‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 125 sur 183 · RAM RAY · texte numérisé non relu

RAM RAY

quatre des cénobites rentes , m tous les Avouons que c'est beaucoup dire, autres ecclésiastiques , n'ont de bicni. {Dictionnaire phUosophiqvc.)

RAMILLIES ( bataille de ). — mtu i.i nunci kt l'wpmu (aô mai 1706).

— Près de la Mchaigne , et ver» le»

sources de la petite Chcttc , le maréchal de Vilieroi avait campé son armée. Le centre était à Ramillies, village devenu aussi fameux qu'Hochslet. 11 eût pu éviter la bataille. Les officiers généraux lui conseillaient ce parti ; mais le désir aveugle de la gloire l'emporta. [ aô mai 1706] 11 fit, à ce qu'on prétend, la disposition de manière qu'il n'y avait pas un nomme d'expérience qui ne prévît le mauvais succès. Des troupes de recrue, ni disciplinées, ui complète» , étaient au centre : il laissa les bagages entre les lignes de son armée ;, u posta sa gauche derrière uu marais, comme s'il voulût l'empêcher d'aller à l'ennemi.

Murlborough,, qui remarquait toutes ces fautes , arrange sun armée pour en pro* filer. 11 voit que la gauche de l'armée française ne peut aller attaquer sa droite; il di garnit aussitôt celle droite, pour fondre vers Ramillies avec un nombre supérieur. M* de Gassion , lieutenant gcnéral , qui voit ce mouvement < ! es ennemis, crie au maréchal : «Vous êtes perdu si vous ne changez votre ordre de bataille. Dégarnissez votre gauche , pour vous opposer a, nombre égal. Faites rapprocher vos lignes davantage. Si vous tardez un, moment , il n'y a plus de ressource. » Plusieurs officiers appuyèrent ce, conseil salutaire; Le maréchal ne les crul pas. Marlborougbattaque. Il avait aflaire à des ennemis rangés en bataille comme il lus eût voeu* poster lui-même poulies vaincue. Voilà ce que toute la France a dit ; et l'histoire est en partie le récitdea opinions des Immmes : mais ue devait-oa pas dire aussi que les troupes des alliés étaient mieux disciplinées ; que leur eon. liance en leurs chefs et en leurs succès passés leur inspirait plus d'audace? H'y eut-il pas des régiœen» français qui firent mal leur devoir? et Les bataillon» les plus inébranlable» au feu ne font -ils pas la destinée de» état»? L'armée française ne résista pas une demi-heure. On s'était battu

près de huit heures à Hochstet, et 00 avait tué près de huit mille hommes aux vainqueurs; mais, à la journée de Ramillies, ou ne leur en tua pas deux mille cinq cents : ce fut une déroute totale : les Français y perdirent vingt mille hommes, la gloire de la nation, et l'espérance de reprendre l'avantage. La Bavière, Cologne avaient été perdae» pat la bataille d'Hoehstet ; toute la Fbndrc cspaguole le fut par celle de Ramillies. Marlborough entra victorieux dans Anvers, dans Bruxelles; il prit Ostende; Menin se rendit a lui.

Le maréchal de Vilieroi, au désespoir, n'osait écrire au roi cette défaite. Il resta cinq jours sans envoyer de courriers. Enfin il écrivit au roi la confirmation de cette nouvelle qai consternait déjà la cour de France. Et, quand il reparut devant le roi, ce monarque, au lieu de lui faire des reproche», lui dit : « Monsieur le maréchal, ou n'est pas heureux à notre âge. »

( Siècle de Louis XI V , )

RAVAILLAC (François), assassin

d'Henri iv. hxtbait os son procès st

a**xt oa s* mosjp mai 1610.) — A dit qu'il n'a jamais reçu aucun outrage du roi* et que la. cour a assea d'argumeos suflisans par les interrogatoires et réponse» au procès ; qu'il n'y a nullement apparence qu'il Y ait été induit par argent , ou suscité par gens ambitieux du sceptre de France ; car, si tant est qu'il eût clé porté par argent ou autrement , il m mole qu'il ne fût pas venu jusqu'à trois fois, et à trois voyage* exprès d'Augou/ème à Paris , distans l'un de l'autre de cent lieues, pour donner conseil au roi de rao ger à l'église catholique- et romaine ceux de la prétendue réformée , gen» du tout contraires à la volonté de Dieu et de son église; parce que qui a volonté de tuer autrui par argent , dès qu'il se laisse mal heureusement corrompre pour assassiner son prince, ne va pas le faire avertir comme il a fait trois diverse» fois* ainsi que le sieur de La Force a reconnu , depuis l'homicide commis par l'accuse,

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avoir été dans le Louvre , et prié instamment de le i'aire parler au roi; à quoi ledit sieur de La Forée aurait répondu qu'il était un papauté; et catholique à gros grain. Lui disant s'il connaissait M. d'Epernon, et l'accusé lui répondit que oui, et que c'était un catholique à gros grain; el ayant dit au sieur de La Force qu'étant calholiaue , apostolique et romain , et voulant tel' vivre et mourir, il le supplie de vouloir ic i'aire parler au roi , afin de déclarer à sa majesté l'intention où il était depuis si long temps de le tuer, n'osant le déclarer à aucun autre , parce que, l'ayant dit a sa majesté , U se serait désisté tout- à-fait de cette mauvaise volonté.

