PAR LE L8GAT 00 PAPE SUR LES FESSES DE SES
chapelains. — On prétend que ce n'est qu'au dixième siècle que les moines et les religieuses commencèrent à se fouetter à certains jours de l'année. La coutume dé donner le fouet aux pécheurs pour pénitence s'établit si bien , que le confesseur de saint Louis lui donnait très souvent le fouet. Henri 11 , d'Angleterre , fut fouette par les chanoines de Cantorbéry. Raimond , comte de Toulouse , fut fouetté la corde au cou par un diacre , à la porte de l'église de Saint-Gilles , devant le légat Milon.
Les chapelains du roi de France Louis vin furent condamnés par le légat du pape Innocent ni à venir aux quatre grandes fêtes, aux portes de la cathédrale de Paris, présenter des verges aux chanoines pour les fouetter, en expiation du crime du roi leur maître qui avait accepté la couronne d'Angleterre que le pape lui avait otée, après la lui avoir donnée en vertu de sa pleine puissance. Il parut même que le pape était fort indulgent en ne fesant pas fouetter le roi lui-même , et en se contentant de lui ordonner, sous peine de damnation, de payer à la chambre apostolique deux années de son revenu.
C'est de cet ancien usage que vient la coutume d'armer encore dans Saint- Pierre de Rome les grands pénitenciers de longues baguettes au lieu de verges , dont ils donnent de petits coups aux pénitens prosternés de leur long. C'est ainsi que le roi de France Henri iv reçut le fouet sur les fesses des cardinaux d'Ossat et Duperron : tant il est vrai que nous
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sortons k peine de la barbarie dans laquelle nous avons encore une jambe enfoncée jusqu'au genou !
(Dictionnaire philosophique. )
— SON TESTA M BUT ET S A MORT ( 13 ï 51. Le
testament de Louis vm mérite seulement quelque attention. 11 lègue cent sous à chacune des deux raille léproseries de son royaume. Les chrétiens, pour fruit de leurs croisades, ne remportèrent enfin que la lèpre. 11 faut que le peu d'usage du linge, et la malpropreté du peuple, eût bien augmenté le nom bre des lépreux. Ce nom de léproserie n'était pas donné indifféremment aux autres hôpitaux ; car on voit , par le même testament , que le roi lègue cent livres de compte à deux cents hôtels-dieu. Le legs que fit Louis vnï de trente mille livres , une fois payées, à son épouse, la célèbre Blanche de Castille, revenait à cinq cent quarante mille livres d'aujourd'hui. J'insiste souvent sur ces prix di s monnaies ; c'est , ce me semble, le pouls d'un état , et une manière assex sûre de reconnaître ses forces. Par exemple, il est clair que Philippe- Auguste fut le plus puissant prince de son temps , si , indépendamment des pierreries qu'il laissa , les sommes spécifiées dans son testament montent à près de neuf cent mille marcs d'argent de huit onces, qui valent à présent environ quarante-neuf millions de notre monnaie , à 54 livres 19 sous le marc d'argent fin. Mais il faut qu'il y ait quelque erreur de calcul dans çe testament : il n'est point du tout vraisemblable qu'un roi de France, nui n'avait de revenu que celui de ses domaines particuliers, ait pu laisser alors une somme si considérable. La puissance de tous les rois de l'Europe consistait alors à voir marcher un grand nombre de vassaux sous leurs ordres , et non à posséder assez de trésors pour les asservir.
C'est ici le lieu de relever un étrange conte que font tous nos historiens. Ils disent que , Louis vm étant au lit de la mort, les médecins jugèrent qu'il n'y âvait d'autre remède pour lui que l'usage des femmes; qu'ils mirent dans son lit une jeune fille , mais que le roi la chassa , aimant mieux mourir, disent-ils , que de commettre un péché mortel. Le père l)aniel, dans son Histoire do France, a fait graver cette aventure à la tête de la Vie de Louis vm , comme le plus bel exploit de ce prince.
