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plut faire une guerre de barbares > et h respecter le droit des gens; qu'ils avaient rempli la Poméranie de leurs cruautés, dévasté cette belle province, et vendu près de cent mille habitans aux Turcs; que les flammes qui avaient mis Altena en cendres étaient les représailles des boulets rouges par qui Stade avait été consumée » . (Histoire de Charles XII ).
ANCRE (maréchal d'). — sa condamnation et sa mobt ( i4 avril 1617). — Conchini, maréchal d'Ancre, n'entrait pas au conseil , mais il le dirigeait. Il était maître des affaires ; et le prince de Condé, premier prince du sang en était exclu. Un jeune gentilhomme du comtat d'Avignon, introduit auprès de Louis xm, et s'étant rendu nécessaire aux amusemens de son enfance, préparait alors une révolution à laquelle personne ne s'attendait. Le roi avait alors seize ans et demi; il lui persuada qu'il était seul capable de bien gouverner son royaume; que sa mère n'aimait ni sa personne , ni son état ; que Conchini était un traître. Ce Conchini, dans ce temps là même , fesait une action qui méritait une statue. Enrichi par les profusions de Marie de Médicis, il levait à ses dépens, une armée de cinq à six mille hommes contre les révoltés; il soutenait la France comme si elle avait été sa patrie. Le jeune gentilhomme, nommé Albert, connu sous le nom de Luines, rendit si suspect le service même que Conchini, maréchal de France, venait de rendre, qu'il fit consentir le roi à l'assassiner, et à mettre en prison la reine sa mère.
Louis xiit, à qui on donnait déjà le nom de juste y approuva l'idée de faire tuer le maréchal, dans son propre appartement, ou dans celui de sa mère. Conchini ne s 'étant pas présenté ce jour là au Louvre, ne prolongea sa vie que d'un jour. 11 fut tué à coups de pistolet le lendemain , en entrant dans la cour du Château. Vitri et quelques gardes-du-corps furent les meurtriers. Vitri eut le bâton de maréchal de France pour récoin peasc. Marie de Médicis fut emprisonnée dans son appartement, dont on mura les portes qui donnaient sur le jardin ; et bientôt après on l'envoya prisonnière à Blois.
{Voyez^ pour sa femme, l'article Galigaï. ) (Histoire générale. )
AN NE D'AUTRICHE, reine de France. — sa fuit* dk pabis dans lks gcibbbs db la FRONDE (6 janvier 1649).
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— On ne veut point répéter ici tout ce
3ui a été écrit sur ces troubles, et copier es livres pour remettre sous les yeux tant de détails alors si chers et si importans, et aujourd'hui presque oubliés; mais on doit dire ce qui caractérise l'esprit de la nation , et moins ce qui appartient à toutes les guerres civiles , que ce qui distingue celle de la Fronde.
Deux pouvoirs établis chez les hommes uniquement pour le maintien de la paix, un archevêque et un parlement de Paris ayant commencé les troubles, le peuple crut tous ses emportemens justifiés. La reine ne pouvait paraître en public sans être outragée ; on ne l'appelait que dame Amie; et, si l'on y ajoutait quelque titre , c'était un opprobre. Le peuple lui reprochait avec fureur de sacrifier l'étal à son amitié pour Mazarin ; et , ce qu'il y a de plus insupportable , elle entendait de tous côtés ces chansons et ces vaudevilles, monumens de plaisanterie et de malignité, qui semblaient devoir éterniser le doute où l'on affectait d'être de sa vertu. Madame de Motlcville dit, avec sa noble et sincère naïveté , que « ces insolences Pesaient horreur à la reine , et que les Parisiens trompés lui fesaient pitié. »
(6 janvier 1649. ) Elle s'enfuit de Paris avec ses enfaus, son ministre, le duc d'Orléans frère de Louis xm, le grand Condé lui-même, et alla à Saint-Germain* où presque tonte la cour coucha sur la paille. On fut obligé de mettre en gage , chez les usuriers , les pierreries de la couronne.
