‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 180 sur 183 · VOL VOL · texte numérisé non relu

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sur l'Ane de Mirepoix , et me pressa de été , et a six en hiver. Si vous rouies sa-

venir. J'eus grand soin de faire lire met voir les cérémonies royales de ce lever,

lettres et les réponses. L'évoque en fut quelles étaient les grandes et les petites

informé. 11 alla se plaindre à Louis xv de entrées» quels étaient les fonctions de son

ce que je le fesais , disait-il, passer pour grand aumônier, de son grand chambel-

ingères. Le roi lui lan , de son premier gentilhom

un sot dans les cours étrangtres. Le roi lui lan , de son premier gentilhomme de la répondit que c'était une chose dont on chambre , de ses huissiers ; je vous rëponctait convenu, et qu'il ne fallait pas qu'il drai, qu'un laquais venait allumer son y prît garde. feu, l'habiller, et le raser; encore s'ba- Gette réponse de Louis xv, qui n'est bilUit-il presque tout seul. Sa chambre guère dans son caractère , m'a toujours était assez belle ; une riche balustrade paru extraordinaire. J'avais à la fois le d'argent, ornée de petits amours très bien plaisir de me venger de l'évèqtie qui m'a- sculptés , semblait fermer l'estrade d'un vait exclu de l'Académie, celui de faire Ht dont on voyait les rideaux ; mais derun voyage très agréable , et celui d'être à «ère les rideaux était , au lieu de lit, une portée de rendre service au roi et à l'Etat, bibliothèque : et quant au lit du roi, c'é- M. de Maurcpas entrait même avec cha- t**t un grabat de sangles, avec un mateleur dans cette aventure, parce qu'alors l*8 mince , caché par un paravent, Marcil gouvernait M. Amelot , et qu'il croyait Aurèle et J ulien , ses deux apôtres , et les être le ministre des a ira ires étrangères. P^8 grands hommes du stoïcisme, n'é-

Gc qu'il y eut de plus singulier, c'est taient pas plus mal couchés, qu'il fallut mettre madame du Chatelet do Quand sa majesté était habillée et botla confidence. Elle ne voulait point, à tée , le stoïque donnait quelques momen* quelque prix que ce fût, que je la quit- * ,a «ecte d'épicure : il fesait venir deux tasse pour le roi de Prusse ; elle ne trou- °u *fois favoris, soit lieutenans de son rêvait nen de si lâche et de si abominable giment, soit pages , soit édukes, ou jeunes dans le monde que de se séparer d'une cadets. On prenait du café. Celui à qui on femme pour aller chercher un monarque, jetait le mouchoir restait un demi-quart Elle aurait fait un vacarme horrible. On d'heure tête à tète. Les choses n'allaient convint, pour l'apaiser, qu'elle entrerait Pas jusqu'aux dernières extrémités, atdans le mystère, et que les lettres passe- tendu que le prince, du vivant de son raient par ses mains. pere » «vait été fort maltraité dans ses J'eus tout l'argent que je voulus pour amours de passade, et non moins mal mon voyage , sur mes simples reçus de guéri. Il ne pouvait jouer le premier rôle : M. Montmartel. Je n'en abusai pas. Je il fajlaitse contenter des seconds, m'arrêtai quelque temps en Hollande, Ces amusemens d'écoliers étant finis, pendant que le roi de Prusse courait d'un Ie8 affaires d'état prenaient la place. Son bout à l'autre de ses états pour faire des premier ministre arrivait par un escalier revues. Mon séjour ne fut pas inutile a la dérobé , avec une grosse liasse de papiers Haye. Je logeai dans le palais de la Vieille wu» le bras. Ce premier ministre était un Cour, qui appartenait alors au roi de commis qui logeait au second étage , dans > Prusse, par ses partages avec la maison 1* maison de Federsdorff, ce soldat, de- * d'Orange. Son envoyé , le jeune comte de venu v«let de chambre et favori, qui avait ' Podevils, amoureux et aimé delà femme Autrefois servi le roi, prisonnier dans le d'un des principaux membres de l'Etat , château de Custrin. Les secrétaires d'état attrapait , par les bontés de cette dame , envoyaient toutes leurs dépêches au conv des copies oe toutes les résolutions secrètes m" du roi. Il en apportait l'extrait : le roi de leurs hautes puissances, très mal inten- fesait mettre les réponses à la marge , en tionnées contre nous. J 'envoyais ces co- deux mots. Toutes les affaires du royau me pics à la cour; et mon service était très s'expédiaient ainsi en une heure. Rarçagréable. ment les secrétaires d'état, les ministres Quand j'arrivai à Berlin , le roi me le- en charge l'abordaient : il y en a même gea chez lui , comme il avait fait dans mes * <I«xi il n'a jamais parlé. Le roi son pèr j précédens voyages. Il menait à Potsdam avait mis un fel ordre dans les finances, la vie qu'il a toujours menée depuis son tout s'exécutait si militairement, l'obéisavènement au trône. Cette vie mérite sance était si aveugle , que quatre cents quelque petit détail. lieues de pays étaient gouvernées comme Il se levait à cinq heures du matin en une abbaye.

