .saint Biaise, puis saint Joseph •''.
' Delaniarrc, Trnilé de la poliee. t. IV, p. 7(1
- Ordonn. munies, \ XVI, p 614
3 Voy. S. Mercipi-, Tailenu rfo Paris, t. VIII, p 207
CHARI'KNTIKRS — CHARRONS
Une partie de la rue Béthisy s'appela, jusqu'au milieu ilu quinzième siècle, rue dr la (Iharpenlerie.
\"iiv. Concessions de métiers. — Livre des métiers et Vérificateurs de mémoires.
Charpentiers d'artillerie. On nommait ainsi, au quinzième siècle, les ouvriers qui construisiiient les alTùls pour les canons.
Voy. Fondeurs de canons.
Charpentiers de bateaux. Vo.v. Bateaux (Constructeurs de).
Charpentiers de huches. Nom que ronlonnance de janvier l;)51 donne aux huchiers.
Charpentiers de navires. Vov. Bateaux (Constructeurs de).
Charpentiers de nefs. Nom que la Tailk de 1292 donne aux constructeurs de bateaux.
Charpentiers de tonneaux. Voy.
Tonneliers.
Charretiers. La Taille île 1202 en cite 47. l'allé mentionne, en outre, un toiturier (Tyaue. et je trouve, dans la Taille de 1313, deux charretiers de l'yaue. Géraud ' veut que le premier soit < un voiturier pareau ou un porteur d'eau à voiture ^>. Je crois qu'il s'aj^it tout simplemeut de bateliers -.
On enjoii^nit de bonne beure aux charretiers, de faire peindre, en g^ros caractères, leur nom et leur adresse sur le devant de leur tombereau et sur le collier de leur limonier.
L'ordonnance de police du 15 octobre 1734 veut qu'ils apposent à leurs voitures « des plaques de fer peintes en jaune, de douze pouces de lonjr sur dix de lar^e, attachées sur deux planches ou au collier de leurs chevaux ; sur lesquelles plaques sera écrit, en lettres et chiffres noirs de un pouce de hauteur, non seulement les numéros, mais encore les noms et surnoms des propriétaires d'iceUes ' ».
L'n manuel imprimé au dix-huitième siècle recommande aux charretiers de faire tirer tous leurs chevaux éf^lemenl, de se ser\-ir du limonier à propos, de prendre leurs précautions pour les tournants quand ils conduisent plusieurs chevaux, etc., etc. * ; recommandations qui n'étaient iruère obsei^-ées. car voici ce qu'écrivait Sébastien Mercier vers 1780 : « Les charrettes « Paris s'accrochent éternellemenl... Si le cheval fait un écart, le charretier le redresse à grands coups de fouet... Des lois en faveur des cffevaux honoreroient un législateur en France et rendraient le peuple meilleur. Rien de plus hideux et de plus féroce que nos charretiers ' ».
' Paris tout Philippe le Bel, p 548.
* Voy. rot article
' Voy Dclamarrp, Traité de la police, t IV, p 459. ' Le parfait cocher, (Mit. dp 1744, p. 197.
* Tableau 4e Paris, t. V, p. 16. Voy. aussi p 329
Les charretiers avaient pour patron saint Kloi. L'abbé Jaubert écrit « charretier ou ckartier ».
Charrons. Jean de Garlande, dans son Dictionnaire^, les nomme rotarii', et cite, parmi les objets qu'ils fabriquaient, des chars à deux et ii quatre roues et des charrettes ', des jantes, des rais et des moyeux pour les roues *, des essieux, des brancards et des timons ■•.
Le Livre des métiers nous apprend " que les charrons appartenaient à la corporation des cliarpentiers et étaient soumis aux mêmes statuts. Ils étaient donc placés sous l'autorité du premier charpentier du roi, et contribuaient à la redevance de dix-huit deniers par jour qui lui était due. Ils ne pouvaient avoir à la fois qu'un seul apprenti, et l'apprentissage durait quatre ans. Le travail à la lumière arliticielle leur était interdit, et le samedi les ouvriers devaient déposer leiirs outils il trois heures. Il leur était spécialement recommandé de veiller ii la solidité des essieux, de n'en fournir que de « souffisans, comme ils vorroient c'on les leur meist se ils estoient charetiers ».
La Taille de 1292 mentionne 19 charrons, celle de 1300 en cite 11 seulement. En 14(i7, ils étaient as,sez nombreux pour former à eux seuls une bannière ', et leur communauté ne cessa dès lors de prospérer et de s'accroître.
