USU
des droits de plusieurs illustres maisons qui subsistent encore. Les Orsini, les Colonnes souÛnront-ils toujours que la chambre apostolique leur retienne les héritages de leur ancienne maison? Nous avons à Venise des Tiepolo, qui descendent de la fille de Jean Sforze , seigneur de Pezzaro , que César Borgia chassa de la ville au nom du pape , son père. Il y a des Manfrcdi qui ont droit de réclamer Facnza, Astor Manfredi , £gé de dix-huit ans, rendit Faenza au pape et se remit entre les mains de son fils , à condition qu'on le laisserait jouir du reste de sa fortune, Il était d'une extrême beauté ; César Borgia en devint éperdumeot amoureux ; mais comme il était louche , ainsi que tous ses portraits le témoignent , et que ses crimes redoublaient encore l'horreur de Manfredi pour lui, ce jeune homme s'emporta imprudemment contre le ravisseur ; Borgia n'en put jouir que
Çar violence : ensuite il le fit jeter dans le ibre avec la femme d'un Caraccioli, qu'il avait enlevée à son époux.
On a peine à croire de telles atrocités ; mais s'il est quelque chose d'avéré dans l'histoire , ce sont h?s crimes d'Alexandre vi et de sa la mille.
La maison de Moutefcllro n'est pas encore éteinte. Le duché d'Urbin, qu'A»
lexandre vi et son fils envahirent par la perfidie la plus noire et la plus célébrée dans les livres de Machiavel, appartient à ceux qui sont descendus de la maison de Montefeltro , à moins que les crimes n'o. pèrent une prescription contre l'équité.
Jules Varanp, seigneur de Camerino, fut saisi par César Borgia, dans le temps même qu'il signait une capitulation , et fut étranglé sur la place avec ses deux fils. Il y a encore des V ara no dans la Romagne; c'est à eux, sans doute, que Camérino appartient.
Tous ceux qui lisent ont vu avec effroi dans Machiavel , comment ce César Borgia fit assassiner Vitelloso Vitelli, Oliverotto da Fermo, il signer Pagolo, et Francesco Orsini , duc de Gravina. Mais ce que Machiavel n'a point dit, et ce que les historiens contemporains nous appren* nent . c'est que pendant que Borgia fesait étrangler le duc de Gravina et ses amis dans le château de Sinigaglia, le pape son père fesait arrêter le cardinal Orsini , parent du duc de Gravina , et confisquait tous les biens de cette illustre maison. Le pape s'empara même de tout
Ma VAL
le mobilier. Il se plaignit amèrement de ne point trouver narrai ce* effets une grosse perle estimée deux mille ducats , et une cassette pleine d'or qu'il «avait êlre chex le cardinal. La mère de ce malheureux prélat, âgée de quatre-vingts ans, craignant qu'Alexandre vi , selon sa coutume, n'empoisonnât son fils, vint en tremblant lui apporter la perle et la cassette; mais son fils était déjà empoisonné, «»t rendait les derniers soupirs. Il est certain que si la perle est encore , comme on le dit, dans le trésor des papes, ils doivent en conscience la rendre à la maison des Ursins, avec l'argent qui était dans La cassette.
Conclusion. — Apres avoir rapporté , dans la vérité la plus exacte, tous ces faits, dont on peut tirer quelques conséquences , et dont on peut faire quelque usage honnête , je ferai remarquer à tous les intéressés qui pourront jeter les veux sur ces feuilles, que les papes n'ont pas un pouce de terre en souveraineté oui
qu'à lire t histoire oc l'Empire et les p nsconsultes d'Allemagne. A l'égard des fraudes, il n'y a qu'à jeter les yeux sur 1a donation de Constantin et sur les décrétâtes.
La donation de la comtesse Mathilde ad doux et modeste Grégoire vu est le titre le plus favorable aux évôques de Rome.
Mais, en bonne foi» si une femme à Paris, à Vienne, à Madrid, à Lisbonne, déshéritait tous ses parens, et laissait tousses fiefs masculins, par testament , à son confesseur, avec ses bagues et joyaux, ee testament ne serait-il pas cassé suivant expresses de tous ces états ?