JOU
temps que des créatures créées à mou image et ressemblance , rachetées par le prix de mon sang sur l'arbre de la croix, où j'ai enduré mort et passion, m'offensent continuellement, en transgressant mes commandement et abandonnant ma loi divine, je vous avertis que, si vous continuez à vivre dans le péché, et que je ne voie en vous ni remords, ni contrition , ni une sincère et véritable confession et satisfaction , je vous ferai sentir la pesanteur de mon bras divin. Si ce n'était les prières de ma obère mère, j'aurais déjà détruit la terre , pour les péchés que vous commettez les uns contre les antre • Je vous ai donné six jours pour travailler, et le septième pour vous reposer, pour sanctifier mon saint nom, pour entendre la sainte messe, et employer le reste du jour au service de Dieu mon père. Au contraire, on ne voit que blasphèmes et ivrogneries; et le monde est tellement débordé, qu'on n'y voit que vanité et mensonges. Les chrétiens, au lieu d'avoir compassion des pauvres qu'ils voient à leurs portes, et qui sont mes membres, pour parvenir au royaume céleste , ils aiment mieux mignarder des chiens et autres animaux, et laisser mourir de l'ai m et de soif ces objets, en s'abandonnant entièrement à Satan, par leur avariée, gourmandise et autres vices; au lieu d'assister les pauvres , ils aiment mieux sacrifier tout à leurs plaisirs et débauches. C'est ainsi qu'ils me déclarent la guci 1 1 • .
Et vous, pères et mères pleins d'iniquités, vous souffrez vos enfans jurer et blasphémer mon saint nom : au lieu de leur donner une bonne éducation, vous leur amassez, par avarice, des biens qui sont dédiés à Satan. Je vous dis, par la bouche de Dieu mon père, de ma chère mère , de tous les chérubins et séraphins , et par saint Pierre , le chef de mon église, que, si vous ne vous amendez, je vous enverrai des maladies extraordinaires par qui périra tout; vous ressentirez la juste colère de Dieu mon père ; vous serez réduits à un tel état, que vous n'aurez connaissance les uns des autres. Ouvrez les )eux et contemplez ma croix que je vous ai laissée pour arme contre l'ennemi du score humain , et pour vous servir de guide a la gloire éternelle : regardez mou chef couronné d'épines, mes pieds et mes mains percés de clous; j'ai répandu jusqu'à la dernière goutte de mon sang pour votre rédemption , par un pur amour
de père pour des enfans ingrats. Faites des œuvres qui puissent vous attirer ma miséricorde ; ne jurez pas mon saint nom ; priez-moi dévotement; jeûnez souvent; et particulièrement faites l'aumône aux pauvres, qui sont mes membres; car c'est de toutes les bonnes œuvres celle qui m'est le plus agréable : ne méprises ni la veuve ni l'orphelin ; restituez ce qui ne vous appartient pas; fuyez toutes les occasions de pécher; gardez soigneusement mes commandemens; honorez Marie , ma très chère mère.
« Ceux ou celles qui ne profiteront pas des avertisseraens que je leur donne, qui ne croiront pas mes paroles, attireront par leur obstination mon bras vengeur sur leurs tètes ; ils seront accablés de malheurs , qui seront les avant-coureurs de leur fin dernière et malheureuse, après laquelle ils seront précipités dans les flammes éternelles , où ils souffriront des peines sans lin, qui sont le juste châtiment réservé à leurs crimes.
«Au contraire ,v ceux ou celles qui feront un saint usage des avertissemens de Dieu , qui leur sont donnés par cette lettre , apaiseront sa colère , et obtiendront de lui, après une confession sincère de leurs fautes , la rémission de leurs péchés, tant grands soient-ils.
• Il faut garder soigneusement cette lettre , en i honneur de notre Seigneur Jésus -Christ. »
«Avec permission. A Bourges, le 5o juillet 1771. DsBeacvoim, lieutenant général de police. •
N. B. 11 faut remarquer que cette sottise a été imprimée a Bourges , sans qu'il y ait eu ni a Tréguier ni à Paimpol le moindre préteite qui pût donner lieu A une pareille imposture. Cependant, supposons que, dans les siècles à venir, quelque cuistre à miracle veuille prouver un point de théologie par l'apparition de Jésus-Christ sur l'autel de Paimpol, ne se croira-t il pan en droit de citer la propre lettre de Jésus, imprimée à Bourges avec permission ? Ne traitera-t-il pas d'impies ceux qui en douteront ? .Ne prou\era-t-iI pas par les faits , que Jésus opérait partout des miracles dans notre siècle ? Voilà un beau champ ouvert aux Houttcville et aux Abadie.
( Dictionnaire philosophique. ) JOURNEE DES DUPES, sous le roi de France Louis xru (1 1 novembre i55o.) — Les négociations avec les princes d'i-
iG4 JOU
talie , avec le roi de Suède Gustave-Adolphe, avec les Provinces - Unies et les
I rinces d'Orange, contre l'empereur et 'Espagne, étaient dans les mains de Richelieu , et n'en pouvaient guère •ortir sans danger pour l'état. Cependant la faiblesse du roi, appuyée en secret dans son cœur par ce dépit que lui inspirait la supériorité du cardinal, abandonne ce ministre nécessaires il promet sa disgrâce aux empressemens opiniâtres et aux larmes de sa mère. Le cardinal entra par une fausse porte dans la chambre où l'on concluait sa ruine. Le roi sort sans lui parler ; il se croit perdu , et prépare sa retraite au Havre-de-Grâce, comme il l'avait déjà préparée pour Avignon quelques mois auparavant. Sa ruine paraissait d'autant plus sûre, que le roi, le jour même , donne pouvoir au maréchal de Marillac, ennemi déclaré du cardinal, de faire la euerre et la paix dans le Piémont. Alors Te cardinal presse son départ ; ses mulets avaient déjà porté ses trésors à trente-cinq lieues sans passer par aucune ville ; précaution prise contre la haine publique. Ses amis lui conseillent de tenter enfin auprès du roi un nouvel effort.
Le cardinal va trouver le roi à Versailles, alors petite maison de chasse « achetée par Louis xm vingt mille écus, devenue depuis, sous Louis xiv, un des plus grands palais de l'Europe et un abîme de dépenses. Le roi, qui avait sacrifié son ministre par faiblesse, se remet par faiblesse entre ses mains ; et il lui abandonne ceux qui l'avaient perdu.
Ce jour, qui est encore à présent appelé ta journée des dupes , fut celui du pouvoir absolu du cardinal. Dès le lendemain le garde des sceaux est arrêté , et conduit prisonnier à Cbâteaudun, où il mourut de douleur. Le jour même, le cardinal dépêche un huissier du cabinet , de la part du roi , aux maréchaux de La Force et Schomberg , pour faire arrêter le maréchal de Marillac au milieu de l'armée qu'il allait commander seul. L'huissier arrive une heure après que ce maréchal de Marillac avait reçu la nouvelle de la disgrâce de Richelieu. Le maréchal est prisonnier dans le temps qu'il se croyait maître de l'état avec son frère. Richelieu résolut de faire mourir ce général ignominieusement par la main du bourreau ; et , , né pouvant l'accuser de trahison , il s'avisa de lui imputer d'être ronenssionnaire.