‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 130 sur 183 · REL · texte numérisé non relu

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grand roi les continrent pendant sa vie.

Après la mort à jamais effrayante et déplorable de Henri iv, dans la faiblesse d'une minorité et nous une cour divisée, il était bien difficile que l'esprit républicain des réformés n'abusât de ses privilèges , et que la cour, toute faible qu elle était, ne voulût les restreindre. Les huguenots avaient déjà établi en France des cercles, à l'imitation de l'Allemagne. Les députés de ces cercles étaient souvent séditieux ; et il y avait, dans le paiti, des seigneurs pleins d'ambition. Le duc de Bouillon, et surtout le duc de liohan , le chef Je plus accrédité des huguenots, précipitèrent bientôt dans la révolte l'esprit remuant des prédicans , et le sèle aveugledés peuples. L'assemblée générale du parti osa, dès i6i5 , présenter à la cour un cahier, par lequel, entre autres articles injurieux, elle demandait qu'on réformât le conseil du roi. Ils prirent les armes en quelques endroits, dèsl'an 161C; et, l'audace des huguenots se joignant aux divisions de la cour, à la haine contre les favoris, à l'inquiétude de la nation, tout fut long-temps dans le trouble. C'étaient des séditions, des intrigues, des menaces , des prises d'armes , des paix faites à la hâte» et rompues de même; c'est ce qui faisait dite au célèbre cardi-" nal Bentivoglio , alors nonce en France , qu'il n'y avait vu que des orages.

Dans l'année 1721 les églises réformées de la France offrirent â Lesdiguières, devenu depuis connétable, le généralat de leurs armées , et cent mille écus par mois. Mais Lesdiguièrcs , plus éclairé dans son ambition qu'eux dans leurs factions, et oui les connaissait pour les avoir commandés, aima mieux alors les combattre que d'être à leur tète; et, pour réponse â leurs offres, il se fit catholique. Les huguenots s'adressèrent ensuite au maréchal duc de Bouillon , qui dit qu'il était trop vieux ; enfin ils donnèrent cette malheureuse place au duc de Rohan , qui , conjointement avec son frère Sou bise, osa faire la guerre au roi de France.

La même année le connétable de Luynes mena Louis xm de province en province. Il soumit plus de cinquante villes presque tans résistance ; mais il échoua devant Montauban : le roi eut l'affront de décamper. On assiégea en vain la Hochelle : elle résistait par ellemême et par les secours de l'Angleterre; et le doc de Bohan , coupable au crime

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in- It.&c-majcslé , traita de la pais avec son roi, presque de couronne à couronne.

Après cette paix et après la mort du connétable de Luyncs, il fallut encore recommencer la guerre et assiéger de nouveau la Rochelle , toujours liguée contre son .souverain avec l'Angleterre et avec les calvinistes du royuume. Une femme (c'était la mère du duc de Rohan) défendit celte ville pendant un an contre l'armée royale , contre l'activité du cardinal de Richdicu, et contre l'intrépidité de Louis xiu, qui alfrouta plus d'une fois la mort a ce siège. La ville souffrit toutes les extrémités de la faim ; et on ne dut la reddition de la place qu'a cette digue de cinq cents pieds de long que le cardinal de Richelieu lit construire , à l'exemple de colle qu'Alexandre fit autrefois élever devant Tyr. Elle dompta la mer et les Rochcllois. Le maire Guiton, qui voulait s'ensevelir son* les ruines de la Rochelle, eut l'audace, après s'être rendu à discrétion , de paraître avec ses gardes devant le cardinal de Richelieu.

Les maires des principales villes -des huguenots en avaient. On ùta les siens à Guiton, et les privilèges à la ville. Le due de Rohan , chef des hérétiques rebelles , continuait toujours la guerre pour son parti; et, abandonné des Anglais quoique protestons, il se liguait avec les Espagnols quoique catholiques. Mais la conduite renne du cardinal de Richelieu força les huguenots , battus de tons côtés , à se soumettre.

