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CHIRURGIENS

Six jurés, élus dans la forme ordinaire, surveillaient et administraient la communauté. Leur principale mission était d'examiner les «^eiis qui « s'entremeclent de c ynirf>;ie ». Sur leur rapport, le prévôt de Paris en autorisait ou en interdisait l'exercice aux, candidats.

Les statuts insistent sur la défense de donner des soins en secret aux criminels, aux « nuirtricrs ou larrons qui snni lileciez ou |}lecent autrui, et viennent celéement ans cyrurgicns, et se font guérir celéement ». Apres un premier appareil posé ou un premier pansement fait, le chirurjj^ien était tenu d'avertir le prévôt de Paris. Ainsi, dès 12(>8 la corporation est divisée en deux classes, celle des simples harbiers ou barbiers- LAïQUES, dits plus lard (l'ir/jiin-s-rlnrnrgiens et chirurgiens de robe courte, puis celle des darbikrsci.ERCS, nommés aussi clnrurgiens-ljurhiers, chirurgiens de i^ninl-Cjôme et chirurgiens de r(die langue. L'ardente préoccupation de ces flerniers va d'abord être de se maintenir indépendants des barl)iers laïques, de se réserver le monopole des opérations chirurgicales. Devenus peu à peu plus ambitieux, ils aspireront, à se rapprocher des mires ou médecins, ù élever leur corporation au rang de corps savant. Après plusieurs siècles de persévérants elTorts, il leur fallut, pour y parvenir, associer leur ciuise à celle des liarbiers laïques.

Kn L^ll, l'ilard. cliirurgieii de Philippe-le- Bel, obtient de lui une ordonnance interdisant toute opération chirurgicale aux barbiers qui n'auraient pas été reconnus aptes à leur métier. Celte ordonnance est renouvelée en 1352 ', puis en 1364 ^ ; mais des ordonnances de décembre 1371 '' et d'octobre 1372 * réunissent en une seule les deux cla.sses de barbiers, et les placent sous l'autorité du premier barbier du roi. Les chirurgiens s'adressent alors aux médecins, mais la Faculté, par jalousie, soutient contre eux les barbiers. En 1544, les chirurgiens triomphent enfin, François \" leur accorde tous les privilèges concédés à l'Université, et en 1576, ils sont autorisés à ouvrir des cours publics. Puis la Faculté les asservit de nouveau à ce point qu'en 1G55 les chirurgiens réclament la protection des barbiers, viennent, tète basse, solliciter ces ennemis jusque-là si méprisés.

Après quatre siècles de bittes, un arrêt du 7 février 1660 déclare que les deux c(nnmunantés réunies di^s chirurgiens çl des barbiers seront soumises à la Faculté de Médecine, leur interdit de prendre la qualité de bacheliers ou de docteurs, d'arborer ni robe, ni bonnets. Rien ne distingue plus letir corporation des plus humbles corporations ouvrières, sauf l'honneur d'avoir pour clief le premier barbier du roi.

Ce terrible arrêt qui, aux yeux de la Faculté, devait consoninicr la ruine des chirurgiens, fut en réalité un avantage remporté par eux sur leur arrogante rivale. La fusion des chirurgiens et

I Ofiloiin. royales, I. II, p. 496.

i Drdoiiii. royales, t. I\', p. 490.

•t (h-//niitf. royales, t. V, p. 440.

i Ori/onii. ruijnles, t. V, p. 52.

des barbiers étant complète, absolue, la Faculté avait perdu la ressource d'opposer les uns aux autres. Les chirurgiens procédèrent assez habilement, .se concilièrent quelques appuis à la Cour; de sorte que le pri'mi<!r liarbier du roi reçut ordre d'abandonner ses droits, de les transmettre an premier chirurgien, et ce fut ce dernier que des lettres patentes de 1668 accordèrent pour chef il la communauté unie des chirurgiens et des barbiers, [ne dislinclion existe pourtant entre les deux corps. Les barbiers sont tenus d'avoir « des boutiques peintes en bleu, fermées de chà.ssis a grands carreaux de verre, et de mettre à leurs enseignes des bas.sins lilancs pour marque de leur profession, et pour faire ditierence de ceux des chirurgiens qui en ont des jaunes ». Leur enseigne devait en outre être ainsi conçue : X, barbier, perruquier , b(àqneur. eluvisie. Céans, on fait le poil et on lient bains et eïuves ' .

