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• Interrogé quel» motif» l'avalent porté k attenter a la personne du roi, a dit que c'est à cause de la religion [ page 45. ] • Tons les assassinats des princes chrétiens ont eu cette cause. Le roi de Portugal n'a été assassiné qu'en vertu de la décision de trois jésuites. On sait as<ez que les rois de France Henri ui cl Henri iv ne périrent que par des mains fanatiques; mais il y avait cette différence , que Henri m et Henri if fureut tués parce qu'ils paraissaient ennemis du pape, et que Louis xv fut assassiné parce qu'il semblait vouloir complaire au pape.
L'assassin s'était muni d'un couteau à ressort, fjui d'un côté portait une longue lame pointue , et de l'autre un canif 4 tailler les plumes, d'environ quatre pouces de longueur. Il attendait le moment où le roi devait monter en carrosse pour aller à Trianon. 11 était près de six heures; le jour ne luisait plus; le froid était excessif; presque tous les courtisans portaient de cet manteaux qu'on nomme par corruption redingotes. L'assassin ainsi vêtu pénétre vers la garde, henrte en passant le dauphin , se fait prace à travers la gnrniture des gardes du corps et des cent .suisses, aborde le roi, le frappe de son canif à la cinquième côte , remet son couteau dans sa poche, et reste le chapeau sur la tête. Le roi se sent blessé, se retourne, et à l'aspect de cet inconnu qui était couvert, et dontles yeux étaient égarés, il dit : a C'est cet homme qui m'a frappé; qu'on l'arrête, et qu'on ne lui Fasse point de mal. »
Tandis que tout le monde était saisi d'effroi et d'horreur, qu'on portait le roi dans son lit, qu'on cherchait les chirurgiens, qu'on ignorait si la blessure était mortelle, si îe couteau était empoisonné, le parricide répéta plusieurs fois ; • Qu'on prenne garde à monseigneur le dauphin, qu'il ne sorte de la journée.
A ces paroles l'alarme universelle redouble; on ne doute pas qu'il n'y ait une conspiration contre la famille royale : chacun se figure les plus grands périls, les plus grands crimes et les plus médites.
Heureusement la blessure du roi était légère; mais le trouble public était considérable, et les craintes, les défiances, Jes intrigues se multipliaient à la cour. l>e grand prévôt de l'hôtel , à qui appartenait la connaissance du crime commis dans le palais du roi, s'empara d'abord «lu parricide, et commença les procedu-
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res, comme il s'était pratiqué à Saint Cloud dans l'assassinat de Henri m. Un exempt des gardes de la prévôté ayant obtenu un peu de confiance, ou apparente ou vraie, dans l'esprit aliéné de co misérable, l'engagea à oser dicter de sa prison une lettre au roi même. Damiens écrire au roi ! un assassin écrire à celui qu'il avait assassiné 1
Sa lettre est insensée, et conforme à l'abjection de son état ; mais elle décou vre l'origine de sa fureur; on y voit que les plaintes du public contre Yarchcvêque avaient dérangé le cerveau du criminel, et l'avaient excité à son attentat. Il paraissait, par les noms des membres du parlement cités dans sa lettre, qu'il les connaissait , ayant servi un de leuis confrères ; mais il eût été absurde de supposer qu'ils lui eussent expliqué leurs sent îmens, encore moins qu'ils lui eussent jamais dit ou fait dire un mot qui pat l'encourager au crime.
Aussi le roi ne fît aucune difficulté de remettre le jugement du coupable a ceux de la graod'chambre qui n'avaient pas donné leur démission. Il voulut même que les princes et les pairs rendissent par leur présence le procès plus solennel et plus authentique dans tous ses points aux yeux du public, aussi défiant que curieux exagéra leur, qui voit toujours dans ces aventures effrayantes, audelà de la vérité. Jamais en effet la vérité n'a paru dans un jour plus clair. Il est évident que cet insensé n'avait aucun complice : il déclara toujours qu'il n'avait point voulu tuer le roi, mais qu'il avait formé le dessein de le blesser, depuis l'exil du parlement. [Interrogatoireau parlement, pag. 1 3a et 1 55].
D'abord , dans son premier interrogatoire, il dit que «la religion seule l'a déterminé à cet attentat [ page. i3i].»
Il avoue «qu'il n'a dit du mal que des molinistes et de ceux qui refusent les sacremens, que ces gens-là croient apparemment à deux Dieui [ page ]. •
Il s'écria, a la question, «qu'il avait cm faire une œuvre méritoire pour le ciel; c'est ce que j'entendais dire a tous ces prêtres dans le palais. » Il persista constamment à dire que c'étaient l'archevêque de Paris, les refus de sacre mens, les disgrâces du parlement, qui l'avaient porté à ce parricide ; il le déclara encore ,» ses confesseurs. Ce malheureux i .it donc qu'un insensé fanatique moins Abominable, à la vérité, que R»
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vaillac et Jean Châtel , mais pin» fou , et n'ayant pas plus de complices que ces deux énerçumènes. Les seuls complices , pour l'ordinaire, de ces monstres sont des fanatiques dont les cervelles échauffées allument, sans le savoir, un feu qui va embraser des esprits failles, insensés et atroces. Quelques roots dits au hasard suffisent à cet embrasement [ 38 mars]. Damiens agit dans la même illusion que Ravaiilac , et monrut dans le» mêmes supplices.