Tous les édita qu'on leur avait accordés jusqu'alors avaient été des traités avec les rois. Richelieu voulut que celui qu'il fit rendre fût appelé Yédit de grâce. Le roi y parla en souverain qui pardonne. On ôta Fexercice de la nouvelle religion à la Rochelle , à l'llc-dc-Ré , a Oléron , à Privas, à Pamiers; du reste on laissa subsister l'édit de Nantes, que les calvinistes regardèrent toujours comme leur loi fondamentale.

Il paraît étrange que le cardinal de Richelieu , si absolu et si audacieux , n'abolit pas ce fameux édit : il eut alors une autre vue, plus difficile peut-être à remplir, mais non moins conforme à l'étendue de son ambition et à la hauteur de ses pensées. Il rechercha la gloire de subjngner les esprits ; il s'en croyait capable par ses lumières, par sa puissance et par sa politique. Son projet était de gagner quelques prédicàns que les réfor-

mes appelaient alors ministres , et qu'on nomme aujourd'hui pasteurs , de leur faire d'abord avouer que le culte catholique n'était pas un crime devant Dieu , de les mener ensuite par degrés, de leur accorder quelques points peu importans, et de paraître aux yeux de la cour de Rome ne leur avoir rien accordé. 11 comptait éblouir une partie des réformés, séduire l'autre par les présens et par les grâces, et avoir enfin toutes les apparences de les avoir réunis à l'Eglise ; laissant au temps à faire le reste, et n 'envisageant que la gloire d'avoir ou fait ou préparé ce grand ouvrage, et de passer pour l'avoir fart. Le famenx capucin Joseph d'un côté , et deux ministres gagnés de l'autre, enlainèreut celte négociation. Mais il parut que le cardinal de Richelieu avait trop présumé, et qu'il est plus difficile d'accorder des théologiens que de faire des digues sur l'Océan.

Richelieu rebuté , se proposa d'écraser 1rs calvinistes. D'autres soins l'en empêchèrent. Il avait à combattre à la fois les grands du royaume , la maison royale, toute la maison d'Autriche, et souvent Louis xiii lui même. Il mourut enfin, au milieu de tous ces orages , d'une, mort prématurée. Il laissa tous ses desseins encore imparfaits ; et un nom plus éclatant que cher et vénérable.

Cependant, après la prise de la Rochelle et l'édit de grâce , les guerres cessèrent , et il n'y eut plus que des disputes. On imprimait de part et d'autre de ces gros livres qu'on ne lit plus. Le clergé, et surtout les jésuites , cherchaient è convertir des huguenots. Les ministres tâchaient d'attirer quelques catholiques a leurs opinions. Le conseil du roi était occupé à rendre des arrêts pour un cimetière que les deux religions se disputaient dans un village , pour un temjth bâti sur un fonds appartenant autrefois à l'Eglise, pour des écoles, pour des droits de châteaux, pour des enterremens, pour des cloches, et rarement les réformés gagnaient leurs procès. 11 n'y eut pkis , après tant de dévastations et de saccagemens, que ces petites épines. Les huguenots n'eurent plus de chef depuis que le duc de Rohan cessa de l'être , et que la maison de Bouillon n'eut plus Sedan. Ils se -firent même un mérite de rester tranquilles au milieu des factions de la fronde et des guerres civiles que des princes , des parlemcns et des évêques excitèrent ,

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cd prétendant servir le roi contre le cardinal Mazarin.

Il ne fut presque point question de religion pendant la vie de ce ministre. Il ne fit nulle difficulté de donner la place de contrôleur général des finances a un calviniste étranger, nommé Uervart. Tous les réformés entrèrent dans lus fermes, daus les sous- fermes , dans toutes les places qui en dépendent.

(Essai sur (es mœurs. )

B ELI Q UES (disserta tion sur les) . — On désigne par ce nom les restes ou les parités restantes du corps ou des habits d'une personne mise après sa mort, par l'Eglise, au nombre des bienheureux.