Le roi manqua souvent du nécessaire." Les pages de sa chambre furent congédiés , parce qu'on n'avait pas de quoi les nourrir. En ce temps là même, la tante de Louis xiv, fille de Henri-le-Grand , femme du roi d'Angleterre , réfugiée à Paris, y était réduite aux extrémités de la pauvreté; et sa fille, depuis mariée au frère de Louis xiv, restait au lit, n'ayant pas de quoi se chauffer, sans que le peuple de Pans, enivré de ses fureurs, fît seulement attention aux afflictions de tant de personnes royales.
Anne d'Autriche /dont on vantait l'esprit, les grâces, la bonté, n'avait presque jamais été en Fiance que malheureuse. Long- temps traitée comme une criminelle par son époux* persécutée par le cardinal de Richelieu, elle avait vu ses papiers saisis au Val-de-Gràce ; elle avpit été obligée de signer en plein
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conseil qu'elle était coupable envers le roi son mari. Quand elle accoucha de Louis xiv, ce même mari ne voulut jamais l'embrasser, selon l'usage, et cet auront altéra sa santé au point de mettre en danger sa vie. Enfin , dans sa régence, après avoir comblé de grâces tous ceux qui l'avaient implorée, elle se voyait chassée de la capitale par un peuple volage et furieux. Elle et la reine d' Angleterre, sa belle-sœur, étaient toutes deux un mémorable exemple des révolutions que peuvent éprouver les têtes couronnées; et sa belle-mère, Marie de Médicis, avait été encore plus malheureuse.
La reine, les larmes aux yeux, pressa le prince de Gondé de servir de protecteur au roi. Le vainqueur de Rocroi, de Fribourg, de Lcns et de Norlingue, ne put démentir tant de services passés : il lut flatté de l'honneur de défendre une cour qu'il croyait ingrate, contre la fronde qui recherchait son appui. Le parlement eut donc le grand Gondé à combattre; et il osa soutenir la guerre.
( Siècle de Louis xiv. )
ANNE DE BOULEPi, reine d'Angleterre. SA REPUDIATION HT SA MORT
( 19 mat i635). — On prétend que les partisans secrets de Rome conjurèrent sa perle , dans» l'espérance que, si le roi se séparait d'elle , la fille de Catherine d'Espagne hériterait du royaume , et rétablirait la religion abolie pour sa rivale. Le complot réussit au-delà de ce qu'on espérait : le roi, amoureux de Jeanne de Seymour , fille d'honneur de la reine , reçut a videmment ce qu'on lui dit contre sa femme. Toutes ses passions étaient extrêmes : il ne craignit point la honte d'accuser son épouse d'adultère dans la chambre des pairs. Ge parlement, qui ne fut jamais que l'instrument des passions du roi, condamna la reine au supplice, sur des indices si légers, qu'un citoyen qui se brouillerait avec sa femme pour si peu de chose, passerait pour un homme injuste. On fit trancher la tète à son frère , qu'on supposait avoir commis un inceste avec elle, sans qu'on en eût la moindre preuve. On fit mourir deux hommes qui lui avaient dit un jour de ces choses flatteuses qu'on dit à toutes les femmes, et qu'une reine vertueuse peut entendre quand l'enjouement de sou esprit permet quelque liberté à ses courtisans. On pendit un musicien qu'on avait engagé à déposer qu'il avait eu ses
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faveurs, et qui ne lui fut jamais con fronté. La lettre que cette malheureuse reine écrivit à son mari avant d'aller à l'échafaud, parait un grand témoignage de son innocence et de son courage.
« Vous m'avez toujours élevée, dit-elle; de simple demoiselle, vous me fîtes mar quise; de marquise, reine; et de reine, vous voulez aujourd'hui me faire sainte. • Enfin, Anne de Bout en passa du trône à l'échafaud par la jalousie d'un mari qui ne l'aimait plus. Ge ne fut pas la vingtième tête couronnée qui périt tragiquement en Angleterre ; mais ce fut la première qui mourut par la main du bourreau. Le tyr.tn ( on ne peut lui donner un autre nom) fit encore un divorce avec sa femme avant de la faire mourir, et parla déclara bâtarde sa fille Elisabeth, comme il avait déclaré bâtarde sa première fille Marie.
