‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 128 sur 183 · BEL · texte numérisé non relu

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la démocratie , à laquelle le peuple aspire naturellement dans toute republique, et qui était alors le grand but de la plupart des prédicans. Les Hollandais ne prirent cette religion que quand ils secouèrent le joug de l'Espagne. Genève devint un état entièrement républicain en devenant calviniste.

Toute la maison d'Autriche écarta ces religions de ses états , autant qu'il lui fnt possible. Elles n'approchèrent presque point de l'Espagne. Elles ont été extirpées par le fer et par le feu dans les états du duc de Savoie , qui ont été leur berceau. Les habitans des vallées piemontaises ont éprouvé, en i655, ce que les peuples de Mérindolet de Cabrière éprouvèrent en France sous François icr. Le duc de Savoie, absolu , a exterminé chez lui la secte dès qu'elle lui a paru dangereuse : il n'en reste que quelques faibles rejetons ignorés dans les rochers qui les renferment. On ne vit point les luthériens et les calvinistes causer de grands troubles en France sous le gouvernement ferme de François ier et de Henri n. Mais dès que le gouvernement fut faible et partagé, les querelles de religion furent violentes. Les Condé et lesColigni, devenus calvinistes parce que les Guise étaient catholiques, bouleversèrent l'état à Venvi. La légèreté et l'impétuosité de la nation, la fureur de la nouveauté et l'enthousiasme firent, pendant quarante ans , du peuple le plus poli un peuple de barbares.

Henri iv, né dans cette secte , qu'il aimait sans être entêté d'aucune , ne put , malgré ses victoires et ses vertus , régner sans abandonner le calvinisme : devenu catholique , il ne fut pas assez ingrat pour vouloir détruire un parti si long-temps ennemi des rois , mais auquel il devait en parti sa couronne ; et, s'il avait voulu détruire cette faction, il ne l'aurait pas pu. 11 la chérit , la protégea et la réprima.

Les huguenots en France fesaient alors à peu près la douzième partie de la nation. Il y avait parmi eux des seigneurs puissaus ; des villes entières étaient protestantes. Ils avaient fait la guerre aux rois : on avait été contraint de leur donner des places de sûreté : Henri ni leur en avait accordé quatorze dans le seul Dauphiné; Montauban, Nimes dans le Languedoc; Saumur et surtout la Rochelle, qui fesait une république a part, et que le commerce et la faveur de l' Angle tene pouvaient rendre puissante. Enfin

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