Leurs statuts, renouvelés en 1498. ne prévoient encore que la fabrication des « chariotz, charrettes, tumbereaulx », et des « ouvraiges qui se feront doresenavent pour le fait de l'artillerie du Roy, nosire sire ». Les maîtres étaient alors au nombre de trente environ.
Ces statuts furent revisés encore au mois de mars 1668, et cette fois, les charrons sont ainsi qualifiés : charrons-carrossiers- fa ù^etirs el entrepreneurs de carrosses, coches, chariots, litières, brancards, calèches, et autres attirails. Ils sont assimilés aux selliers pour la fabriaition de tous ces objets. L'apprentissage dure quatre ans, et est suivi de quatre ans de compagnonnage. Les maîtres s'engagent à ne confectionner les « moyeux, roues, gentes, esseaux, que de bon bois de chêne, orme, frêne, haistre, charme ou tilleaux ».
Vers la fin du dix-huitième siècle, le nombre des maîtres s'était élevé à 130 environ. Ils avaient pour patrons sainte Catherine qui, comme on sait, avait été attachée sur une roue, et saint Joseph, en souvenir de leur ancienne union avec les charpentiers.
La partie de la rue de la Ferronnerie comprise entre la rue Saint-Denis et la rue de la Lingerie porta, jusqu'au quinzième siècle, le nom de rue de la (^haronnerie *.
On trouve les charrons nommés encore emhateurs de ro7ies, rndicrs, roi/ers, etc.
I Ecrit vers 1250. Edit. Schrlcr, p. 29.
* Voy. Ducanpc, Glotsaire, t. V, p. 806. ' « Bigas ot quadrigas et plaustra».
* « CaDti rolaruin, radii et modii g.
5 " .\xes, limones et timooes a.
6 Titre XLVII.
1 OrdoKH. royales, t. XVI, p. 671.
' Jaillot, quartier Sainte-Opportttne, p. 17.
CHARRUIERS — CHATREURS
Gharruiers. Voy. Laboureurs.
Chartes parties. Xoy. Chirographes.
Chartiers. \oy. Charretiers.
Chartriers. Voy. Geôliers.
Ghasse-avant. Voy. Piqueurs.
Chasse-chiens. Voy. Bedeaux.
Chasse-coquins. \<iy. Archers des pauvres eL Bedeaux.
Chasse-marée. Dès le treizième siècle Paris i'aisail une "grande consommation de poissons de mer. On appelait chasse-marée les hommes qui y amenaient, en toute hâte, le poisson péché sur les côtes les plus rapprochées de la capitale, celles de Normandie et de Picardie. En [rénéral, ils chassaient devant eux de petits hidels chargés de paniers. Ils se servirent un peu plus lard de voilures légères, d"où leur vint un nouveau nom, voitnriers de la mer.
Les services qu'ils rendaient et aussi la gourmandise des Parisiens leur avaient fait accorder une foule de privilèges. On ne pouvait les arrêter en route, ni saisir leurs chevaux ; un fonds .spécial était destiné ù remplacer les hètes mortes de fatigue ou le poisson corrompu en chemin '.
A l'arrivée, les paniers étaient livrés aux vendeurs, et débités par eux à la criée ; les marchandes de marée les achetaient pour les écouler au détail.
Les huîtres apportées par les chasse-marée étaient dites huîtres de chasse, distinguées ainsi de celles qui venaient par bateau en remontant la Seine.
Dans l'édition publiée en 1.510 de la grande ordonnance de 1415, une naïve gravure représente un chasse-marée et son bidet.
Voy. Poissonniers de mer et Vendeurs.
Chasse-mouches (Marchands de^. Titre que prenaient les maîtres de la corporation des cordiers.
Chasse-mulet. « Valet de meunier des environs de Paris, qui rapporte sur .ses mulets les sacs de farine aux boulangers, et porte le blé des boulangers au moulin - ».
Chasseurs. Domestiques employés dans les propriétés de campagne des grands seigneurs. « Le chasseur, écrit Audiger, n'est obligé à rien qu'à bien tirer et à fournir du gibier à proportion qu'il est nécessaire pour l'ordinaire du seigneur ou pour régaler les personnes qui lui viennent rendre visite. Il doit aussi bien .savoir dresser les chiens, tant couchans, couraus qu'autres, pour le plaisir du seigneur ou de .ses amis, et conserver toujours le gibier de quelque canton pour les y
1 Delamarrp, Traité de In police, t. tll, p. tig. * Dictionnaire de Trévoux, t. ]I, p. ilô.
mener se divertir losqu'il leur en prend envie ' ».
