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convenir qu'il n'ait été porté d'un propre mouvement et particulier, contraire à la volonté de Dieu, auteur de tout bien et vérité , contraire au diable , père du mensonge; mais que maintenant, à la remontrance que lui fesons, il reconnaît qu'il n'a pu résister à cette tentation, étant hors du pouvoir des hommes de s'empêcher du mal ; et qu'à présent qu'il a déclaré la vérité entière , sans rien retenir et cacher, il espérait que Dieu, tout benin et miséricordieux, lui ferait pardon et rémission de ses péchés, étant plus putaant pour dissoudre le péché, moyennant la confession et absolution sacerdotale, que les hommes pour l'offenser ; priant la sacrée Vierge, saint Pierre , saint Paul , saint François ( en pleurant ) , saint Bernard et toute la cour céleste du paradis, requérir être ses avocats envers sa sacrée majesté , afin qu'elle impose sa croix entre sa mort et jugement de son âme et l'enfer; par ainsi requiert et espère être participant des mérites de notre Sauveur Jésus-Christ» le priant bien très humblement lui faire la grâce d'être associé aux mérites de tous les trésors qu'il a infus en sa puissance apostolique, lorsqu'il a dit : Tu es Petrus.
EXTRAIT du pTOoèc-Terbal do U question.
Du 17 nui.
Arrêt de mort prononcé par le greffier, qui l'a prévenu que , pour révélation de ses complices , serait appliqué à la question ; et , le serment de lui pris , a été exhorté de prévenir le tourment, et s'en rédimer par la connaissance de la vérité qui l'avait induit , persuadé et fortifié au méchant acte, à qui il en avait conféré et communique ;
A dit que, par la damnation de son âme , il n'y a eu homme , ni femme , ni autre que lui qui l'air su ; et persisté, etc..
( Notes de la Henriade. )
RAYMOND VI, comte de Toulouse.
— PEESÉCUTIOK8 QU'IL BPEOUVR, BT CBOISADBS CONTES LBS LAlfCOBDOCIBlfS BT LIS ALBIGEOIS.
— Les querelles sanglantes de l'Empire et du sacerdoce , les richesses des monastères, l'abus que tant d'évêques avaient
Jait de leur puissance temporelle, devaient tôt ou tard révolter les esprits , et leur inspirer une secrète indépendance.
Arnaud de Brescia avait osé exciter les peuples jusque dans Rome à secou r le1 joug. On raisonna beaucoup en Europe sur la religion , dès le temps de Char le -
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magne. Il est très certain que les Francs et les Germains ne connaissaient alors ni images, ni reliques, ni transsubstantiation. 11 se trouva ensuite des hommes qui ne voulurent de loi que l'Evangile , et qui prêchèrent à peu près les mêmes dogmes que tiennent aujourd'hui les protestant.
On les nommait V audois , parce qu'il y en avait beaucoup dans les vallées du Piémont , Albigeois , â cause de la viile d'AIbi; éems hommes, par la régularité dont ils se piquaient ; enfin manichéens , du nom qu'on donnait alors en général aux hérétiques. On fut étonné, vers ia fin du douzième siècle , que le Languedoc en parût tout rempli.
Dès l'an 1108, le pape Innocent 111 délégua deux simples moines de Cîteaux pour juger les hérétiques : « Nous mandons, dit-il, aux princes, aux comtes et à tous les seigneurs de votre province, de les assister puissamment contre les hérétiques, par la puissance qu'ils ont reçue pour la punition des méchans, en sorte qu'après que frère Rain ter aura prononcé l'excommunication contre eux , les seigneurs confisquent leurs biens, les bannissent de leurs terres, et les punissent plus sévèrement s'ils osent y résister.
Or nous avons donné pouvoir à frère Rainier d'y contraindre les seigneurs
Îtar excommunication et par interdit sur eurs biens, etc.» Ce fut le premier fondement de l'inquisition.
Un abbé de Citeaux fut nommé ensuite avec d'autres moines, pour aler faire à Toulouse ce que l'évôque dcvr.it y faire. Ce procédé indigna le comte de Fois et tous les princes du pays , déjà séduits par les réformateurs , et irrités contre la cour de. Rome.