Quel est donc l'effet du fanatisme, et le destin des roisl Henri m et Henri îv sont assassinés parce qu'ils ont soutenu leurs droits contre les prêtres. Louis xv est assassiné parce qu'on lui reproche de n'avoir pas astes sévi contre un prêtre. Voilà trois rois sur lesquels se sont portées des ma'm parricides dans un pays renommé pour aimer set souverains.
Le père, la femme , la fille de Damiens, quoique innocens , furent baonis du royaume, avec défense d'y revenir sons peine d'être pendus. Tous ses parena furent obligés par le même arrêt de quitter leur nom de Damiens, devenu exécrable.
fSièele de Louis XV.)
— sa most (10 mai 1 774» ) — Louis xv a été le seul roi de France qui soit mort de cette funeste maladie nommée variété , ou petite vérole. 11 a été le seul sur dix mille personnes, qui en ait été attaqué deux fois ; car on assure xju 'il Pavait eue à quatorze ans.
C'est encore un événement non moins unique , que ce venin l'ait comme choisi au milieu de toute sa cour , pour le faire périr à l'âge de soixante et quatre ans , dans le temps que personne n'en éprouvait la moindre atteinte, ni dans le château ni dans la ville de Versailles.
Voilà trois fatalités étranges. Une quatrième est la manière dont on prétend qu'il prit la variole dont il est mort.
H avait rencontré à la chasse on enterrement; il s'en approcha, et demanda qui on allait ensevelir. On lui répondit que c'était une jeune fille, morte de lu petite vérole.
Cette rencontre parut ne lui faire aucune impression; mais, depuis ce moment, son teint sembla un peu obscurci ; et , deux jours après , ton chirurgien-dentiste nommé Bourdet , homme très expérimenté, en examinant ses gencives , leur trouva un caractère qui annonçait une maladie dangereuse.
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Il en avertit un homme attaché au roi; sa remarque est négligée; la petite vérole la plus funeste se déclare. Plusieurs de ses officiers sont attaqués de la même maladie , soit en le soignant, soit en s'approchant de son lit, et en meurent. Trois princesses, ses filles, que leur tendresse et leur courage retiennent auprès de lui, reçoivent les germes du poison qui dévore leur père, et éprouvent bieotôt lt même mal et le même danger, dont heureusement elles réchappe rent.
Louis xv meurt la nuit du »o mai. On couvre son corps de chaux, et on l'emporte, sans aucune cérémonie, à Saint- Denis, auprès du caveau de ses pères.
{SiieU de Louis XV.)
LOUVOIS — vait srenaa a louis xr?
l'ordbk d'incendie* li palatihaT) (février 1669.)-— Le roi avait résolu de faire un désert du Palatinat dès que ses villes seraient prises. 11 avait en vue d'empêcher les ennemis dV subsister, plus que celle de se venger cte l'électeur palatin , qui n'avait d'autre crime que d'avoir fait son devoir en s'unissant au reste de l'Allemagne contre la France. [Février 1 689] 11 vinl à l'armée un ordre de Louis, signé Louvois , de tout réduire en cendres. Les généraux français, qui ne pouvaient qu'obéir , firent donc signifier , dans le oeeur de l'hiver , aux citoyens de toutes ces villes si florissantes et si bien réparées, aux habitans des villages , aux maîtres de plus de cinquante châteaux , qu'il fallait quitter leurs demeures, et qu'on allait les détruire par le fer et par les flammes. Hom mes, femmes, vieillards, enfans, sortirent en hâte. Une partie fut errante dans les campagnes ; une antre se réfugia dans les pays voisins , pendant que Je soldat qui passe toujours les ordres de rigueur , et qui n'exécute jamais ceux de clémence, brûlait et saccageait leur patrie. On commença par Manheim et par Heidelberg , séjour des électeurs : lenrs palais furent détroits comme les maisons des citoyens leurs tombeanx furent ouverts par ta rapacité du soldat , qui croyait y trouver des trésors ; leurs cendres furent dispersées. C'était pour la seconde fois que ce beau pays était désolé sous Louis xiv; mais les flammes dont Tu renne avait brûlé deux villes et vingt villages du Palatinat n'étaient que des étincelles en coin-, paraison de ce dernier incendie. L'Europe en eut horreur. Les officiers qui l'exéctt-