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ce fat , je croh , le seul Pru«ien blessé à ce te journée. Les Français et le. Tutti
£ fut r/"^1 ? ,a Fremièrc d-»C.
Le fut la déroute la plus inouie et la dIu.
complète dontl'biMoire ait jamat p e
Cette batailfe de Rosbach sera long te I f m
célèbre On vit trente mille FraV.çaiTe!
v.ngt mille Impériaux prendre un? fuite
f^! qUe,qUe8, C8cadroM- L*° dé-
faites d Axincourt, de Crécy, de Poitiers ne furent pas si humiliantes. *
dul,P'inc et ''exercice militaires que son père avait établis, et que le fils •vait fortifiés, furent la véritaLe cause *ie cette étrange victoire. L'exercice prussien s était perfectionné pendant cinquante ans. On avait voulj Tl'imi.er en France comme dans tous le* autres états mais on n avait pu faire en trois ou quatre
TJ*?**C de8.f>.nca,« Peu diaciplinables, ce qu on avait fait pendant cinq uan.e ans avec des Prussiens ; on avait même changé le. manœuvres en France presqu'a
efen ET' de 80,16 <*ue «« officier, et les soldats, ayant mal appris les exercices nouveaux, et tous dillérens les un. des autre. , n'avaient rien appris du tout et n'avaient réellement aucune discipliné m aucun exercice. En un mot, à la 'cuir vue des Prussiens tout fut en déroute, et la fortune fit passer Frédéric, en un quart d'heure, du comble du désespoir à celui du bonheur et de la gloire
(VoyexU^^.^^
^AiLÏFâAI ^E,eonore) ^emme du maréchal d Ancre, —son sufplick (8 juillet
i>i7V -/,éonJ°,re Galigai", maréchale d Ancre, dame d'atours de la reine , fut saisie dépouillée de tout, conduite a la Bastille, et de là transférée à la Conciergerie.
Le favori de Luynes, qui dévorait déjà en espérance les grands biens du mari et de la femme, fît donner ordre au parlement d instruire le procès du maréchal assassine et de sa malheureuse veuve.
Pour le maréchal, son corps ne pouvait pas se retrouver; le peuple en fureur l'avait déterré, on l'avait mis en pièces, on avait même mangé son cœur; excès de
barbarie digne dû peuple qui avait exécute les massacres de la SauV-Barthélemi
aujourd hu. poUr gl frivo,e ef gi {J F était difficile de trouver de quoi juge, à
ZI ,aImrécha,e- C'ét*il ^e Italienne de qualité , venue en France avec la reine, comblée à la vérité de ses bienfaits, insolente dans sa fortune, et bizarre dansson humeur; défauts pour lesquels on n a jamais fait couper la tête à personne. r
On fut obligé de lui faire un crime a avoir écrit quelques lettres de comnl; mens à Madrid et à Bruxelles; mais f ce lorfait ne suffisant pas, on imagina de la
faire déclarer sorcière. On croyait alors aux sortilèges et à la magie , comme a un point de religion. Cette superstition est fa plus ancienne de toutes , et la plus universelle. Elle passa des Païens et des Juifs chez les premiers chrétiens, et s*est conservée jusqu'au temps où un peu de philosophie a commence à ouvrir les yeux des hommes aveuglés pendant tant de siècles.
La maréchale d'Ancre avait fait venir d'Italie un médecin juif, nommé Montalto ; elle avait même eu la scrupuleuse attention d'en demander la permission au pape. Les médecins de Pans n'étaient pas alors en grande réputation dans l'Eu^ rope. Les Italiens étaient en possession de tous les arts. On prétendit que le juif Montalto était magicien, et qu'il avait sacrifié un coq blanc chez la maréchale ; cependant il ne put la guérir de ses vapeurs : elles furent si fortes , qu'au lieu de se croire sorcière , elle se crut ensorcelée. Marie de Médicis lui dit que le dernier cardinal de Lorraine Henri, ayant eu la même maladie, s'était fait exorciser par des moines de Milan. Elle eut la faiblesse de faire venir deux de ces exorcistes milanais , qui dirent des messes aux Augustius pour la vaporeuse maréchale , et qui l'assurèrent qu elle était guérie.