Cette fable a été appliquée à plusieurs
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autres monarque*, fille n'est, comme tous les autres contes de ces temps-là , que le fruit de l'ignorance. Mais on devrait savoir aujourd'hui que la jouissance d'une fille n'est point uo remède pour un malade; et, après tout, si Louis vm n'avait pu réchapper que par cet expédient, il avait Blanche, sa femme, qui étoit fort belle, et en état de lui sauver la vie. Le jésuite Daniel prétend donc que Louis vm mourut glorieusement , en ne satisfesant pas là nature, et en combattant les hérétiques. Il est vrai qu'avant sa mort il alla en Languedoc pour s'emparer d'une partie dn comté de Toulouse, que le jeune Amauri , comte de Montfort, fils de l'usurpateur, lui vendit. Mais acheter un pays d'un homme à qui ce
Eays n'appartient pas , est-ce la comattre pour la foi? Un esprit juste, eii lisant l'histoire, n'est presque occupé qu'à la réfuter. (Histoire générale.)
LOUIS IX, roi de France, — ■ fait raisonribb dans vira cboisads (5 avril n5o.) — Louis mouilla dans l'île de Chypre : le roi de cette lie se joint à lui. On aborde en Egypte. Le Soudan1 d'Egypte ne possédait point Jérusalem. La Palestine alors était ravagée par les Corasmins. Le sultan de Syrie leur abandonnait ce malheureux pays; et le calife de Bagdad, toujours reconnu et toujours sans pouvoir, ne se mêlait plus de ces guerres. Il restait encore aux chrétiens Ptoléraaïs, Tyr, Anlioche, Tripoli. Leurs divisions les exposaient continuellement à être écrasés par les sultans turcs et par le* Corasmins.
Dans ces circonstances , il est difficile de voir pourquoi le roi de France choisissait 1 Egypte pour le théâtre de sà guerre. Le vieux Mélecsala , malade , demanda la paix; on la refusa. Louis était renforcé par de nouveaux secours arrivés de France , suivi de soixante mille combattans, obéi, aimé, ayant en tète des ennemis déjà vaincus, un Soudan qui touchait à sa fin. Qui n'eût cru que 1 Egypte et bientôt la Syrie seraient domptées ? Cependant la moitié de cette armée florissante périt de maladie ; l'autre moitié est vaincue près de la Massoure. Saint Louis voit tuer son frère Robert d'Artois; il est pris avec ses deux autres frères , le comte d'Anjou et le comte de Poitiers.
Ce n'était plus alors Mélecsala qui régnait en Egypte , c'était son fils Almoa-
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«lao. Ce nouveau soudan avait certaine ment de la grandeur d'âme; car, le roi Louis lui ayant oliert pour sa rançon et l«our celle de» prisoouicis un million de besans d'or, Airooudau lui en remit la cinquième p irlie.
Ce soudan lut massacré par les mameluks, dont son père avait établi Ja milice. Le gouvernement, partagé alors, semblait devoir être funote aux chrétiens.
Cependant ie conseil égyptien continua de traiter avec le roi. Le sire de Join.il le rapporte que les émirs même proposèrent, dans une de leurs assemblées , de choisir Louis pour leur Soudan.
Joinville était prisonnier avec le roi.
Ce que raconte un homme de son caractère a du poids sans doute. Mais qu'on fasse réflexion , combien dans un cam;>, dans une maison, on est mal informé des laits particuliers qui se passent daus un camp voisin, daus une maisou pr0( haine; combien il est hors de vraisemblance que des musulmans songent à se donner pour roi un chrétien ennemi, qui ne connaît ni hmr langue, ui leurs niuurs, qui déteste leur religion, et qui ne peut être reça/dé par eux que comme un chef de brigands étrangers , on verra que Joinville n'a rapporté qu'un discours popula re. Dire Udèlement ce qu'on a entendu dire, c'est souvent rapporter de bonne foi des choses au moins suspectes. Mais nous n'avons point la véritable histoire de Joinville; ce n'est qu'une traduction in/idèJe qu'on fit, du temps de François irr, d'un écrit qu'on n'entendrait aujourd'hui que très dillicileinent.
