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COCHES U'EAU — COIFFEURS

Coches d'eau. \\>\. Bateaux-coches.

Gochetiers. Ils upitarleiiaienl a la coiporulioii (les cliarpoii tiers el, 1res proliableiiu'iil, fabriqiiaii'iit les coches d'eau qui faisaient, sur la Seine, le ser\-ice des vojaj^'eurs et des marchandises. Ils .sont mentionnés dans le Livre des métiers ' .

Vov. Voitures.

Coco (M.\RCHANDS iie). Le coco n'a pas toujours été l'innocent lireuvai^'e que nous connaissons, le marcliatul de coco l'ut d'aliord un petit détaillant d'eau-de-vie *. Vers la fin du dix-huitième siècle, la métamorphose était accomplie, et Sébastien Mercier nous dépeint ainsi le marchand de coco, son contemporain : « Il porte une fontaine de ter blanc sur son dos, il est ceint d'un tablier blanc, il .se place dans un passage public, toujours debout : il crie incessamment et inlerroirativement : A la fraîche, qui veut boire ? Ces vendeurs d'eau de ré^'^lisse vident leur fontaine jusqu'à douze ou quinze fois de suite, et •îajjnent par jour jusqu'à sept francs les mois d'été * ».

Cocquassiers. Vov. Coquetiers.

Coffres et boîtes en cuir bouilli

(Faiseurs de). C'était un des litres de la corporation des gainiers.

Coffretiers. Dès les premiers siècles du mojen âge, les coffrets étaient fort en usage ; on les fabriquait en matières de pri.x, ivoire, marqueterie, cui\Te émaillé, or, argent ; en cuir, en cristal ; ils étaient repoussés, ciselés, émaiUés, etc. Pendant leurs voyages, les dames les transportaient avec elles, et j renfermaient des bijoux, des camées, des missels. En campagne, dans les expéditions lointaines, les chevaliers, outre les bahuts et les bouges qui contenaient leurs effets, donnaient en garde à des écujers de grands coffres qui recevaient des objets précieux, des titres, des archives de famille et surtout de l'argent * . Ceux-ci représentaient nos cotfres-forts actuels, et il y a longtemps que le Trésor public est désigné par les mots coffres de l'État.

On sait que, même chez les grands seigneurs, même chez le roi, les sièges furent rares jusqu'au dix-septième siècle au moins ; aussi, dans les antichambres, des bahuts et des coffres rangés le long du mur servaient souvent de siège aux visiteurs attendant d'être reçus. De là l'expression piquer le coffre pour dire attendre longtemps dans une antichambre ; expression d'autant plus exacte que, prétend-on, les gentilshommes impatients s'amusaient à piquer, à taillader ces banquettes avec leur dague.

La Taille de 1292 mentionne 17 coffriers, celle de 1300 en cite 11 seulement.

' Titre XLVII, art. 8.

* P.-J. Leroux, Diclionnalre comique, satirique, etc. au mot coco.

s Taileau dt Paris, t. V, p. 310.

* Viollit-le-Duc, Dictionnaire élu mobilier, t. I, [). 75. — Douël-dWrcq, Comptes dt l'argenterie, p. 362.

Les coffretiers, d'abord dépendants des selliers, ne semblent avoir constitue une communauté distincte qu'à partir de 159(5, année où Henri IV donna aux coffretiers-Mulletiers des statuts en 40 articles. Clia(iue maître ne pouvait avoir qu'un seul apprenti ù la fois. L'apprentissage durait cinq ans et était suivi de cinq ans de compagnonnage. Le travail ne devait cummencer avant cinq heures du matin ni continuer après huit heures du soir, « pour que le voisinage ne soit point incommodé du bruit inséparable de ce métier ■>■>. Quatre jurés administraient la communauté.

.\u dix-huitième siècle, les maîtres se ((ualiliaient de coffreliers-malleliers-ljuhuliers et étaient au nombre de 40 environ. L'édit de 177(} réunit les gainiers à cette triple corporation, qui était placée sous le patronage de saint Jean l'évangéliste.

Voj. Bahutiers et Voyages (Articles de).

Coffriers. Vov. Coffretiers.

Coiffeurs. Dès le quinzième siècle, il y eut des coill'euses pour les femmes. On les trouve nommées alourneresses, alourneuses, achemeresses, etc. ; elles n'étaient guère employées d'ailleurs que dans les grandes occasions : fêtes, mariages, etc. Le soin des chevelures fénùnines restait donc en général réservé aux chambrières, et jusqu'au dix -septième siècle les barbierschirurgiens n'élevèrent aucune prétention à cet égard, bien que l'article 58 de leurs statuts leur reconnût le droit exclusif de coiffer les femmes tout comme les hommes. L'n homme de génie en son genre, le sieur Champagne créa la spécialité des coiffeurs de femmes. Il manœu\Ta avec tant d'adresse que les plus grandes dames ne tardèrent pas à se disputer ses services *. Il mourut assassiné au cours d'un voyage -. mais les dames continuèrent à rechercher des mains plus habiles que celles de leurs femmes de chambre, et l'industrie des coiffeuses succéda à celle des coiffeurs de dames.

M"" de Sévigné a transmis à la postérité le nom de la Martin, qui inventa la coiffure hurluhrelue ou hurlupée, dite aujourd'hui coiffure à la Maintenon, parce que c'est celle que porte la grande favorite sur ses premiers portraits. Cette mode date de 1(171. Le 18 mars, madame de Sévigné écrit à sa tille de s'en garder, elle lui déclare que « c'est la plus ridicule chose qu'on puisse s'imaginer », et la supplie de rester fidèle à la jolie coiffure que sa femme de chambre Montgobert fait si bien ■''. Quinze jours après, la cour a adopté la nouvelle coiffure, et dès lors madame de Sévigné en raffole. Elle mande aussitôt à sa fille que, frisée ainsi, elle sera « belle comme un ange », et que décidément « la coiffure que fait Montgobert n'est plus supportable * ».

l Voy. Tallemant dis Kéaux, Historiettes, t. V, p. 412

* I.oret. Mu:e historique, n" du 12 novembre 1658. 3 Tome II, p. 117.

* Lettn- du 1 avril 1671, t. II, p. 143.

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