On l'interrogea sur le meurtre de Henri iv ; on lui demanda si elle n'en avait point eu connaissance. Après avoir ri sur les accusations de magie, elle pleura à cet interrogatoire sur la mort du feu roi, et fit sentir aux juges tout ce que cette imputation contre la confidente de la reine pouvait avoir d'atroce.
Des deux rapporteurs qui instruisaient le procès, l'un était Gourtin, vendu au nouveau favori , et qui sollicitait des grâces ; l'autre était Deslandes Payen, homme intègre , qui ne voulut jamais conclure à la mort , ni même consentir à ne pas se trouver au jugement. Cinq juges s'absentèrent , quelques-uns opinèrent pour le seul bannissement; mais Luynes sollicita avec tant d'ardeur, que la pluralité fut pour brûler une maréchale de France comme sorcière. [ 8 juillet 1617 ] Elle fut traînée dans un tombereau à la Grève, comme une femme de la lie du peuple. Toute la grâce qu'on lui fit fut de lui couper la tête avant de jeter son corps dans les flammes.
( Histoire particulière. )
GENEP ( la veuve). — son raocès it sa mort (en 1741.) — La dame Geoep,
veuve d'un commis à cent écus de gages , dans le Brabant hollandais , envoie dire au jésuite Yancin, son confesseur, et procureur des jésuites de Bruxelles, qu'elle est très malade, et le prie de venir vite la confesser. Le jésuite arrive ; il la trouve agitée de convulsions , car il y en a dans Bruxelles comme dans Paris. «Mon père, lui dit-elle, vous avez sans doute placé avantageusement mes trois cent mille florins de Hollande?» (Gela fait 64o,ooo livres de notre monnaie.) Père Yancin, qui la crut en délire, lui répondit : « N'en soyez pas en peine; ne songez qu'à votre âme.» — «Je veux savoir , répliqua la dame en haussan t la voix, si les trois cent mille florins que je vous ai confiés sont en sûreté ?» — « Eh I oui , encore une fois, ma bonne; calmez-vous. >
— « Mais , mon père , trois cent mille florins en or sont quelque chose.» — «Je le sais : ce sont des bagatelles qui ne doivent pas vous troubler. L'essentiel est de se confesser et de faire son salut . » — « Ah 1 mon salut; oui, je veux faire mon salut; mais j'ai la tête si bouleversée de mes trois cent mille florins, que je ne me souviens plus de mes péchés. Je serai peut-être demain plus tranquille, et alors j'aurai la consolation de me confesser. •
— « A demain donc, ma chère enfant.»
Il lui donne sa bénédiction et s'en va.
Il y avait derrière la tapisserie un notaire , un avocat et deux témoins, qui rédigeaient par écrit toute cette conversation. Ces messieurs passaient pour être des nouveaux disciples de saint Augustin, qui n'étaient pas fâchés de procurer quelque humiliation salutaire aux disciples de saint Ignace. Le lendemain madame Genep , au lieu de songer au sacrement de pénitence, envoie un huissier sommer son confesseur de justifier de l'emploi de ces trois cent mille florins, ou de les rendre en espèces sonnantes.
On peut juger quel bruit ce procès excita en Flandre , à Vienne et même à Rome. La société se défendait, en disant qu'il était impossible que madame Genep, veuve d'un petit commis, eût jamais eu tant de florins. Madame Genep soutint qu'elle les avait légitimement gagnés , in, cum, $ub, M. le prince d'Orange.
Il y avait à cet aveu quelque probabilité. Madame l'archiduchesse, gouvernante des Pays-Bas, fut obligée de députera M. le prince d'Orange pour le prier, avec tous les ménagemens possibles , do vou-
GEN GEN ll5
loir bien lui dire s'il avait poussé la gené- aucune satisfaction, f 17 mai* -1 4
rosité j^squ à faire un si beau présent à sitôt quatorze trros v»U*»uZ • J 08~
madame Gcnep. Le prince 'répondit ta.'TO ffiZSr
qu .1 pouvait être tombé dans quelque, frégate., rortent du port dè Toûlô
nouveau secrétaire de la mu-
• 1 . ,.: — j~~ — &■* iuik, ci a qui le fameux f'rWlï*»..*
nombre , ma» qu J n était ni asseï riche, pire , avait déjà fait exercer ce. T
paSrtpoorpa,er,i Chèrement une fr«*^w*ZEZ£iiï2î?
