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COLBERT

Et à côte est écrit, visa d'ALiORE. Edit de création de maistrise pour les couturières de la ville de Paris, et scellé du grand sceau de cire verte sur lacs de soye rouge et verte.

ViiV. Apprentissage. — Aspirants a la maîtrise. — Attendant maitrise. — Bannières (Ordonnance des). — Bienfaisance (CEuvres de). — Biireau. — Chef-d'œuvre et expérience. — Compagnonnage. — Concurrence. — Corporations CNombre des). — Dimanches et fêtes. — Édit de mars 1673. — Édit de mars 1691. — Édits de 1776. — Fils de maîtres. — G-agnant-maîtrise.

G-uet des métiers. — Maitrise (Lettres

de). Maîtrises (Vente de). - Offices ^ (Créations d"). Privilégiés (Lieux). — Ordonnance de janvier 1351. Qualité (Maîtres sans). - Statuts. Travail (Réglementation du). — Travail aux pièces. — Veuves de maître.

Corporations iXoMnRf; des). — Comme on l'a vu dans l'articb' précédent, h» nombre des métiers constitués en corporation varia sans cesse. La première énumératioii que nous en possédions date du treizième siècle, et nous est fournie par le Livre des métiers, auquel j'ai consacré plus loin un article.

On peut consulter encore sur le nièiue sujet dans ce dictionnaire les articles :

Ordonnance de janvier 1331.

Bannières (Ordonnance des), 14()7.

Edit lie mars l(i73.

Édit de mars 1091.

Édits de 1776.

Les deux pièces qui suivent leur serviront de complément. Je n'y joins presque aucune note, tous les noms qui y figurent étant représentés dans ce volume.

Liste générale et rooles de tou.s les arts

ET MESTIERS qui SONT EN JURANDE ET QUI s'exercent TANT EN LA VILLE ET FAUXBOUROS

DE Paris qu'es autres villes, fauxbourgs, BOURGS, bourgades de ce royaume. Distinguez en cinq rangs, selon la BONTÉ et

VALEUR d'iGEUX.

Cette liste, dressée en 1586, a été publiée par M. Emile Levasseur, dans son excellente i/<s(!oM'tf des classes ouvrières en France '. Je dois prévenir que l'on trouve ici plusieurs métiers qui n'étaient encore soumis qu'à des règlements de police ; il est vrai aussi qu'on n'y voit pas figurer quelques métiers déjà officiellement érigés en jurande.

Premier rang, qui sont les 'Meilleurs mestiers :

Apothicaire.

Affineur.

Drapier.

Espicier.

Mercier grossier, joyaulier. vendant bagues, joyaulx, draps de soie, quincaillerie d'armes et chenets.

Mégicier.

Tanneur.

Teinturier en draps.

Deuxième rang, gui sont les mestiers d'entre les meilleurs et me'diiicres :

Barbier.

Boucher.

Bonnetier.

Chasublier.

1 Edition de 1859, tom.' II, p. 001.

CORPORATIONS

Chitiidronnier.

Drapier-chausselier.

Escrivain.

Pelletier hault-bannier.

Poissonnier d'eau doulce.

Tainclurier en soye, fil et laine.

Troisièime rang,

çui sont les mestiers médiocres :

Armurier. Ballancier.

Bahutier-coffretier-maletier.

Baudroyeur.

Boursier-gibecier-colletier.

Cartes el tarots (Faiseur de).

Cordonnier.

Couroieur.

Cherculier.

Cousturier-tailleur d'habits.

Ceinturier.

Chappelier.

Charpentier.

Charron.

Coustelier.

Deschargeur de vin.

Kperonnier.

Esmouleur de grandes forces.

Frepiers.

Fourbisseur.

Gantier.

Horloger.

Instrumens (Faiseurs d').

Instrumens (Joueur d').

Lapidaires.

Menuisier.

Mareschal.

Maçon .

Oublayer-patissier.

Orfèvre.

Pelletier-foureur.

Plombier.

Parcheminier.

Plumassier de panaches, dict anciennement chapelier de paon.

Papetier.

Peintre-tailleur d'images-sculpteur. Potier d'estaing.

Plastrier.

Perruquier et atournaresse.

Sellier-lormier.

Soje ou veloutier (Ouvrier en).

Tapissier-contrepoinctier.

Tapissier sarrasinois et de haulte lice. Tonnelier.

Tuilier.

Vergetier-raquetier-brossier.

Vinaigrier.