Enlin, le 2.3 avril 1743, parut une Déclaration royale tout à lait favorable aux chirurgiens. Nul, dit-elle, ne pourra être reçu maître chirurgien s'il ne possède pas le diplôme de maître es arts. Les chirurgiens seront donc désormais membres de l'Université et jouiront de tous les privilèges attachés à ce titre. Aussi devront-ils exercer désormais leur profession « sans mélange d'aucun art non libéral, commerce ou profession étrangère audit art. »

En somme, l'association des chirurgiens était reconnue comme un corps savant, tous les liens qui les ratlachaient à la Faculté étaient brisés, ils étaient déclarés les égaux des médecins, aussi bien dans le domaine de la science que dans les relations sociales.

Toutefois, l'article 7 d'un arrêt daté du 12 avril 1749 exigea encore des chirurgiens (juils tinssent boutique ouverte: « (Chacun des maîtres en chirurgii; sera tenu de faire mettre sur la porte de la maison où il demeurera son nom et .sa qualité ; comme aussi d'avoir une .salle basse au rez de chaussée de sadite maison, où il y aiu-a toujours un de ses élèves au moins, pour donner en son absence les secours nécessaires à ceux qui en auront besoilT ».

(]et article ne faisait en réalité que confirmer un usage existant. Depuis ([uelqiie tem,psdéjà, les chirurgiens n'avaient plus de boutique proprement dite ; mais tous avaient conservé sur la rue, au rez-de-chaussée, une salle fermée par des grilles et où un élève se tenait en [leriiianence. Sur la devanture, s'étalaient les affiches indiquant les cours des professeurs et donnant l'adresse des chirurgiens ' ?

Mais le préjugé qui déprisail tout travail manuel s'affaiblissait de plus en plus, et les statuts (le 1750 s'expriment ainsi : «Les maîtres du collège de chirurgie jouiront des honneurs, distinctions, prérogatives et immunités dont jouissent ceux qui exercent les arts libéraux et scientiques. Seront en conséquence lesdils inai-

' Cis j)rt'scri|itions furent reproduites daas les slaluls do 1718, aii. 42.

* Quosnay, A'.rnMif'i impartial, etc., p. 210.

CHIRlRCilENS — CHOCOLAT

In^s cdiiipris dans lo noinhrt> des nnlabli's liotirf^^i'iiis df la villt' de Paris et parlicipermil à toutes les priirofi'Htives dont sont en possession lesdits niilahles. Défendons de les comprendre dans aïKiiii rôle des arts el métiers, ni de les assujélirii la taxe de l'industrie ' ^>.

Les chirur^i^ieiis avaient donné ll•ur■^ preinii'i's cours dans une salle dépenilanle du eollèije de Dainville qui était silué rue de la Harpe, en face de ré];lise Saint-(!(^lne. I']n 16!) 1, ils tirent cous- Iruire tout prés de là un éléj^ant ampliithéàtre, occupé aujourd'luii par une école fjraluite de dessin. Kniin, en ITTfi, ils s'inlallèreni rue des Cordeliers lauj. rue de l'Kccde de Médecine) dans les liàtiiuents de la Faculté de médecine actuelle. Ils avaient conservé pour patrons saint Côiue et saint Daniien.

Le Lirre des métiers nomme les (■hiruro;iens cyrurgienx et rireurqiens. On trouve encore surgiens. sinirgiens habilleurs, etc. Tout apprenti d'un l)arhier et d'un chirurgien était appelé frater.

Voj. Accoucheurs. — Auristes. — Barbiers. — Cabinets d'anatomie. — Chàtreurs. — Dentistes. — Épileurs.

— Frater. — Herniaires. — Inciseurs.

— Instruments de chirurgie. — Lits mécaniques. — Lithotomistes. — Matrones. — Oculistes. — Opérateurs. — Pédicures. — Fhlébotomistes. — Postiches. — Renoueurs. — Sages-femmes.

— Sièges mécaniques.

Chirurgiens- herniaires .

niaires.

Voy. Her-

Chirurg-iens-lapidaires. Voy. Lithotomistes.

Chirurgiens - restaurateurs. Voy.

Renouevirs.

Chitareurs. Voy. Cithareurs.

Chocolat Fabricants de . La conquête du Mexique et celle du chocidat sont dues à Fernand Cortez, double titre de gloire, dont le premier fut le plus périssable, car l'Espagne a perdu le Mexicpie, tandis que le chocolat constitue encore aujourd'hui une branche productive de son commerce.

