‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 32 sur 183 · MORT KT SON B K M PL A C KM BUT BU · texte numérisé non relu

MORT KT SON B K M PL A C KM BUT BU

Comme il était d'une constitution très robuste, on soupçonna son frère Richard, duc de Glocester , d'avoir avancé ses jours par le poison. Ce n'était pas juger témérairement du duc de Glocester; ce prince était un autre monstre né pour commettre de sang-froid tous les crimes.

Edouard îv laissa deux enfans mâles, dont l'aîné, âgé de treize ans, porta le nom d'Edouard v. Glocester forma le dessein d'arracher les deux enfans à la reine leur mère, et de les faire mourir

Sour régner. Il s'était déjà rendu maître e la personne du roi, qur était alors vers la province de Galles. Il fallait avoir en sa puissance le duc d'Yorck, son frère* Il prodigua les sermens et les artifices. La faible mère mit son second fils dans les mains du traitée, croyant que deux parricides seraient plus difficiles à commettre qu'un seul. Il les fit garder dans la tour. C'était, disait-il, pour leur sûreté. Mais , quand il fallut en venir à ce double assassinat, il trouva un obstacle. Le lord Hastings , homme d'un caractère farouche, mais attaché au jeune roi, fut sondé parles émissaires de Glocester, et laissa entrevoir qu'il ne prêterait jamais son ministère à ce crime. Glocester , voyant un tel secret en des mains si dangereuses, n'hésita pas un moment sur ce qu'il devait faire. Le conseil d'état était assemblé dans la tour : Hastings y assistait : Glocester entre avec des satellites : « Je t'arrête pour tes crimes , dit-il au lord Hastings. — Qui? moi, railord?

répondit l'accusé. — Oui, toi, traître,»

dit le duc de Glocester ; et dans l'instant il lui fit trancher la téte en présence du conseil.

Déliv/C ainsi de celui qui savait son secret, et méprisant les formes des lois avec lesquelles on colorait en Angleterre tous les attentats, il rassemble des malheureux de la lie du peuple , qui crient dans l'hôtel-de^ille qu'ils veulent avoir Richard de Gloceswr pour monarque.

Un maire de Londres và le lendemain , suivi de cette populace , lui offrir ta cou-

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ronne. Il l'accepte ; il se fait couronner

sans assembler le parlement , sans prétexter la moindre raison. Il se contente de semer le bruit que le roi Edouard iv, son frère, était né d'adultère, et ne fit point de scrupule de déshonorer sa mère qui était vivante. De telles raisons n'étaient inventées que pour la vile populace. Les intrigues , Ja séduction et la crainte contenaient les seigneurs du royaume , non moins méprisables que le peuple.

[i483] A peine fut-il couronné, qu'un nommé Tirrel étrangla , dit-on , dans la tour le jeune roi et son frère. La nation le sut, et ne fit que murmurer en secret; tant les hommes changent avec les temps. Glocester, sous le nom de Richard m, jouit deux ans et demi du fruit du plus grand des crimes que l'Angleterre eût encore vus, tout accoutumée qu'elle était à ces horreurs. M. Walpole révoque en doute ce double crime. Mais , sous le règne de Charles 11, on retrouva les ossemens de ces deux entans précisément au même endroit où l'on disait qu'ils avaient été enterrés. Peut-être, dans la foule des forfaits qu'on impute à ce tyran, il en est qu'il n'a pas commis ; mais , si l'on a fait de lui des jugemens téméraires , c'est lui qui en est coupable. Il est certain qu'il enferma ses neveux dans la tour; ils ne parurent plus, c'est a lui d'en répondre. {Essai sur les mœurs.)

EGLISE GALLICANE (libertés de V).

