‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 25 sur 183 · CHO · texte numérisé non relu

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sa pauvreté , sa simplicité et sa valeur. Les députés de Berne vinrent remontrer à cet ambitieux que tout leur pays ne va* lait pas les éperons de ses chevaliers. Ces Bernois ne se mirent point à genoux , ils parlèrent avec humilité et se défendirent avec courage .

f i4/6] La gendarmerie du duc, couverte d'or, fut battue et mise deux ibis dans la plus grande déroute par ces hommes simples, qui furent étonnés des richesses trouvées dans le camp des vaincus.

Aurait-on prévu, lorsque le plus gros diamant de l'Europe , pris par un Suisse à la bataille de Graoston, fut vendu au général pour un écu; aurait-on prévu alors qu'if j aurait un jour en Suisse, des villes aussi belles et aussi opulentes que l'était la capitale du duché de Bourgogne? Le luxe des diamans, des étoffes d'or y fut long-temps ignore; et, quand il a été connu, il a été prohibé : mais les solides richesses, qui consistent dans la culture de la terre , y ont été recueillies par des mains libres et victorieuses. Les commodités de la vie y ont été recherchées de nos jours. Toutes les douceurs de la société, et la saine philosophie, sans lauelle ia société n'a point de charme arable , ont pénétre dans les parties de la Suisse où le climat est le plus doux , et où règne l'abondance. Enfin , dans ces pays autrefois si agrestes , on est parvenu en quelques endroits à joindre la politesse d'Athènes à la simplicité de Lacedémon e . ( Histoire générale. ) CHOVANSKOI, seigneur moscowite.

— SA COJfSPJH ATIOH BT SA MOHT, EN l6&3. —

Il y avait un knès, Chovanskoi, qui, ajant contribué à l'élévation de la princesse Sophie , voulait, pour prix de ses services, partager le gouvernement. On croit bien qu'il trouva Sophie ingrate.

Alors il prit Je parti de la dévotion et des raspopites persécutés; il souleva encore une partie des strëlitz et du peuple au nom de Dieu : la conspiration fut plus sérieuse que l'enthousiasme de Raspop.

Un ambitieux hypocrite va toujours plus loin qu'an simple fanatique. Chovanskoi ne prétendait pas moins que l'empire; et, pour n'avoir désormais rien à craindre, il résolut de massacrer et les deux czars, et Sophie, et les autres princesses, et tout ce qui était attaché à la famille ctarienne. Les ctars €1 les princesses furent obligés de se retirer au monastère de

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la Trinité, a douze lieues de Moscou.

C'était à la fois un couvent , un palais et un*- forteresse, comme Mont -Gassin , Corbie, Fulde, kempten , et tant d'autres cher les chrétiens du rite latin. Ce monastère de la Trinité appartient aux moines basiliens; il est entouré de largi s fossés et de remparts de brique, garnis d'une artillerie nombreuse. Les moines possédaient quatre lieues de pays à la ronde. La famille < zarienne y était en sûreté, plus encore par la force que par la sainteté du lieu. [1683] De là Sophie négocia avec le rebelle, le trompa , l'attira à moitié chemin, et lui fit trancher la tète, ainsi qu'à un de ses fils et a trente-sept stréhtz qui l'accompagnaient.

Le corps des .strëlitz, à cette nouvelle, s'apprête à marcher en armes au couvent de ki Trinité ; il menace de tout exterminer : la famille ezarienne se fortifie; les boyards arment leurs vassaux; tous les gentilshommes accourent ; une guerre civile sanglante commençait. Le patriarche apaisa un peu les strëlitz; les trou p* s qui venaient contre eux de tous*cûtés les intimidèrent : ils passèrent enfin de la fureur à la crainte, et de la crainte a la plus aveugle soumission ; changement ordinaire à la multitude. Trois mille sept cents des leurs, suivis de leurs femmes et de leurs enfans, se mirent une corde au cou, et marchèrent en cet état au couvent de la Trinité, que trois jours auparavant ils voulaient réduire en cendres.

Ces malheureux se rendirent devant le monastère , portant d . u \ à deux un billot et une hache ; ils se prosternèrent à terre, et attendirent leur supplice ; on leur pardonna. Ils s'en retournèrent à Moscou en bénissant leurs maîtres, et prêt, sans le savoir, à renouveler tous leurs attentats à la première occasion.

(Histoire de Pierre4c-Grand.)

CHRISTIANISME (le)— est baski ds la chiks im 1712. — Sous le règne de Cam-hi les missionnaires d'Europe jouirent d'une grande considération ; plusieurs furent logés dans le palais impérial : ils bâtirent des églises, ils eurent des maisons opulentes. Ils avaient réussi en Amérique, en enseignant à des sauvages les arts nécessaires : ils réussirent à la Chine, en enseignant les arts les plus relevés à une nation spirituelle. Mais bientôt la jalousie corrompit les fruits de leur sagesse , et cet esprit d'inquiétude et de contention, attaché en Europe aux

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