En France, la première personne qui en ait fait usage fut. non pas, comme on l'a dit -, le cardinal de Richelieu, mais son frère aîné, Alphonse-Louis du Plessis. archevêque de Lyon et cardinal. ■< J'ai ouï dire à l'un de ses domestiques, écrit Bonaventure d'Argonne ', qu'il s'en servait pour modifier les vapeurs de sa rate ». Celle assertion est d'autant plus vraisemblable que René Moreau, célèbre médecin de Paris, raconte avoir été consulté, avant 1642, par le

• .■irtiele 7

' C.-B. Betirens, Setecta (liirUlica, p. 391- — Cil. Linné, AmtFnitates nc/iilèmicœ, t. \ II, p. 254- S .Vé/nnges d'histoire, t. I, p. 4.

cardinal île Lyon sur les propriétés thérapeuli(]ues du chocolat ' .

Une douzaine d'aruiees après, le lanlinal Mazarin el le maréchal de (iramoul tirent venir d'Italie deux habiles cuisiniers qui savaient préparer le café, le thé et le choccdal -. Ces [irecieux talents etiiienl donc encore inconnus il Paris. Ils ne l'étaient guère moins en 1659, el de cette année date le premier document ofliciel relatif il l'introduction du chocolat dans la grande ville, (^e sont des lettres patentes, datées de Toulouse le 28 mai l(i.")l», el qui accordent, pour une durée de vingt-neuf ans, a un sieur David Chaliou le privilège exclusif de la fabrication el de la vente du chocolat dans toute l'étendue du royaume. Celte pièce esl conservée aux Archives nationales ■''.

Chaliou s'établit près de la croixduTrahoir *, qui s'élevait à l'angle de la rue Sainl-Honoré el de la rue de l'Arbre -Sec, à l'endroit qu'occupe aujourd'hui une fontaine. Son commerce prospéra-t-il ? Cela est probable, car dès 1661 la Faculté de médecine approuvait l'usage du chocolat '. Et pourtant, dix ans plus lard la province ne connaissait pas encore cet aliment. L'abbé de Choisy l'affirme *, el madame de Sévigné esl désolée de penser que sa fille, partie pour Lyon, ny trouvera pas de chocolatière '.

Le matin, en .sortant de sa chambre, le Régent allait prendre du chocolat dan.s une grande pièce où l'on venait le saluer : c'est ce que l'on appelait être admis au chocolat *.

Les médecins se montraient beaucoup plus indulgents pour le chocolat que pour le café, el la Faculté lui resta toujours fidèle. En 1684, le bachelier Fr. Foucault prit pour sujet de Ihèse le chocolat ', el il en fit un éloge enthousiaste. Vers 1776, un sieur Dorel inventa une machine hydraulique qui broyait le cacao elle réduisait en pâle. Son procédé fut approuve par la Faculté, et Dorel obtint le droit de donner à sa fabrique le titre de manufacture i-oyale.

Les chocolats de Madrid, de Cadix. d'Italie, de Portugal, puis de Saint-Malo fureni pendant longtemps les plus recherchés. Mais à la fin du dix-septième siècle, on leur préférait celui de Paris '«.

En 1692, le* marchands « renommez pour leur bon chocolat » étaient d'abord le sieur Chaliou. toujours installé dans sa boutique de la rue de r.\rbre-Sec. puis le sieur Rere, rue Dauphine ". La même année, un sieur François

t Traiïiiction du Tratado de la naturaleza dei ekocolale d'.\ntonio Clolmenero. Dédicace au car-dinal de Lyun, datée du 21 octobre 1042.

* .Vudij^er, La maison réglée, livce I\'.

3 Repi.stre coté X'" 86fi.ï, f" 68.

i Delaniarre, Traité de la polire, t. III, p. 797.

^ An satiibris usus rhocolata', Thèse soutenue par Michel Dupont et concluant par l'af^nnative.

6 Histoire de la comtesse des llarres, édil. de 1807, p. 97.

" Lellrc du II févriei- 1H71, t. II, |i. UO.

** Testament ftoUtn^Hf du mnréehal de Hefle-Isle, p. 43

9 An chocolotœ usas salubrisf

t** Pomet, Histoire des drogues, liv. VII, p. 207.

" Le livre commode, t. I, p. 303.