(1687). — Çe mot de libertés suppose rassujetissement. Des libertés, des privilèges , sont des exemptions de la servitude générale. Il fallait dire les droits , et non les privilèges de l'église gallicane . Ces. droits sont ceux de toutes les anciennes églises. Les évéques de Rome n'ont jamais eu la moindre juridiction sur les sociétés chrétiennes de l'empire d'Orient,; mais dans les ruines de l'em-

Eire d'Occident tout fut envahi par eux. 'église de France fut long-temps la seule qui disputa contre le siège de Borne les anciens droits que chaque évèque s'était donnés lorsque après le premier concile de ISicée, l'administration ecclésiastique et purement spirituelle se modela sur le gouvernement civil, et que chaque évôque eut son, diocèse , comme chaque district impérial avait le sien. Certainement aucun Evangile n'a dit qu'un évêque de la ville de %me, pourrait envoyer en France des légats à (utero, avec pouvoir

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déjuger, réformer, dispenser, el lever

dû l'argent sur les peuvtes;

D'ordonner aux prélats français de venir plaider à Rome ;

D'imposer des taxes sur les bénéfices du royaume sous les noms de vacances, dépouilles, successions, déports, incompatibilités, commandes, neuvièmes, décimes, annates;

D'excommunier les officiers du roi pour les empêcher d'exercer les fonction* de leurs charges ;

De rendre les bâtards capables de succéder;

De casser les tc&tamcns de ceux qui sont morts sans donner une partie de leurs biens à l'église ;

De permettre aux ecclésiastiques français d'aliéner leurs biens immeubles;

De déléguer des juges pour connaître de la légitimité des mariages.

JSnfin l'on compte plus de soixante et dix usurpations contre lesquelles les par- Iemcns du royaume ont toujours maintenu la liberté naturelle de la nation et la dignité de la couronne.

Quelque crédit qu'aient eu les jésuites sous Louis xiv, et quelque frein que ce monarque eût mis aux remontrances des parlemens depuis qu'il régna par luimême, cependant aucun de ces grands corps ne perdit jamais une occasion de réprimer les prétentions de la cour de Rome ; et le roi approuva toujours cette vigilance, parce qu'en cela les droits essentiels de la nation étaient les droits du prince.

L'affaire de ce genre la plus importante et la plus délicate fut celle de la régale. C'est un droit qu'ont les rois de France de pourvoir à tous les bénéfices simples d'un diocèse pendant la vacance du siège , et d'économiser à leur gré les revenus de Tévêché. Cette prérogative est particulière aujourd'hui aux rois de France, mais chaque état a les siennes. Les rois de Portugal jouissent du tiers du revenu des évêchés de leur royaume.

L'empereur a le droit des premières prières ; il a toujours conféré tous les premiers bénéfices qui vaquent. Les rois de Naples et de Sicile ont de plus grands droits. Ceux de Rome sont pour la plupart fondés sur l'usage plutôt que sur des titres primitifs.

Les rois de la race de Mérovée conféraient de leur seule autorité les évêchés et toutes les prélatures. On voit qu'en 74.2,

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Carloman créa archevêque de Mayence ce même Boniface , qui depuis sacra Pépin par reconnaissance. Il reste encore beaucoup de monumens du pouvoir qu'avaient les rois de disposer de ces places importantes; plus elles le sont, plus elles doivent dépendre du chef de l'état. Le concours d'un évêque étranger paraissait dangereux ; et la nomination réservée à cet évêque étranger, a souvent passé pour une usurpation plus dangereuse encore. Elle a plus d'une fois excité une guerre civile. Puisque les rois conféraient les évêchés, il semblait juste qu'ils conservassent le faible privilège de disposer du revenu et de nommer à quelques bénéfices simples, dans le court espace qui s'écoule entre la mort d'un évê-

3ue et le serment de fidélité enregistré e son successeur. Plusieurs évêques de villes réunies à la couronne sous la troisième race ne voulurent pas reconnaître ce droit, que des seigneurs particuliers trop faibles n'avaient pu faire valoir. Les papes se déclarèrent pour les évêques ; et ces prétentions restèrent toujours enveloppées d'un nuage. Le parlement en 1608 , sous Henri iv, déclara que la régale avait lieu dans tout le royaume ; le clergé se plaignit, et ce prince, qui ménageait les évêques et Rome, évoqua l'affaire à son conseil , et se garda bien de la décider.

Les cardinaux de Richelieu et Mazarin firent rendre plusieurs arrêts du conseil par lesquels les évêques, qui se disaient exempts, étaient tenus de montrer leurs titres. Tout resta indécis jusqu'en 1673; et le roi n'osait pas alors donner un seul bénéfice dans presque tous les diocèses situés au-delà de la Loire pendant la vacance d'un siège.

