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cembre, et par conséquent le 18 novembre de la vingt-huitième année d'Auguste. Sur quoi il Faut observer que saint Clément ne compte les années d'Auguste que depuis la mort d'Antoine et la prise d'Alexandrie , parce que ce fut alors que ce prince resta seul maître de l'empire.
Ainsi, l'on n'est pas plus assuré de l'année que du jour et du mois de cette naissance. Quoique saint Luc déclare (1) qu'il s'est exactement informé de toutes ces choses depuis leur premier commencement, il lait assez voir qu'il ne savait pas exactement l'âge de Jésus, quand il dit (a) qu'il avait environ trente ans lorsqu'il fut baptisé. En effet, cet évanséliste (5) fait naître Jésus l'année du dénombrement qui fut fait , selon lui , par Cirinus ou Cirinius, gouverneur de Syrie, tandis que ce fut par Sextius Saturnius, si l'on en croit Tertullien (4). Mais Saturnius avait déjà quitté la province la dernière année d'Hérode, et avait eu pour successeur Quintilius Varus, comme nous l'apprenons de Tacite (5) , et Publius Sulpicius Quirinus ou Quirinins, dont veut apparemment parler saint Luc, ne succéda à Quintilius Varus qu'environ dix ans après la mort d'Hérode, lorsqu'ArchelaUs, roi de Judée, fut relégué par Auguste, comme le dit Josèphe dans ses Antiquités judaïques (6).
Il est vrai que Tertullien (7) , et avant lui saint Justin (8) , renvoyaient les païens et les hérétiques de leur temps aux archives publiques , où se conservaient les registres de ce prétendu dénombrement ; mais Tertullien renvoyait également aux archives publiques pour y trouver la nuit arrivée en plein midi au temps de la passion de Jésus, comme nous l'avons dit à l'article Eclipse (9), où nous avons observé le peu d'exactitude de ces deux pères et de leurs pareils , en citant les monumens publics , à propos de l'inscription d'une statue que saint Justin, lequel assurait l'avoir vue à Borne , disait être dédiée à
(1) Chap. premier, y. 3. (1) Chap. ni, v. ai.
(3) Chap. II , v. a.
(4) Lir. IV, chap. XIX contre Marc ion.
(5) Liv. V, aect. 9.
(6) Liv. XVI, chap. XIII, et liv. XVII, XIII et XIV.
(7) Liv. IV, chap. VII contre Marcion.
(8) II Apo/.
(9) r. met. phii.
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Simon le magicien, et qui l'était à un dieu des anciens Sabins.
Au reste , on ne sera point étonné de ces incertitudes, si l'on fait attention que Jésus ne fnt connu de ses disciples qu'après qu'il eut reçu le baptême de Jean. C'est expressément à commencer depuis ce baptême , que Pierre veut que le successeur de Judas rende témoignage de Jésus; et, selon les Actes des apôtres*, Pierre entend parler de tout le temps que Jésus a vécu avec eux.
( Dictionnaire philosophique.)
NOMBRE. — nsr INITIO.N DR CK «OT.
VKBTU QO'OIC ATTRIBUAIT AUX lfOMBEXS. -
Eucide avait-il raison de définir le nombre, collection d'unités de même espèce?
Quand Newton dit que le nombre est un rapport abstrait d'une quantité à une autre de même espèce, n'a-t-il pas entendu par là l'usage des nombres co arithmétique , en géométrie f
Wolf dit : « Le nombre est ce qui a le même rapport avec l'unité, qu'une ligne droite avec nne ligne droite. » N'est-ce pas plutôt nne propriété attribuée au nombre qu'une définition?
Si j'osais, je définirais simplement le nombre , Vidée de plusieurs uniUs.
Je vois du blanc; j'ai une sensation, nne idée de blanc. Je vois du vert à côté. Il n'importe que ces deux choses soient ou ne soient pas de la même espèce ; je puis compter deux idées. Je vois quatre hommes et quatre chevaux ; j'ai l'idée do huit: de même trois pierres et six arbres me donneront l'idée de neuf.
Que j'additionne, que je multiplie, que je soustraie , que je divise ; ce sont des opérations de ma faculté de penser que j'ai reçue du maître de la nature ; mais ce ne sont point des propriétés inhérentes au nombre. Je puis carrer 3, le cuber; mais il n'y a certainement dans la nature aucun nombre qui soit carré ou cube.
Je conçois bien ce que c'est qu'un nombre pair et impair; mais je ne concevrai jamais ce que c'est qu'un nombre parfait ou imparfait.
Les nombres ne peuvent avoir rien par eux-mêmes. Quelles propriétés, quelle vertu pourraient avoir dix cailloux, dix arbres, dix idées, seulement en tant qu'ils sont dix? Quelle supériorité aura un nombre divisible en trois pairs snr un autre divisible en deux pairs?