CHOCOLAT — CINQUAIN

Damanip se vit acconlcr par le roi un privilégie exclusif pour la vente du ciil'é, du thé et du chocolat ; mais, dés l'année suivante , il y renonça de lui-même et le commerce en redevint libre.

Parmi les iabriciints lU' chocolat dont le nom est arrivé jusqu'à nous, c'est-à-dire parmi ceux qui abusèrent de la réclame, on peut citer encore : le sieur Labastide, établi rue de la Monnaie en 1758, et le sieur Onfroy, qui tenait en 1761 le café Cuisinier, sur la place du Pont Sailli-Michel.

Le sieur Delondrc, épicier droirniste de la rue des Lomliards, inventa, vers 1772. \e.chnrnlal hnrnnqène, stomnrhiqne et pectoral, ainsi que le chocolat i)nr<jatif. Le premier se vendait en tablettes et en pastilles. Le second était « d'un usage très commode pour toutes les personnes qu'on peut difficilement résoudre à prendre même les médecines les plus douces ' ».

Vers le même temps, un médecin de Paris, nommé Lefebvre, taisait annoncer un chocolat aphrodisinqve ou antivénérien, « propre à servir de véhicule au siitilimé mercuriel ^ ».

Kn 1777, un sieur pVrnandez s'intitulait « fabriciint de chocolat de M""' la Daiiphine et des princes et .seigneurs de la cour ■' ». Ce Fernandez était limonadier, et les statuts de 1705 avaient accordé à celte corporation le droit de vendre « le chocolat en pain, en tourteau et en dragées ». Il était, d'ailleurs, fabriqué surtout par les confiseurs, et ceux-ci dépendaient de la communauté des épiciers.

Chorégraphes. Nom donné parfois aux maîtres de ballet. Mais la chorégraphie est le procédé à l'aide duquel on fixe sur le papier, au moyen de signes particuliers et en quelque sorte hiéroglyphiques, les figures, les mouvements, les attitudes qui constituent une danse ou un liallef. Ce système fut inventé par un chanoine de Laugres nommé Jehan Taliourot, qui le fit connaître dans un livre curieux publié en 1589 sous ce titre : Orchésographie et Irairté en forme de dialogue, par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre et practiquer rhonneste exercice des dnncex *. Cet ouvrage, publié sous le pseudonyme de Thoinot Arbeau, parait avoir eu pou de succès. L'idée qui l'inspirait n'en fut pas moins reprise, au début du dix-liniliènie siècle, par un danseur nommé Feuillet : il la développa et l'expliqua par de nombreuses figures dans sa Chorégraphie ou l'art d'écrire la danse par caractères, figures et signes démonstratifs ^, ouvrage qui fournit le moyen de fixer par des signes convenus tous les mouvements des danseurs.

On trouve une page entière de notation chorégraphique, dans A. Pougin, Dictionnaire du théâtre, p. 167.

' Af/ic/ies, annonces el avis divers, n° ilu 'A juin 1772.

2 Affifht's, annonces et apis divers, n" du 19 janvier 1774. l't Mercure de France, n" il'uvril 177.'>.

3 Atnianac/i /)anptiin, nrl. I.imonniii''i"s.

i C".«' voluiiH' a éU' ivinipriiiK' à I*.Tris ciicz Vii-vt-j^ i-n 5 .■\nné>- 17ia, in-4"'.

Chrysographes. Nom donné aux enlumineurs qui avaient Fart de tracer sur les manuscrits ces lettres, ces ornements d'or, restés après six siècles aussi brillants que le premier jour. Ce secret n'a pas été retrouvé. On a supposé que les chrysographes se servaient parfois de lamelles d'or extrêmement ténues, qu'ils fixaient avec beaucoup d'adresse, au moyen d'une eau gommée, et qu'ils polissaient ensuite.

Giceroni. Un des premiers personnages qui aient fait réellement métier de promener les élrangers dans Paris fut un nommé Germain Brice. Il finit par résumer ses boniments dans un ouvrage destiné à les remplacer ' et dont h' succès fut assez grand, air il avait eu déjà huit éditions en 1725.