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Vers les onze heures, le roi en boites lésait dans son jardin la revue de sou régiment des gardes : et à la même heure tous les colonels en fesaient autant dans toutes les provinces. Les princes ses frères, les officiers généraux, un ou deux chambellans mangeaient à sa table, qui était aussi bonne qu'elle pouvaitl'être dans un pays où il n'y a ni gibier, ni viande de boucherie passable , ni une poularde , et où il faut tirer le froment de Magdcbourg.

Après le repas, il se retirait seul dans son cabinet , et fesait des vers jusqu'à cinq ou six heures. Ensuite venait un jeune homme nommé d'Argct, ci devant secrétaire de Valori , envoyé de France , qui fesait la lecture. Un petit concert commençait à sept heures : le roi y jouait de la flûte aussi bien que le meilleur artiste. Les concertans exécutaient souvent de ses compositions; car il n'y avait aucun art qu'il ne cultivât, et il n'eût pus essuyé chez les Grecs la mortification qu'eut Epaminondas , d'avouer qu'il ne savait pas la musique.

On soupait dans une petite salle dont le plus singulier ornement était un tableau dont il avait donné le dessein à Pêne , son peintre, l'un de nos meilleurs coloristes. C'était une belle priapée. On voyait des jeunes gens embrassant des femmes, des nymphes sous des satyres, des amours qui jouaient au jeu des Encolpes, et des Citons, quelques personnes qui se pâmaient en regardant ces combats , des tourterelles qui se baisaient , des boucs , sautant sur des chèvres , et des béliers sur des brebis.

Les repas n'étaient pas souvent moins philosophiques. Un survenant qui nous aurait écoutés , en voyant cette peinture , aurait cru entendre les sept sages de la

Grèce au -b Jamais on ne parla , en

aucun lieu du monde , avec tant de liberté de toutes les superstitions des hommes; et jamais elles ne furent traitées avec plus de plaisanterie et de mépris. Dieu était respecté , mais tous ceux qui avaient trompé les hommes en son nom n'étaient pas épargnés.

11 n'entrait jamais dans le palais ni femmes ni prêtres. En un mot , Frédéric vivait sans cour, sans conseil et sans culte.

Quelques juges de province voulurent faire brûler je ne sais quel pauvre paysan accusé par un prêtre d'une intrigue galante avec son ânessè : on n'exécutait personne sans que le roi eût confirmé la sen-

tence, loi très humaine qui se pratique en Angleterre et dans d'autres pays; Frédéric écrivit au bas de la sentence qu'il donnait dans ses états liberté de conscience et de v...