Peodantcette négociation, le, cabale. ^*dtoJiî^Î!,• d« .e multipliaient à Bruxelles.' On trouva .Tfol' gueK'c, m L • °" "Sfï" un honnête fiacre qui dépom qu'il avait toute csplce de g o ré arien,". mené madame Genep à la porte de. jé- ce qu'il entreprenait, «'.^Vî suUes avec de. sac plein, d'or. C'était .ir»\nx affaires .an. qÛ^He. en tut"' apparemment uu Caere anséniste. Il «ent. Le vieux D,. n„. . 1 «oullrujnra que lui-même avait 'porté les ,.c. le, vaisL",^? dol d. M T ■** dans la chambre du père YaScio , laquelle galères ; mai ton. deux ïi£fS? 1 depeigmt parfaitement ; U a outa , avec «sans dû secrétaire dYtat O?, .;!-0^ la candeur de l'innocence, qu'il était vant Gênes; les di tca iote, v ie»^. ^
.omMdeux fo„ en succombant «u. le torxe mille hoLZ^V^Z™^
A peine l'amba»adeur dépêché à la &JTlStoSïà h%LZ f* ""'^
conscience de M. le prince d'Orange fot-il Ùinet la suvcX 1*, ■ ? oom. de
de retour avec la déclaration quiVétait à^uVXÏÏ^^^?*»»
pas a Avantage de madame Genep , que brûlent le fauboure de si' "■'''
cette bonne femme mourut: mais en rèna AI™. .1 r, 1 1 . .ï Sai.n.,-P«>r» d'A-
mourant cileprotesta oue le pèreYaocl. iSS ^J£&£^<T,&t
ha. devait légitimement trois cent mille Le roi exigea que "e dogê dJôffl
Comment concilier la probabilité ré Ee? ïl'lr^" 'éna,eu™ «°»ent im-
.ultante du certificat du prince d'Orange Versa Ucs TCZ\îm> P»'*» ««
avec ee,.e que fournissait^ testament îïï&il. «tisFaVtU^e, ne d "
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cette bonne femme n'osèrent poursuivre rnnlni i. j . • . . 8'ote, il
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j en eût; et ils ne gardèrent que leur Gènes, qui ùte cette d Lfi t \ i
innocence, supposé, comme je le crois, absent un momen délace g° qu ils ne fussent point coupables. On .oit Impériale Lesraro d<Z r ,
assez qu'. est souvent très difficile de ^ L LL^V?'^ 1C 9*°**'
un janséniste. J À'. n T f 5ercm,ome > Parla cou-
' r^v ( ; fé: t' r roi0? éiair dict^ «^«^
vrier .685. ) Gêne, avait vendu de la mai^cnmmeZftou^V1 :
 îîiL ' »«.m-yion, i on de se. Louvois , Croissi et Seienelav
f au IcseS •S»™» d!..lanC.CT •* ,Cn,il P,us de ^SSletoïï*"
menVpr^Dr,i die ^if"'^ •Ler0' 6,C à D0S cœu» ,a lib«'« P«là
entreprise .or leur SéTetc^ptn, rSS^SttTd&^î
<ropw le ^ccundel-Espagne, ne firent le monde .ut que, le mâ^uÇ. d'e^el-
i iÔ GBN
Snclay lui aj an t demandé ce qu'il trouvait e plu» singulier à Versailles , il répondit : C'est de «n'y voir. [Siècle de Louis XI F.) GENES (la république de). — opphi-
HÈK , IUB CHARGE SES DESTINS (1746.)
— On se souvenait que Louis xiv avait exigé autrefois que le doge de Gènes vint lui faire des excuses à Versailles avec quatre sénateurs. On en ajouta deux pour l'impératrice-reine; mats elle mit sa gloire à refuser oe que Louis xiv avait exige. Elle crut qu'il y avait peu d'honneur à humilier les faibles, et ne songea qu'à tirer de Gènes de fortes contributions, dont elle avait plus de besoin que du vain honneur de voir le doge de la petite république de Gènes avec six Génois au pied du trône impérial.