Je ne saurais guère encore concilier ce que les historiens diseut de la manière dont les musulmans traitèrent les prisonniers. Us racontent qu'on .'es lésait sortir un à un d'une enceinte où ils étaient renfermés , qu'on leur demandait s'ils voulaient renier Jésus-Christ, et qu'on coupait la tète à ccur qui persistaient dans le christianisme.
D'un autre coté, ils attestent qu'un vieil émir lit demander, par interprète, aux captifs s'ils croyaient en Jésus-Christ ; et les captifs ayant dit qu'ils croyaient en lui: «Consolez-vous, dit l'émir; puisqu'il est mort pour vous, et qu'il a su ressusciter, il saura bieu vous sauver. »
Ces deux récits semblent un peu contradictoire»; et ce qui est plus contradictoire encore, c'est que ces émirs fissent tuer des captifs dont ils espéraient une rançon.
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Au reste, -ces émirs s'en tinrent aux huit cent mille besans auxquels h nr souci.in avait h ici» voulu se restieindre pour
I a rançon des captifs. El, lorsqu'on vertu du traité , les troupes françaises , qui étaient dans Damiette , rendirent cette viile , on ne voit point que les vainqueurs fissent le moindre outrage aux femmes.
On laissa partir la reine et ses belles sœurs avec respect. Ce n'est pas que tous les soldats musulman* fussent modérés; le vulgaire en te ut pays est féroce : il y eut sans doute beaucoup de violences commises, des captifs maltraités et tués; mais enfin j'avoue que je suis étonné que le soldat mahometan n'exterminât pas un plus grand nombre de ces étrangers qui, des ports de l'Europe , étaient venus, sans aueurft raison, ravager les terres do l'E s p t • • . ( Il istoirc gèncraU.)
LOUIS XI , roi de France. — sa mort ( 3o août i486 ). — Jamais il n'y eut moins d'honneur que sous ce règne. Les ju»es ne rougirent point de partager les biens de celui qu'ils avaient condamné. Le traître Philippe de Comines, qui avait trahi le duc de Bourgogne en lâche, et qui fut plus lâchement l'un des commissaires du duc de Nemours, eut les terres du duc dans le Touroaisis.
Les temps précédera avaient inspire des mœurs Gères et barbares, dans lesquelles on vît éclater quelquefois de l'héroïsme. Le règne de Charles vu avait eu des Dunois, des La Trimouille, des Clisson , des Hieht mont , des Saintraille, des La pire et des magistrats d'un grand mérite ;. niais sous Louis xi , pas un grand homme. 11 avilit la nation. Il n'y eut nulle vertv : l'obéissance tint lieu de tout; et le peuple fut enfin tranquille comme les fore ts le sont dans une galère.
Ce cœur artificieux et dur avait pourtant u»'ux penchans qui auraient dû mettre de l'humanité dans ses mn urs; c'étaient l'amour et la dévotion : il eut des maîtresses; il eut trois bâtards, il lit des neuvaines et des pèlerinages. Mais sou amour tenait de son caractère, et sa dévotion n'était que la crainte superstitieuse d'une âme timide et égarée. Toujours couvert de reliques, et portant à son bonnet sa tfoirc-Dainc de plomb , on prétend qu'U lui demandait pardon de ses assassinats avant de les commettre.
II donna par contrat le comté de Boulogne à la Sainte-Vierge. La piété n« consiste pas à faire la vierge comtesse,
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mais a l'abstenir des actions que la conscience reproche , que Dieu doit punir, et que la Vierge ne protège point.
Il introduisit la coutume italienne de sonner la cloche à midi, et dédire un Ave Maria, 11 demanda au Pape le droit de porter le «urplis et l'aumusae , et de se faire oindre une seconde fois de l'ampoule de Reims.
