‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 77 sur 183 · LEV · texte numérisé non relu

LEV

k>lait que les Turcs eussent gagné la bataille de Lépante. ( Essai sur (es mœurs.) LEVENHAUPT, général suédois. —

SON TBIPLB COMBAT CORTBB PIBBBB LB GBARD.

(7 octobre 1708.) — Il avait déjà passé le Borysthène, au-dessous de Mohilou, et s'était avancé vingt de nos lieues au delà, sur le chemin de l'Ukraine. Il amenait à Charles m un convoi de huit mille chariots , avec l'argent qu'il avait levé en Litbuanie sur sa route. Quand il fut vers le bourg de Lesno , près de l'endroit où les rivières de Pronia et Sossa se joignent pour aller tomber loin au-dessous dans le Borysthène, le czar parut à la tête de près de quarante mille hommes.

[1708] Le général suédois, qui n'en avait pas seize mille complets , ne voulut pas se retrancher. Tant de victoires avaient donné aux Suédois une si grande confiance qu'ils ne s'informaient jamais du nombre de leurs ennemis, mais seulement du lieu où ils étaient. Levenhaupt marcha donc à eux sans balancer, le 7 d'octobre après midi. Dans le premier choc, les Suédois tuèrent quinze cents Moscovites. La confusion se mit dans l'armée du czar; on fuyait de tous côtés. L'empereur des Busses vit îe moment où il allait être entièrement défait. Il sentait que le salut de ses états dépendait de cette journée, et qu'il était perdu si Levenhaupt joignait le roi de Suéde avec une armée victorieuse.

Dès qu'il vit que ses troupes commençaient à reculer, il courut à l'arrièregarde, où étaient des Cosaques et des Çalmouks : «Je vous ordonne, leur dit-il, de tirer sur quiconque fuira, et de me tuer moi-même si j'étais assez lâche pour me retirer. » De là il retourna à l'a van tgarde, et rallia ses troupes lui-même, aidé du prince Menzikofl' et du prince Gallitzin. Levenhaupt, qui avait des ordres pressai) s de rejoindre son maître, aima mieux continuer sa marche que recommencer Je combat, croyant en avoir assez fait pour ùter aux ennemis la résolution de le poursuivre.

Dès le lendemain à onae heures, le czar l'attaqua au bord d'un marais, et étendit son armée pour l'envelopper. Les Suédois firent face partout : on se battit pendant deux heures avec une opiniâtreté égale. Les Moscovites perdirent trois fois plus de monde ; mais aucun ne lâcha pied, et la victoire fut indécise.

• A quatre heures, le général Bayer

Page 1