Gênes fut taxée à vingt-quatre millions de livres. C'était la ruiner entièrement. Cette république ne s'était pas attendue, quand la guerre commença pour la succession de la maison d'Autriche , qu'elle en serait la victime ; mais , dès qu'on arme dans l'Europe, il n'y a point de petit état qui ne doive trembler.
Les Autrichiens usaient avec rigueur du droit de la victoire; les Génois ayant épuisé leurs ressources , et donné tout l'argent de leur banque de Saint-George pour payer seize millions, demandèrent grâce pour les huit autres ; mais on leur signifia, de la part de l'impératrice-reine, que non-seulement il les fallait donner, mais qu'il fallait payer encore environ autant pour l'entretien de neuf régi mens répandus dans le faubourg de Saint- Pierre des Arènes , de Bkagoo , et dans les villages circouvoisins. A la publication de ces ordres, le désespoir saisit tous les habitans; leur commerce était ruiné, leur crédit perdu, leur banque épuisée, les magnifiques maisons de campagne qui embellissaient les dehors de Gênes, pillées , les habitans traités én esclaves par le soldat ; ils n'avaient plus à perdre que la vie ; et il n'y avait point de Génois qui ne parût enfin résolu à Ja sacrifier, plutôt que de soullrir plus long-temps un traitement si honteux et si rude.
Gènes captive comptait encore parmi ses disgrâces la perte du royaume de Corse , si long-temps soulevé contre elle , et dont les inécontens seraient sans doute appuyés pour jamais j>ar ses vainqueurs»
La Corse, qui s'était plainte d'être opprimée par Gênes , comme Gênes l'était par les Autrichiens, jouissait dans ce
chaos de révolutions de l'infortune de ses maîtres. Ce surcroît d'afflictions n'était ue pour le sénat : en perdant la Corse , ne perdait qu'un fantôme d'autorité ; mais le reste des Génois était en proie aux a mictions réelles qu'entraîne la misère. Quelques sénateurs fomentaient sourdement et avec habileté les résolutions désespérées que les habitans semblaient disposés à prendre ; ils avaient besoin de la plus grande circonspection ; car il était vraisemblable qu'un soulèvement téméraire et mal soutenu ne produirait que la destruction du sénat et de la ville. Les émissaires des sénateurs se contentaient de dire aux plus accrédités du peuple : ■ Jusqu'à quand attendrez-vous que les Autrichiens viennent vous égorger entre les bras de vos femmes et de vos enfans , pour vous arracher le peu de nourriture qui vous reste ? Leurs troupes sont dispersées hors de l'enceinte de vos murs; il n'y a dans la ville que ceux qui veillent à la garde de vos portes ; vous êtes ici plus de trente mille hommes capables d'un coup de main : ne vaut-il pas mieux mourir que d'être les spectateurs des ruines de votre patrie? » Mille discours pareils animaient le peuple ; mais il n'osait encore remuer ; et personne n'osait arborer l'étendard de la liberté.
Les Autrichiens tiraient de l'arsenal de Gênes des canons et des mortiers pour l'expédition de Provence, et ils fesaient servir les habitans à ce travail. Le peuple murmurait, mais il obéissait. Un capitaine autrichien ayant rudement frappé un habitant qui ne s'empressait pas assez, ce moment fut un signal auquel le peuple s'assembla, s'émut, et s'arma de tout ce . qu'il put trouver ; pierres , bâtons , épées, fusils, instrumens de toute espèce. Ce peuple , qui n'avait pas eu seulement la pensée de défendre sa ville quand les ennemis en étaient encore éloignés, la défendit quand ils en étaient les maîtres. Le marquis de Botta , qui était à Saint- Pierre des Arènes , crut que cette émeute du peuple se ralentirait d'elle-même , et uc la crainte reprendrait bientôt la place e cette fureur passagère. Le lendemain il se contenta de renforcer les gardes des portes, et d'envoyer quelques détache* mens dans les rues. Le peuple, attroupé en plus grand nombre que la veille , courut au palais du doge demander les armes qui sont dans ce palais; le doge no répondit rien ; les domestiques indiqué-
rent un autre magasin ; on y court , on l'enfonce , on s'arme ; une centaine d'officiers se distribuent dans la place; on se barricade dans les rues ; et l'ordre qu'on tâche de mettre, autant qu'on le peut dans ce bouleversement subit et furieux, n*en ralentit point l'ardeur.
