‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 131 sur 183 · Ô 1VEL · texte numérisé non relu

Ô 1VEL

Je* écritures V Apocalypse de saint Jean? dont l'authenticité jusqu'alors avait été contestée, ce passage du chapitre vi :

« Je vis sous les autels les âmes de ceux qui avaient été tués pour la parole de Dieu, » autorisa la coutume d'avoir des reliques de martyrs sous les autels ; et cette pratique fut bientôt regardée comme si essentielle, que saint Ambroise, malgré les instauces du peuple, ne voulut point consacrer une église où il n'y en avait point; et, l'an 69a, le concile de Constantinople, in trulio , ordonna même de démolir tous les autels sous lesquels il ne se trouverait point de reliques. Un autre concile de Gartbage, au contraire, avait ordonné , l'an 4 10 , aux évêques , de foire abattre les autels qu'on voyait élever partout dans les champs et sur les grands chemins en l'honneur des martyrs , dont on déterrait çà et là de prétendues reliques, sur des songes et de \aines révélations de toutes sortes de gens.

Saint Augustin (1), qui tâche de justifier ce culte en le distinguant de celui d'adoration qui n'est dû qu'à Dieu seul , est obligé de convenir (a) qu'il connaît lui-même plusieurs chrétiens qui adorent les sépulcres et les images. J 'en connais plusieurs, ajoute ce saint, qui boivent avec les plus grands excès sur les tombeaux, cl oui, donnant des festins aux cadavres, s'ensevelissent eux-mêmes sur ceux qui sont ensevelis.

En effet , sortant tout fraîchement du paganisme, et ravis de trouver dans l'église chrétienne, quoique sous d'autres noms , des hommes déifiés , les peuples les honoraient tout comme ils avaient honoré leurs faux dieux ; et ce serait vouloir se tromper grossièrement, que de juger des idées et des pratiques de la populace par celles des évêques éclairés et des philosophes. On sait que les sages, parmi les païens , feraient les mêmes distinctions que nos saints évêques. • Il faut , disait Hiéroclès (3) , reconnaître et servir les dieux , de sorte que l'on ait grand soin de les bien distinguer du Dieu suprême , qui est leur auteur et leur père. Il ne faut pas non plus trop exalter leur dignité. Et enfin le culte qu on leur rend doit se rapporter à leur unique créateur, que vous pouves nommer proprement le Dieu des

(1) Contre Fauste, liv. XX, chap. IV.

(a) Des mœurs de l'églite, chap. XXXIX. (3) Sur /es vers de Pytàagore,j>. 10.

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