Un prêtre d'auprès de Stetlin, très scandalisé de cette indulgence, glissa dans son sermon sur Hérode quelques traits

3ui pouvaient regarder le roi son maître : (it venir ce ministre de village à Potsdam, en le citant au consistoire, quoiqu'il n'y eût à la cour pas plus de consistoire que de messe. Le pauvre homme fut amené : le roi prit une robe et un rabat de prédicant ; d'Argens , l'auteur des Letire* juives» et un baron de Polnitz qui avait changé trois ou quatre fois de religion, se revêtirent du même habit; on mit un tome du Dictionnaire de Bayic sur une table , en guise d'Evangile, et le coupable fut introduit par deux grenadiers devant ces trois ministres du Seigneur. « Mon frère , lui dit le roi, je vous demande au nom de Dieu sur quel Hérode vous avez prêché? — Sur Hérode qui fit tuer tous les petits enfans, • répondit le bonhomme. « Je vous demande, ajouta leroî, si c'était Hérode premier du nom , car vous devez savoir qu'il y en a eu plusieurs. > Le prêtre de village ne sut que répondre, c Comment , dit le roi , vous osez prêcher sur un né rode , et vous ignorez quel était sa famille ! Vous êt<«* indigne du saint ministère. Nous vous pardonnons cette fois ; mais sachez que nous vous excommunierons , si jamais vous prêchez quelqu'un sans le connaître. »

Alors on lui délivra sa sentence et son pardon. On signa trots noms ridicules , inventés à plaisir, c Nous allons demain à Berlin, ajouta te roi, nous demanderons grâce pour vous à nos frères : ne manquez pas de nous venir parler. • Le prêtre alla dans Berlin chercher les trois ministres : on se moqua de lui; et le roi, qui était' plus plaisant que libéral , ne se soucia pas de payer son voyage.

Frédéric gouvernait l'Eglise aussi despotiquement que l'Etat. C'était lui qui prononçait les divorces quand un mari et une femme voulaient se marier ailleurs.

Un ministre lui cita un jour l'Ancien Testament au sujet d'un de ces divorces :

« Moïse, lui dit-il, menait ses Juifs comme il voulait , et moi je gouverne mes Prussiens comme je l'entends. »

Ce gouvernement singulier, ces moeurs eneore phis étranges , ce contraste de

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*toTcismc et d*épicuriame, de sévérité, dans la discipline militaire el de mollesse dans l'intérieur du palais, des pages avec lesquels on s'amusait dans son cabinet , et des soldats qu'on ferait passer trentesix fois par les baguettes sous les fenêtres du mon ait] uc qui les regardait, des discours de murale et une licence effrénée , tout cela composait un tableau bizarre, que peu de personnes connaissaient alors, et qui depuis a percé dans l'Europe.

La plus grande économie présidait dans Potsdam à tous ses goûts. Sa table et celle descsofEciersctdescsdomcstiqucsétaient réglée» a. trente-trois écus par jour , indé-

Îtendamment du vin. Et au lieu que chez es autres rois ce sont des officiera de la couronne qui se mêlent de cette dépense, c'était son valet de chambre Federsdoff qui était à la fois son grand maître d'hôtel , son grand échanson et son grand pane lier.

Soit économie , soit politique , il n'accordait pas la moindre grâce à ses anciens favoris, et surtout à ceux qui avaient risqué leur vie pour lui quand il était prince royal. Il ne payait pas même l'argent qu'il avait emprunté alors : et comme Louis xu ne vengeait pas les injures du duc d'Orléans , le roi de Prusse oubliait les dettes du prince royal.

Cette pauvre maîtresse qui avait été fouettée pour lui par la main du bourreau était alors mariée à Berlin au commis du bureau des fiacres ; car il y avait dix-huit fiacres dans Berlin ; et son amant lui fesait une pension de soixante et dix écus qui lui a toujours été très bien payée. ÉUes'appelait madame Shommers, grande femme, maigre, qui ressemblait à une sibylle, et n'avait nullement l'air d'avoir mérité d'être fouettée pour un prince.

