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deux filles mariées à des premiers seigneurs de Russie. Je laisse au peu de personnes qui peuvent être instruites de ces détails, à démêler ce qui est vrai dans cette aventure, et ce qui peut y avoir été ajouté. L'auteur du manuscrit ne parait pas avoir raconté ces faits dans la vue de débiter du merveilleux à ses lecteurs , puisque- son mémoire n'était point destiné à voir le jour. Il écrit à un ami avec naïveté ce qu'il dit avoir vu. II se peut qu'il se trompe sur quelques circonstance* , mais le fond parait très vrai ; car si ce gentilhomme avait su qu'il était frère d'une personne si puissante , il n'aurait pas attendu tant d'année» pour se faire reconnaître. Cette reconnaissance, toute singulière qu'elle paraît, n'est pas si extraordinaire que l'élévation de Catherine : l'une et l'autre sont une preuve frappante de la destinée , et peuvent servir a nous faire suspendre notre jugement , quand nous traitons de fables tant d'événeinens de l'antiquité > moins opposés peut-être à l'ordre commun des choses que toute l'histoire de cette impératrice.
(Histoire de Pierre-le- Grand.)