Enquis si de lors qu'il fit ses voyages pour parler au roi, et lui conseiller de faire la guerre à ceux de la religion prétendue réformée , il avait protesté à son curé que, si sa majesté ne voulait aecorder ce dont l'accusé la suppliait, il ferait le malheureux acte qu'il a commis ;

A dit que non ; et que, s'il l'avait projeté, s'en était désisté, et avait cru qu'il était expédient de lui faire cette remontrance plutôt qne de le tuer.

Remontré qu'il n'avait changé sa mauvaise intentio , parce que, depuis le dernier voyage qu'il a fait à Angoulême le jour de Pâques , il n'a cherché les moyens de parler au roi, ce qui démontre assez qu'il était parti en cette résolution de l'aire ce qu'il a fait;

A dit qu'il est véritable.

. Knquis si le jour de Pâques et de son départ il iit la sainte communion ; a dit que non , et l'avait faite le premier dimanche de carême;, mais néanmoins, qu'il fit célébrer le sacrifice de la sainte messe à l'église Saint-Paul d'Angoulême, sa paroisse , comme sq reconnaissant indigne uV'approeher de ce très saint et très auguste sacrement, plein de mystère et d'incompréhensible vertu, parce qu'il. sa sentait encore vexé de cette tentation de tuer le roi, et en tel état oc voulait s'approcher de la sainte tablç.

Eoquis s'il ne les a pas fait

venir (les démons) dans la chambre où était couché ledit Dubois?

A dit que non ; qu'il est bien vrai que lui accusé, étant couché dans un grenier au-dessus de la chambre dudit Dubois , dau s lequel grenier étaient aussi couchées d'autres personnes, il entendit à l'heure de minuit ledit Dubois qui le priait de

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descendre dans sa chambre, s'exelamant avec grands cris : « KavaUlac , mon ami , descends en bas , je suis mort ; mon Dieu , avez pitié de moi. » Alors l'accqsé voulut descendre ; mais il en fut empêché par ceux qui étaient avec lui, pour la crainte qu'ils avaient, de sorte qu'il ne descendit

Eoint ; et le lendemain il demanda audit >ubois qui l'avait mu de crier ainsi? à quoi il lui fit réponse qu'il avait vu dans sa chambre un chien d'une excessive grosseur et fort effroyable, lequel s'était mis les deux pieds de devant sur son lit ; de quoi il avait en telle peur qu'il eu avait pensé mourir, et avait appelé l'accusé a son secours : à quoi 1 accusé fit réponse que, pour renverser ses visions» il devait avoir recours à la sainte communion , ou à la célébration de la messe, el furent à cet cliét au couvent des cordeliers faire dire la messe, pour armer la grâce de Dieu contre les visions de Satan, ennemi commun des hommes.

Remontré qu'il y a apparence que c'était lui qui avait fait paraître ce chien ;

A dit que non, et, de peur que nous n'ajoutions pas de foi à ses réponses , cette vérité serait attestée par ceux qui étaient dans la chambre où il était couché, qui l'empêchèrent de descendre, qui étaient l'hôtesse de Isa maison et une sienne cousine, qui le prièrent do ne point y aller, à cause qu'elles avaient entendu ua grand bruit dans la chambre*

Remontré qu'il n'a pas eu volonté de changer son malheureux dessein, ne voulant recevoir la communion le jour de Pâques, parce que c'était je moyen de s'en divertir; duquel moyen n'ayant usé, et s'élant ainsi éloigné de la sainte communion, il a continué en sa méchante entreprise;

A dit que ce qui l'empêcha de communier fut qu'il avait pris cette résolution le jour de Pâques pouc venir tuer le roi ; mais aurait ouï la sainte messe auparavant de sortir, croyant (me la communion réelle de sa mère était suQiwnte pour elle et pour lui.

Remontré que lui, ayant cette mauvaise intention de commettre cet acte, il était en péché et en dauger de damnation , ne pouvant participer à la grâce de Dieu et communion des fidèles chrétiens pendant qu'il avait cette mauvaise) volonté , dont se devait départir pour tue en la grâce de Dieu ;

A dit qu'il ne lait pas de difficulté de

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