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inondées. Le paysan ne murmura pas de voir ses troupeaux noyés dans la campagne. Amsterdam fut comme une vaste forteresse au milieu des eaux , entourée de vaisseaux de guerre, qui curent assez d'eau pour se ranger autour de la ville. La disette fut grande chez ces peuples; ils manquèrent surtout d'eau douce ; elle se vendit six sols la pinte : mais ces extrémités parurent moindres que l'esclavage.
C'est une chose digne de l'observation de la postérité, que la Hollande ainsi accablée sur terre et n'étant plus un état , demeurât encore redoutable sur la mer.
C'était l'élément véritable de ces peuple».
Tandis que Louis xiv passait le Rhin , et prenait trois provinces , l'amiral Ruyter, avec environ cent vaisseaux de guerre et plus de cinquante brûlots , alla chercher, près des côtes d'Angleterre les flottes des deux rois. Leurs puissances réunies n'avaient pu mettre eu mer une armée navale plus forte que celle de la république. Les Anglais et les Hollandais combattirent comme des natious accoutumées à se disputer l'empire de l'Océan. [7 juin 167a] Cette bataille, qu'on nomme de Solbaie, dura un jour entier.
Ruyter, qui en donna le signal, attaqua le vaisseau amiral d'Angleterre , où était le duc d'Yorck, frère du roi. La gloire de ce combat particulier demeura à Ruyter , Le duc d'Yorck, obligé de changer de vaisseau , ne reparut plus devant l'amiral hollandais. Les trente vaisseaux français eurent peu de part à l'action : et tel fut le sort de cette journée , que les côtes de la Hollande furent en sûreté.
Après cette bataille Ruyter, malgré les craintes et les contradictions de ses compatriotes, fit entrer la flotte marchande des Indes dans le Texel ; défendant a» jsi et enrichissant sa patrie d'un côté, lorsqu'elle périssait de l'autre. Le commerce même des Hollandais se soutenait ; on ne voyait que leurs pavillons sur les mers des Indes. Un jour qu'un consul de France disait au roi de Perse que Louis xiv avait conquis presque toute la Hollande : «Comment cela peut -il être, répondit ce monarque persan , puisqu'il y a toujours au port d'Ormus vingt vaisseaux hollandais pour un français f »
(Siècle de Louis XIV.)