Quelques années auparavant , un érudit allemand, le sieur Joachiin-Chrislophe Nemeilz, conseiller du prince de Waldeck, profitait des loisirs que lui laissait cette place pour accompagner les jeunes seigneurs désireux de compléter leur éducation par des voyages à l'étranger. Il eut ainsi l'occasion de passer deux années à Paris. Après son dernier séjour dans cette ville, il songea, comme Brice, à rassembler ses souvenirs et à faire profiter ses jeunes compatriotes de l'expérience qu'il avait acquise. Il publia donc, en 1718, une sorte de guide, anjoiird'hui assez recherché, qui en 1727, fut traduit en mauvais français sous ce titre : Séjour de Paris, c'est-àdire instructions fidèles pour les voiageurs de condition ; comment ils se doivent conduire s'ils veulent faire un bon usage de leur lettis el argent. . . Ouvrage très curieux, composé principalement en fave^ir et pour l'usage des roiageurs -.

Dans un livre où je n'aurais jamais été chercher un pareil renseignement, le Dictionnaire latin-fra?içnis ^ de l'abbé Magniez ' je rencontre, au mot Nomenclator cette indication : « A Paris, Herpin enseigne les demeures et les noms des personnes de qualité ». C'était là un cicérone d'ordre inférieur.

Voy. Ours (Meneurs d').

Cidre (Commebce du). Le cidre était presque inconnu à Paris au seizième siècle. On y disait que Dieu avait infiigé cette boisson aux Normands « comme une espèce de malédiction ou de châtiment ■'■ ». Au dix-septit-me siècle, c'était la boisson ordinaire des domestiques, même à Paris. On faisait alors en Normandie de l'eau-de-vie do cidre, mais elle était jugée si mauvaise qu'on en interdi.sait l'entrée à Paris *.

Cierg-ers et Cierg-iers. Voy. Ciriers.

Cinquain. Voy. Champart (Droit de).

* XoHvelle description de ta ville de Paris et de tout ce qu'elle contient de plus remarquable.

S Ci'lli' lniilu<'liiiii a l'tc i-i'ini|irinu'i' par la librairir l'Ion n\ 1887.

■^ Plus connu sou.s It' nom tic .Yorifius.

i 1721. in-l», t. II. p. 908.

5 Gui Patin, /.elfres à .Spon, 21 avril et 9 mai 1813, t. I, p. 282 cl 2S,Î.

6 Savaiy. I. I, p. 772.

CINOrANTl'lXIKHS — CIRIKRS

Cinquanteniers. Vnv. Quartiniers.

Cira^"e iI''Aiii!ic.A.\Ts moi. Suivanl M. Onil'IiciMl, l'i'iii|)liii ilii cinip' riMUonliTiiil iiii ilixicinc siècle'. Il sciiililc ('liilili ini'iiu seizièini' un lui avait siibsliliié une pierre spéciale dont la coniposilion nous est inconnue. Je lis, en ellel, diuis Les cris de Paris en 15-15 :

J*ay do bonne jiiorre noiro, Pour iiantoun*' et soutior noircir !

D'autre part, il est certain que l'on graissait alors les chaussures communes :

I)t'a, ii''S soulii'rs de vaclu' auras, El givs patins, que ne di'BVnds, Qu'au saïui'dy {jiv.ssor IVras Avt'cq les souliers des enfans -.

Au siècle suivanl, le sieur (Joubier, épicier ruelle (îe.svres, vendait ■> une bonne cireure pour les cordonniers •' >■>. C'est sans doute celle dont Rielielet nous fournit ainsi la recette : « Composition de suif, de noir de fumée, de lérébentine de Venise, de blanc de plomb et autres in>yrédiens qu'on fait bouillir pour cirer les boites, les gros souliers, etc. * ». Le cira|;e à l'oeuf lui succéda, el jouit d'une faveur qui fut de longue durée ; il se composait tout simplement de noir de lumée délayé avec du blanc d'ieuf,

1mi 1777. un sieur Lebrun, épicier, demeurant rue Daupliine, aux armes d'Angleterre, débitait « une nouvelle cire, propre à noircir les souliers, les bottes et tout ou\Tage de cuir ou de maroquin, qui ne tache point les mains ni les bas, qui est sans odeur, entretient le cuir llexible et lui donne un beau noir ». Le prix était « de douze sols la tablette, qui fait une chopine de cire liquide" ». Je trouve cette même cire eu tablettes annoncée dans la Ga:etle de Htdiande, où l'on déclare ([u'elle donne à volonté le plus beau noir, mat ou luisant'' ». Peu d'années après, apparut le cirage anglais, composition grasse qui, frottée avec une brosse sèche, fournit un brillant d'un beau noir.

