‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 15 sur 183 · PRISE DK CKTTB VILLE PA H LES ANGLAIS · texte numérisé non relu

PRISE DK CKTTB VILLE PA H LES ANGLAIS

(en i-a4)« — Les Anglais étaient sous les ordres d'un des plus singuliers hommes qu'ait jamais portés ce pays si fertile en esprit fiers , courageux et bizarres. C'était le comte Péterboroug, hommo qui ressemblait en tout à ces héros dont 1 imagination des Espagnols a rempli tant de livres. A quinze ans il était parti de Londres pour aller faire la guerre aux Maures en Afrique. Il avait, à vingt ans, commencé la révolution d'Angleterre, et «'était rendu le premier en Hollande auprès du prince d'Orange : mais, de peur qu'on ne soupçonnât la raison de son voyage , il s'était embarqué pour l'Amérique ; et de là il était ailé à la Haye sur un vaisseau hollandais. 11 perdit , il donna tout son bien, et rétablit sa fortune plus d'une fois. 11 IV sait ajors la guerre en Espagne presque à ses dépens , et nourrissait l'archidnc et toute sa maison. C'était

BEA

lui qui assiégeait Barcelonne avec le prince de Darmstadt. Il lui propose une attaque soudaine aux retranchemeos qui couvrent le fort Mont-Joui et la ville. Ces retranchemens, où le prince de Darmstadt périt, sont emportés l'épée à la main. Lne bombe crève dans le fort sur le magasin des poudres, et le fait sauter : le fort est pris : la ville capitule. Le vice-roi parle à Péterboroug à la porte de cette ville. Les articles n'étaient pas encore signés, quand on entend tout à coup des cris et des hurlemens. • Vous nous trahissez, dit le vice-roi à Péterboroug : nous capitulons avec bonne foi, et voilà vos Anglais qui sont entrés dans la ville par les rem-

?>arts. Ils égorgent, ils pillent , ils vioent. » — • Vous vous méprenez, répondit le comte Péterboroug; il faut que ce soit des troupes du prince de Darmstadt. Il n'y a qu'un moyen de sauver votre ville, c'est de me laisser entrer sur-Je-champ avec mes Anglais: j'apaiserai tout, et je reviendrai à la porte achever la capitulalion. » 11 parlait d'un ton de vérité et de grandeur, qui, joint au danger présent, persuada le gouverneur : on le laissa entrer. Il court avec ses officiers : il trouve des Allemands et des Catalans, qui , joints à la populaçe de la ville , saccageaient les maisons des principaux citoyens : il les*chasse ; il leur fait quitter le butin qu'ils enlevaient : il rencontre la duchesse de Popoli entre les mains des soldats, prête d'être deshonorée; il la rend à son mari. Enfin , ayant tout apaisé , il retourne à cette porte éteigne la capitulation. Les Espagnols étaient confondus de voir tant de magnanimité dans des Anglais que la populace avait pris pour des barbares impitoyables, parce qu'ils étaient hérétiques. ( H isloire générale. ) BEAUMAIÎOIR, seigneur breton. —

GH A NO COMBAT Qu'lL SOUTIERT en l35l.

— Ces temps de grossièreté, de séditions , de rapines et de meurtres , furent cependant les temps les plus brillans de la chevalerie. Elle servait de contre-

£oids à la férocité générale des mœurs, 'honneur, la générosité, jointes à la galanterie, étaient ses principes. Le plus célèbre fait d'armes dans la chevalerie est le combat de trente Bretons contre vingt Anglais, six Bretons et quatre Allemands , quand la comtesse de Blois au nom de son mari , cf la veuve de Monfort, au nom de son fils, se fesaient la guerre en Bretagne [i35i]. Le

Page 1