Cependant quand il allait à Berlin , il

Îr étalait une grande magnificence dans es jours d'appareil. C'était un très beau spectacle pour les hommes vains , c'est-àdire pour presque tout le monde , de le voir à table entouré de vingt princes de l'Empire, servi dans la plus belle vaisselle d'or de l'Europe , et trente beaux pages et autant de jeunes édukes, superbemeut parés, portant de grands plats d'or massif. Les grands officiers paraissaient alors , mais hors de là on ne les connaissait point.

On allait après dîner à l'opéra, dans cette grande salle de trou cents pieds de

long qu'un de ses chambellans, nommé Knoberstof , avait bâtie sans architecte. Les plus belles voix, les meilleurs danseurs étaient à ses gages. La Barbarîni dansait alors sur son théâtre : c'est elle qui depuis épousa le fils de son chancelier. Le roi avait fait enlever à Venise celte danseuse par des soldats qui l'emmenèrent par Vienne même jusqu'à Bcr-' lin. Il en était un peu amoureux, parce qu'elle avait les jambes d'un homme. Ce qui était incompréhensible, c'est qu'if lui donnait trente-deux mille livres d'appointemens.

Son poëte italien , à qui il fesait mettre en vers les opéras dont lui-même fesait toujours le plan, n'avait que douze cents livres dégages; mais aussi il faut considérer qu'il était fort laid, et qu'il ne dansait pas. En un mot, la Barbarîni louchait à elle seule plus que trois ministres d'état ensemble. Pour le poëte italien , il se paya un jour par ses mains. 11 décousit, dans une chapelle du premier roi de Prusse, de vieux galons d'or dont elle était ornée. Le roi, qui jamais ne fréquenta de chapelle , dit qu'il ne perdait rien. D'ailleurs il venait d'écrire uoe dissertation en faveur des voleurs , qui est imprimée dans les recueils de son académie : et il ne jugea pas à propos , cette fois-là, de détruire ses écrits parles faits.

Cette indulgence ne s'étendait pas sur le militaire. Ity avait dans les prisons de Spandau un vieux gentilhomme de Franche-Comté , haut de six pieds , que le feu roi avait fait enlever pour sa belle taille; on lui avait promis une place de chambellan , et on lui en donna une de soldat. Ce pauvre homme déserta bientôt avec quelques-uns de ses camarades; il fut saisi , et ramené devant le feu roi , auquel il eut la naïveté de dire qu'il ne se repentait que de n'avoir pas tué un tyran comme lui. On lui coupa pour réponse le nez et les oreilles , il passa par les baguettes trente-six fuis ; après quoi il alla traîner la brouette à Spandau. Il la traînait encore quand M. de Valori, notre envoyé, me pressa de demander sa grâce au'très clément fils du très dur Frédéric-Guillaume. Sa majesté se plaisait à dire que c'était pour moi qu il fesait jouer la Citmcnza di Tito, opéra plein de beautés du célèbre Métastasio, mis en musique par le roi lui-même, aidé de son compositeur. Je pris mon temps pour recommander à ses bontés ce pauvre

Franc-Comtois sans oreille* et sans nez, et je lui délachai cette semonce :

Génie universel , f me s ensîbte et ferme ,

Quoi ! lorsque tous régnez il est «les malheureux !

Auxtourmensd'un etrapable il «ont faut meltre

Et rt'en mettre jamais à vos soins généreux.

Voyez autour de tous lot Prière* tre mblantes , Fille* du Rrpqutir, maîtresse* des grands cœurs, S'étonner d'anoser de broies impuissantes Les mains qui de la tirre ont dû sécher les pleurs.

Ab ! pourquoi m'élaler arec magnificence Ce speccaele brillant où triomphe Titus t Four acherer la Tête, égales sa clémence, Et Timitex en tout , ou ne le Tantes plus.

La requête était un peu forte; mais on a le privilège de dire ce qu'on veut en vers. Le roi promît quelque adoucissement; et même, plusieurs mois après, il eut la bonté de mettre le gentilhomme dont il s'agissait à l'hôpital, à six sous par jour. 11 avait refusé cette grâce à la reine sa mère , qui apparemment ne l'avait demandée qu'en prose.