La secte était en grande partie composée d'une bourgeoisie réduite àl'indçeoce par le long esclavage dont on sortait â peine, et encore par les croisades. L'abbé de Citeaux paraissait avec l'équipage d'un prince. Il voulut en vain parler en apôtre. Le peuple lui oriait : ■ Quittez le luxe ou le sermon. » Un Espagnol, ëvé- «jue d'Osmat , très homme de bien , qni était alors à Toulouse , conseilla aux inquisiteurs de renoncer à leurs équipants somptueux , de marcher à pied , de vivre austèrenient, et d'imiter les Albigeois pour les convertir. Saint Dominique, qui avait accompagné cet évêque , donna l'exemple avec lui de cotte vie apostolique,
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et parut alors souhaiter qu'on n'employât jamais d'autres armes contre les erreurs. Mais Pierre de Castelnau , l'uo des inquisiteurs , fut accusé de se servir des armes qui lui étaient propres , en soulevant secrètement quelques seigneurs voisins, contre le comte de Toulouse, et en suscitant une guerre civile. [1207] Cet inquisiteur Tut assassiné. Le soupçon tomba sur le comte de Toulouse.
Le pape Innocent m ne balança pas à délier les sujets du comte de Toulouse de leur serment de fidélité. C'est ainsi qu'on traitait les descendans de ce Raimond de Toulouse, qui avait le premier servi la chrétienté dans les croisades.
Le comte, qui «avait ce que pouvait quelquefois une bulle, se soumit a la satisfaction qu'on exigea de lui. [1309] Un des légats du pape, nommé Milon, lui commande de le venir trouver à Valence, de lui livrer sept châteaux qu'il possédait en Provence, de se croiser lui -môme contre les Albigeois, se» sujets, de faire amende honorable. Le comte obéit à tout. 11 parut devant le légat, nu jusqu'à la ceinture, nu-pieds, nu-jambes, revêtu d'un simple caleçon, à la porte de l'église de Saint -Gilles ; là un diacre lui mit une corde au cou , et un autre diacre le fouetta tandis que le légat tenait uu bout de la corde ; après quoi on fit prosterner le prince à la porte de cette église pendant le dîner du légat.
On voyait d'un côté le duc de Bourgogne, le comte de Nevers , Simon , comte de Montforl ; les évêques de Sens , d'Autun, de Nevers, de Clermont, de Lisicux, de Baycux , à la téte de leurs troupes , et le malheureux comte de Toulouse au milieu d'eux comme leur otage; de l'autre côté, des peuples animés par le fanatisme de la persuasion. La ville de Béziers voulut tenir contre les croisés. On égorgea tous les habitans réfugiés dans une église. La ville fut réduite en cendres. Les citoyens de Carcassonne , effrayés de cet exemple, implorèrent la miséricorde des croisés. On leur laissa la vie. On leur permit de sortir presque nus de leur ville , on s'empara de tous leurs biens.
On donnait au comte Simon de Montfort le nom de M acchaééc. Il se rendit maître d' 'une grande partie du pays , s'assurant des châteaux des seigueurs suspects , attaquant ceux qui ne se mettaient pas entre ses mains, poursuivant les hérétiques qui osaient se défendre. Les
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écrivains ecclésiastiques racontent euxmêmes que Simon de Mont fort ayant allume un bûcher pour ces malheureux il y en eut cent quarante qui coururent' en chantant des psaumes, se précipiter daos les flammes. Le jésuite Daniel , en parlant de ces infortunés dans son Histoire de France, les appelle infâmes et dètestaéies. Il est bien évident que des hommes qui volaient ainsi au martyre n avaient point des mœurs infâmes, li n y a sans doute de détestable que la barbarie avec laquelle on les traita, et il n'y a d'iufâme que les paroles de Daniel \
