‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 12 sur 183 · ASS · texte numérisé non relu

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Paris, les jeunes enfans du duc, pour recevoir sur eux le sang de leur père. Ils en sortirent tout couverts ; et , eu cet état, on les conduisit à la Bastille, dans des cachots faits eo forme de hottes, où la gêne que leurs corps éprouvaient était un continuel supplice. On leur arrachait les dents à plusieurs intervalles. Ce genre de torture, aussi petit qu'odieux, était en usage. C'est ainsi que du temps de Jean , roi de France, d'Edouard m, roi d'Angleterre, et de l'empereur Charles iv, on traitait les juifs en France , en Angleterre et dans plusieurs villes d'Allemagne, pour avoir leur argent. Le détail des tourmens inouïs que soufl'rirent les princes de Nemours-Armagnac , serait incroyable , s'il n'était attesté par la requête que ces princes infortunés présentèrent aux états après la mort de Louis xi , en i4#3.

( Essai sur les mœurs. )

ASSAS (le chevalier d'). — sa ri.i ctoaiB08B (i5 octobre 175q). — Le prince héréditaire de Brunswick assiégeait We- •el, dont la prise eût porté la guerre sur le Bas-Rhin et dans le Brabant ; cet événement eût pu engager les Hollandais à se déclarer contre nous. [ i5 octobre ij58. ] Le marquis de Castriescommandiiit l'armée française formée à la hâte. Wesel allait succomber aux attaques du prioce héréditaire. Le marquis de Castries s'élança avep rapidité , emporta Rhinsberg l'épée à la main , et jeta des secours dans Wesel. Méditant une action plus décisive encore, il vint camper le i5 octobre à un quart de lieue de l'abbaye appelée Clo«tcr-Camp. Le prince ne crut pas devoir l'attendre devant Wesel; il se décida à l'attaquer, et se porta au-devant de lui par une marche forcée , la nuit du i5 au 16.

Le général français, qui se doute du dessein du prince , fait coucher son armée sous les armes ; il envoie a la découverte pendant la nuit M. d'Assas , capitaine au régiment d'Auvergne. A peine cet officier at-il fait quelqftes pas, que des grenadiers ennemis en embuscade l'environnent et le saisissent à peu de distance de son régiment. Ils lui présentent la baïonnette, et lui disent que , s'il fait du bruit , il est mort. M. d'Assas se recueille un moment pour mieux renforcer sa voix ; il crie : A moi, Auvergne! voilà les ennemis. Il tombe aussitôt percé de coups. Ce dévouement, digne des anciens Romains , aurait été immortalisé par eux. On dressait alors des

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