Il est clair que Jésus n'a condamné que l'hypocrisie des Juifs, en disant (i) : « Malheur à vous , scribes et pharisiens hypocrites, qui bâtissez des tombeaux aux prophètes, et ornez les mooumens des justes ! • Aussi les chrétiens orthodoxes ont une égale vénération pour les reliques et les images des saints ; et même je ne sais quel docteur nommé lien ri, ayant osé dire que , quand les os ou autres reliques sont changés en vers, il ne fout pas adorer ces vers, le jésuite Vasquez (a) décida que l'opinion de Henri est absurde et vaine: car il n'importe de quelle manière se fasse la corruption. « Par conséquent, dit-il, nous pouvons adorer les reliques, tant sous la forme de vers que sous la forme de cendres. *

Quoi qu'il en soit, saint Cyrille de Jérusalem (5) avoue que l'origine des reliques est païenne ; et voici la description que fait de leur culte Théodorct , qui vivait au commencement de l'ère chrétienne. « On court aux temples des martyrs, dit ce savant évéque (4)* pour leur demander les uns la conservation de leur santé, les autres la guérison de leurs maladies, et les femmes stériles la fécondité. Après avoir obtenu des en fans , ces femmes en demandent la conservation.

Ceux qui entreprennent des voyages conjurent les martyrs de les accompagner et de les conduire. Lorsqu'ils sont de retour, ils vont leur témoigner leur reconnaissance. Ils ne les adorent pas comme des dieux ; mais ils les honorent comme des

(i) Matthieu , chap. XXIII, y. 29.

(a) Liv. de / Adoration, disp . I il , cliap. vl ir.

(3) Liv. X , contre Julien.

U) Question Ll sur V Exode.

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hommes divins , et les conjurent d'être leurs intercesseurs.

« Les offrandes qui sont appenducs dans leurs temples sont des preuves publiques que ceux qui ont demandé avec foi ont obtenu l'accomplissement de leurs vœux et la guérison de leurs maladies.

Les uns y appendent des yeux, les autres des pieds, les autres des mains d'or et d'argent. Ces monumens publient la vertu de ceux qui sont ensevelis dans ces tombeaux, comme leur vertu publie que le Dieu pour lequel iis ont souliert est le vrai Dieu; aussi les chrétiens ont-ils soin de donner h Jcurs eufans les noms des martyrs, afin de les mettre en sûreté sous leur protection. »

Enfin Théodorct ajoute que les temples des dieux ont été démolis, et que les matériaux ont servi à la construction des temples des martyrs : « Car le Seigneur , dit-il aux païens, a substitué ses morts à vos dieux ; il.a fait voir la vanité de ceuxci, et a transféré aux autres les honneurs qu'on rendait aux premiers. » C'est de quoi se plaint amèrement le fameux sophiste de Sardes, en déplorant la mine du temple de Sérapis à Canopc, qui fut démoli par ordre de l'empereur Théodose i*r, l'an 389.

Le peuple est superstitieux , et c'est par la superstition qu'un l'enchaîne. Les miracles forgés au sujet des reliques devinrent un aimant qui attirait de toutes parts des richesses dans les églises. La fourberie et la crédulité avaient été portées si loin, que, dès l'an 586, le même Tbt'?odose fut obligé de faire une loi par laquelle il défendait de transporter d'un lieu dans un autre les corps ensevelis, de séparer les reliques de chaque martyr, et d'en trafiquer.

Pendant les trois premiers siècles du christianisme, on s'était contenté de célébrer le jour de la mort des martyrs , qu'on appelait leur jour natal, en s'assemblant dans les cimetières où reposaient leurs corps , pour prier pour eux , comme nous l'avons remarqué à l'article Messe. On ne pensait poiot alors qu'avec le temps les chrétiens dusseul leur élever des temples, transporter leurs cendres et leurs os d'un lieu dans un autre, les montrer dans des châsses, et enfin en faire un trafic qui excitât l'avarice à remplir le monde de reliques supposées.

Mais le troisième concile de€arthag<-, tenu l'an 007, apiit inséré dans le canon

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