* Dan» le temps de la destruction de* jésuites on eut en France une légère velléité de perfectionner l'éducation. On imagina donc d'établir une chaire d histoire à Toulouse. L'abbe Audra, qui en fut chargé, ae servit de V Essai sur Us moeurs et l'esprit des nations , dont il eut aoin de retrancher les fait, qui pouvaient rendre la tyrannie du clergé trop odieuse; mais il eotuorva le* principc« de raison et d h.imaniui qu'il croyait utile, Le bas clergé de Toulouse jeta de grand, cris! L archevêque intimidé se crut obligé de se joindreaux percuteurs de l'abbé Audra. Le clergé do France avait dressé, vers le même temps (en 1770) un avertissement aux Bdèlcs contre l'incrédulité. C était un ouvrage très curieux, ou l'on établissait qml ny avait nen de plus agréable que d'avoir beaucoup de foi; et que les prêtres avaient rendu un grand service aux hommes en leur prenant leuraigent, parce qu'un misérable, qui meurt sur nn fumier avec l'éspéranee d'aller au ciel , est le plus heureux du monde. On v citait avec comptai • sance non seulement Tertullien, qui, comme ou sait, est mort hérétique et fou, mais je ne sai* quelles rapsodies d'un rhéteur nommé Lactance dont on fesait un pére de l'église. Ce Lactance à* la vérité avait écrit qu'on ne peut rien savoir en physique; mais en même temps il ne doutait pa a que le vent ne frcondSt les cavales, et il expliquait par là le mystère de 1 incarnation. D'aï leurs il s'était rendu l'apologiste des assassinats par lesquels la race abominable de Constantin reconnut les bienfaits de la famille de Dioctétien. En adressant cet ouvrage aux fidèles de son dtocè«e , l'archevêque de Toulouse insista sur le seandaiu qu'avait donné le malheureux professeur d'histoire. Aussitôt les pémtens , les dévotes , le bas clergé, qui avaient eu, quelques années auparavant, la consolation de faire rouer l'innocent Calas, se mirent A crier haro sut l*abh<î Audra. Il ne pot résister à tant d'indignités. Il tomba ina'ade et mourut. Cette mort fut un des grands chagrins que M. de Voltaire ait essuyés. Elle lui arrachait encore des larmes peu de jours avant sa mort. Depuis ce temps on enseigne aux Toulousains l Histoire de Daniel ; ils y apprennent que leurs ancêtres étaient infâmes et détestables ; et il est défendu, sous peine d'un mandement, de leur dire qoe e'est aux dépouilles des comtes de Toulouse et des malheureux Albigeois que le clergé du Languedoc doit ses richesses et son crédit, qui n'eut appuyé qn* »«" ses riche»ses.
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On peut seulement déplorer l'aveuglement de ce» malheureux , qui croyaient que Dieu les récompenserait , parce que des moines les lésaient brûler.
L'esprit de justice et de raison qui s'est introduit depuis dans le droit public de l'Europe, a lait voir enfin qu'il n'y avait rien de plus injuste que la guerre contre les Albigeois. On n'attaquait point des peuples rebelles à leur priuce, c'était le prince même qu'on attaquait pour le forcer à détruire ses peuples. Que diraiton aujourd'hui, si quelques évêques venaient assiéger l'électeur de Saie ou l'électeur Palatin , sous prétexte que les sujets de ces princes ont impunément d'autres cérémonies que les snjets de ces évêques ?
En dépeuplant le Languedoc , on dépouillait le comte de Toulouse. Il ne s'était défendu que par des négociations.
[1210] Il alla trouver encore dans Saint- Gilles les légats , les abbés qui étaient à la tête de cette croisade. Il pleura devant eux ; on lui répondit aue ses larmes venaient de fureur. Le légat lui laissa le choix, ou de céder à Simon de Mont fort tout co que ce comte avait usurpé, ou d'être excommunié. Le comte de Toulouse eut du moins le courage de choisir l'excommunication. Il se réfugia chez Pierre 11 , roi d'Arragon , son beau-frère , qui prit sa défense, et qui avait presqu'autant à se plaindre du chef des croisés que le comte de Toulouse.
Cependant l'ardeur de gagner des indulgences et des richesses multipliait les croisés. Les évêques de Paris, de Lisieux, de Bayctix accoururent au siège de Lavaur. On y fît prisonniers quatre-vingts chevaliers avec le seigneur de cette ville» que l'on condamna tous à être pendus ; mai» les fourcltes patibulaires étant rompues, on abandonna ces captifs aux croisés, qui les massacrèrent. [1211] On jeta dans un puits la sceur du seigneur de Lavaur, et on brûla autour du puits trois cents habitans qui ne voulurent pas renoncer à leurs opinions.
Le prince Louis, qui fut depuis le roi Louis vin, se joignit à la vérité aux croisés pour avoir part aux dépouilles ; mais Simon de Montfort écarta bientôt un compagnon qui eût été son maître.
C'était l'intérêt des papes de donner ce pays à Montfort ; et le projet en était si bien formé , que le roi d'Aragon ne put jamais, par sa médiation, obtenir la