‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 67 sur 183 · JEN · texte numérisé non relu

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pas qu'on leur proposerait. L'artificieux Italien intimida tellement le prince, disposa si bien les barons, qu'enfin le 1 5 mai m5, dans la maison des chevaliers du Temple , au faubourg de Douvres, le roi a genonx , mettant ses mains entre celles du légat, prononça ces paroles :

« Moi Jean, par la grâce de Dieu roi d'Angleterre et seigneur d'Uibcrnie, pour l'expiation de mes péchés , et de ma pure volonté, et de l'avis de mes barons , je donne à l'église de Rome , au pape Innocent et à ses successeurs , les royaumes d'Angleterre et d'Irlande avec tous leurs droits : je les tiendrai comme vassal du pape : je serai fidèle à Dieu, à l'église romaine, au pape mon seigneur > et à ses successeurs légitimement élus. Je m'oblige de lui payer une redevance de mille marcs d'argent par an , savoir, sept cents pour le royaume d'Angleterre, et trois cents pour l'Hibernie. »

C'était beaucoup dans un pays qui avait alors très peu d'argent, et dans lequel on ne frappait aucune monnaie d'or.

Alors on mit de l'argent entre les mains du légat , comme premier paiement de la redevance. On lui remit la couronne et le sceptre. Le diacre italien foula l'argent aux pieds, et garda la couronne et Je sceptre cinq jours. Il rendit ensuite ees ornemena au roi, comme un bienfait do pape leur commun maître.

Philippe-Auguste n'attendait à Boulogne, que le retour du légat pour se mettre en mer. Le léçat revient à lui pour lui apprendre qu'il ne lui est plus permis d'attaquer l'Angleterre, devenue îief de l'église romaine, et que le roi Jean est •ous la protection de Rome.

( Essai sur U& Mœurs. )

JEN K IN S, marin anglap. — un àox mises l'arclbtr8be il l'bs?àgï<* (décembre 1739). — Un patron de vaisseau, nommé jenkins, vint, en 1709, se présenter à la chambre des communes. C'était on homme franc et simple, qui n'avait point fait de commerce illicite, mais dont le vaisseau avait été rencontré par un garde-côte espagnol dans un parage de l'Amérique, où les Espagnols ne voulaient, pas souffrir de navires anglais. Le capitaine espagnol avait saisi le vaisseau de Jcnkins, mis l'équipage aux Sers, fendu le nez et coupé les oreilles au patron. En cet état Jeokins se présenta au parlement ; il raconta son aventure avec la naïveté de sa profession et

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de son carat 1ère. • Messieurs; dit- il, quand on m'eut ainsi mutilé on me menaça de la mort ; je l'attendis ; je recommandai mon aine à Dieu et ma vengeance à ma patrie. » Ces paroles prononcée»

naturellement excitèrent un cri de pitié et d'indignation dans l'assemblée. Le peu-

1»le de Londres criait à la porte du parement, la mer libre ou la guerre. On n'a peut-être jamais parlé avec plus de véritable éloquence qu'on parla sur ce sujet dans le parlement d'Angleterre ; et je ne sais si les harangues méditées qu'on prononça autrefois dans Athènes et dans Rome, en des occasions a peu près semblables, l'emportent sur les discours non préparés du chevalier Windham, du lord Garteret, du ministre Robert Walpole, du comte de Chesterfield, de M. Pultney, depuis comte de Bath. Ces discours, qui sont l'effet naturel du gouvernement et de l'esprit anglais , étonnent quelquefois les étrangers, comme les productions d'un pays, qui sont à vil prix sur leur terrain, sont ret h< reliées précieusement ailleurs. Mais il faut lire avec précaution toutes ces harangues où l'esprit de parti domine. Le véritable état de la nation y est presque toujours déguisé. Le parti du ministère y peint le gouvernement florissant; la faction contraire assure que tout est en décadence : l'exagération règne partout.

«Où est le temps, s'écriait alors un membre du parlement, où est le temps où un ministre de la guerre disait qu il ne fallait pas qu'on osât tirer un coup de canon en Europe sans la permission de l'Angleterre ? »

Enfin le cri de la nation détermina le parlement et le roi. On déclara la guerre à l'Espagne dans les formes, à la tin de l'année 1739. ( Histoire parti culière. )

JEROME DE PRAGUE , disciple de Jean Hus. — soit scpflicb la 1416. — C'était un homme bien supérieur à Jean Hus en esprit et en éloquence. Il avait d'abord souscrit à la condamnation de la doctrine de son maître; mais, ayant appris avec quelle grandeur d'àme Jean Hus était mort , il eut honte de vivre. Il se rétracta publiquement, et fut envoyé au bûcher. Poggio, florentin , secrétaire de Jean xxui, et l'un des premiers restaurateurs des lettres, présent à son interrogatoire et à son supplice, dit qu'il n'avait jamais rien entendu qui approchât autant de l'éloquence des Grecs et des

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