‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 8 sur 183 · ALT · texte numérisé non relu

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Ses troupes étaient dans le faubourg* le flambeau à la main : une faible porte de bois et un fossé déjà comblé étaient les seules défenses des Aliénais. Ces malheureux furent obligés de quitter leurs maisons avec précipitation , au milieu de la nuit : c'était le neuf janvier 1713 : il fcsaît un froid rigoureux, augmenté par un vent de Nord violent , qui servit à étendre l'embrasement avec plus de promptitude dans la ville, et à rendre plus insupportables les extrémités où le peuple fut réduit dans la campagne. Les hommes, les femmes courbés sous le fardeau des meubles qu'ils emportaient, se réfugièrent, en pleurant et en poussant des hurlemens, sur les coteaux voisins qui étaient couverts de glace. On voyait plusieurs

i'eunes gens qui portaient sur leurs épaues des vieillards paralytiques. Quelques femmes nouvellement accouchées emportèrent leurs enfans, et moururent de froid avec eux sur la colline, en regardant de loin les flammes qui consumaient leur patrie. Tous les habitans n'étaient pas encore sortis de la ville, lorsque les Suédois y mirent le feo. Altena brûla depuis minuit jusqu'à dix heures du matin. Presque toutes les maisons étaient de bois : tout fut consumé , et il ne parut pas le lendemain qu'il y eût eu une ville en cet endroit.

Les vieillards, les malades et les femmes les plus délicates, réfugiés dans les glaces pendant que leurs maisons étaient en feu, se traînèrent aux portes de Hambourg, et supplièrent qu'on leur ouvrit, et qu'on leur sauvât la vie : mais on refusa de les recevoir , parce qu'il régnait dans Altena quelques maladies contagieuses; et les Hambourgeois n'aimaient pas assez les Aliénais pour s'exposer, en les recueillant, à infecter leur propre ville. Ainsi la plupart de ces misérables expirèrent sous les murs de Hambourg, en prenant le ciel à témoin de la barbarie des Suédois , et de celle des Hambourgeois qui ne paraissait pas moins inhumaine.

Toute l'Allemagne cria contre cette violence : les ministres et les généraux de Pologne et de Danemarck écrivirent au comte de Steinbock, pour lui reprocher une cruauté si grande qui, faite sans nécessité, et demeurant sans excuse, soulevait contre lui le ciel et la terre.

Steinbock répondit : • qu'il mer s'était porté à ces extrémités que pour apprendre aux ennemis du roi, son maître, à ne

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