‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 129 sur 183 · REL · texte numérisé non relu

REL

Henri îv sembla satisfaire son goût, sa politique et même son devoir, en accordant au parti le célèbre édit de Nantes en 1598. Cet édit n'était au fond que la confirmation des privilèges que les prêtes tans de France avaient obtenus des rois précédens , les armes à la main , et que Henri-le-Grand, affermi sur le trône, leur laissa par bonne volonté.

Par cet edit de Nantes, que le nom de Henri ir rendit plus célèbre que. tous les autres, tout seigneur de fief haut-justicier pouvait avoir dans son château plein exercice de la religion prétendue réformée : tout seigneur sans haute justice pouvait admettre trente personnes à son prêche. L'entier exercice de cette religion était autorisé dans tous les lieux qui ressortissaient immédiatement à un parlement.

Les calvinistes pouvaient faire imprimer, sans s'adresser aux supérieurs , tous leurs livres, dans les villes ou leur religion était permise.

Ils étaient déclarés capables de toutes les charges et dignités qe l'état ; et il y parut bien en effet, puisque le roi fit ducs et pairs les seigneurs de La Trimouille et de Kosni.

On créa une chambre exprès au parlement de Paris, composée d'un président et de seize conseillers , laquelle jugea tous les procès des réformés , non seulement dans le district immense du ressort de Paris, mais dans celui de Normandie et de Bretagne. Elle fut nommée ia chambre de {'édit. Il n'y eut jamais à la vérité qu'un seul calviniste admis de droit parmi les conseillers de cette juridiction. Cependant , comme elle était destinée à empêcher les vexations dont le parti se plaignait , et que les hommes se piquent toujours de remplir un devoir qui les distingue, cette chambre , composée de catholiques , rendit toujours aux huguenots, de leur aveu même, la justice la plus impartiale.

Ils avaient une espèce de petit parlement à Castres , indépendant de celui de Toulouse. 11 v eut à Grenoble et à Bordeaux des chambres mi-parties catholiques et calvinistes. Leurs églises s'assemblaient en synodes comme l'église allicane. Ces privilèges et beaucoup 'autres incorporèrent ainsi les calvinistes au reste de la nation. C'était à la vérité attacher des ennemis ensemble; mais l'autorité, la bonté et l'adresse de ce

Page 1