NIN
Voici une de ses chansons , dont je me souviens:
Il ne faut pas qu'an «'étonne Si toujours elle raisonne Delà sublime vertu Dont Platon fut revêtu ; Car, à bien compter son âge, EU© doit avoir
Elle répondit à cela qu'elle aurait beaucoup mieux aimé coucher avec Platon qu'avec Chapelle.
Sa maison était sur la fin une espèce de petit hôtel de Rambouillet , où l'on parlait plus naturellement , et où il y avait 00 peu plus de philosophie que dans l'autre. Les mères envoyaient soigneusement à son école les jeunes gens qui voulaient entrer avec agrément dans le monde.
Elle se plaisait à les former. Rémond, que nous avons vu introducteur des ambassadeurs, et qui prétendait être un grand platonicien, se vantait souvent de devoir à mademoiselle de Lenclos tout le mérite qu'il avait. En effet, il avait un mérite assez singulier. C'est sur lui que Périgny avait fait cette chanson :
De monsieur Rémond voici le portrait :
Il a tout-à-fait l'air d'un hareng «a tiret ;
Il rime , il cabale ,
Est homme de cour ,
Se croit un Candale (1) ,
80 dit un Saucour (s).
Il passe en science
Socrate et Platon,
Cependant il danse
Tout comme Balon (3).
De monsieur Rémond voici le portait :
Il a tout-a-fait l'air d'un hareng aauxet.
Quand on dit à mademoiselle de Lenclos que Rémond se vantait partoutd'avoir été formé par elle , elle répondit qu'elle fesait comme Dieu , qui s'était repenti d'avoir fait l'homme.
Je suis hareng sauret comme M. Rémond ; mais , n'ayant pas été formé par mademoiselle de Lenclos, ce n'est pas elle qui s'est repentie de m'a voir tait.
L'abbé de Châteautteuf me mena chez elle dans ma plus tendre jeunesse. J'étais âgé d'environ treize ans. J'avais fait quelques vers qui ne valaient rien, main qui
(1) Le duc de Candale , fila du due d'Éperaon , le plus bel homme do son temps.
(s) Te marquis de Saucour paasaitpourrhomme le plus vigoureux; et «on nom ert passé en proverbe.
(3) Fameux danseur de l'Opéra.