Dès le lendemain même de l'exécution de la reine, il épousa Jeanne de Seymour, qui mourut l'année suivante , après lut avoir donné un fils. ( Histoire générale).
ANNE DU BOURG, Conseiller au Parlement de Paris. — ha mort ( 19 octobre 1 559 ) . — Le duc François de G aise et le cardinal de Lorraine , son frère , commençaient à gouverner l'état sons Henri 11. François de Guise avait été déclaré lieutenant général de l'état; et, en cette qualité , il précédait le connétable et lui écrivait en supérieur. Le cardinal de Lorraine , qui avait la première place dans le conseil, voulut, pour se rendre encore plus nécessaire, établir ru France l'inquisition , et il y parvint même enfin à quelques égards.
On n'institua pas à la vérité en France ce tribunal qui offense à la fois la loi naturelle, toutes celles de l'état , la liberté des hommes et la religion qu'il déshonore en la soutenant ; mais on donna le titre d'inquisiteurs à quelques ecclésiastiques qu'on admit pour juges dans les procès extraordinaires qu'on lésait à ceux de la religion prétendue réfoi méç ; tel fut ce fameux Mouchy, qu'on appellait Démocharès, recteur de l'université. C'était proprement un délateur et un espion du cardinal de Lorraine; c'est pour lui qu'on inventa le sobriquet de mouchards , pour désigner les espions ; son nom seul est devenu une injure.
Cet inquisiteur suborna deux jeunes gens pour déposer que les prétendus réformés avaient fait le jeudisaint une assemblée dans laquelle , après avoir mangé ua
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cochon en dérision de l'ancien sabat, ils avaient éteint les lampes , et. s'étaient abandonnes» hommes et femmes , à une prostitution générale.
C'est une chose bien remarquable, qu'une telle calomnie ait toujours été intentée contre toutesles nouvelles sectes , a commencer même par le christianisme , auquel on imputa des abominations pareilles. Les sectaires nommés huguenots, réformés, protestant, êvangéliques , furent poursuivis partout. On en condamna plusieurs aux flammes. Ce supplice ne parait pas proportionné au délit. Des gens qui n'étaient convaincus que devoir prié Dieu dans leur langue naturelle, et d'avoir communié avec du pain levé et du vin , semblaient ne pas mériter un si affreux supplice; mais dès long-temps l'église s'était servie des bûchers pour punir tous ceux qui avaient le malheur de ne pas penser comme elle. On supposait que c'était à la fois imiter et prévenir la justice divine , qui destine tous les ennemis de l'église au feu éternel. Le bûcher était regardé comme un commencement de l'enfer.
II arriva au mois d'avril i55g, dans une assemblée qu'on nomme mercuriale , que les plus savans et les plus modérés du parlement proposèrent d'user de moins de cruauté , et de chercher à réformer l'église. Ce fut l'avis du président Ranconnet , d'Arnaud Ferrier, d'Antoine Fumée, de Paul de Foix, de Nicolas Duval, de Claude Viole, d'Eustache de la Porte, de Louis du Faur, et du célèbre Anne du Bourg.
Un de leurs confrères les dénonça au roi. Il violait en cela son serment de conseiller, qui est de tenir les délibérations de la cour, secrètes. 11 violait encore plus les lois de l'honneur et de l'équité.
Le roi, excité parles Guises, et séduit par cette malheureuse politique qui fait croire que la liberté de penser détruit l'obéissance , vint au parlement sans être attendu [a5 juin i55q]. 11 était accompagné de Bertrand ou Bertrandi , cardinal, garde-des-sceaux, autrefois premier président du parlement, homme tout dévoué aux maximes ultramontaines. Le connétable de Montmorenci et plusieurs grand»
officiers de la couronne prirent séance.
Le roi, qui savait qu'on délibérait alors sur la même matière, voulut au 'on continuât à parler en liberté : plusieurs tombèrent dans le piège qu'on leur tendait.