Enfin, en 1673, le chancelier Étienne d'Aligre scella un édit par lequel tous les évéchés du royaume étaient soumis à la régale. Deux évêques, qui étaient malheureusement les deux plus vertueux hommes du royaume , refusèrent opiniâtrement de se soumettre : c'était Pavillon , évêque d'Alet., et Gaudet, évêque de Pamiers. Ils se défendirent d'abord par des raisons plausibles : on leur en opposa d'aussi fortes. Quand des hommes éclairés disputent long-temps , il y a grande apparence que la question n'est pas claire ; elle était très obscure ; mais il était évident que ni la religion , ni le bon ordre n'étaient intéressés à empêcher un

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roi de faire dans deux diocèses ce qu'il fesait dans tous les autres. Cependant les deux évêques furent inflexibles. Ni l'un ni l'autre n'avaient fait enregistrer son serment de fidélité, et le roi se croyait en droit de pourvoir aux canonicats de leurs églises *.

Les deux prélats excommunièrent les pourvus en regale. Tous deux étaient suspects de jansénisme. Ils avaient eu contre eux le pape Innocent x; mais, quand ils se déclarèrent contre les prétentions du roi , ils eurent pour eux Innocent xi , Odescalchi : ce pape, vertueux et opiniâtre comme eux , prit entièrement leur parti.

Le roi se contenta d'abord d'exiler les principaux officiers de ces évêques. 11 montra plus de modération que deux hommes qui se piquaient de sainteté. On laissa mourir paisiblement l'évêque d'Alet, dont on respectait la grande vieillesse. L'évêqne de Pamiers restait seul , et n'était point ébranlé. Ifcredoubla ses excommunications , et persista de plus à ne point faire enregistrer son serment de fidélité, persuadé que dans ce serment on soumet trop l'église à la monarchie. Le roi saisit son temporel. Le pape et les jansénistes le dédommagèrent. Il gagna à être privé de ses revenus ; et il mourut, en 1680 , convaincu qu'il avait soutenu la cause de Dieu contre le roi. Sa mort n'é-

* Cette question n'était difficile que parce qu'on croyait alors devoir décider toutes celles de ce genre d'après l'autorité et l'usage. En ne consultant que la raison , il est évident que la puissance législative a le pouvoir absolu de régler la manière dont il sera pourvu à toutes les places, ainsi que de fixer les appointemens de chacune et la nature de ces eppointemens. Les évêehés peuvent être électif* connue les places de maires , ou nommés par le roi comme les intendances , selon que la loi de l'état l'aura réglé; cette loi peut être plus ou moins utile, mais elle sera toujours légitime. La loi peut de même, sans être injuste, substituer des appointemens en argent aux terres dont on laisse la jouissance aux ecclésiastiques , supprimer même ces appointemens , si elle juge ces places ecclésiastiques inutiles au bien publie. Toute loi qui n'attaque aucun des droits naturels des hommes est légitime ; et le pouvoir législatif de chaque état, en quelques mains qu'il réside , a droit de la faire. Toute propriété qui ne se perpétue point en vertu d'un ordre naturel, mais seulement par une loi positive, n'est point une propriété , mais un usufruit accordé par la loi , dont , après la mort de l'usufruitier, une autre loi peut changer la disposition. C'est par cet ta raison que les biens des particuliers appartiennent, de droit à leurs héritiers ; que les biens des communautés leur appartiennent , et que ceux du clergé et do tout autre corps sont à la nation.

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teignit pas la querelle : des chanoine» nommés par le roi viennent pour prendre possession; des religieux, qui se prétendaient chanoines et grands- vicaires , les font sortir de l'église, et les excommunient. Le métropolitain Montpésat, archevêque de Toulouse, à qui cette allahe ressortit de droit , donne en vain des sentences contre ces prétendus grands-vicaires. Ils en appellent à Rome, selon l'usage de porter à la cour de Rome les causes ecclésiastiques jugées par les archevêques de France ; usage qui contredit les libertés gallicanes; mais tous les gouvernemens des hommes sont des contradictions. Le parlement donne des arrêts. Un moine, nommé Gerle, qui était l'un de ces grands-vicaires, casse et les sentences du métropolitain et les arrêts du parlement. Ce tribunal le condamne par contumace à perdre la tête , et à être traîné sur la claie. On l'exécute en effigie. 11 insulte' du fond de sa retraite à l'archevêque et au roi , et le pape le soutient. Ce pontife fait plus : persuadé , comme l'évêque de Pamiers, que le droit de régalç est un abus dans l'église, et que le roi n'a aucun droit dans Pamiers, il casse les ordonnances de l'archevêque de Toulouse ; il excommunie les nouveaux grands-vicaires que ce prélat a nommés, les pourvus en régale, et leurs fauteurs.