Enfin , sentant la mort approcher, renferme* au château de du Pleasis-les-Tours, inaccessible à ses sujets, entouré de gardes, dévoré d'inquiétudes , il fait venir de Calabre un ermite nommé François Martarilto, révéré depuis sous le nom de saint François de Paule. 11 se jette à ses pieds ; il le supplie en pleurant d'intercéder auprès de Dieu etode lui prolonger la vie , comme si l'ordre éternel eut dû changer a la voix d'un Calabrois, dans un village de France, pour laisser dans un corps usé une âme faible et perverse, plus long temps nue ne comporte la nature. Tandis qu'il demande ainsi la vie à un ermite étranger, il croit en ranimer les restes en «'abreuvant du sang qu'on tire à des enfans , dans la fausse espérance de corriger l'âcreté du sien. C élait un des excès de l'ignorante médecine de ces temps, médecine introduite par les juifs, de faire boire du sang d'un enfant aux vieillards apoplectiques , aux lépreux et aux épilep tiques.
On ne peut éprouver un sort plus triste dansîe sein des prospérités, n'ayant d'autres sentimens que l'ennui , les remords , la crainte et la douleur d'être détesté.
( Histoire général*. ) LOUIS XIÎ , roi de France. sa moxt.
( i«» janvier i5i5.) — Commenl mit peu d'impôts, il fut appelé Pire par le peuple, tes héros dont la France était pleine, l'eussent aussi appelé leur père, s il avait, en imposant des tributs nécessaires , conservé l'Italie, réprimé les Suisses, secouru efficacement la lîavarre , repoussé l'An- , gjais, et préservé la Picardie et la Bourgogne d'invasions plus ruineuses que ces impôts n'auraient pu l'être.
Mais, s'il fut malheureux au dehors de son royaume , il fut heureux au dedans. On ne peut reprocher à ce roi que la vente des charges, laquelle ne s étendit pas sous lui aux offices de judicature. Il en tira en dix-sept années de règne la somme de douze cent mille livres dans le seul district de Paris : mais les tailles, les aides furent modiques. Il eut toujours
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une attention paternelle à ne point faire porter an peuple un fardeau pesant. Il ne se croyait pas roi des Français, comme un seigneur l'est de sa terre, uniquement pour en tirer la substance. [i58o] On ne connut de son temps aucune imposition nouvelle; et, lorsque Fromenteau présenta au dissipateur Henri ni un état de comparaison de ce qu'on exigeait sous ce malheureux prince , avec ce qu'on avait payé sous Louis xri , on vit à chaque article une somme immense pour Henri m, et une modique pour Louis , si c'était un ancien droit; mais, quand c'était une taxe extraordinaire, il y avait, à l'article Louis xu, néant; et malheureusement cet état, de ce qu'on ne pavait pas à Louis xi i, ét de ce qu'on exigeait sous Henri m, contient un gros volume.
Ce roi n'avait environ que treize mii lions de revenu ; mais ces treize millions en valaient environ cinquante d'aujourd'hui.
Les denrées étaient beaucoup moins chères, et l'état n'était pas endetté. U n'est donc pas étonnant qu'avec ce faible revenu numéraire et une sage économie, il vécût avec splendeur, et maintînt son peuple datas l'abondance. Il avait soin que la justice fût rendue partout avec promptitude , avec impartialité et presque sans frais. On payait quarante fois moins d'épices qu'aujourd'hui *. Il n'y avait dans le bailliage de Paris que quarante-neuf sergens, et à présent il y en a plus de cinq cents. 11 est vrai que Paris n'était pas là cinquième partie de ce qu'il est de nos jours : mais le nombre des officiers de justice s'est accru dans ' une bien plus grande proportion que Paris , et les maux inséparables des grandes villes ont augmenté plus que le nombre des habitans.
II maintint l'usage où étaient les parlemens du royaume de choisir trois sujets pour remplir une place vacante. Le roi nommait un des trois. Les dignités de h robe n'étaient données alors qu'aux avocats; elles étaient le prix du mérite ou de la réputation, qui suppose le mérite. Son édit de 499, éternellement mémorable, et que n£s historiens n'auraient
• Sooi Lo oit XV on n'en peya plut, depwe 1771 t le chancelier de Maupcou,en aboi u tant l'infime rénati té^des office* de judicature, introduite par le chancelier Dupxat, «upprima »u»i l'opprobre dee épieee : mais U véaalitd et lw éptee» oot étéiortHkstnsm-