Gireurg'iens. Nom que \e Livre des métiers donne aux chirurgiens.

Cire à cacheter (Fabricants de). L'apo- Ihiciire Pierre Pomel attribue l'invention de la rire d' Espayne à un sieur Rousseau, qui eut surpris aux Indes le secret de .sa composition, et qui commen(;a à en fabriquer vers l(i"20 " ; mais il est prouvé aujourd'hui que son usage était déjà prescpie général dans les premières années du ilix-septième siècle *. On -se servait auparavant.

' Histoire du cjslume, |>. 141.

' Extraiel il'un pelil tra'tlë eonteitani soixante el Iroi/s qiialraiits sur le faici de lu super/luidilé des liabits des dûmes de Puris. Dans Aiicieimes poe'sies fruinuises, I VIII. 1'. 29».

3 /*■ titre commode^ t. Il, p. 6T.

* Xuuceau dictionnaire fruaçois, édil. île 1719, I. I, p. 207.

^ Atmunac/i Dauptiin, art. Épiciers.

C N° <lu 10 mars 1778, p. -1.

** Histoire des drogues, 2* partie, p. 44.

" \'oV Edouard Fournier, Variétés historiques, t. II, p. 79. '

pour cacheter les lettres, de gomme laque fondue cl colorée, qui était ap|)i'lée rire de l'orlnijal.

.\ une date (|ue je n'ai pu délerininer, douze ■•< maîtres ouvriers en pains cire il caciieter missives, nommez jus([u'ii présent cire d'Espagne et ([iii seront pour l'advenir appeliez cire de Fiance ii cacheter », demandèrent ii se constituer en communauté el soumirent des statuts à l'approbation du roi. Ils désiraient se placer sous le piilronage de saint François d'Assise ; l'apprentissage devait être lixé à trois ans, que suivraient trois années de compagnonnage, et deux jurés eussent administré la nouvelle corporation. Je ne .sais quel fui le sort de ces douze ciriers el de leurs statuts ; j'ai trouvé ceux-ci à la Bibliothèque nationale, dans le manuscrit coté 21,793, page 152.

Les ciriers se disaient parfois marchands de lucre, mot par lequel un tarif de septembre 1064 désigne la cire d'Espagne ou un produit analogue.

On voit souvent cité dans les inventaires du dix-septième siècle un instrument appelé percelettres. C'était une sorte de poinçon destiné à produire le trou que traversait un fil de soie qui était fixé à son autre extrémité par un double cachet de cire. Pour ouvrir la lettre, on coupait le fil.

Sur l'usage des enveloppes, vo}'. ci-dessous l'article Fapetiers, et sur l'eniploi de la cire dans les actes ulliciels, l'article Chauffe-cire.

Ciriers. Faiseurs de cierges, bougies, torches el autres objets en cire.

Cette communauté était placée sous l'autorité du grand chambellan du roi ' .

La Taille de i202 cite 19 ciriers et 1 chandelier de cire, celle de 1300 mentionne 8 ciriers et 2 chandeliers de cire.

Dès cette époque, le commerce de la cire était fait par les épiciers, les ciriers se chargeaient seulement de la mettre en œuvre. Je trouve, en etlet, dans le compte des dépenses faites pour les obsèques du grand chandjellan en 1352 les articles suivants : « A Adam du Puis, espicier, pour un millier de cire achaté de lui... A Jaquet Gillebert, pour sa peine de mettre en œuvre le millier de cire dessusdit et faire le luminaire, c'est assavoir 200 torches, 400 cierges, etc. * ». Le nombre des maîtres était alors de 26 environ. C'étaient eux qui modelaient les effigies de cire que l'on plaçait sur le cercueil des rois et aussi les figures destinées aux envoûtements.

Bien que les chandeliers de cire appartinssent à la communauté des épiciers, le prévôt de Paris leur donna, en mai 1428. des statuts particuliers qui déterminent la qualité, le poids et le prix des cierges el chandelles de cire.

Le mot bouffie ne se rencontre guère avant le quatorzième siècle •*, et Olivier de Serres écrivait encore à la fin du quinzième que les chandelles de cire étaient surtout en usage chez « les princes

l Voy. Maître des ctiandeliers de cire.

* Douët-d'Areq, Comptes de t'argenterie, p. 184.

3 \oy. \. Gay, Glossaire arcliéologique, t. I, p. 186.

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