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B ABB E R OU S SE . — soi» cooBOJi 5kmb jit (en n 5a) . — Régnait alors en Allemagne Frédéric 1er, qu'on nomme communément Barberousse, élu après la mort de Conrad ni , son oncle , non-seulement pur les seigneurs allemands, mais aussi par les lombards, qui donnèrent cette ibis leur suffrage. Frédéric était un homme comparable à Olhon et à Charlemagne. Il fallut aller prendre à Rome cette couronne impériale , que les papes donnaient à la fois avec fierté et avec regret, voulant couronner un vassal et affliges d'avoir un maître. Cette situation toujours équivoque des papes, des empereurs, des Romains et des principales villes d'Italie, fesait répandre du sang à chaque couronnement d'un César. La coutume était que , quand l'empereur s'approchait pour se faire couronner, le pape se fortifiait, le peuple se cantonnait, l'Italie était en armes. L'empereur promettait qu'il n'attenterait ni à la vie , ni aux membres, ni à l'honneur du pape, des cardinaux et des magistrats : le pape de son côté fesait le même serment à l'empereur et à ses officiers. Telle était alors la confuse anarchie de l'Occident chrétien , que les deux premiers personnages de cette petite partie du monde , l'un se vantant d'être le successeur des Césars, l'autre le successeur de Jésus- Christ, et l'un devant donner l'onction sacrée à l'autre; tous deux étaient obligés de jurer qu'ils ne seraient point assassins pour le temps -de la cérémonie. Un chevalier , armé de toutes pièces, fit ce serment au pontife Adrien iv, au nom de l'empereur, et le pape fit son serment devant le chevalier.
Le couronnement ou exaltation des papes était accompagné alors de cérémonies aussi extraordinaires, et qui tenaient de la simplicité plus encore que de la barbarie. On posait d'abord le pape élu sur une chaise percée , appelée stercorariwn; ensuite sur un siège de porphyre, sur lequel on lui donnait deux clefs ; de là sur un troisième siège, où il recevait douze pièces de couleur. Toutes ces coutumes, que le temps avait introduites, ont été abolies par le temps. Quand l'empereur Frédéric eut fait son serment, le
pape Adrien tv vint le trouver a quelques
milles de Rome.
11 était établi , par le cérémonial romain , que l'empereur devait se prosterner devant le pape, lui baiser les pieds, lui tenir l'étrier, et conduire la baquenée blanche du saint-père par la bride l'espace de neuf pas romains. Ce n'était pas ainsi que les papes avaient reçu Charlemagne. L'empereur Frédéric trouva le cérémonial outrageant, et refusa de. s'y soumettre. Alors tous les cardinaux s'enfuirent, comme si le prince, par un sacrilège, avait donné le signal d'une guerre civile. Mais la chancellerie romaine, qui tenait registre de tout, lui fit voir que ses prédécesseurs avaient rendu ces devoirs. Je ne sais si aucun autre empereur que Lothaire u, successeur de Henri v, avait mené le cheval du pape par la bride. La cérémonie de baiser les pieds, qui était d'usage , ne révoltait point la fierté de Frédéric ; et celle de la bride et de l'étrier l'indignait, parce qu'elle parut nouvelle. Son orgueil accepta enfin ces deux prétendus affronts, qu'il n'envisagea que comme des actes d'humilité chrétienne, et que la cour de Rome regardait comme des preuves de sujétion. Celui qui se disait le maître du monde, caput orbis, se fit palefrenier d'un gueux qui avait vécu d'aumônes.
Des députés du peuple romain, devenus aussi plus hardis depuis que presque toutes les villes de l'Italie avaient sonné le tocsin de la liberté , voulurent traiter de leur côté avec l'empereur; mais ayant commencé leur harangue en disant :
« Grand roi , nous vous avons fait citoyen et notre prince , d'étranger que vous étiez.; » l'empereur, fatigué de tous côtés de tant d'orgueil , leur imposa silence, et leur dit en propres mots : « Rome n'est plus ce qu'elle a été ; il n'est pas vrai que vous m'ayez appelé et fait votre prince ; Charlemagne et Othon vous ont conquispar la valeur : je suis votre maître par une possession légitime. » Il les rcnvoya> ainsi, et fui inauguré hors des murs par le pape , qui lui mit le sceptre et i'épée en main, et la couronne sur la tête.
[ il 55 ] On savait si peu ce que c'était que l'Empire, toutes les prétention*
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étaient si contradictoires que, d »»n côté le peuple romain se souleva; et il y eut beaucoup de sang versé, parce que le pape avait couronné l'empereur sans l'ordre du sénat et du peuple , et de l'autre côté le pape Adrien écrivait dans toutes ses lettrfs qu'il avait conféré à Frédéric le bénéfice de l'empire romain , éencfîcium imperii romani. Ce mot de èeneficium signifiait un fief à la lettre. 11 fit de plus exposer en public à Rome un tableau qui représentait Lothaire h aux genoux du pape Alexandre u , tenant les mains jointes entre celles du pontife, ce qui était la marque distinctive de la vassalité. L'inscription du tableau était :
Rex venit ante fores , jurans priùs urbis honores:
Post homojitpapat, gumit çuo dan te coronam.
« Le roi jure à la porte le maintien des honneurs de Rome, et devient vassal du pape, qui lui donne la couronne. »
Frédéric, étant à Besançon, (reste du royaume de Bourgogne, appartenant a Frédéric par son mariage,) apprit ces attentats, et s'en plaignit. Un cardinal
5 résent répondit : « Hé I de qui tient-il onc l'empire, s'il ne le tient du pape?» Othon , comte palatin , fut près de le percer de l'épée de l'Empire , qu'il tenait à la main. Le cardinal s'enfuit ; le pape négocia. Les Allemands tranchaient tout alors par le glaive, et la cour romaine se sauvait par des équivoques.
( Histoire générale. ) BARCELONNE, ville forte d'Espagne.