On donnait le même nom à un domestique, qui vêtu d'une riche livrée de chasse, montait derrière la voiture de ses maîtres.
Voy. Capitaine des chasses.
Châssetiers. Voy. Châssissiers.
Châssissiers on Châssetiers. Fai.-eurs de fenêtres. Le mot rhàssissicr tiffure dans le supplément du Dictionnaire de Litlré, où il est ainsi délini : « ancien terme qui désignait les faiseurs de châssis. » Mais les châssis, c'étaient des fenêtres, témoin ces deux vers de ViUon :
Item, je laisse aux hospitaux Mes châssis tissus d'araignée *.
Bien que réunis depuis longtemps à la corporation des menuisiers, les« maîtres châssetiers ou faiseurs de châssis » formaient encore, au dixseptième siècle, une confrérie particulière, qui tenait ses réunions dans la chapelle du collège desBons-lînfantsdela rueSaint-Honoré'. Enfin, V Encyclfipédie mélkndique * nous apprend, qu'au siècle suivant, il existait des « châssissiers», dont la profession consistait à garnir les fenêtres, non de verre, mais seulement de feuilles de papier huilé.
Les grillageurs ont aussi porté ce nom.
Chaste (Semaine). Dans les statut.s des métiers et dans les ordonnances du moyen âge, ces mots désignent la semaine de la Quadragésime, premier dimanche du carême.
Chasubliers. Ils confectionnaient les chiisubles, chapes, dalmaliques, étoles et, d'une manière jrénérale tous les ornements d'ésrlise faits en étoffe. Les maîtres étaient au nombre de cinq en 1292 et de quatre en 1300 ''. Ils furent de bonne lieure réunis aux lirodeurs. En 1409. Isabeau (le Bavière commanda à un brodeur toute la garniture d'une chapelle, ce qui semble bien indiquer que la réunion des deux métiers était déjà effectuée.
Châtaignes (Marchands de). Voy. Mtirrons (Marchands de).
Châtreurs. Un des moyens les plus prônés pour la cure des hernies était l'ablation d'un li'slicule ou même des deux. Bien d'autres alïeclions, la lèpre ^. la goullc, l'aliénation mentale par exemple, ne résislaieut pas à ce procédé énergique. Le temps, loin d'affaiblir celle croyance, l'enracina, l'étendil, et la castration devint peu à peu une sorte de panacée qui assurait mille avantages à l'heureux morlel débarrassé d'un ortrane nuisible. A la tin du
) Audipfer, La maison réglée, liv. II, chap. 4.
î Petit testament, § XXX.
^ !,•■ Mnsson, Calendrier des confréries, p. 105.
* .\rls el métiers, I. VIII, p. 698.
^ Voy. les Tailles île ces ileux années.
" Voy. Et. Baluze, Epislolœ Jnnocentii 111, t. I, p. 10.
CHATREURS — CHAUDRONNIERS
lô3
NpiziiMiie sii'clf, Ji'iiii lioilin ilfiiioiiln' ilc M)ri iiiieiix pourquoi :
Les chasirez ne sont suhjocis aux varices.
— — sont exempts do la <j:()Utte.
— — surmontent tous les autres hommes eu prudence, etc., etc. '.
François Ranchin, en 1(540, recdruiafl toutefois que la castration « n'est pas un remède certain pour les lépreux - ». Elle avait tant d'autres mérites que l'on pouvait bien lui contester celui-là.
Fabrizio d'Aquapendenle, mort en 1619, mentionne •' un Horace de Norsia, habile inciseur, qui à lui seul châtrait environ deux cents individus par an.
Il avait en tous lieux des confrères aussi occupés ; mais il ne faut pas curapler parmi eux Ambroise Paré. Dans son traité des heiiiies, il s'élève avec indignation contre les ig'nobles opérateurs qui « coupent les collions » aux ij^arçons *. Il les moleste encore dans le chapitre où il étudie les plaies des aines et des testicules ; il veut que l'on conserve avec soin ces parties « qui sont néces.saires à la >j^énération ». et ajoute-t^il, « qui mettent la paix en la maison " ». Sur ce point, il devait savoir à quoi s'en tenir, ayant été marié deux fois. Mais Paré ne fut point écouté.
Dionis, au dix-huitième siècle, a soin d'avertir ses élèves que les châtrés ne sont pas, « ainsi qu'on le croit en g'énéral, exempts de certaines maladies, comme de la groutte, de la ladrerie, de la mort subite, etc. ». Il affirme aussi qu'il a connu « un opérateur qui ne nourrissoit son chien que de testicules ; le chien se tenoit sous le lit ou sous la table, proche son maître, en attendant ce morceau friand, dont il le régaloit aussitôt après avoir fait l'extirpation * ».