Le roi convoque une assemblée du clergé , composée de trente-cinq évéques, et d'autant de députés du second ordre. Les jansénistes prenaient pour la première fois le parti d'un pape ; et ce pape, ennemi du roi, les favorisait sans les aimer. 11 se fît toujours un honneur de résister à ce monarque dans toutes les occasions ; et depuis m Ane, en 1689, il s'unit avec les alliés contre le roi Jacques , parce que Lorfis xiv protégeait ce prince : de sorte qu'alors on dit que, pour mettre fin aux troubles de l'Europe et de l'église , il fallait que le roi Jacques se fit huguenot , et le pape catholique.

Cependant l'assemblée du clergé de 1681 et 1683, d'une voix unanime, se déclare pour le roi. Il s'agissait encore d'une autre petite querelle devenue importante : l'élection d'un prieuré , dans un faubourg de Paris, commettait ensemble le roi et le pape. Le pontife romain avait cassé une ordonnance de l'archevêque de Paris, et annulé sa nomination à ce prieuré. Le parlement avait jugé

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la procédure de Rome abusive. Le pape avait ordonné par une bulle que l'inquisition fit brûler l'arrêt du parlement ; et le parlement avait ordonné la suppression de la bulle. Ces combats sont depuis long-temps les effets ordinaires et inévitables de cet ancien mélange de la liberté naturelle de se gouverner soi-même dans son pays , et de la soumission à une puissance étrangère.

L'assemblée du clergé prit un parti qui montre que des hommes sages peuvent céder avec dignité à leur souverain sans l'intervention d'un autre pouvoir. Elle consentit à l'extension du droit de régaie à tout le royaume ; mais ce fut autant une concession de la part du clergé, qui se relâchait de ses prétentions par reconnaissance pour son protecteur, qu'un aveu formel du droit absolu de la couronne.

L'assemblée se justifia auprès du pape par une lettre dans laquelle on trouve un passage qui seul devrait servir de règle éternelle dans toutes les disputes: c'est « qu'il vaut mieux sacrifier quelque chose de ses droits que de troubler la paix. » Le roi, l'église gallicane, les parlemens furent contens. Les jansénistes écrivirent quelques libelles. Le pape fut inflexible : il cassa par un bref toutes les résolutions de l'assemblée, et manda aux évéques de se rétracter. Il y avait là de quoi séparer à jamais l'église de France de celle de Rome. On avait parlé , sous le cardinal de Richelieu et sous Mazarin, de faire un patriarche. Le vœu de tous les magistrats était qu'on ne payât plus à Rome le tribut des annates ; que Rome ne nommât plus, pendant six mois de l'année, aux bénéfices de Bretagne; que les évéques de France ne s'appelassent plus évéques far la 'permission du saint-siège.

Si le roi l'avait voulu , il n'avait qu'à dire un mot ; il était maître de l'assemblée du clergé , et il avait pour lui la nation. Rome eût tout perdu par l'inflexibilité d'un pontife vertueux , qui seul , de tous les papes de ce siècle , ne savait pas s'accommoder aux temps. Mais il y a d'anciennes bornes qu'on ne remue pas sans de violentes secousses. Il fallait de plus grands intérêts ♦ de plus grandes passions et plus d 'effervescence dans les esprits pour rompre tout d'un coup avec Rome ; et il était bien difficile de faire cette scission, tandis qu'on voulait extirper le calvinisme. On crut même faire un coup hardi , lors-

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q u'on publiâtes quatre fameuses décision de la même assemblée du clergé, en 168a, doat voici la substance :

i° Dieu n'a donné à Pierre et à ses successeurs aucune puissance ni directe ni indirecte sur les choses temporelles.

a. L'église gallicane approuve le concile de Constance, q;ui déclare les conciles généraux supérieurs au pape dans le spirituel.