* Chap. premier, v. aa.
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Py thagore est le premier , dit-on , qui ait découvert des vertus divines dans les nombres. Je doute qu'il soit le premier, car il avait voyagé en Egypte, à Babylone et dans l'Inde; et il devait en avoir rapporté bien des connaissances et des rêveries. Les Indiens surtout , inventeurs de ce jeu si combiné et si compliqué des échecs , et de ces chiffres si commodes que les Arabes apprirent d'eux, et qui nous ont été communiqués après tant de siècles; ces Indiens, dis-je, joignaient à leurs sciences d'étranges chimères; les Cha/déens en avaient encore davantage , et les Egyptiens encore plus. On sait assez que la chimère tient à notre nature. Heureux qui peut s'en préserver l heureux qui , après avoir eu quelques accès de cette fièvre de l'esprit , peut recouvrer une santé tolérable i
Porphyre, dans la Vie de thagore, dit que le nombre a est funeste. On pourrait dire que c'est au contraire le plus fa* vorable de tous. Malheur à celui qui est toujours seul i malheur à la nature, si l'espèce humaine et celle des animaux n'étaient souvent deux à deux !
Si a était de mauvais augure , en récompense 3 était admirable , 4 était divin : mais les pythagoriciens et leurs imitateurs oubliaient alors que ce chiffre mystérieux 4» 81 divin, était composé de deux fois denx, nombre diabolique; 6 avait son mérite , parce que les premiers statuaires avaient partagé leurs figures en six modules. Nous avons vu que, selon les Ghaldéen8 , Dieu avait créé le monde en 6 gahambars : mais 7 était le nombre le plus merveilleux ; car il n'y avait alors que sept planètes ; chaque planète avait son ciel, et cela composait sept deux, sans qu'on sût ce que voulait dire ce mot de ciel. Touto l'Asie comptait par semaine de sept jours. On distinguait la vie de l'homme en sept âges. Que de raisons en faveur de ce nombre l
Les Juifs ramassèrent, avec le temps, quelques balayures de cette philosophie.
Elle passa chez les premiers chrétiens d'Alexandrie avec les dogmes de Platon.
Elle éclata principalement dans l'Apocalypse de Cérinthe, attribué à Jean le baptiscur.
On en voit un grand exemple dans le nombre de la bête *.
* Apocalypse , ehap. XIII.
NOM «.87
• On ne peut acheter ni vendre, à moins qu'on u'ait le caractère de la bète, ou sou nom ou son nombre. C'est ici la science. Que celui qui a de l'entendement compte le nombre de la bête ; car son nom est d'homme , et son nombre est 666(1).
On sait quelle peine tous les grands docteurs ont prise pour deviner le mot de l'énigme. Ce nombre de 3 fois a à chaque chiffre, signifiait-il 3 fois funeste à la troisième puissance f II y avait deux bêtes; et l'on ne sait pas encore de laquelle l'auteur a voulu parler. Nous avons vu que l'évéque Bossuet , moins heureux en arithmétique qu'en oraisons funèbres, a démontré que Dioctétien est la bête, parce qu'on trouve, en chiffres romains, 666 dans les lettres de son nom , en rctrauebant les lettres qui gâteraient cette opération. Mais , en se servant de chiffres romains, il ne y s'est pas souvenu que V Apocalypse est écrit en grec. Un homme éloquent peut tomber dans cette méprise (a).
Le pouvoir des nombres fut d'autant plus respecté parmi nous , qu'on n'y comprenait rien.
Ce goût subsista si long-temps, qu'il triompha au concile de Trente. On y conserva les mystères , appelés sacrement dans l'église latine, parce que les dominicains, et Sotoà leur tête, alléguèrent qu'il y avait sept choses principales qui contribuaient à la vie, sept planètes , sept vertus , sept péchés mortels , six jours de création et un dereposquifontseptjplus, sept plaies d'Egypte; plus, sept béatitudes: mais malheureusement les pères oublièrent que V Exode compte dix plaies, et que les béatitudes sont au nombre de huit dans saint Matthieu, et au nombre de quatre dans saint Luc. Mais des savans ont aplani cette petite diffculté , en retranchant de saint Matthieu les quatre béatitudes de saint Luc ; reste a six : ajoutez l'unité à ces six, vous aurez sept. Consultez Fra PaoloSarpi au livre second de son histoire du concile.
(Dictionnaire philosophique.)
(f ) Ce pasxage peut «errir s trouver le temps où- V Apocalypse a été composé. Il est probable que c'est «ou* l'empire du tyran dont le nom est formé par des lettrei telle* que U somme de leuM valeurs numérales soit 666. D'après cela on a trouvé qu'il avait été fait «oui le règne de Caligula .
f») VojetVApoca/yp**.