L'abus fut porté à tel point que la Société royale de médecine s'en émut. En 1776, elle nomma des commis-saires chargés de faire une enquête sur ces odieuses mutilations et d'aviser aux moyens d'y mettre un terme. Ils constatèrent que, dans le seul diocèse de Saint-Papoul, plus de cinq cents jeunes gens avaient été châtrés par d'audacieux exciseurs, qui recevaient pour chaque opération 35 livres ".
Les chàtreurs n'exerçaient pas leurs talents que sur l'espèce humaine. Je trouve dans un compte du quatorzième siècle la mention suivante : >< Pour châtrer plusieurs chiennes de Mgr Philippe et autres de l'ostel du Roy, 1 noble * ».
\n seizième siècle, les chàtreurs criaient leur
' TÂf'àtre fie la nature universelle, trad. Fou^erolles, (1597), p 549.
î Trai/è de la lèpre, p. 483.
' fhera ekirurgica (1628), p. 257.
» Œueres (1607), p. 315.
5 Œuvres, p. 399.
* Opérations île chirurgie, p. 288 cl 324.
" P.-V. Ronouard, Uislaire île ta méilecine, t. Il, p. 288.
' Douel-d'.\rcq, Journal de la dépense du roi Jean en Angleterre, p. 219-
iiU'IiiT dans li's rues de Paris, mais les (piatre vers insignifiants ((ue leur consacrent les reni et sept cris... ne nous disent pas si les chiens et les chats étaient leurs .seuls tributairtjs.
Parmi les fonctionnaires ccunpris dans les équipages de chasse du roi figurait un rhàtreur (le chiens et i/iie'ris.seur ile la rage ' .
Au dix-huitième siècle, les chàtreurs sont surtout représentés par les marchands de peaux de lapin. Ils ont dans leur puchi', écrit .Sébastien Mercier -, ■< un couteau toujours prêt à châtrer les nuitous. Ils n'entrent pas dans une maison que les chattes ne se sauvent sur les gouttières, en exprimant, par des miaulemens plaintifs, combien la figure de ce barbare leur est désagréiUjle ».
Voy. Tondeurs de chiens.
Chats (Commerce des). Voy. Chàtreurs, Chiens (Marchands de) et Tondeurs de chiens.
Ghaucié. Voy. Chaussée (Droit de).
Ghauciers. Fonctionnaires préposés à la perception du droit dit de chaussée ■*.
Ghauciers. Nom que le Livre des métiers donne aux chaussetiers.
Ghauderiers . Chauderonniers .
Ghaudreliers. Voy. Chaudronniers.
Ghaudroimiers. La Taille de 1202 cite six rliiiiulrrininiers, douze maiijnens et un potier de cuicre ; la Taille de 1300 mentionne quinze r/iauderoniiiers et quatre mait/nens.
On nommait maapians, maignens, maingnens, maignans * les chaudronniers et étameurs ambulants. Ces noms s'appliquaient également aux potiers d'élain qui allaient crier leurs marchandises par les rues ^ . Magnien en vieux français signifiait chaudron, et dans quelques patois, on nomme encore les chaudronniers des magnins, des magniers *. Ils étaient appelés encore drnuiniers, drouineiirs et dinandiers, en raison du commerce immense de dinanderie qui se faisait dans la ville de Dinant '. Le mot dinanderie est resté français ", et il date d'assez loin, car on lit dans Philippe de Comines : « En l'an 1466, fut prins Dinant, assise au pays de Lièg-e, ville très riche à cause d'une marchandise qui s'y faisoit de ces ouvraiges de cuivre qu'on appelle dinanderie, qui sont en effect potz et poisles et choses semblables ' ».
On ne possède pas, pour les chaudronniers, de statuts plus anciens que ceux de juillet 1327,
• État de la France pour 1687, I. I, p. 540 H 550; pour 1712, I. I, p. B05 -t 614: pour 1736, t. II, p. 280.
* Tableau, de Paris. I. VI, p. 83.
3 Voy. lo Litre des métiers, 2» partie, titre I, art. 1.
' Du latin magninus. Voy. Ducange.
^ Livre des métiers, titre XII.
•^ \ oy. le Dictionnaire de La Ciu'iie <ie Sainle-Palaye.
'• Belgique.
8 \'oy. le Dictionnaire de Littré.
9 Édit. Dupont, tiv. II, chap. I, t. I, p. 114.