Il semble que, dans cette journée et dans les suivantes, la consternation qui avait si long-temps atterré l'esprit des Génois eût passé dans les Allemands ; ils ne tentèrent pas de combattre le peuple avec des troupes régulières ; ils laissèrent Jes soulevés se rendre maîtres de la porte Saint-Thomas et de la porte Saint-Michel. Le sénat , qui ne savait pas encore si le peuple soutiendrait ce qu'il avait si bien commencé , envoya une députation au général autrichien dans Saint -Pierre des Arènes. Le marquis de Botta négocia lorsqu'il fallait combattre ; il dit aux sénateurs qu'ils armassent les troupes génoises laissées désarmées dans la ville, et qu'ils les joignissent aux Autrichiens pour tomber sur les rebelles au signal qu'il ferait. Mais on ne devait pas s'attendre que le sénat de Gènes se joignît aux oppresseurs de la pairie pour accabler t»es défenseurs, et pour achever sa perte.
[9 décembre 1 74^ D* Les Allemands, comptant sur les intelligences qu'ils avaient dans la ville, s'avancèrent à la porte de Bisagno par le faubourg qui porte ce nom ; mais ils y furent reçus par des salves de canon et de mousquéterie. L» peuple de Gènes composait alors une armée ; on battait la caisse dans la ville au nom du peuple, et on ordonnait, sous peine de la vie, à tous les citoyens de sortir eu armes hors de leurs maisons, et de se ranger sous les drapeaux de leurs quartiers. Les Allemands lurent attaqués à la fois dans le faubourg de Bisagno , et dans celui de Saint-Pierre des Arènes ; le tocsin sonnait en même temps dans tous les villages des vallées ; les paysans s'assemblèrent au nombre de vingt mille.
Un prince Doria, à la tête du peuple, attaqua le marquis de Botta dans Saint- Pierre des Arènes; le général et ses neuf ré^iraens se retirèrent en désordre; ils laissèrent quatre mille prisonniers et près de mille morts, tous leurs magasins , tous leurs équipages, et allèrent au poste de Ja Bocchetta , poursuivis sans cesse par de simples paysans , et forcés enfin d abandonner ce poste , et de fuir jusqu'à Gavi. C'est ai nsl que les Autrichiens perdirent
Oênes pour avoir trop méprisé et accable le peuple, et pour avoir eu la simplicité de croire que le sénat se joindrait à eux contre les hahitans, qui secouraient le sénat même. L'Europe vit avec surpris»qu'un peuple fa ible, nourri loin des armes , et que ni son enceinte de rochers, ni les rois de France, d'Espagne , de Pfaplcs, n'avaient pu sauver du joug des Autrichiens, l'eût brisé sans aucun secours, et eût chassé ses vainqueurs.
Il y eut dans ces tumultes beaucoup de brigandages; le peuple pilla plusieurs maisons appartenantes aux sénateurs soupçonnés de favoriser les Autrichiens.
Mais ce qui fut le plus étonnant dan* Dette révolution , c'est que ce même peuple, qui avait quatre mille de ses vainqueurs dans ses prisons, ne tourna point ses forces contre ses maîtres. 11 avait des chefs ; mais ils étaient indiqués par le sénat ; et , parmi eux , il ne s'en trouva point d'assez considérable pour usurper longtemps l'autorité. Le peuple choisit trentesix citoyens pour le gouverner; mais il y ajouta quatre sénateurs, Grimaldi, Scaglir., Lomelini , Fornari ; et ces quatre nobles rendaient secrètement compte au sénat, qui paraissait ne se mêler plus du gouvernement ; mais il gouvernait en effet, il fesait désavouer à Vienne la révolution qu'il fomentait à Gènes, et dont il redoutait la plus terrible vengt ance. Son ministre dans cette cour déclara que la noblesse génoise n'avait aucune part a ce changement qu'on appelait révolte. Le conseil de Vienne, agissant encore en maître, et, croyant être bientôt en état de reprendre Gênes, lui signifia que le sénat eut à faire payi r incessamment les huit m illions restans de la somme à laquelle on l'avait condamné ; à en donner trente pour les dommages causés à ses troupes ; à rendre tous les prisonniers; à faire justice des séditieux. Ces lois, qu'un maître irrité aurait pu donner à des sujets rebelles et impuissans , ne firent qu'affermit les Génois dans la résolution de se défendre , et dans l'espérance de repousser de leur te int< ii< ceux qu'ils avaient < basses de la capitale. Quatre mille Autrichiens, dans les prisons de Gênes, étaient encore des otages qui les rassuraient.
