‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 62 sur 183 · HOS · texte numérisé non relu

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rheur. Je viens de la trouver, personne ne l'a vue. » Ce paysan fut retenu jusqu'à ce que le gouverneur fût bien informé qu'il n'avait jamais lu, et que l'assiette n'avait été vue de personne. « Ailes, lui dit-il , vous êtes bien heureux de ne savoir pas lire. » Parmi les personnes qui ont eu une connaissance immédiate de ce fait , il y en a une très digne de foi qui vit encore. M. de Chamiliard fut le dernier ministre qui eut cet étrange secret. Le second maréchal de La Feuillade, son gendre , m'a dit qu'à la mort de son beaupère il le conjura à genoux de lui apprendre ce que c'était que c*t homme , qu'on ne connut jamais que sous le nom de l'homme au masque de fer. Chamiliard lui répondit que c'était le secret de l'état, et qu'il avait lait serment de ne le révéler jamais. Enfin, il reste encore beaucoup de mes contemporains qui déposent de la vérité de ce qne j'avance ; et je ne connais point de fait ni plus extraordinaire, ni mieux constaté.

{Siècle de Louis XIV.) HOSPITAL (le chancelier de L'). —

SON DISCOURS AU » AILEMRNT DB SOSDRAUX n

\56G.) — « Messieurs r dit-il, le roi a trouvé beaucoup de fautes en ce parlement, lequel étant comme plus dernièrement institué , car il y a cent et deux ans , vous avez moindre excuse de vous départir des anciennes ordonnances, et toutefois vous êtes aussi débauchés que les vieux, par aventure pis. • . £nfin voici une maison mal réglée. La première faute que je vous vois commettre, c'est de ne garder les ordonnances , en quoi vous désobéissez au roi. Si vous avez des remonstrances à lui faire, faites-les, et connaîtrez après sa dernière volonté. C'est votre faute aussi à vous , présidens et gens du roi , qui devez requérir l'observation des lois ; mais vous cuidez être plus sages que le roi, et estimez tant vos arrêts que les, mettez par-dessus les ordonnances , que vous interprétez comme il vous plaît. J'ai cet honneur de lui être chef de justice ; mais je serais bien marri de lui faire une interprétation de ses ordonnances de moi-môme, sans lui communiquer.

« On vous accuse de beaucoup de violences; vous menacez les gens de vos jugemens, et plusieurs sont scandalisés de la manière dont faites vos affaires, et surtout vos mariages ; quand on sait quelque riche héritière , quant et quant, c'est pour M. le conseiller, et on passe outre...

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« Il y en a entre tous lesquels pendant ces troubles se 6ont laits capitaines , les autres commissaires des vivres. . . Vous baillez même votre argent à intérêt ans marchands, et ceux-là devraient laisser leur robe , et se faire marchands. D'ambition, vous en êtes tous garnis. Eht soyez ambitieux de la grâce du roi, et non d'autre. »

Cette inflexible sévérité du chancelier de l'Hospital, qui semblait si Opposée à son esprit de tolérance, nuisit plus que ses bonnes lois ne servirent. Il eût dû faire des réprimandes aux particuliers coupables, et ne pas outrager les corps entiers; il les indisposait, 0 était cause lui-même de la résistance aux edits de paix , et détruisait son ouvrage. Les catholiques attaquèrent impunément les protestans, et Bientôt la guerre recommença plus violente qu'auparavant.

(Histoite du parlement.)

HUS ( jbaw ) , l'un des réformateurs du catholicisme. — son serptica kn i4i5. — L'empereur Charles iv , législateur de l'Allemagne et de la Bohême, avait fondé une université dans Prague sur le modère de celle de Paris. Déjà on y comptait, à ©e quVm dit , près de vingt mille étudians au commencement du quinzième siècle.

Les Allemands avaient trois voix dans les délibérations de l'académie» et les Bohémiens une seule. Jean Hus , né en Bohême devenu Bachelier de cette académie , et confesseur de la reine Sophie de liavière., femme de Venceslas , obtint de cette reine que ses compatriotes » au contraire, eussent trois voix, et les Allemands une seule. Les Allemands irrités se retirèrent ; et ce fut autant d'ennemis irréconciliables que se fit Jean Hus. Il reçut dans ce temps là quelques ouvrages de Wiclef; il en rejeta constamment la doctrine , mais il en adopta tout ce que la bile de cet anglais avait répandu contre les scandales des papes et des évêques , coutre celui des excommunications lancées avec tant de légèreté et de fureur; en. fin contre toute puissance ecclésiastique , que Wiclef regardait comme une usurpation. Par-là il se fit de bien plus grands ennemis, mais aussi il se concilia beaucoup de protecteurs, et surtout la reine qu'il dirigeait. On l'accusa devant le pape Jean xxm , et on le cita à comparaître vers l'an i4i i* Il nte comparut point. On assembla cependant le concile de Constance , qui devait juger les papes et les

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