3. Les règles, les usages, les pratiques reçues dans Te royaume et dans l'église gallicane doivent demeurer inébranlables.

4* Les décisions du pape , en matières de foi, ne sont sûres qu'après que l'église les a acceptées.

Tous les tribunaux et toutes lea facultés de théologie enregistrèrent ces quatre, propositions dans toute leur étendue ; ett 3 fut défendu par un édit de rien enseigner jamais de contraire.

Cette fermeté fut regardée à Home comme un attentat de rebelles, et par tous les protestans de l'Europe comme un faible effort d'une église née libre, qui ne rompait que quatre chaînons de ses fers.

Les quatre maximes furent d'abord soutenues avec enthousiasme dans la nation , ensuite avec moins de vivacité. Surla fin du règne de Louis xiv elles commencèrent à devenir problématiques ; et le cardinal de Fleuri les, fit depuis désavouer en partie par une assemblée du clergé, sans que ce désaveu causât le moindre bruit , parce que les esprits n'étaient pas alors échauffés,, et que dans le ministère du cardinal de Fleuri rien n'eut de l'éclat. Elles ont repris enfin une grande vigueur.

Cependant Innocent xi s'aigrit plus que jamais : il refusa de» bulles à tous les evôquea et à tous les abbés commandataires que le roi nomma ; de sorte qu'à la mort de ce pape, eu 1689, il y avait, vingt-neuf diocèses en France dépourvus d'evêques. Ces prélats n'en touchaient pas moins leurs revenus, mais Us n'osaient se faire sacrer, ni faire les fonctions épiscopales. L'idée de créer, un patriarche se? renouvela. La querelle des franchises des ambassadeurs à Rome, qui acheva d'envenimer les plaies, fit penser qu'enfin le temps était venu d'établir en France une église cathotique* apostolique, qui ne serait point romaine» Le procureur général de Harlai et l'avocat générai Talon le firent assci entendre,

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quand ils appelèrent comme d'abus, en 1687 , de la bulle contre le» franchises , et qu'ils éclatèrent contre l'opiniâtreté du pape , qui laissait tant d'églises sans pasteurs. Mais jamais le roi ne voulut consentir à cette démarche , qui était plu» aisée qu'elle ne paraissait hardie.

La cause d'Innocent xi devint cependant la cause du saint-siége. Les quatre propositions du clergé de France attaquaient le fantôme de l'infaillibilité (qu'on ne croit pas à Rome , mais qu'on y soutient) , et le pouvoir réel attaché à ce fantôme. Alexandre vin et Innocent in suivirent les traces du fier Odescalcbi, quoique d'une manière moins dure ; ils confirmèrent la condamnation portée contre l'assemblée du clergé; ils refusèrent les bulles aux évêques ; enfin ils en firent trop , parce que Louis xivn'en avait pas fait assez. Les évéques, lassés de n'être que nommés par le roi, et do se voir sans fonctions, demandèrent à la cour de France la permission d'apaiser la cour de Rome.

Le roi, dont la fermeté était fatiguée , le permit. Chacun d'eux écrivit séparément qu'il était douloureusenient affligé des procédés de l* assemblée ; chacun déclare dans sa lettre qu'il ne reçoit point comme décidé ce qu'on y a décidé, ni comme ordonné ce qu'on y a ordonné.

Pignatelli , Innocent xn , plus conciliant qu'Odescalcbi , se contenta de cette démarche. Les quatre propositions n'en furent pas moins enseignées en France de temps en temps. Mais ces armes se rouillèrent quand on ne combattit plus; et la dispute resta couverte d'un voile, sans être décidée , comme il arrive presque toujours dan* un état qui n'a pas sur ces matières des principes invariables et reconnus. Ainsi, tantôt on s'élève contre Rome, tantôt on Tui cède, suivant les caractères de ceux qui gouvernent, et suivant les intérêts particuliers de ceux par qui les principaux de l'état sont gouvernés.

Louis xiv d'ailleurs n'eut point d'autre démêlé ecclésiastique avec Rome , et n'essuya aucune opposition du clergé dans les affaires temporelles.

Sous lui, ce clergé devint respectable, par une décenoe ignorée dans la barbarie des deux premières races, dans le temps encore plus barbare du gouvernement féodal ; absolument inconnue pendant les guerres civiles et dans les agita-

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