Cependant les Autrichiens, aidés des Piémontais, en sortant de Provence, menaçaient Gênes de rentrer dans ses murs. Un des généraux autrichiens avait déjà renforcé ses troupes de soldats albanais,
accoutumés h combattre au milieu des rochers. Ce sont les anciens Epi rot es, qui passent encore pour aussi bons guerriers que leurs ancêtres. Il eut ces Epirotes par le moyen de son oncle, ce fameux Schul- Jembourg, qui, après avoir résisté au roi de Suède Charles xu , avait défendu Corfou contre l'empire ottoman. Les Autrichiens repassèrent donc la Bocchetta ; ils resserraient Gènes d'assez près ; la campagne, à droite et à gauche, était livrée à- la fureur des troupes irrégulières, au saccagement et à la dévastation. Gênes était consternée, et cette consternation même y produisait des intelligences avec ses oppresseurs : pour comble de malheur, il y avait alors une grande division entre le sénat et le peuple. La ville avait des vivres, mais plus d'argent; et il fallait dépenser dix-huit mille florins par jour pour entretenir les milices qui combattaient dans la campagne ou qui gardaient la ville. La république n'avait ni aucunes troupes régulières aguerries, ni ducun officier expérimenté. Nul secours n'y pouvait arriver que par mer, et encore au hasard d'être pris par une flotte anglaise conduite par l'amiral Medlay, qui dominait sur les côtes.
Le roi de France fit d'abord tenir au sénat un million par un petit vaisseau qui échappa aux Anglais. Les galères de Toulon et de Marseille partent chargées d'environ six mille hommes. On relâcha en Corse et à Monaco , à cause d'une temête et surtout de la flotte anglaise. Cette otte prit six bûtimens qui portaient environ mille soldats. Mais enfin le reste entra dans Gênes au nombre d'environ quatre mille cinq cents Français qui firent renaître l'espérance.
Bientôt après le duc de Boufllers arrive et vient commander les troupes qui défendent Gênes, et dont le nombre augmente de jour en jour. [Le dernier avril 1747 3 II fallut que ce général passAt dans une barque, et trompât la flotte de l'amiral Mcdlty.
Le duc de Boufllers se trouvait à la tête d'environ huit mille hommes de troupes régulières, dans une ville bloquée, qui s'attendait à être bientôt assiégée ; il y avait peu d'ordre , peu de provisions , point de poudre ; les chefs du peuple étaient peu soumis au sénat. Les Autrichiens conservaient toujours quelques intelligences. Le duc de Boufllers eut d'abord autant d'embarras avec ceux qu'il
venait défendre qVavcc ceux qu'il venait combattre. Il mit l'ordre partout ; des provisions de toute espèce accordèrent en sûreté, moyennant une rétribution qu'on donnait en secret à des capitaines de vaisseaux anglais : tant l'intérêt particulier sert toujours à faire ou à réparer les malheurs publics 1 Les Autrichiens avaient quelques moines dans leur parti; on leur opposa les mêmes armes avec plus de force ; on engagea les confesseurs à refuser l'absolution à quiconque balancerait entre la patrie et les ennemis. Un ermite se mit à la tête des milices , qu'il encourageait par son enthousiasme en leur parlant, et par son exemple en combattant.
Il fut tué dans un de ces petits combats qui se donnaient tous les jours , et mou* rut en exhortant les Génois à se défendre. Les dames génoises mirent en gage leurs pierreries chez des Juifs , pour subvenir aux frais des ouvrages nécessaires.
Mais le plus puissant de ces encouragemens fut la valeur des troupes françaises , que le duc de Boufllers employait souvent à attaquer les ennemis dans leurs postes au-delà de la double enceinte de Gênes. On réussit dans presque tous ces petits combats, dont le détail attirait alors l'attention, et qui se perdent ensuite parmi des événemens innombrables.