Verrier-vendeur de verres el bouteilles.

Quatrième rang,

qui sont les mestiers d'entre les médiocres

et les petits :

.\rtill(<ur-arquebusier.

Boullanger.

Batteur d'or el d'argent en feuilles.

Brodeur.

Brasseur de bière.

Boursier-aumussier.

Bastelier-passeur d'eau.

Bourrelier.

Briquetier.

Boisselier-lanlernier de corne.

Cuisinier.

Cûuslier et coustière-faiseurs de licts.

Couverturier.

Doreur en cuir.

Eslame de soje (Faiseur d').

Estuvier d'esleuves. Espinglier.

Enlumineur.

Fondeur en sable.

Fondeur en terre.

Foulons-aplanyeur de drap.

Graveur sur fer et cuivre.

Grenelier et grainelière.

Haulbergeonnier-tréfilier.

Harangère.

Huilier.

Linger-toilier-lingère-tojlière.

Lunetier.

Miroitier-bimbelotier.

Meusnier.

Mercier vendant petites merceries, comme cousteaux, ciseaux, rubans et esguillettes. Natier.

Patenostrier de gez *, ambre et corail. Peaucier-taincturier en cuir.

Patenostrier d'émail.

Passementier-boutonnier-tissutier-rubanier.

Paveur.

Pignier-tabletier.

Plumassier de plumes à escrire.

Pescheur à engins ou verge.

Poissonnier de mer.

Pourpoinctier.

Quadranier.

Revendeuse de friperie.

Savetier.

Sonnetier.

Tainclurier de petit tainct, dict de moulée. Tireur d'or.

Tisseran en draps ou drapier drapant.

Tisseran en toile.

Taillandier.

Tondeur -. Tailleur de pierre.

Vanier-quinquaillier d'osier.

Cinquième rang, qui sont les petits mestiers :

Boucletier de ceinctures.

Bourrière.

Cardeur.

Cerclier.

Chainetier-demi-ceintier.

Chapelier et chapelière de fleurs, ou bouquetier.

De jais.

U" drap.

CORl'OHATIONS — CORRKCTKURS

Cloutier.

Deessier.

Kscriine (MnHre d').

Esji^'uillier-alainier.

Esmouleur de cousieaux, ciseaux, ou gagnepetit.

Estœuvier-paidmier-faiseur d'estreufs.

Ferrt'ur d'esguillettcs.

Guesirier.

Jardinier.

Lajetier-casselier-escriniers.

Linière.

(Euvres (Maistre des basses).

Oysellier.

Patenostrier d'os et de corne.

Pollierde terre.

Poupelier '.

Racouslreur de bas d'estame.

Retordeur de laine, fil et soye.

Renlrayeur.

Regratier de fruicts et esgrun.

Sabotier.

Scieur de long.

Taillandier ou maître d'œuvre blanche.

Tapissier nostré.

Victrier.

Liste des corporations divisées en trois

CLASSES, suivant LE NOMBRE DES MAÎTRES APPARTENANT A CHACUNE d'eLLES '.

Premiisre classe CorporalioM comptant au moins cinq cents maîtres:

Merciers.

Tailleurs.

Cordonniers.

Couturières.

Marchands de vin.

Savetiers.

Jardiniers.

Peintres et sculpteurs.

Menuisiers.

Rubaniers.

Barbiers.

Fripiers.

Linge res.

Epiciers.

Tapissiers.

Boulangers.

Bonnetiers.

Passementiers.

Chirurgiens.

Orfèvres.

Deuxième classe Corporations comptant de 440 à 200 maîtres :

Maîtres à danser.

Vannier.

Limonadiers.

Doreurs sur cuir.

Serruriers.

' Il faut très probableinont Wrf. poupetier. ' Cette liste a été publiée par Savarv, dans son

t il, p. 424.

Dietioxnaire liu commerce, édit. de 1741,

Fondeurs.

Fruitiers.

Ciiapeliers.

Drapiers d'or.

Rôtisseurs.

Vitriers.

Chandeliers.

Brodeurs.

Corroveurs.

(irainetiers.

Selliers.

(ianliers.

Pâtissiers.

Fourbisseurs.

Bouchers.

Teinturiers en soie et laine.

Relieurs.

Potiers de terre.

Tabletiers.

Tonneliers.

Bourreliers.

Troisième classe Corporations comptant de 40 maîtres à 1 maître :

Plombiers.

Oiseliers.

Papetiers.