Au milieu des fêles, des opéras, des soupers, ma négociation secrète avançait. * Le roi trouvait non que je lui parlasse de tout , et j'entremêlais souvent des questions sur la France et sur l'Autriche à propos de i' 'Enéide et de Tite-Live. La conversation s'animait quelquefois: le roi s'échauffait, et me disait que, tant que notre cour frapperait h toutes les portes pour obtenir la paix , il ne s'aviserait pas de se battre pour elle. Je lui envoyais , de ma chambre à son appartement , mes réflexions sur un papier à mi-marge. Il répondait sur une colonne à mes hardiesses. J'ai encore ce papier où je lui disais : « Doutez-vous que la maison d'Autriche ne vous redemande la Silésie à la première occasion ? » Voici sa réponse en marge :

II* seront reçus, biribi, A la façon debarbari, mon ami.

Cette négociation d'une espèce nouvelle finit par un discours qu'il me tint dans un de ses mouvemens de vivacité contre le roi d'Angleterre , son cher oncle. Ces deux rois ne s'aimaient pas. Celui de Prusse disait : « Georges est l'oncle de Frédéric, mais Georges ne l'est pas du roi de Prusse. ■ Enfin il me dit : « Que la France déclare la guerre à l'Angleterre, et je marche. •

Je n'eu voulais pas davantage. Je rc-

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tournai vile à la cour de France : je rendis compte de mon voyage. Je lui donnai l'espérance qu'on m'avait donnée a Ber* lin. Elle ne fut point trompeuse : et le printemps suivant le roi de Prusse fit en cQ'et un nouveau traité avec le roi de France. Il s'avança en Bohême avec cent mille hommes, tandis que le* Autrichiens étaient en Alsace.

Si j'avais conté à quelque bon Parisien mon aventure et le service que j'avais rendu , il n'eût pas douté que je ne fusse promu à quelque beau poste. Voici quelle fut ma récompense. ,

La duchesse de Chûtcauroux fut fâchée que la négociation n'eût pas passé immédiatement par elle; il lui avait pris. envie de chasser M. Anielot, parce qu'il était bègue, et que ce petit défaut lui déplaisait; elle haïssait de plus cet Amelot, parce qu'il était gouverné par M. de Maurepas ;il fut renvoyé au bout de huit jours, et je fus enveloppé dans sa disgrâce. ( Mémoire* de V oit aire).

— SB L1K BTBOITVMKlfT AVEC LB BOl DE

PBUS88. — Comme le père du jeune roi lui accordait peu de part aux affaires, et que même il n'y avait point d'affaires dans ce pays, où tout consistait en revues, il employa sou loisir à écrire aux gens de lettres de France qui étaient un peu connus dans le monde. Le principal fardeau tomba sur moi. C'étaient des lettres en vers; c'étaient des traités dé métaphysique, d'histoire, de politique. 11 me traitait d'homme divin : je le traitais de Salomon. Les épithètes ne nous coûtaient rien. On a imprimé quelques-unes de ces fadaises dans le recueil de mes oeuvres ; et heureusemect on n'en a pas imprimé la trentième partie. Je pris la liberté de lui envoyer une très belle écritoirc jlc Martin ; il eut la bonté de me faire présent de quelques colifichets d'ambre. Et les beaux esprits des cafés de Paris s'imaginèrent avec horreur que ma fortune était faite.

Un jeune Courlandais, nommé Keyscrling* qui lésait aussi des vers français tant bien que mal, et qui en conséquence était alors son favori, nous fut dépêché à Cirev, des frontières de la Pomeranie. Nous / lui donnâmes une fête : je fis une belle illumination, dont les lumières dessinaient les chiffres et le nom du prince royal, avec cette devise : L'espérance du genr& àiamain. Pour moi, si j'avais voulu concevoir des espérances personnelles , j'en

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