La cour de Vienne ordonna enfin qu'on levât le blocus. Le duc de Boufllers ne jouit point de ce bonheur et de cette gloire; il mourut de la petite vérole le jour même que les ennemis se retiraient [27 juin 1747 ]. Il était fils du maréchal de Boufllers, ce général si estimé sous Louis xiv, homme vertueux , bon citoyen : et le duc avait les qualités de son père.
(Siècle de Louis XV.)
GENGIS-KAN, empereur des Tartares. — mort kn 1226. — 11 tint dans les plaines de Toncat une cour plénière triomphale, aussi magnifique qu'avait été guerrière celle qui autrefois lui prépara tant de triomphes. On y vit un mélange de barbarie tartarc et de luxe asiatique. Tous les kans et leurs vassaux compagnons de ses victoires , étaient sur ces anciens chariots scythes , dont l'usage subsiste encore jusque chez les Tartares de la Crimée; mais ces chars étaient couverts des étoffes précieuses, de l'or et de» pierreries de tant de peuples vaincus. Un des fils de Gengis lui fit dans cette diète un présent de, cent mille chevaux. Ce fut
dans ces états - généraux de l'Asie, qu'il reçut les adorations de plus de cinq cents ambassadeurs des pays conquis; de là il courut remettre sous le joug un grand pays qu'on nommait Tangut, vers les frontières de la Chine. [1226] Il voulait, âgé d'environ soixante et dix ans.» aller achever la conquête de ce grand royaume de la Chine , l'objet le plus chéri de son ambition; mais enfin une maladie mortelle le saisit dans son camp sur la route de cet empire , à quelques lieues de la grande muraille.
Jamais, ni avant ni après lui, aucun homme n'a subjugué plus de peuples. 11 avait conquis plus de dix-huit cents lieues de l'orient au couchant , et plus de mille du septentrion au midi. Mais, dans ses conquêtes , il ne fit que détruire , et , si on en excepte fiocara et deux ou trois autres villes dont il permit qu'on réparât les ruines, son empire, de la frontière de la Russie jusqu'à celle de la Chine, fut une dévastation. La Chine fut moins saccagée, parce qu'après la prise de Pékin, ce qu'il envahit ne résista pas. Il partagea avant sa mort , ses états à ses quatre fils, et chacun d'eux fut un des plus puissans rois de la terre.
On assure qu'on égorgea beaucoup d'hommes sur son tombeau , et qu'on en a usé ainsi à la mort denses successeurs , qui ont régné dans la Tartarie. C'est une ancienne coutume des princes scythes, qu'on a trouvée établie depuis peu chez les nègres de Congo; coutume digne de ce que la terre a porté de plus barbare. On prétend que c'était un point d'honneur, chez les domestiques des kans tartares, de mourir avec Jeu rs maîtres, et qu'ils se disputaient l'faemiour d'être enterrés avec eux. 84 ce fanatisme était commun , si la mortefait si peu de chose pour ces peuples, ils étaient faits pour subjuguer les autres nations. Les Tartares , dont l'admiration redoubla pour Gengis quand ils ne le virent plus , imaginèrent qu'il n'était point né comme les autres hommes , mais que sa mère l'avait conçu par le seul secours de l'influence céleste; comme si la rapidité de ses conquêtes n'était pas un assez grand prodige. S'il fallait donner à de tels hommes un Être surnaturel pour père , il faudrait supposer que c'est un être malfesant.
Les Grecs, et avant eux les Asiatiques, avaient souvent appelé fils des dieux , leurs défenseurs et leurs législateurs , et
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même les ravisseurs conqueraus. L'apothéose , dans tous les temps d'ignorance , a été prodiguée a quiconque instruisit, ou servit, ou écrasa le genre humain.
GIRARD, moine. —sa coxdamiatiox comme soacisa an 1730. — En 1700 , la moitié du parlement de Provence condamna au feu, comme sorcier, l'imbécillc et indiscret jésuite Girard, tandis que l'autre moitié lui donnait gain de cause avec dépens. La même sottise qui fit passer ce pauvre homme pour un grand prédicateur, lui donna la réputation d'un grand magicien. On soutint, dans le sanctuaire des lois , qu'en soufflant dans la bouche de b fille nommée Cadière , il lui avait fait entrer un démon d'impureté dans le corps ; et que cette fille , possédée do diable et de frère Girard, était devenue amoureuse de l'un et de l'autre.