Vidangeurs.

Crieurs de vieux fers.

Tireurs d'or.

Parcheminiers.

Vergetiers.

Plumassiers.

Eperonniers.

Découpeurs.

Foulons.

Patenôtriers en jais.

Balanciers.

Maîtres en fait d'armes.

Teinturiers du petit teint.

Boyaudiers.

Teinturiers du grand teint.

Patenôtriers en bois.

Heaumiers.

Corps (Faiseurs de). Voy.Corsetiers.

Corps (Les Six-). Voy. Six-Corps (Les).

Corps de métier. Voy. Corporations.

Corratiers. \o\. Courtiers.

Correcteurs. Nom donné, dans les collèges, aux gens chargés de châtier les élèves.

Ces humbles fonctionnaires représentent une institution quise conserva presque intacteà travers les siècles. Gamin des écoles primaires ou grand élève de rhétorique, fils d'ouvrier ou fils de roi étaient égaux devant les verges des papas, des précepteurs, de l'Eglise et de l'Université. Si Marguerite de Valois parlait le latin avec pureté, c'est qu'on ne lui avait pas épargné le fouet ' ; et d'Aubigné, citant les premiers maîtres qu'il avait eus les qualifie d'Orbilies ', en souvenir

• Voy. ses Mémoires, édit. Michaud, p. 402.

CORRECTEURS — CORROIERS

d'un pédaf^ogue cité par Horace *, et que sa brutalité avait rendu fameux. Rabelais ^ el Montaigne * nous ont conservé le souvenir des barbaries qui se conimellaient dans les collèges. Noël du Fail 5, Berthod " et bien d'autres ont célébré, sans trop de rancune, les fesseculs, les fmiette-cvJs de Montaigu et de Navarre. « Je ne craignois non plus le fouet que si ma peau eût été de fer », disait Francion '. Le collège de Navarre, fondation rojale, se faisait gloire d'avoir le roi de France pour premier boursier, mais il ne faut pas croire que le revenu de cette bourse fût attribué à un autre écolier : sa destination était bien plus utile, on l'employait « en achapt de verges pour la discipline scolastique* ». Et Dieu sait s'il devait s'en user ! Au mois de janvier 1576, un sous-maitre maltraita si rudement un enfant, nommé Denis Lebègue. « qu'à le voir, il faisoit horreur ». L'affaire alla jusqu'au Parlement, qui ordonna que le coupable payerait à sa victime une indemnité de 60 livres ^ . Dans une très curieuse Civilité, publiée à la fin du dix-septième siècle '", une gravure représente le maître d'école châtiant sans pitié un pauvre écolier. Le patient, pieds et poings liés, attaché nu contre un pilier de pierre, est battu à tour de bras, el ses camarades assistent tremblants au supplice. Ces traditions étaient encore respectées à la tin du dix-huitième siècle. L^n des domestiques, un trotteur en général, faisait l'office de correcteur. Dans la liste officielle des fonctionnaires du collège Mazarin pour 1786 figure cette mention : « Chevallier, frotteur de la bibliothèque et correcteur i' ».

Correcteurs d'imprimerie. On disait jadis des ouvrages mal corrigés que c'étaient, non des livres, mais des cada\Tes de livres, « cadavera librorum » ; aussi les imprimeurs consciencieux choisissaient-ils souvent leurs correcteurs parmi les plus savants littérateurs de leur temps. M. A. Claudin a retrouvé les noms de plusieurs correcteurs, soit imprimeurs, soit employés par les premiers imprimeurs parisiens '*. Parmi leurs successeurs on peut citer Berthold Rimbold, J. Froben, F. Raphelenge, Josse Bade, M. Musurus, Érasme, C. Kilian. etc. A la fin des commentaires d'Andréas de Ysernia, publiés en 1472 par Sixte Riessinger, on lit :

Sistus lioc impres.sit. Scd bis lamen anlc revisit Egregius doctor Petrus Oliverius.

' Voy. Sa cie, p 1 1

2 K/iis/o/ir, lib. II, epist. 1, vrrs 70.

3 (Inrrjnnliia, livre I, chap. XXXV'II. Voy. aussi liv. IV, cliap. XXI.

'• Essais, liv. I, cliap. XXV.

■' Contes d'EiiIrnpel, XXVI.

6 Paris burlesque, p. 15<i.

'' Cil. Sori'l, Histoire de Francion, p. 129.

* Guy Coquilli', Histoire du Nivernais, p. 158.

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