Les avocats qui plaidèrent contre le
Jésuite, ne manquèrent pas de citer 'exemple du curé Gauffredi, qui nonseulement fut accusé au même parlement d'avoir soufflé le diable dans la bouche de Madeleine Lapa lu à Marseille, mais qui l'avoua dans les horreurs de la torture (moyen sûr de découvrir la vérité ). On cita la fameuse aventure des ursulioes de Loudun , toutes ensorcelées par le curé Grandier. Ce curé Grandier avec ce curé Gauffredi , avaient été brûlés vifs à la plus grande gloire de Dieu.
Il est dit même , dans la relation la plus authentique tic ce procès et de la mort affreuse de ce curé Grandier , qw: le bourreau qui lui administra la question , ne le fesant pas assez souffrir pont le forcer à se confesser sorcier , un révérend pèrerécollct , aussi robuste que zélé, prit la place du questionnaire, et enfonça les instrumens de la vérité si profondément dans les jambes du patient , qu'il en fit sortir la moelle. De tout cela l'on conclut qu'il fallait donner la question à Girard, et le brûler. Il aurait subi ces deux supplices s'il y avait eu dans le parlement deux voix contre lui, car i!
avait été charitablement statué, il y a long-temps, que la majorité de deux voix suffisait pour livrer loyalement un citoyen ou un moine au plus épouvan table des supplices.
( Histoire du parlement. ) GRAVIT ATION. — »a décocvemtk en ,665, Un jour, en l'année 1666, New-
ton, retiré à la campagne, et voyant tomber des fruits d'un arbre , à ce que m'a conté sa nièce ( madame Conduit ) , se laissa aller à une méditation profonde sur la cause qui entraine ainsi tous les corps vers une ligne , qui, si elle était prolongée , passerait à peu près par le centre de la terre *. Quelle est , se demandait-il à lui-même, cette force qui ne peut venir de tous ces tourbillons imaginaires démontrés si fauxf elle agit sur tous les corps à proportion de leurs masses, et non de leurs surfaces ; elle agirait sur le fruit qui vient de tomber de cet arbre , fùt-il élevé de trois mille toises , fùt-il élevé de dix mille. Si cela est, cette force doit agir de l'endroit où est le globe de la lune jusqu'au centre de la terre; s'il est ainsi , ce pouvoir, quel qu'il soit , peut donc être le même que celui qui fait tendre les planètes vers le soleil, et que celui qui fait graviter les satellites de J upiter sur Jupiter. Or il est démontré par toutes les inductions tirées des lois de Képler, que toutes ces planètessecondaires pèsent vers la planète du foyer de leur orbite d'autant plus qu'elles en sont plus près , et d'autant moins qu'elles en sont plus éloignées. Un corps placé où est la lune , qui circule autour de la terre, et un corps placé près de la terre , doivent donc tous deux poser sur la terre précisément suivant une certaine loi exprimée par une certaine quantité dépendante de leurs distances.
Donc , pour être assuré si c'est la même cause qui retient les planètes dans leurs orbites, et qui fait tomber ici les corps graves , il ne faut plus que des mesures ; il ne faut plus qu'examiner quel espace parcourt un corps grave en tombant sur la terre , en un temps donné, et quel espace parcourrait un corps placé dans la région de la lune en un temps donné. La lune elle-même est ce corps qui peut être considéré comme tombant réellement vers la terre de tout l'espace qui l'éloigné à chaque instant de la tangente de son orbite. Mais ce n'est pas ici une hypothèse qu'on ajuste comme on peut à un système ; ce n'est point un cal-
* Un étranger demandait un jour k Newton comment il avait découvert le» loia du eyatime du inonde: En y pensant sans cesse, répondit-il. C'eat le «ecret de toute* lea grand ea découvertea : le génie dana lea aciencea ne dépend que de l'intenaité et de la durée de l'attention dont la téte d'un homme eat tuacepUble.